mardi 25 septembre 2007

La réussite et les aptitudes sociales

On attribue aux jeunes la quasi-exclusivité relativement au manque de savoir-vivre. Je n'y crois absolument pas. J'observe même, plus souvent, des "expérimentés" transgresser outrageusement les limites de la décence sociale.

Ainsi, récemment, je participais à un dîner corporatif en compagnie de collègues et de patrons. Innocemment, la petite employée qui écrit ces lignes croyait que ces mêmes patrons profiteraient de l'occasion pour cerner les préoccupations réelles de leurs (dignes?) successeurs. Ça tenait du rêve: bombant le torse et à grands coups de "je", "me", "moi", ces patrons démontrent plutôt une capacité exceptionnelle à quitter une soirée de quelques 3-4 heures sans rien retenir concernant leurs (précieux?) protégés. Le nom de nos enfants, leur âge? Pffft! who cares? Les défis professionnels bien réels et propres à notre génération? why bother? "J'ai réussi et j'en suis fier. D'ailleurs, j'adore cette tribune (et le fait que vous soyez emprisonnés à ma table par votre propre politesse) qui me permet de parler de ma carrière et de mes succès. Ce podium improvisé avec couverts et petites assiettes à pains me fournit l'occasion de vous (me) convaincre de ma propre importance."

La laideur et la flagrance de ce délit d'indécence sociale soulèvent un questionnement plus profond quant aux motivations réelles de la réussite des "baby-boomers". Leur version officielle et empreinte de poésie veut que leur réussite soit attribuable à une passion pure à l'égard de leur travail qui n'en est pas un. Non, ils ont plutôt mené une carrière, nuance. Je pose la question: et si leur motivation provenait de besoins plus complexes dont celui de clamer haut et fort cette réussite?

Ce qu'ils ne comprennent pas c'est que "ON S'EN FOUT"; ça ne nous intéresse pas de répéter un "pattern" de "workaholic" finis qui se valorisent uniquement par leur carrière.

Sans la réorientation et le réalignement des priorités des dirigeants dans un axe-employés, aucune société ne survivra aux nouveaux défis de l'économie de demain. La motivation des exécutants et des décideurs de demain passe par le respect de leurs valeurs et préoccupations. Sans respect, leur motivation se tarit. C'est à coups de "nous", "collectivité", "discutons" que le monde économique du Québec se bâtira.

Génération "X"ement vôtre.

vendredi 21 septembre 2007

Geneviève Jeanson

Geneviève Jeanson: dopée. On s'en doutait depuis des Lunes.

À ses tous débuts, elle constituait un espoir formidable puis, une série de mauvais choix et la magnifique athlète s'éclipse désormais derrière le scandale et la honte. Malheureusement, ses performances n'existent plus et tous gardent plutôt en mémoire l'EPO et les mensonges.

Mais, voilà qu'elle passe aux aveux et complètera son témoignage (Radio-Canada, Enquêtes, jeudi 27 septembre 21h00). Peu importe les raisons qui la poussent à raconter les détails de ses déboires, l'attention médiatique attirée par la princesse déchue a le mérite de soulever des questions.

Si, par la sincérité du récit des événements, elle peut susciter la réflexion chez d'autres jeunes athlètes, elle l'aura lavé son nom.

lundi 17 septembre 2007

Le talent du Bonheur

J'entendais ce matin à l'émission matinale de Paul Arcand, un commentaire sur l'entrevue que Yvon Deschamps a accordée hier à "Tout le monde en parle": Notre humoriste aguerri broit régulièrement du noir. Le plus surprenant c'est qu'il est tout à fait conscient de sa condition privilégiée, à tous points de vue, mais qu'il n'arrive pas à développer sa capacité au Bonheur.

Avant, je parlais régulièrement du "gène du Bonheur" comme d'une capacité innée à sourire et à composer avec les situations moins joyeuses de la vie qui, j'en conviens, présente parfois des défis particulièrement difficiles. Suite à une récente conversation avec ma tendre 1/2, je parle désormais du "talent pour le Bonheur" comme de la capacité à reconnaître le Bonheur dans les petites choses du quotidien. La différence tient essentiellement au fait que le talent du Bonheur n'est pas génétique mais peut s'apprendre. Encore faut-il travailler sa perception de la vie et se botter là où il faut quand il faut: la théorie "Flex-O-Flex"!!!

Mais, au fait, qu'est-ce que le Bonheur? Est-ce la grosse promotion attendue depuis 3-4 ans? ou est-ce plutôt le sourire et les câlins de ma puce les matins de grisaille professionnelle? J'opte pour les petits bonheurs qui créent le grand...

jeudi 13 septembre 2007

Financement collectif des NTR et le recours aux larmes

Hier soir, TVA diffusait un documentaire, fort intéressant, produit par Julie Snyder. Les nouvelles techniques de reproduction (« NTR ») : ovulants chimiques, insémination artificielle et autres fécondation in vitro partageaient la vedette avec Céline et Julie dont les fruits de leurs entrailles découlent de ces NTR. Du coup, le ton du documentaire était donné: sortez vos mouchoirs et observez le drame humain se jouer devant vous.

Dans notre contexte de dénatalité, un documentaire sur les difficultés émotionnelles et financières rencontrées par les couples infertiles s'avère fort pertinent. Toutefois, à partir du moment où on sollicite les contribuables québécois pour financer le drame d'une poignée de couples, le débat devient nécessaire.

Le désir de procréer en appelle à nos émotions les plus brutes éloignant d'autant l'objectivité. Lorsqu'on oppose une question aussi fondamentale que la procréation à une notion de financement collectif, le piège de "l'émotionnalisme" nous guette. Avant de vilipender un gouvernement qui ne subventionne pas entièrement les coûts reliés au recours aux NTR, les défenseurs de cette option auraient pu se montrer plus convaincants en analysant avec, au moins une apparence d'ouverture d'esprit, les enjeux reliés aux grossesses découlant des NTR. En effet, qui serait contre le fait d'encourager la procréation si la question s'arrêtait là? Encore faut-il en savoir plus sur les coûts et risques reliés à ces naissances avant de s'engager dans la subvention massive de ces interventions.

Le recours, très habile, à des témoignages éminemment touchants, empreints d'émotions bien réelles, par des personnalités connues ou des couples bien ordinaires a le mérite de nous sensibiliser aux énormes difficultés surmontées par les couples infertiles mais, une fois ses larmes séchées, le contribuable demeure aux prises avec la question : notre société doit-elle financer les coûts élevés reliés à ces techniques? Et si oui, en avons-nous les moyens?

Enfin, je vous présente une équation simple : des enfants sans parents vivent présentement au Québec et leur seul espoir est d’être aimé par une famille qui les désire et des parents sans enfants portent en eux un amour véritable et un désir bien réel de donner cet amour à un (ou des) enfant(s). Un plus deux, la réponse est-elle toujours trois ou je me trompe?