Le mois de décembre me fait frémir, beaucoup (trop) de mauvais souvenirs de décembre 2009. Oublier. Oublier. Oublier. En fait, non! Ne pas oublier justement mais plutôt traduire mes craintes par toute ma gratitude pour apprécier pleinement 2010, une magnifique année. Remplie de victoires, de bonnes surprises, de sourires et d'amour.
Pour (encore) mieux savourer l'heureux contraste, je remplis le mois de douceurs: tout d'abord, on part en vacances toute une semaine en amoureux pour la première fois depuis les enfants. Juste de pouvoir sincèrement dire que nous partons "en amoureux", après quinze ans de vie commune, je l'apprécie comme une belle réussite. Donc, week-end à Miami et croisière vers le Mexique: du soleil, de la bonne bouffe, du bon vin, de la farniente. C'est dans quatre jours de travail.
Ensuite, on travaille trois petites journées et on part en famille avec nos princesses, au Massif, pour skier toute la semaine de Noël. Avec des amis bien précieux aussi, des fidèles au rendez-vous. Tout en simplicité, on se prévoit: des soupers de conversations; des découvertes, des sourires, des émotions de souvenirs, des enfants excités et, bien sûr, du ski (!), des retours au chalet les joues froides à se gâter d'un bon latté (chocolat chaud pour les petits).
Je vous en souhaite tout un beau mois de décembre!
Abusez, c'est le temps d'en profiter... Profitez-en justement pour voir les gens que vous aimez et les aimer sans retenue, comme ils le méritent.
vendredi 3 décembre 2010
dimanche 14 novembre 2010
Sommaire - semaine du 7 novembre
Semaine de construction: je le répète: "je bâtis du kilométrage".
En résumé:
Course: 14 km (Lundi 4,5, Vendredi 3,5, Samedi 6).
Spinning: 2 x (Mercredi et jeudi (mon cours...)).
Total équivalence: 24 km.
Commentaires:
- Lundi: en congrès, à l'extérieur de la ville, ça aurait été si facile de rester couchée, de me trouver une défaite. Non, motivée, j'ai bravé le froid et un vent à ralentir même la tortue qui m'habite... pas mal fière.
- Pour le reste, c'est routine. Déjà!
- Samedi prochain: 7!!!
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Entraînement
dimanche 7 novembre 2010
Sommaire semaine du 31 octobre
I'm back! Tellement. Objectif: le demi-hypothermique dans 3 1/2 mois; 19 février 2011. Malgré mon urgence et mon enthousiasme (2011 sera, enfin, mon année..!), je commence en douceur. Après tout, mon unique objectif est de rallier le fil d'arrivée... Je bâtis du kilométrage (comme ils disent...).
En résumé:
Course: 13,5 km (Lundi 3, Mardi 4,5, Samedi 6).
Spinning: 2 x (Mercredi et jeudi (mon cours...)).
Total équivalence: 23,5 km.
Commentaires:
- Motivation: le pire actuellement c'est de ne pas me faire confiance; vais-je persévérer comme il y a deux ans?
- Lundi et Mardi, j'ai couru sur mon heure de lunch. Comme j'habite à 5 minutes du travail, ça facilite les choses.
- Déjà samedi, pendant mon 6km de course, mon feeling "oublié" de bien-être relié à la course revenait peu à peu. Au quatrième km, le boost d'adrénaline et d'énergie m'a redonné des ailes. L'automne est mon moment préféré de l'année pour courir.
- Je suis lente comme une tortue... (!).
- À la fin novembre, longues sorties de 10 km. J'ai déjà hâte... c'est là que je me sens le mieux.
- Mes cours de spinning sont de plus en plus tough: j'en profite pour faire des séances de force et de Vo2.
En résumé:
Course: 13,5 km (Lundi 3, Mardi 4,5, Samedi 6).
Spinning: 2 x (Mercredi et jeudi (mon cours...)).
Total équivalence: 23,5 km.
Commentaires:
- Motivation: le pire actuellement c'est de ne pas me faire confiance; vais-je persévérer comme il y a deux ans?
- Lundi et Mardi, j'ai couru sur mon heure de lunch. Comme j'habite à 5 minutes du travail, ça facilite les choses.
- Déjà samedi, pendant mon 6km de course, mon feeling "oublié" de bien-être relié à la course revenait peu à peu. Au quatrième km, le boost d'adrénaline et d'énergie m'a redonné des ailes. L'automne est mon moment préféré de l'année pour courir.
- Je suis lente comme une tortue... (!).
- À la fin novembre, longues sorties de 10 km. J'ai déjà hâte... c'est là que je me sens le mieux.
- Mes cours de spinning sont de plus en plus tough: j'en profite pour faire des séances de force et de Vo2.
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Entraînement
mercredi 3 novembre 2010
OUF!
Le 29 septembre dernier, pendant même que j'écrivais mon dernier billet sur mon été "en rafale", je me préparais mentalement à une échographie du sein gauche. Oui, oui, mon sein conservé... L'histoire, en bref:
Le vendredi 24 septembre, je mentionne à l'Homme, mon pilier, mon amour, celui qui me soutient depuis le tout début, qui me comprend, qui m'aime (tout simplement) qu'autour des abords de ma (très belle) cicatrice, il me semble y avoir des tissus plus durs ou, à tout le moins, une différenc. Nous en discutons sans trop vouloir y penser. Quand même un peu inquiets, nous concluons que, lors de mon rendez-vous de mi-novembre avec Dr. P. (le chirurgien), il faudra lui en parler afin qu'il puisse jeter une certaine lumière sur la situation.
Le lendemain, le samedi 25 septembre, vers treize heures, je deviens fiévreuse... Je grelotte, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai mal aux boyaux; ça dure jusqu'au dimanche soir.
Le lundi matin 27 septembre, ayant constaté une inquiétante rougeur couvrant tout mon dos du côté opéré, je téléphone l'IP, la seule personne dans tout mon univers médical dont je suis sûre à 100% qu'elle me répondra rapidement. Déçue, elle m'avoue qu'il n'y a pas de médecin en oncologie ce jour-là mais que mon cas semble urgent... Accompagnée de mon si fidèle compagnon, mon papa, je me retrouve vers quatorze heures à la clinique sans rendez-vous pour rencontrer un généraliste. En moins de deux, le médecin sollicitie sa collègue pour un deuxième avis. Sans aucune autre formalité, ils me réfèrent à l'urgence: il me faut voir de toute urgence le microbiologiste pour entamer une thérapie d'antibiotique par intraveineuse. Le médecin généraliste a déjà avisé l'urgence de l'hôpital de mon arrivée.
Arrivée à l'hosto, je passe au triage et l'infìrmière, déjà avisée de mon cas, me fait passer directement en salle d'examen. Le médecin ordonne une scepticémie: hémocultures, petit pipi dans le pot, radio des poumons. Comme on sait déjà qu'il y aura des antibiotiques en intraveineux, l'infirmière qui passe me voir pour les hémocultures installe également un cathéter "lock"... ouch! ouch! des maudits câlisse (oops!) de cathéter... Elle réussit du premier coup sur la main, ça fait mal, ce n'est pas "ergonomique" et lorsque la thérapie par antibiotique commence, je ressens un petit pincement très peu rassurant. Trente minutes plus tard, mon amoureux a pris le relais de mon papa et après la première dose, nous nous dirigeons vers la radiologie pour la radio des poumons. Je commence à peine à comprendre que cette radio fournira une indication de mon état actuel de santé, que tous les médecins (4) vus dans les dernières six heures y songent sans le dire: nous claque-t-elle une "récidive" la patiente...
À ce stade, la différence entre vous et moi c'est que moi, je SAIS que "shit can indeed happen"!!!
Après la radio des poumons, nous patientons une bonne demi-heure dans la grande salle d'attente, une fois appelée, je me dirige vers ma salle d'attente pour découvrir avec surprise mon chirurgien, Dr. P. en qui j'ai si confiance.
- Catharsis: Prénom du Dr. P., que fais-tu là?
- Dr. P.: Toi, que fais-tu là? il semble déçu que je sois encore aux prises avec des problèmes de santé.
Je lui explique la situation et lui fais part de mes inqiuétudes reliées aux tissus entourant la cicatrice. Il propose une échographie pour déterminer s'il s'agit, entre autres, de liquide "surinfecté" qu'il pourrait drainer. Malgré mon état "second" dû à la fièvre, je ne peux que constater son air songeur: rien de rassurant.
Après négociation avec l'urgentologue, je passe la nuit à l'hosto où je demeure sous observation "pas dans le corridor" mais dans un salle d'isolement. Après tout, j'ai une grosse infection...
Le mardi matin 28 septembre, le microbiologiste me rend visite pour m'expliquer que j'ai contracté un streptocoque: virulent dans ses symptômes mais qui réagit immédiatement aux doses. Effectivement, douze heures plus tard, je me sens déjà mieux et la rougeur dans mon dos s'estompe. Soupir de soulagement.
Avant de quitter, je dois passer au CLSC (attenant à l'hosto) pour me faire expliquer comment m'auto-injecter mon antibio en IV. Non mais ça va pas la tête? Je dois, en plus, me "gosser" le cathéter qui me pince! L'infirmière, une petite soie toute douce, m'appelle et commence à faire mon éducation sur l'auto-injection. C'est un système sans aiguille: le cathéter et les seringues contenant l'antibio sont munies de petits tubes qui se vissent l'un dans l'autre, pas mal ingénieux. Encore faut-il que le foutu cathéter fonctionne... le mien est scrap. On essaie de faire l'injection. Ouch! ouch! le cathéter ne fonctionne plus, il faut l'enlever. Traduction? eh oui! il faut m'en installer un autre... j'en pleurerais. Elle fait une tentative; manquée; je souffre. J'haïs les aiguilles... et encore plus les cathéters... En renfort, elle appelle sa collègue. Qui vois-je entrer dans la petite salle de traitements: très sympathique (sans ironie) infirmière, celle qui s'essaye à me piquer même quand j'ai un PICC line, vous vous souvenez? non, vous avez oublié? pas grave. Après quatre infructueuses tentatives, je suis en sueurs, je me sens faible; je demande une serviette humide pour me raviver... Elle tente une cinquième fois... Bingo! c'est fait. Je reviens à la maison après ce qui me semble une éternité pour réaliser qu'il s'agit seulement de vingt-quatre heures.
Le mercredi 29 septembre, je me porte à merveille. Outre les auto-injections quotidiennes, mes journées sont redevenues normales. Dans l'après-midi, je vais à l'hosto pour subir une échographie de mon sein gauche: une boule dans la gorge, le stress dans les jambes. Pour les fins de m'attirer votre sympathie, je vous mentionne que je rencontre alors mon vingt-deuxième médecin: Dr. Radiologiste-des-os... qui me fait une échographie d'un sein. Comme son degré de confort vis-à-vis ce type d'examen se limite à faire l'examen et à "garrocher" le cas, c'est-à-dire moi, dans la cour du voisin, c'est-à-dire Dr. P., il regarde son écran d'ordinateur, affiche sa face de carême et rédige son rapport.
- C'est terminé; j'enverrai mon rapport à Dr. P.
- Euh! (il ne sait pas qu'il a devant lui une patiente curieuse et avec un peu (quand même ) de culot) Je peux savoir ce qu'il y aura dans ce rapport?... (les faces de carême ça ne me dit rien de bon)...
- Cela pourrait être un hématome, des tissus cicatriciels, ....
- Ou une autre tumeur? (ses silences parlaient...)
- Oui, je suggère une biopsie....
Je sors de là effondrée. Une biopsie! une maudite biopsie! Je cours presque vers le corridor où je vois habituellement Dr. P. avant de me ressaisir. Premièrement, il pourrait très bien ne pas être là et deuxièmement, jamais les chiens de garde dans les cages en verre à l'entrée dudit corridor ne me laisseront assurément pas passer... Je grimpe donc au 3B pour voir l'IP. Elle me somme de me calmer et elle me promet qu'elle rejoindra Dr. P. pour lui expliquer la situation. Je vais rejoindre mon amoureux à son travail: amène-toi j'ai besoin de toi.
Nous passons la soirée à tenter de nous convaincre que c'est une mauvaise frousse...
La différence entre vous et moi c'est que moi je SAIS que "shit can indeed happen"!
Le lendemain, je rencontre Dr. En chef des bébittes qui, satisfait du résultat de l'antibiotique, autorise le retrait de mon cathéter. Petite victoire. L'IP me confirme alors que Dr. P. me verra lundi matin. Le week-end passe.... et, enfin, je peux discuter avec mon médecin qui me rassure mais ordonne quand même une mammographie, une échographie ET une "f***ing" biopsie à la discrétion du radiologiste. Maintenant que le pavé est dans la mare, il ne peut plus l'ignorer. Comme la clinique privée de radiologie de mon patelin (vous vous souvenez celle où je suis allée en septembre pour rencontrer plein de gens pratiquement effrontés de se prétendre "humains") semble supprimer le sourire à tous ceux qui y travaillent, je prends rendez-vous à l'hôpital située à une heure de route. De prime abord, ça peut sembler bien simple prendre rendez-vous: appeler, parler, remercier, noter au calendrier. Nope! il me faut envoyer par télécopieur la requête de mon médecin et, après seulement, elle daignera me parler. Quelques heures plus tard, elle m'appelle mais, elle ne peut me donner rendez-vous pour la raison qu'elle doit d'abord discuter mon cas "un peu spécial" avec le médecin. Le lendemain, je la rappelle pour faire un suivi.... on m'annonce qu'elle est absente et ne sera là que jeudi et qu'elle est la seule qui puisse donner les rendez-vous... Je pleurerais de rage mais je me résigne à sagement attendre jeudi.
Jeudi, je réussis à obtenir les rendez-vous nécessaires: mammographie le vendredi 15 octobre et échographie et, peut-être, biopsie le mardi 19 octobre.
Attendre, attendre, attendre...
Arrive le vendredi 15 octobre, je pourrais exploser de stress. La gentille technicienne en mammographie m'appelle et elle procède. Le jour et la nuit entre elle et la bizarroïde à la clinique de radiologie de mon patelin qui, entre autres, se permet de commenter avec dédain l'âge à laquelle j'ai eu mon premier enfant (!). Celle-ci me parle doucement; elle comprend que ça peut s'avérer plus douloureux sur mon sein opéré, à cause de la radiothérapie qui a fragilisé les tissus. L'examen terminé, elle me demande d'attendre pendant qu'elle vérifie la qualité des clichés pour savoir si le médecin voudra d'autres "prises". Une fois les clichés sur le panneau lumineux, je demande à voir. Elle affiche aussi la mammo du 2 septembre 2009... la différence me frappe et j'en suis aussitôt émue. Je me ressaisis et la gentille technicienne me dit:
- Je ne suis pas radiologiste mais je pense que nous aurons de bonnes nouvelles pour vous. Je vais voir le rediologiste de ce pas afin qu'il vous fasse votre échographie tout de suite... je ne pense pas qu'il fasse de biopsie puisque tout semble normal.
Mon coeur chavire... alors que je pensais sortir de là avec mon stress toujours entier jusqu'à mardi, date de l'échographie (+/- biopsie), me voilà stressée d'espoir. Le radiologiste me voit directement sans qu'une technicienne n'effectue de pré-examen. Après avoir regardé son écran, il me demande:
- Qui est stressé là?
- ... tout d'abord, moi! Ensuite, j'ai vu un radiologiste, spécialiste des os.. blah, blah, blah
- Tout ce que je vois me semble normal: des tissus cicatriciels et pas de trace de rien d'autre... Je suggère que vous continuiez vos examens réguliers mais pour maintenant, pas de biopsie nécessaire.
- .... vous savez que je vous aime vraiment aujourd'hui!!!!!
Il sourit, à peine, mais je m'en balance!
Premiers tests passés avec succès; plus tôt que prévu et j'accueille les résultats avec joie, soulagement, le sourire fixé, l'oeil brillant.
Le vendredi 24 septembre, je mentionne à l'Homme, mon pilier, mon amour, celui qui me soutient depuis le tout début, qui me comprend, qui m'aime (tout simplement) qu'autour des abords de ma (très belle) cicatrice, il me semble y avoir des tissus plus durs ou, à tout le moins, une différenc. Nous en discutons sans trop vouloir y penser. Quand même un peu inquiets, nous concluons que, lors de mon rendez-vous de mi-novembre avec Dr. P. (le chirurgien), il faudra lui en parler afin qu'il puisse jeter une certaine lumière sur la situation.
Le lendemain, le samedi 25 septembre, vers treize heures, je deviens fiévreuse... Je grelotte, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai mal aux boyaux; ça dure jusqu'au dimanche soir.
Le lundi matin 27 septembre, ayant constaté une inquiétante rougeur couvrant tout mon dos du côté opéré, je téléphone l'IP, la seule personne dans tout mon univers médical dont je suis sûre à 100% qu'elle me répondra rapidement. Déçue, elle m'avoue qu'il n'y a pas de médecin en oncologie ce jour-là mais que mon cas semble urgent... Accompagnée de mon si fidèle compagnon, mon papa, je me retrouve vers quatorze heures à la clinique sans rendez-vous pour rencontrer un généraliste. En moins de deux, le médecin sollicitie sa collègue pour un deuxième avis. Sans aucune autre formalité, ils me réfèrent à l'urgence: il me faut voir de toute urgence le microbiologiste pour entamer une thérapie d'antibiotique par intraveineuse. Le médecin généraliste a déjà avisé l'urgence de l'hôpital de mon arrivée.
Arrivée à l'hosto, je passe au triage et l'infìrmière, déjà avisée de mon cas, me fait passer directement en salle d'examen. Le médecin ordonne une scepticémie: hémocultures, petit pipi dans le pot, radio des poumons. Comme on sait déjà qu'il y aura des antibiotiques en intraveineux, l'infirmière qui passe me voir pour les hémocultures installe également un cathéter "lock"... ouch! ouch! des maudits câlisse (oops!) de cathéter... Elle réussit du premier coup sur la main, ça fait mal, ce n'est pas "ergonomique" et lorsque la thérapie par antibiotique commence, je ressens un petit pincement très peu rassurant. Trente minutes plus tard, mon amoureux a pris le relais de mon papa et après la première dose, nous nous dirigeons vers la radiologie pour la radio des poumons. Je commence à peine à comprendre que cette radio fournira une indication de mon état actuel de santé, que tous les médecins (4) vus dans les dernières six heures y songent sans le dire: nous claque-t-elle une "récidive" la patiente...
À ce stade, la différence entre vous et moi c'est que moi, je SAIS que "shit can indeed happen"!!!
Après la radio des poumons, nous patientons une bonne demi-heure dans la grande salle d'attente, une fois appelée, je me dirige vers ma salle d'attente pour découvrir avec surprise mon chirurgien, Dr. P. en qui j'ai si confiance.
- Catharsis: Prénom du Dr. P., que fais-tu là?
- Dr. P.: Toi, que fais-tu là? il semble déçu que je sois encore aux prises avec des problèmes de santé.
Je lui explique la situation et lui fais part de mes inqiuétudes reliées aux tissus entourant la cicatrice. Il propose une échographie pour déterminer s'il s'agit, entre autres, de liquide "surinfecté" qu'il pourrait drainer. Malgré mon état "second" dû à la fièvre, je ne peux que constater son air songeur: rien de rassurant.
Après négociation avec l'urgentologue, je passe la nuit à l'hosto où je demeure sous observation "pas dans le corridor" mais dans un salle d'isolement. Après tout, j'ai une grosse infection...
Le mardi matin 28 septembre, le microbiologiste me rend visite pour m'expliquer que j'ai contracté un streptocoque: virulent dans ses symptômes mais qui réagit immédiatement aux doses. Effectivement, douze heures plus tard, je me sens déjà mieux et la rougeur dans mon dos s'estompe. Soupir de soulagement.
Avant de quitter, je dois passer au CLSC (attenant à l'hosto) pour me faire expliquer comment m'auto-injecter mon antibio en IV. Non mais ça va pas la tête? Je dois, en plus, me "gosser" le cathéter qui me pince! L'infirmière, une petite soie toute douce, m'appelle et commence à faire mon éducation sur l'auto-injection. C'est un système sans aiguille: le cathéter et les seringues contenant l'antibio sont munies de petits tubes qui se vissent l'un dans l'autre, pas mal ingénieux. Encore faut-il que le foutu cathéter fonctionne... le mien est scrap. On essaie de faire l'injection. Ouch! ouch! le cathéter ne fonctionne plus, il faut l'enlever. Traduction? eh oui! il faut m'en installer un autre... j'en pleurerais. Elle fait une tentative; manquée; je souffre. J'haïs les aiguilles... et encore plus les cathéters... En renfort, elle appelle sa collègue. Qui vois-je entrer dans la petite salle de traitements: très sympathique (sans ironie) infirmière, celle qui s'essaye à me piquer même quand j'ai un PICC line, vous vous souvenez? non, vous avez oublié? pas grave. Après quatre infructueuses tentatives, je suis en sueurs, je me sens faible; je demande une serviette humide pour me raviver... Elle tente une cinquième fois... Bingo! c'est fait. Je reviens à la maison après ce qui me semble une éternité pour réaliser qu'il s'agit seulement de vingt-quatre heures.
Le mercredi 29 septembre, je me porte à merveille. Outre les auto-injections quotidiennes, mes journées sont redevenues normales. Dans l'après-midi, je vais à l'hosto pour subir une échographie de mon sein gauche: une boule dans la gorge, le stress dans les jambes. Pour les fins de m'attirer votre sympathie, je vous mentionne que je rencontre alors mon vingt-deuxième médecin: Dr. Radiologiste-des-os... qui me fait une échographie d'un sein. Comme son degré de confort vis-à-vis ce type d'examen se limite à faire l'examen et à "garrocher" le cas, c'est-à-dire moi, dans la cour du voisin, c'est-à-dire Dr. P., il regarde son écran d'ordinateur, affiche sa face de carême et rédige son rapport.
- C'est terminé; j'enverrai mon rapport à Dr. P.
- Euh! (il ne sait pas qu'il a devant lui une patiente curieuse et avec un peu (quand même ) de culot) Je peux savoir ce qu'il y aura dans ce rapport?... (les faces de carême ça ne me dit rien de bon)...
- Cela pourrait être un hématome, des tissus cicatriciels, ....
- Ou une autre tumeur? (ses silences parlaient...)
- Oui, je suggère une biopsie....
Je sors de là effondrée. Une biopsie! une maudite biopsie! Je cours presque vers le corridor où je vois habituellement Dr. P. avant de me ressaisir. Premièrement, il pourrait très bien ne pas être là et deuxièmement, jamais les chiens de garde dans les cages en verre à l'entrée dudit corridor ne me laisseront assurément pas passer... Je grimpe donc au 3B pour voir l'IP. Elle me somme de me calmer et elle me promet qu'elle rejoindra Dr. P. pour lui expliquer la situation. Je vais rejoindre mon amoureux à son travail: amène-toi j'ai besoin de toi.
Nous passons la soirée à tenter de nous convaincre que c'est une mauvaise frousse...
La différence entre vous et moi c'est que moi je SAIS que "shit can indeed happen"!
Le lendemain, je rencontre Dr. En chef des bébittes qui, satisfait du résultat de l'antibiotique, autorise le retrait de mon cathéter. Petite victoire. L'IP me confirme alors que Dr. P. me verra lundi matin. Le week-end passe.... et, enfin, je peux discuter avec mon médecin qui me rassure mais ordonne quand même une mammographie, une échographie ET une "f***ing" biopsie à la discrétion du radiologiste. Maintenant que le pavé est dans la mare, il ne peut plus l'ignorer. Comme la clinique privée de radiologie de mon patelin (vous vous souvenez celle où je suis allée en septembre pour rencontrer plein de gens pratiquement effrontés de se prétendre "humains") semble supprimer le sourire à tous ceux qui y travaillent, je prends rendez-vous à l'hôpital située à une heure de route. De prime abord, ça peut sembler bien simple prendre rendez-vous: appeler, parler, remercier, noter au calendrier. Nope! il me faut envoyer par télécopieur la requête de mon médecin et, après seulement, elle daignera me parler. Quelques heures plus tard, elle m'appelle mais, elle ne peut me donner rendez-vous pour la raison qu'elle doit d'abord discuter mon cas "un peu spécial" avec le médecin. Le lendemain, je la rappelle pour faire un suivi.... on m'annonce qu'elle est absente et ne sera là que jeudi et qu'elle est la seule qui puisse donner les rendez-vous... Je pleurerais de rage mais je me résigne à sagement attendre jeudi.
Jeudi, je réussis à obtenir les rendez-vous nécessaires: mammographie le vendredi 15 octobre et échographie et, peut-être, biopsie le mardi 19 octobre.
Attendre, attendre, attendre...
Arrive le vendredi 15 octobre, je pourrais exploser de stress. La gentille technicienne en mammographie m'appelle et elle procède. Le jour et la nuit entre elle et la bizarroïde à la clinique de radiologie de mon patelin qui, entre autres, se permet de commenter avec dédain l'âge à laquelle j'ai eu mon premier enfant (!). Celle-ci me parle doucement; elle comprend que ça peut s'avérer plus douloureux sur mon sein opéré, à cause de la radiothérapie qui a fragilisé les tissus. L'examen terminé, elle me demande d'attendre pendant qu'elle vérifie la qualité des clichés pour savoir si le médecin voudra d'autres "prises". Une fois les clichés sur le panneau lumineux, je demande à voir. Elle affiche aussi la mammo du 2 septembre 2009... la différence me frappe et j'en suis aussitôt émue. Je me ressaisis et la gentille technicienne me dit:
- Je ne suis pas radiologiste mais je pense que nous aurons de bonnes nouvelles pour vous. Je vais voir le rediologiste de ce pas afin qu'il vous fasse votre échographie tout de suite... je ne pense pas qu'il fasse de biopsie puisque tout semble normal.
Mon coeur chavire... alors que je pensais sortir de là avec mon stress toujours entier jusqu'à mardi, date de l'échographie (+/- biopsie), me voilà stressée d'espoir. Le radiologiste me voit directement sans qu'une technicienne n'effectue de pré-examen. Après avoir regardé son écran, il me demande:
- Qui est stressé là?
- ... tout d'abord, moi! Ensuite, j'ai vu un radiologiste, spécialiste des os.. blah, blah, blah
- Tout ce que je vois me semble normal: des tissus cicatriciels et pas de trace de rien d'autre... Je suggère que vous continuiez vos examens réguliers mais pour maintenant, pas de biopsie nécessaire.
- .... vous savez que je vous aime vraiment aujourd'hui!!!!!
Il sourit, à peine, mais je m'en balance!
Premiers tests passés avec succès; plus tôt que prévu et j'accueille les résultats avec joie, soulagement, le sourire fixé, l'oeil brillant.
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Le grand combat
Une année pour apprendre
Mon "aventure" a duré le temps d'une année scolaire: du 2 septembre 2009 au 7 juin 2010...
mercredi 29 septembre 2010
En rafale, les deux derniers mois...
Fidèles lecteurs, parents, amoureux, amis, camarades, inconnus au coeur conquis, inconnus qui aimeriez tant figurer le pourquoi du comment des choses du crabe, ou inconnus juste curieux (et un peu voyeur il faut le dire), mea culpa. Mon silence est inacceptable! J'espère qu'il ne fut pas porteur d'inquiétude... rassurez-vous: je me porte bien.
En rafale, depuis le 5 juillet dernier:
Les 10 et 11 juillet, je relève avec succès le Cyclo-Défi contre le cancer. Doublement: mes précieux parents, amis et collègues me permettent de dépasser mon objectif de levée de fonds et je pédale sans trop de heurt, en deux jours, la distance de 300 kilomètres séparant Montréal et Québec (par la 138...). Par le chemin du Roy; par temps chaud, la brise dans le dos, le sourire aux lèvres... Le périple s'amorce par un émouvant départ du Stade Olympique: la musique me tord un peu le coeur. Je pense à mon chum qui avait peur des aiguilles, celui dont ce serait le trente-neuvième anniversaire aujourd'hui même. Je pense à mon propre combat achevé il y a à peine un mois, je me repasse ce film-là dans ma tête et je dois retenir mes larmes, envahie par l'émotion. La sensation d'être en vie prend tout mon corps. C'est bon mais je monte sur mon vélo presque trop fébrile. La météo de notre bord (pour ne pas dire le vent léger dans notre dos), mon chum de route et moi pédalons avec facilité les 146 kilomètres du samedi, direction: Trois-Rivières. Tout au long de la journée, je rencontre des cyclistes avec des drapeaux jaunes ou blancs... Le soir on m'explique: jaune pour les survivants, blanc pour les combattans. Je récupère donc mon drapeau jaune en pensant aux drapeaux blancs. Trois-cent kilomètres de vélo en plein combat; il faut le faire.
Le dimanche, nous parcourons la deuxième partie du trajet, jalonné de belles côtes entre Grondines et Québec... dures pour les vélos mal entretenus et impitoyables pour les cuisses non entraînées. Tout au long de la journée, plusieurs des deux mille participants lèvent le pouce lors des dépassements, me saluent ou me félicitent tout haut. La force du drapeau. Une histoire de survie, une preuve tangible que c'est possible, pour tous ces participants motivés par des raisons toute personnelles, ça représente une victoire collective. Fière et émue, j'accueille l'encouragement avec humilité. Nous "traînons" une partie de notre équipe dont ni les cuisses, ni le moral ne suivent plus l'intensité imposée par le parcours côteux. À notre arrivée, 149 kilomètres plus loin, je souris, il sourit, nous sourions. Mon amoureux est là; ému. Nous sommes tous les deux inscrits pour le Cyclo-Défi de 2011.
26 juillet, je retourne au travail et j'apprends le décès (d'un cancer du sein en récidive), d'une camarade au coeur d'or. Le contraste me fait encore frissonner. Suite aux dernières rencontres médicales en juillet, je vis, enfin, enfin, enfin mon retour au travail. Que la vie me paraît belle ce matin-là; une belle promesse de jours meilleurs. le soleil brille, mon sourire aussi. Jamais n'a-t-on vu de fiscaliste plus avide d'entamer un dossier. D'ailleurs, tous mes nouveaux collègues expérimentés (pour ceux qui suivent bien, j'ai changé d'employeur l'année dernière, juste avant d'entamer cette belle aventure) partent en vacances le vendredi suivant... Je me propose donc pour un dossier important et urgent. Me voilà plongée dans le bain, rapidement et pas trop rouillée malgré tout. Je suis dans ma zone...
Tard en avant-midi, j'accueille avec tristesse le décès de ma belle amie, soulagée de l'avoir vue la veille dans son sommeil (médicamenté) paisible... et de lui avoir dit cette phrase qui me tenait tant à coeur: "Ta famille est magnifique; solide et aimante autour de toi; tu vis déjà en eux; va en paix ma belle". Elle était entourée, dans sa toute minuscule chambre, de ses trois enfants, de son gendre, sa bru, de ses dix petits-enfants et de quelques amis. La larme à l'oeil, le coeur en paix, je suis sortie avec la ferme certitude que c'était notre dernière rencontre mais que j'avais dit ce qu'il fallait.
30 juillet, j'assiste, émue, aux funérailles de mon amie au coeur d'or. Elle ne faisait rien comme les autres celle-là! Elle cultivait le sens du spectacle et son amour pour plusieurs artistes de la scène régionale à qui elle offrait des premières chances lui a d'ailleurs valu le permis de leur demander une prestation musicale toute spéciale. Pour elle. À sa mémoire. La cérémonie n'est donc pas animée par un prêtre mais se traduit plutôt par une succession de prestations musicales par des musiciens, des chanteurs, chanteuses qu'elle a côtoyés. Elle en a connu des artistes mon amie! En fait, ce n'était pas une cérémonie, c'était un spectacle pour célébrer la vie, SA vie. Beau, flamboyant, émouvant, comme elle. Ses dix petits-enfants, âgés entre huit et seize ans (environ), qui entonnent "Il était une fois des gens heureux"... (a cappella). Deux mois plus tard, ce souvenir à lui seul me pique les yeux... Et que dire de cette sortie de l'église au son des percussions...un hymne à la vie, au battement des coeurs, à l'amour. Tout simplement: magnifique.
Les semaines passent... Les anniversaires arrivent.
Le mien: Trente-huit ans. Qui pourrait croire qu'une femme puisse célébrer autant ses trente-huit ans? À mes vingt ans, à mes trente ans, je ne pensais pas alors que le tournant de mes trente-huit ans représenterait une si belle victoire. C'en est une. Je m'arrête pour réaliser à quel point je suis heureuse. Il faut le réaliser. Souvent.
Le 30 août, ma Grande entre à la maternelle. Vivre cette étape importante avec elle me rappelle ma propre enfance: j'adorais l'école. Après une rencontre avec son professeur, une femme d'expérience, toute en force calme, je retourne à mes occupations, rassurée. Après une rencontre avec les parents, je constate que deux autres voisins seront dans sa classe; des figures connues, ça aide à l'intégration... Mais, le summum du non-stress pour une maman: une amie, éducatrice en adaptation scolaire, passera une demi-journée dans sa classe pour s'occuper de certains enfants... Là, fini le stress. C'est dur de couper le cordon... Plus pour la maman que pour la Grande je pense... Aujourd'hui, un mois plus tard, je la sens déjà plus mature, plus expressive. Elle avait besoin de cet élément de stimulation. Elle s'intègre bien.
Le 2 septembre: anniversaire du début de l'aventure: dure journée. Le coeur nostalgique, la tête ailleurs, la journée me parut bien longue.
Le 4 septembre, on a souligné la fête de mes princesses... l'année dernière, les événements se bousculant, on avait annulé la grande fête. Mais, cette année, c'est une journée entière de célébrations: le midi avec plein de frimousses et le soir avec la famille. À plusieurs reprises, je dois ressaisir mes émotions pour ne pas laisser mes larmes affoler tout le monde. Mes filles célèbrent leur anniversaire avec leur maman.
Le 11 septembre, je pédale en une journée les 215 kilomètres qui séparent mon patelin de Québec, à nouveau, je sillonne le chemin du Roy. Les fonds recueillis pour cette randonnée vont au profit du 3B, pour ceux qui ont oublié, le 3B c'est l'oncologie de l'hôpital de mon patelin. Cette date représente l'anniversaire de mon entrée dans ledit département... Pour moi, l'image est forte et, au cours du parcours, l'émotion me serre parfois le coeur et me pique les yeux: sur 215 kilomètres, on a le temps de penser. Beaucoup. Accompagnée de mon fidèle compagnon de vélo, nous parcourons les premiers 130 kilomètres en criant "lapin". Je me trouve un peu "freak" de cumuler de si longues sorties sans problème... Au 133e kilomètre, on arrête pour luncher et mon amoureux ainsi que l'amoureuse de mon chum de vélo nous rejoignent pour terminer le défi avec nous. La fin de la randonnée est jalonnée des mêmes côtes que le 11 juillet... le parcours ne s'aplatit pas comme ça en deux mois quand même! On va à la guerre ensemble pour affronter le vent mais on reste seul sur son (maudit) vélo dans les côtes... Une belle côte quand on a déjà 150, 160, 180, 200 kilomètres dans les jambes... ouch! Arrivée à Québec, je suis vidée, complètement. Mais combien fière d'avoir accompli ce défi avec succès. Et d'être là.
Et d'être là.
En rafale, depuis le 5 juillet dernier:
Les 10 et 11 juillet, je relève avec succès le Cyclo-Défi contre le cancer. Doublement: mes précieux parents, amis et collègues me permettent de dépasser mon objectif de levée de fonds et je pédale sans trop de heurt, en deux jours, la distance de 300 kilomètres séparant Montréal et Québec (par la 138...). Par le chemin du Roy; par temps chaud, la brise dans le dos, le sourire aux lèvres... Le périple s'amorce par un émouvant départ du Stade Olympique: la musique me tord un peu le coeur. Je pense à mon chum qui avait peur des aiguilles, celui dont ce serait le trente-neuvième anniversaire aujourd'hui même. Je pense à mon propre combat achevé il y a à peine un mois, je me repasse ce film-là dans ma tête et je dois retenir mes larmes, envahie par l'émotion. La sensation d'être en vie prend tout mon corps. C'est bon mais je monte sur mon vélo presque trop fébrile. La météo de notre bord (pour ne pas dire le vent léger dans notre dos), mon chum de route et moi pédalons avec facilité les 146 kilomètres du samedi, direction: Trois-Rivières. Tout au long de la journée, je rencontre des cyclistes avec des drapeaux jaunes ou blancs... Le soir on m'explique: jaune pour les survivants, blanc pour les combattans. Je récupère donc mon drapeau jaune en pensant aux drapeaux blancs. Trois-cent kilomètres de vélo en plein combat; il faut le faire.
Le dimanche, nous parcourons la deuxième partie du trajet, jalonné de belles côtes entre Grondines et Québec... dures pour les vélos mal entretenus et impitoyables pour les cuisses non entraînées. Tout au long de la journée, plusieurs des deux mille participants lèvent le pouce lors des dépassements, me saluent ou me félicitent tout haut. La force du drapeau. Une histoire de survie, une preuve tangible que c'est possible, pour tous ces participants motivés par des raisons toute personnelles, ça représente une victoire collective. Fière et émue, j'accueille l'encouragement avec humilité. Nous "traînons" une partie de notre équipe dont ni les cuisses, ni le moral ne suivent plus l'intensité imposée par le parcours côteux. À notre arrivée, 149 kilomètres plus loin, je souris, il sourit, nous sourions. Mon amoureux est là; ému. Nous sommes tous les deux inscrits pour le Cyclo-Défi de 2011.
26 juillet, je retourne au travail et j'apprends le décès (d'un cancer du sein en récidive), d'une camarade au coeur d'or. Le contraste me fait encore frissonner. Suite aux dernières rencontres médicales en juillet, je vis, enfin, enfin, enfin mon retour au travail. Que la vie me paraît belle ce matin-là; une belle promesse de jours meilleurs. le soleil brille, mon sourire aussi. Jamais n'a-t-on vu de fiscaliste plus avide d'entamer un dossier. D'ailleurs, tous mes nouveaux collègues expérimentés (pour ceux qui suivent bien, j'ai changé d'employeur l'année dernière, juste avant d'entamer cette belle aventure) partent en vacances le vendredi suivant... Je me propose donc pour un dossier important et urgent. Me voilà plongée dans le bain, rapidement et pas trop rouillée malgré tout. Je suis dans ma zone...
Tard en avant-midi, j'accueille avec tristesse le décès de ma belle amie, soulagée de l'avoir vue la veille dans son sommeil (médicamenté) paisible... et de lui avoir dit cette phrase qui me tenait tant à coeur: "Ta famille est magnifique; solide et aimante autour de toi; tu vis déjà en eux; va en paix ma belle". Elle était entourée, dans sa toute minuscule chambre, de ses trois enfants, de son gendre, sa bru, de ses dix petits-enfants et de quelques amis. La larme à l'oeil, le coeur en paix, je suis sortie avec la ferme certitude que c'était notre dernière rencontre mais que j'avais dit ce qu'il fallait.
30 juillet, j'assiste, émue, aux funérailles de mon amie au coeur d'or. Elle ne faisait rien comme les autres celle-là! Elle cultivait le sens du spectacle et son amour pour plusieurs artistes de la scène régionale à qui elle offrait des premières chances lui a d'ailleurs valu le permis de leur demander une prestation musicale toute spéciale. Pour elle. À sa mémoire. La cérémonie n'est donc pas animée par un prêtre mais se traduit plutôt par une succession de prestations musicales par des musiciens, des chanteurs, chanteuses qu'elle a côtoyés. Elle en a connu des artistes mon amie! En fait, ce n'était pas une cérémonie, c'était un spectacle pour célébrer la vie, SA vie. Beau, flamboyant, émouvant, comme elle. Ses dix petits-enfants, âgés entre huit et seize ans (environ), qui entonnent "Il était une fois des gens heureux"... (a cappella). Deux mois plus tard, ce souvenir à lui seul me pique les yeux... Et que dire de cette sortie de l'église au son des percussions...un hymne à la vie, au battement des coeurs, à l'amour. Tout simplement: magnifique.
Les semaines passent... Les anniversaires arrivent.
Le mien: Trente-huit ans. Qui pourrait croire qu'une femme puisse célébrer autant ses trente-huit ans? À mes vingt ans, à mes trente ans, je ne pensais pas alors que le tournant de mes trente-huit ans représenterait une si belle victoire. C'en est une. Je m'arrête pour réaliser à quel point je suis heureuse. Il faut le réaliser. Souvent.
Le 30 août, ma Grande entre à la maternelle. Vivre cette étape importante avec elle me rappelle ma propre enfance: j'adorais l'école. Après une rencontre avec son professeur, une femme d'expérience, toute en force calme, je retourne à mes occupations, rassurée. Après une rencontre avec les parents, je constate que deux autres voisins seront dans sa classe; des figures connues, ça aide à l'intégration... Mais, le summum du non-stress pour une maman: une amie, éducatrice en adaptation scolaire, passera une demi-journée dans sa classe pour s'occuper de certains enfants... Là, fini le stress. C'est dur de couper le cordon... Plus pour la maman que pour la Grande je pense... Aujourd'hui, un mois plus tard, je la sens déjà plus mature, plus expressive. Elle avait besoin de cet élément de stimulation. Elle s'intègre bien.
Le 2 septembre: anniversaire du début de l'aventure: dure journée. Le coeur nostalgique, la tête ailleurs, la journée me parut bien longue.
Le 4 septembre, on a souligné la fête de mes princesses... l'année dernière, les événements se bousculant, on avait annulé la grande fête. Mais, cette année, c'est une journée entière de célébrations: le midi avec plein de frimousses et le soir avec la famille. À plusieurs reprises, je dois ressaisir mes émotions pour ne pas laisser mes larmes affoler tout le monde. Mes filles célèbrent leur anniversaire avec leur maman.
Le 11 septembre, je pédale en une journée les 215 kilomètres qui séparent mon patelin de Québec, à nouveau, je sillonne le chemin du Roy. Les fonds recueillis pour cette randonnée vont au profit du 3B, pour ceux qui ont oublié, le 3B c'est l'oncologie de l'hôpital de mon patelin. Cette date représente l'anniversaire de mon entrée dans ledit département... Pour moi, l'image est forte et, au cours du parcours, l'émotion me serre parfois le coeur et me pique les yeux: sur 215 kilomètres, on a le temps de penser. Beaucoup. Accompagnée de mon fidèle compagnon de vélo, nous parcourons les premiers 130 kilomètres en criant "lapin". Je me trouve un peu "freak" de cumuler de si longues sorties sans problème... Au 133e kilomètre, on arrête pour luncher et mon amoureux ainsi que l'amoureuse de mon chum de vélo nous rejoignent pour terminer le défi avec nous. La fin de la randonnée est jalonnée des mêmes côtes que le 11 juillet... le parcours ne s'aplatit pas comme ça en deux mois quand même! On va à la guerre ensemble pour affronter le vent mais on reste seul sur son (maudit) vélo dans les côtes... Une belle côte quand on a déjà 150, 160, 180, 200 kilomètres dans les jambes... ouch! Arrivée à Québec, je suis vidée, complètement. Mais combien fière d'avoir accompli ce défi avec succès. Et d'être là.
Et d'être là.
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Le grand combat
lundi 5 juillet 2010
Mon petit Défi à moi...
Tout d'abord, grands mercis à tous celles et ceux qui font équipe avec moi pour la levée de fonds ou pour l'entraînement... ou pour les deux! Sans vos encouragements, sans votre présence, j'y parviendrais mais si difficilement.
J'aime croire qu'il se réjouit de l'issue actuelle de mon combat; qu'il savoure mon équilibre renouvelé comme une petite vengeance contre la bibitte. Samedi matin, j'aurai une pensée pour lui. Je partirai en silence avec la tête remplie de souvenirs mais surtout, de son héritage: vivre pleinement chaque jour (je sais, là-dessus, je me répète).
Dans cinq dodos, le 10 juillet à 8h00, j'enfourcherai mon vélo devant le Stade Olympique en direction de Québec. En tout, un périple de plus de 250 kilomètres à parcourir en deux jours pour sensibiliser à la cause, ma cause, celle qui me tient tant à coeur: la recherche contre le cancer. Le 10 juillet justement, mon ami qui avait peur des aiguilles fêterait ses 39 ans si ladite cochonnerie ne l'avait emporté l'an dernier. Son souvenir m'accompagne, je l'entends parfois presque me parler, rire, me soutenir dans mes moments difficiles. Il joue à merveille son rôle d'ange gardien; depuis le 2 septembre 2009, lorsque ses filles et son amoureuse dorment , il m'accorde un peu d'attention.
J'aime croire qu'il se réjouit de l'issue actuelle de mon combat; qu'il savoure mon équilibre renouvelé comme une petite vengeance contre la bibitte. Samedi matin, j'aurai une pensée pour lui. Je partirai en silence avec la tête remplie de souvenirs mais surtout, de son héritage: vivre pleinement chaque jour (je sais, là-dessus, je me répète).L'entraînement semble au point; je devrais finir les deux journées sans trop de problème.
Le moral semble bon; je vis heureuse ce retour à la normale.
Reste plus qu'à me tester!
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Entraînement,
Le grand combat
jeudi 10 juin 2010
Un million de drames humains... et moi, et moi, et moi...
Depuis lundi dernier, à 15 heures, 36 minutes et 43 secondes lorsque je quittai le bureau de la radio-oncologue, je réintègre le monde des vivants survivants. Lentement, sûrement, vivement. Mais, seule comme une grande. Seule comme dans "avec pas de chirurgien, pas d'oncologue, pas de microbiologiste, pas de médecin qui supporte l'oncologue, pas de technologue, pas d'infirmière, pas d’IP, pas de pharmacienne, pas de radio-oncologue, pas de madame qui m’accueille dans tous les départements de l’hôpital". Seule comme dans "je ne sais même pas comment qualifier mon état actuel". En rémission? La médecine ne définit même pas le terme; tabou. Guérie? Pas sûre non plus de la l’utilisation appropriée du mot lorsque relié à la réalité cancer. En voie de guérison? Pourquoi pas?
Très seule donc et très laissée à mes légers moments d'angoisse. Malgré tout, la sensation est grisante, exaltante, je déborde de sourires. Enfin! Neuf mois plus tard, je fais un pudique pied-de-nez à mon destin. Pudique parce que je ne ressens pas le symptôme d'invulnérabilité associé au syndrome du survivant. Au contraire, si je dois retenir et partager une seule leçon de tout mon périple, que ce soit celle-ci:
_____________________________
JUILLET 2009
Ce grand ami d'enfance, père de deux belles princesses toutes aussi avides de l'amour de leur papa que mes filles peuvent l'être du mien, amoureux aussi, enfin. De loin, je pense bien observer une famille reconstituée dans la tendresse, je pense bien voir un ami qui goûte enfin le bonheur de conjuguer le calme et la passion. De passion, sa vie est empreinte mais, son bonheur paisible que je pense observer me rassure : il me semble la vivre sa relation heureuse.
Cet homme donc, 38 ans, en plein combat contre la maladie, fatigué, épuisé plutôt, à qui on annonce que sa cochonnerie de cancer a migré vers son cerveau. Plus que quelques semaines à vivre. Cela fait pratiquement un an maintenant et les souvenirs se bousculent encore dans ma tête et dans mon cœur. En fait, quelques semaines plus tard, précisément le 23 juillet 2009, nous assistions à ses funérailles. L'écho des sanglots de ses filles résonne toujours à mes oreilles et reviendra me hanter tout l'automne, particulièrement lorsque j'apprendrai mon propre diagnostic.
Il s'est battu. Courageusement. A décrit son combat auquel je réfère souvent. Il me laisse en héritage le goût de vivre pleinement, de célébrer la chance de me lever chaque matin.
_____________________________
AOÛT 2009
L'été dernier, à la maison, je vivais un conte de fées: je préparais mon déménagement pour revenir dans mon patelin, mes deux Princesses à mes côtés, mon amoureux toujours aussi amoureux. Notre histoire sent bon la fleur bleue.
Pour couronner mon bonheur plus que parfait: un nouvel emploi dans mon patelin, du temps pour mon bonheur tranquille.
Au même moment, je lis sur Facebook les commentaires d'une amie lointaine du secondaire larguée par son conjoint malgré les enfants, malgré le temps et les énergies investis pour bâtir une famille. Elle peine à se relever, elle reçoit un coup dur.
Aujourd'hui, je l'ai revue et elle se porte bien. Grandie. Confiante en la Vie et, surtout, en elle.
_____________________________
OCTOBRE 2009
Pendant ce temps, des rencontres inattendues dont celle avec un ange du soutien. Elle m'accompagne, notamment, pour me bien regarder une fois les cheveux rasés. Son amie, une Dame de cœur d'une soixante d'années combattait elle-même un cancer l'année précédente.
Une fois de plus, voilà la Dame de cœur re-confrontée à ce même cancer. Cette fois-ci la douleur, la peur aussi, car les médecins avouent leur détresse face à cette récidive. Son courage nourrit le mien et je recherche son regard et son sourire comme tant de signes que le combat en vaut la peine.
Maintenant, sept mois plus tard, les médecins se déclarent vaincus et la voilà face à sa dernière bataille qu’elle mène dignement. La maladie rend réaliste et rapproche de sa propre fatalité. Elle rend plus mature et permet de faire face.
_____________________________
NOVEMBRE 2009
Un samedi soir, en plein apéro avec un couple d'amis, les enfants qui courent partout, la sonnerie du téléphone. Un coup de massue: le mentor de mon amoureux, celui qui prenait toujours le temps de l'aider pour le rendre meilleur dans son métier, n'est plus. Une peine d'amour et une détresse de l'âme le poussaient à commettre lui-même l'irréparable. Mon amoureux perd alors un bon copain d'une façon inexplicable, incompréhensible.
Chacun ses combats, chacun sa façon d'y faire face.
_____________________________
DÉCEMBRE 2009
Mon amie, la marraine de ma Petite se pointe chez moi pour m'accompagner à mon quatrième traitement de chimiothérapie. Elle m'annonce alors que le mot cancer s'installe dans sa vie à elle aussi... doucement mais sûrement. Pour la période des Fêtes, elle recevra de son dermatologue le cadeau d'une crème pour le visage... une chimiothérapie pour enrayer un cancer de la peau.
Je pleure ce matin là. Elle est courageuse; elle craint la douleur mais affronte son épreuve avec dignité.
_____________________________
JANVIER 2010
Mon amie, celle-là même qui comprend plus que quiconque le sens du mot "amitié", enceinte de quelques mois, est frappée par le destin de l'une des pire façon: elle perd son enfant. Elle m'annonce la nouvelle et c'est muette que je la laisse parler, il lui faut couler ce chagrin et je tente bien maladroitement de partager son fardeau. Rien à dire, rien à faire, l'événement est plus grand que nature. Son chagrin, si immense, nous pouvons presque le toucher.
Perdre un enfant s'inscrit dans le désordre des choses, le chaos. Impossible de même imaginer l'événement sous quelque forme que ce soit.
Par la force de ses amitiés, elle s'en sortira. Douloureusement mais elle choisit la vie. Sa vie, celle de ses deux trésors, de son amoureux, la sienne.
____________________________
FÉVRIER @ AVRIL 2010: Accalmie? Au cœur de mon propre combat, la Vie a donné un répit autour de moi.
_____________________________
MAI 2010
Cette belle Diane qui me visite ici régulièrement en ne ménageant pas ses compliments ce qui me ranime le courage et me permet de mieux m'apprécier le talent.
À l'aube du mois de mai, là voilà victime d'un très grave accident de moto qui lui coûtera une jambe. Prudente au possible, elle roulait en peloton avec un groupe tout aussi prudent qu'elle lorsqu'une voiture les frappe de front blessant grièvement quatre motocyclistes, dont elle. L'automobiliste ne peut être tenu responsable: pas en état d'ébriété, ne roulait pas à une vitesse excessive, il s'agit bel et bien d'un accident, d'un moment d'inattention, d'un concours de circonstances des plus malheureux.
Un mois plus tard, elle panse toujours ses blessures, on l'aide à réhabiliter son corps mais, elle doit travailler très fort pour demeurer forte dans l'épreuve. Son âme et son cœur, déchirés par l'épreuve, tentent de maintenir la ligne positive.
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Et moi et moi et moi...
Très seule donc et très laissée à mes légers moments d'angoisse. Malgré tout, la sensation est grisante, exaltante, je déborde de sourires. Enfin! Neuf mois plus tard, je fais un pudique pied-de-nez à mon destin. Pudique parce que je ne ressens pas le symptôme d'invulnérabilité associé au syndrome du survivant. Au contraire, si je dois retenir et partager une seule leçon de tout mon périple, que ce soit celle-ci:
"La Vie, parfois subtilement, parfois plus brutalement, ne cessera d'apporter son lot d'épreuves et de combats; au gré de ceux-ci, le choix d'y grandir."Les défis se succèderont toujours. Sous plusieurs formes. Voici ceux qui ont marqué ma dernière année.
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JUILLET 2009
Ce grand ami d'enfance, père de deux belles princesses toutes aussi avides de l'amour de leur papa que mes filles peuvent l'être du mien, amoureux aussi, enfin. De loin, je pense bien observer une famille reconstituée dans la tendresse, je pense bien voir un ami qui goûte enfin le bonheur de conjuguer le calme et la passion. De passion, sa vie est empreinte mais, son bonheur paisible que je pense observer me rassure : il me semble la vivre sa relation heureuse.
Cet homme donc, 38 ans, en plein combat contre la maladie, fatigué, épuisé plutôt, à qui on annonce que sa cochonnerie de cancer a migré vers son cerveau. Plus que quelques semaines à vivre. Cela fait pratiquement un an maintenant et les souvenirs se bousculent encore dans ma tête et dans mon cœur. En fait, quelques semaines plus tard, précisément le 23 juillet 2009, nous assistions à ses funérailles. L'écho des sanglots de ses filles résonne toujours à mes oreilles et reviendra me hanter tout l'automne, particulièrement lorsque j'apprendrai mon propre diagnostic.
Il s'est battu. Courageusement. A décrit son combat auquel je réfère souvent. Il me laisse en héritage le goût de vivre pleinement, de célébrer la chance de me lever chaque matin.
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AOÛT 2009
L'été dernier, à la maison, je vivais un conte de fées: je préparais mon déménagement pour revenir dans mon patelin, mes deux Princesses à mes côtés, mon amoureux toujours aussi amoureux. Notre histoire sent bon la fleur bleue.
Pour couronner mon bonheur plus que parfait: un nouvel emploi dans mon patelin, du temps pour mon bonheur tranquille.
Au même moment, je lis sur Facebook les commentaires d'une amie lointaine du secondaire larguée par son conjoint malgré les enfants, malgré le temps et les énergies investis pour bâtir une famille. Elle peine à se relever, elle reçoit un coup dur.
Aujourd'hui, je l'ai revue et elle se porte bien. Grandie. Confiante en la Vie et, surtout, en elle.
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OCTOBRE 2009
Pendant ce temps, des rencontres inattendues dont celle avec un ange du soutien. Elle m'accompagne, notamment, pour me bien regarder une fois les cheveux rasés. Son amie, une Dame de cœur d'une soixante d'années combattait elle-même un cancer l'année précédente.
Une fois de plus, voilà la Dame de cœur re-confrontée à ce même cancer. Cette fois-ci la douleur, la peur aussi, car les médecins avouent leur détresse face à cette récidive. Son courage nourrit le mien et je recherche son regard et son sourire comme tant de signes que le combat en vaut la peine.
Maintenant, sept mois plus tard, les médecins se déclarent vaincus et la voilà face à sa dernière bataille qu’elle mène dignement. La maladie rend réaliste et rapproche de sa propre fatalité. Elle rend plus mature et permet de faire face.
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NOVEMBRE 2009
Un samedi soir, en plein apéro avec un couple d'amis, les enfants qui courent partout, la sonnerie du téléphone. Un coup de massue: le mentor de mon amoureux, celui qui prenait toujours le temps de l'aider pour le rendre meilleur dans son métier, n'est plus. Une peine d'amour et une détresse de l'âme le poussaient à commettre lui-même l'irréparable. Mon amoureux perd alors un bon copain d'une façon inexplicable, incompréhensible.
Chacun ses combats, chacun sa façon d'y faire face.
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DÉCEMBRE 2009
Mon amie, la marraine de ma Petite se pointe chez moi pour m'accompagner à mon quatrième traitement de chimiothérapie. Elle m'annonce alors que le mot cancer s'installe dans sa vie à elle aussi... doucement mais sûrement. Pour la période des Fêtes, elle recevra de son dermatologue le cadeau d'une crème pour le visage... une chimiothérapie pour enrayer un cancer de la peau.
Je pleure ce matin là. Elle est courageuse; elle craint la douleur mais affronte son épreuve avec dignité.
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JANVIER 2010
Mon amie, celle-là même qui comprend plus que quiconque le sens du mot "amitié", enceinte de quelques mois, est frappée par le destin de l'une des pire façon: elle perd son enfant. Elle m'annonce la nouvelle et c'est muette que je la laisse parler, il lui faut couler ce chagrin et je tente bien maladroitement de partager son fardeau. Rien à dire, rien à faire, l'événement est plus grand que nature. Son chagrin, si immense, nous pouvons presque le toucher.
Perdre un enfant s'inscrit dans le désordre des choses, le chaos. Impossible de même imaginer l'événement sous quelque forme que ce soit.
Par la force de ses amitiés, elle s'en sortira. Douloureusement mais elle choisit la vie. Sa vie, celle de ses deux trésors, de son amoureux, la sienne.
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FÉVRIER @ AVRIL 2010: Accalmie? Au cœur de mon propre combat, la Vie a donné un répit autour de moi.
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MAI 2010
Cette belle Diane qui me visite ici régulièrement en ne ménageant pas ses compliments ce qui me ranime le courage et me permet de mieux m'apprécier le talent.
À l'aube du mois de mai, là voilà victime d'un très grave accident de moto qui lui coûtera une jambe. Prudente au possible, elle roulait en peloton avec un groupe tout aussi prudent qu'elle lorsqu'une voiture les frappe de front blessant grièvement quatre motocyclistes, dont elle. L'automobiliste ne peut être tenu responsable: pas en état d'ébriété, ne roulait pas à une vitesse excessive, il s'agit bel et bien d'un accident, d'un moment d'inattention, d'un concours de circonstances des plus malheureux.
Un mois plus tard, elle panse toujours ses blessures, on l'aide à réhabiliter son corps mais, elle doit travailler très fort pour demeurer forte dans l'épreuve. Son âme et son cœur, déchirés par l'épreuve, tentent de maintenir la ligne positive.
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Et moi et moi et moi...
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Le grand combat
jeudi 27 mai 2010
La cardiothérapie...
Cardio comme dans "coeur"... Cette cochonnerie de maladie me restaure le coeur. À la bonne place. Ce coeur-là que j'oubliais presque de consulter pour mes grandes décisions. Ce coeur-là que je prenais pour acquis et qui se défilait trop souvent. Ce coeur qui semblait vouloir s'endurcir.
Mon petit coeur bien en santé reprend enfin toute sa place au centre de ma vie. J'aime sans détour. Au beau milieu d'une conversation, je peux manifester à une amie toute l'admiration, toute l'empathie que je ressens pour elle. Aussi spontanément, je me surprends à regarder intensément ma Grande jusqu'à ce qu'elle pose son regard de princesse sur moi et que je ne puisse que répliquer Je t'aime... doucement mais sûrement. Je vis mes émotions plus intensément et j'apprécie cette victoire sur ma vie d'avant qui me consumait les sentiments.
Mon petit coeur bien en santé reprend enfin toute sa place au centre de ma vie. J'aime sans détour. Au beau milieu d'une conversation, je peux manifester à une amie toute l'admiration, toute l'empathie que je ressens pour elle. Aussi spontanément, je me surprends à regarder intensément ma Grande jusqu'à ce qu'elle pose son regard de princesse sur moi et que je ne puisse que répliquer Je t'aime... doucement mais sûrement. Je vis mes émotions plus intensément et j'apprécie cette victoire sur ma vie d'avant qui me consumait les sentiments.
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Le grand combat
samedi 22 mai 2010
La radiothérapie
Me voici donc de retour, enfin. En pleine forme. À deux semaines de la fin de mes traitements.
En résumé..
Enfin.
En raison de la présentation initiale de ma tumeur au sein et de l'atteinte ganglionnaire précédemment à la chimio, elle propose vingt-cinq traitements au sein, à l'aisselle et à la clavicule (où se trouvent d'autres ganglions), plus cinq électrons à la cicatrice du sein. En clair, comme elle constate mon niveau d'énergie, mon jeune âge, l'absence de tout symptôme, elle propose la "totale". Soit. Le constat m'inquiète un peu puisque je sens que la maladie, initialement, prenait du terrain. Mais, je dois rester du côté des non-malades et continuer de me réjouir des bonnes nouvelles qui pleuvent sur moi dernièrement.
En quoi consiste la procédure aujourd'hui? Tout d'abord, elles moulent un coussin de silicone dans lequel je repose ma tête, tournée sur le côté droit et y insère mes bras de chaque côté de ma tête. Ensuite, elles collent des trucs blancs sur huit points de mon corps et elles procèdent au scan. Enfin, mais non la moindre procédure, elles me tatouent huit petits points aux mêmes endroits où étaient collés les trucs blancs initialement. De VRAIS tatouages, à l'aiguille. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Fini.
Le soir, je montre les tout petits tatouages à ma Grande en lui disant qu'on m'a dessiné de toutes petites étoiles, une pour elle, une pour sa petite soeur, une pour son papa, etc. Elle me dit que quand je ne suis pas là, elle pense à moi très fort dans son petit coeur et ça lui fait du bien. Quelle maturité elle affiche ma Grande de quatre ans. Je l'aime.
Le mercredi 21 avril: Le CHUM m'appelle, on procèdera au marquage vendredi après-midi.
Le vendredi 23 avril: Étendue sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, les seins trop à nu, la tête et les bras dans mon moule, la dernière étape de mon triathlon pour vaincre le cancer s'amorce. Les techniciennes très sympathiques me marquent, pas au fer rouge mais bien à la peinture... toute aussi rouge. Au bout d'une trentaine de minutes, je quitte la salle J et me rend à la salle de déshabillage troquer ma belle jaquette bleue pour mes vêtements. Là, dans le miroir, j'aperçois mes marques qui montent assez haut dans le décolleté... Assez haut pour que la marque soit visible une fois rhabillée. Je décide alors de ne pas cacher ces marques, le beau temps s'amène et je ne porterai pas des cols roulés en mai. No way.
Je décide que la partie visible représente un mot chinois signifiant "espoir".
Du 26 avril au 21 mai: Tous les jours de la semaine, je me présente à la salle J, G ou H vêtue d'une jaquette bleue que je retire en m'étendant sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, etc. Sauf qu'après quatre semaines de cette routine, me déshabiller devant tout le monde ne m'intimide même plus. Le traitement dure environ une quinzaine de minutes dont une dizaine pour bien m'installer en alignant les tatouages et les marquages. La machine semble tout droit sortie du film Odyssey 2001 et elle se déplace autour de moi pour me lancer ses rayons radioactifs... biiip pendant quinze secondes, déplacement, biiiiiip un autre trente-six secondes de rayons, déplacement, biiiiiiiiiip un autre quarante-cinq secondes, dernier déplacement, biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip pour un dernier assaut de quarante secondes. Pour me détendre, je compte les secondes des assauts parce que lors des deux, trois premiers traitements, le biiip me stressait, m'agressait les oreilles, déclenchait un petit élan de panique en moi. Mon réflexe fut donc de compter les secondes pour me relaxer.
Maintenant, je les compte les secondes pour rester concentrée et calme. Allez, attaquons-les ces potentielles cellules rebelles qui pourraient vouloir squatter mon sein, mon aisselle, ma sous-clavicule. Bye, bye, petites cochonneries... out! Les lundis, une amie m'accompagne et les autres jours, mon papa se tape le voyage avec moi. Une heure aller, une heure retour, des conversations inattendues. Vive le huis-clos d'une voiture pour souder des amitiés.
Pour l'instant, je ne ressens AUCUN effet secondaire outre une légère rougeur sur la peau de mon sein. Je me réjouis et attends impatiemment la fin des traitements prévue pour le 7 juin. Dés le 31 mai, mes vingt-cinq traitements seront terminés... il ne restera que les cinq électrons à la cicatrice du sein. Ça avance... ça achève. Plus qu'une semaine de traitements, enfin. Plus qu'une semaine d'électrons, enfin.
En résumé..
Le mardi 30 mars: Depuis mon rendez-vous du 23 mars avec Onco, je reste sans nouvelle du CHUM où je recevrai mes traitements de radiothérapie. L'impuissance de l'attente me rend impatiente: vivement une date de début et, surtout, une date de fin pour les traitements de radiothérapie, je veux recommencer à travailler, je veux réintégrer ma vie d'avant, je veux ne plus aller à l'hosto, je veux tourner la page. La patiente sans nouvelles et stressée se tourne vers les ressources à sa disposition... que fait-elle? Bravo, oui, elle communique avec l'IP. Ne tenant plus en place, je décide d'aller trotter et vers la mi-journée, je vérifie mes messages téléphoniques: 1) l'IP me rassure, les requêtes bel et bien acheminées au CHUM, la centrale de rendez-vous devrait communiquer avec moi très bientôt et 2) le CHUM!!! mon premier rendez-vous consistant à une rencontre avec la radio-oncologue aura lieu le mercredi 7 avril.
Enfin.
Le mercredi 7 avril: Je me rends à ce premier rendez-vous accompagnée d'un fidèle ami, le Parrain de ma Grande. On prend le temps d'aller luncher au restau, de marcher et de reconnaître les environs du pavillon de radio-onco. Docteur TPMP ("Toute petite mais parfaite") me reçoit avec dix minutes de retard. Que dis-je?dans le monde de la médecine et plus précisément dans celui de l'oncologie, un tout petit dix minutes ne correspond pas à un "retard". Elle me reçoit donc à l'heure déterminée. J'adore quand le médecin connaît déjà mon dossier. La voilà donc qui résume ma situation en quelques minutes: je suis jeune (merci), la chimio fut un succès (hourra!), la chirurgie bien guérie, docteur TPMP ne voit pas de raison d'attendre et les traitements pourraient commencer dans les deux, trois prochaines semaines. Bonne nouvelle.
Je rencontre ensuite l'IPRO (l'Infirmière pivot de radio-oncologie) qui m'explique que je dois maintenant attendre leur appel pour le prochain rendez-vous qui consistera en un scan pré-marquage, elle ne peut me donner de date, même pas une idée. (?)
Le mardi 13 avril: Le CHUM appelle pour me donner mon rendez-vous jeudi maitn pour le scan pré-marquage.
Le jeudi 15 avril: Dès mon entrée dans la salle du scan, les techniciennes me disent de me laisser faire, de ne pas bouger, elles me déplaceront pour m'installer correctement. Couchée sur le dos sur une table trop étroite, dans une salle trop froide, les seins trop à nu, je laisse les techniciennes travailler et mon esprit vagabonde. Que de chemin parcouru depuis ma visite en clinique de radiologie le deux septembre 2009, que de médecins, d'infirmières, de techniciens, de traitements, de rencontres, d'apprentissages douloureux. Que de découvertes, d'introspection, d'amitiés grandies, aussi.
"Pour le prochain rendez-vous, on vous appelle". Un peu surprise mais surtout déçue car je pensais qu'ils me marqueraient et que mes traitements débuteraient la semaine prochaine, je quitte la salle. Je croise l'IPRO et lui parle de mon inquiétude car la radiothérapie débutera après les huit semaines recommandées entre la chirurgie et la radiothérapie. Elle ne me rassure pas vraiment et je sens que je la bouscule... je m'ennuie de mon IP, celle qui savait me trouver la bonne ressource pour pallier à mon besoin de savoir, pour calmer mes inquiétudes...
Le soir, je montre les tout petits tatouages à ma Grande en lui disant qu'on m'a dessiné de toutes petites étoiles, une pour elle, une pour sa petite soeur, une pour son papa, etc. Elle me dit que quand je ne suis pas là, elle pense à moi très fort dans son petit coeur et ça lui fait du bien. Quelle maturité elle affiche ma Grande de quatre ans. Je l'aime.
Le mercredi 21 avril: Le CHUM m'appelle, on procèdera au marquage vendredi après-midi.
Le vendredi 23 avril: Étendue sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, les seins trop à nu, la tête et les bras dans mon moule, la dernière étape de mon triathlon pour vaincre le cancer s'amorce. Les techniciennes très sympathiques me marquent, pas au fer rouge mais bien à la peinture... toute aussi rouge. Au bout d'une trentaine de minutes, je quitte la salle J et me rend à la salle de déshabillage troquer ma belle jaquette bleue pour mes vêtements. Là, dans le miroir, j'aperçois mes marques qui montent assez haut dans le décolleté... Assez haut pour que la marque soit visible une fois rhabillée. Je décide alors de ne pas cacher ces marques, le beau temps s'amène et je ne porterai pas des cols roulés en mai. No way.
Je décide que la partie visible représente un mot chinois signifiant "espoir".
Du 26 avril au 21 mai: Tous les jours de la semaine, je me présente à la salle J, G ou H vêtue d'une jaquette bleue que je retire en m'étendant sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, etc. Sauf qu'après quatre semaines de cette routine, me déshabiller devant tout le monde ne m'intimide même plus. Le traitement dure environ une quinzaine de minutes dont une dizaine pour bien m'installer en alignant les tatouages et les marquages. La machine semble tout droit sortie du film Odyssey 2001 et elle se déplace autour de moi pour me lancer ses rayons radioactifs... biiip pendant quinze secondes, déplacement, biiiiiip un autre trente-six secondes de rayons, déplacement, biiiiiiiiiip un autre quarante-cinq secondes, dernier déplacement, biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip pour un dernier assaut de quarante secondes. Pour me détendre, je compte les secondes des assauts parce que lors des deux, trois premiers traitements, le biiip me stressait, m'agressait les oreilles, déclenchait un petit élan de panique en moi. Mon réflexe fut donc de compter les secondes pour me relaxer.
Maintenant, je les compte les secondes pour rester concentrée et calme. Allez, attaquons-les ces potentielles cellules rebelles qui pourraient vouloir squatter mon sein, mon aisselle, ma sous-clavicule. Bye, bye, petites cochonneries... out! Les lundis, une amie m'accompagne et les autres jours, mon papa se tape le voyage avec moi. Une heure aller, une heure retour, des conversations inattendues. Vive le huis-clos d'une voiture pour souder des amitiés.
Pour l'instant, je ne ressens AUCUN effet secondaire outre une légère rougeur sur la peau de mon sein. Je me réjouis et attends impatiemment la fin des traitements prévue pour le 7 juin. Dés le 31 mai, mes vingt-cinq traitements seront terminés... il ne restera que les cinq électrons à la cicatrice du sein. Ça avance... ça achève. Plus qu'une semaine de traitements, enfin. Plus qu'une semaine d'électrons, enfin.
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Le grand combat
jeudi 29 avril 2010
De retour...
Promis! Je relaterai très bientôt les joies reliées au début de la radiothérapie.
L'important pour l'instant: je vais bien. Très bien.
I will be back... soon.
L'important pour l'instant: je vais bien. Très bien.
I will be back... soon.
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mercredi 7 avril 2010
Fin des vacances
Je rencontre la radio-oncologue cet pm: dur retour à la réalité des jaquettes d'hôpital....
Nécessaire pour réouvrir toutes grandes les portes de ma vie, celle où j'ai une routine.
Nécessaire pour réouvrir toutes grandes les portes de ma vie, celle où j'ai une routine.
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Les mathématiques du crabe 202
En décembre dernier, à la veille de mon quatrième traitement de chimiothérapie, je terminais Mathématiques du crabe 101. À mon examen final, il me fallait déterminer mes chances de survie. En élève modèle mais brillante et assez moderne (j'ai l'air de me vanter mais si on ne reconnaît pas soi-même ses forces, qui le fera?), j'eus recours à un site web très trop facile d'utilisation et obtint le chiffre de 80%. À ce moment-là, je me réjouissais de ce taux et me pensais très perspicace. Jeunesse insouciante...
Depuis, je potasse sur Mathématiques du crabe 202, beaucoup plus difficile car plus introspectif. Cette fois-ci, le syllabus me force à me questionner sur la pertinence des chiffres en matière de survie au crabe. La comptable en moi s'éclipse en douceur et me laisse philosopher, réfléchir, replacer toute cette aventure dans un angle plus juste. En quatre mois seulement, encore une fois, mon cursus chamboule ma compréhension de ce qui me paraissait si évident. De jeune insouciante, je chemine encore une fois vers la sagesse. Mes cheveux blancs témoignent de cette chimiothérapie mais aussi d'une sagesse nouvellement acquise. Pas par hasard mais bien à force de réfléchir en adulte, à force de penser en aïeule, à force d'avancer dans la vie avec la certitude bien ancrée de comprendre.
En matière de survie, la note ne tient pas en chiffres mais en un mot précis, chargé de ce que l'on voudrait tant oublier. À l'instar de mes notes à l'École du Barreau du Québec, le résultat suite aux traitements contre le crabe ne tient pas à un pourcentage mais à un mot entre les deux suivants: succès ou échec.
Depuis, je potasse sur Mathématiques du crabe 202, beaucoup plus difficile car plus introspectif. Cette fois-ci, le syllabus me force à me questionner sur la pertinence des chiffres en matière de survie au crabe. La comptable en moi s'éclipse en douceur et me laisse philosopher, réfléchir, replacer toute cette aventure dans un angle plus juste. En quatre mois seulement, encore une fois, mon cursus chamboule ma compréhension de ce qui me paraissait si évident. De jeune insouciante, je chemine encore une fois vers la sagesse. Mes cheveux blancs témoignent de cette chimiothérapie mais aussi d'une sagesse nouvellement acquise. Pas par hasard mais bien à force de réfléchir en adulte, à force de penser en aïeule, à force d'avancer dans la vie avec la certitude bien ancrée de comprendre.
En matière de survie, la note ne tient pas en chiffres mais en un mot précis, chargé de ce que l'on voudrait tant oublier. À l'instar de mes notes à l'École du Barreau du Québec, le résultat suite aux traitements contre le crabe ne tient pas à un pourcentage mais à un mot entre les deux suivants: succès ou échec.
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jeudi 18 mars 2010
mardi 16 mars 2010
Radiothérapie à titre préventif
Aujourd'hui je rencontrais Onco qui devait m'orienter pour la suite de mes traitements. Dans un petit coin de mon coeur, la crainte bien réelle de traitements de chimiothérapie additionnels me hantait toujours. Aujourd'hui 16 mars, donc précisément six mois depuis ma première rencontre avec Onco. Dans la salle d'attente, je me repasse le film de ce premier entretien et je réalise que, décidément, je doutais de ses propos, même que je n'étais pas du tout convaincue lorsqu'il prétendait que la chimio allait "faire fondre tout ça"... Maintenant, je dois reconnaître son expertise et admettre qu'il disait juste.
Pour la suite des choses, il officialise mesprétentions espérances: je passe en radiothérapie. Plus de chimio! Tout ce soleil du mois de mars m'accompagne, moi, il ne vise qu'à souligner ma joie, mon bien-être, mon sourire, ma non-chimio, ma guérison, rémission, marche vers la guérison. Attention aux mots car, en matière de cancer, les mots utilisés pour décrire les pas en avant font l'objet d'un embargo. Avant cinq ans, on ne peut parler de guérison, on doit évoquer son propre salut avec retenue et il faut modérer son vocabulaire. Techniquement, les médecins jugent que les traitements ont mené à une guérison lorsqu'un patient survit cinq ans, sans récidive. Cinq ans, vais-je vraiment attendre cinq ans avant de me réjouir? Alors que mes cheveux repoussent et que je me sens renaître? Au risque de me répéter: je ne suspendrai plus jamais ma vie ni mon sourire, je vais vivre maintenant, pleinement, pas dans cinq ans, pas après la radio, pas dans un mois. Maintenant.
Difficile de traduire fidèlement mon soulagement: soulagement de ne plus penser constamment à cette bosse, soulagement de retrouver ma santé, soulagement de tourner mon regard vers l'avenir tout en gardant les pieds bien ancrés dans mon présent, soulagement d'avoir appris. Car bien que les adages préfabriqués comme "tu en sortiras grandie" me paraissaient ridicules pendant la tourmente, ils me semblent maintenant plutôt judicieux. Fort heureusement, dans mon cas, la maladie ne m'a pas apporté que de la souffrance physique, elle a aussi permis le voyage intérieur nécessaire pour changer ma vision des choses. Des choses de la vie, des choses de l'amour, des choses de la mort qui me ramènent dans mon droit chemin.
Me réjouir tout de suite? Lorsque Onco lui-même affiche un air satisfait devant mon rapport de pathologie, lorsque Onco lui-même précise que la radiothérapie découle de la nature conservatrice de la chirurgie, il est de mise de se réjouir. Dans mon rapport de pathologie, on peut lire "réponse marquée à la chimio", "aucune invasion lympho-vasculaire", "aucune trace de cancer invasif". Pour les non-malades, ces termes reflètent le résultat attendu. Pour moi, ils recentrent ma vie, représentent mon renouveau, me redonnent l'espoir, me soufflent à l'oreille que "tout va bien", ces petits mots représentent la fin de la tempête, la fin de mon drame. Ils clament haut et fort le droit de mes filles sur leur maman. Ils murmurent à l'oreille de mon Homme que je suis là, vibrante, forte, plus déterminée que jamais à réussir notre projet de marcher main dans la main encore bien longtemps. Les épreuves nous unissent et celle-là nous a soudés je pense.
Tout en souriant, tout en savourant la vie, tout en me réjouissant, j'attends l'appel de l'hôpital auquel je suis référée puisque dans mon patelin, point de radiothérapie. D'ici là, "prière de ne pas déranger, je suis en vacances" (dixit Pierre Bertrand).
Pour la suite des choses, il officialise mes
Difficile de traduire fidèlement mon soulagement: soulagement de ne plus penser constamment à cette bosse, soulagement de retrouver ma santé, soulagement de tourner mon regard vers l'avenir tout en gardant les pieds bien ancrés dans mon présent, soulagement d'avoir appris. Car bien que les adages préfabriqués comme "tu en sortiras grandie" me paraissaient ridicules pendant la tourmente, ils me semblent maintenant plutôt judicieux. Fort heureusement, dans mon cas, la maladie ne m'a pas apporté que de la souffrance physique, elle a aussi permis le voyage intérieur nécessaire pour changer ma vision des choses. Des choses de la vie, des choses de l'amour, des choses de la mort qui me ramènent dans mon droit chemin.
Me réjouir tout de suite? Lorsque Onco lui-même affiche un air satisfait devant mon rapport de pathologie, lorsque Onco lui-même précise que la radiothérapie découle de la nature conservatrice de la chirurgie, il est de mise de se réjouir. Dans mon rapport de pathologie, on peut lire "réponse marquée à la chimio", "aucune invasion lympho-vasculaire", "aucune trace de cancer invasif". Pour les non-malades, ces termes reflètent le résultat attendu. Pour moi, ils recentrent ma vie, représentent mon renouveau, me redonnent l'espoir, me soufflent à l'oreille que "tout va bien", ces petits mots représentent la fin de la tempête, la fin de mon drame. Ils clament haut et fort le droit de mes filles sur leur maman. Ils murmurent à l'oreille de mon Homme que je suis là, vibrante, forte, plus déterminée que jamais à réussir notre projet de marcher main dans la main encore bien longtemps. Les épreuves nous unissent et celle-là nous a soudés je pense.
Tout en souriant, tout en savourant la vie, tout en me réjouissant, j'attends l'appel de l'hôpital auquel je suis référée puisque dans mon patelin, point de radiothérapie. D'ici là, "prière de ne pas déranger, je suis en vacances" (dixit Pierre Bertrand).
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Le grand combat
mardi 9 mars 2010
Sur le chemin de la victoire
Lundi 8 mars, rencontre avec Dr. P., l'Homme m'accompagne. Bonjours d'usage, formules de politesse...
-J'ai reçu le rapport de pathologie et j'ai de bonnes nouvelles: nous avons une marge saine ET dans les tissus enlevés, AUCUNE trace de cancer.
-Quelle belle nouvelle!, s'exclame CAtharsis en regardant l'Homme, sidéré.
- Aussi, j'ai retiré vingt ganglions ce qui est énorme et permet un excellent échantillonnage ET aucun des ganglions ne présentait de trace de cancer.
À ce moment, CAtharsis jubile et se re-exclame: "Quelle belle nouvelle!!!".
- Je veux te revoir dans quatre mois.
Quatre mois! Je sors des cliniques externes en souriant à pleines dents, je sautille de joie et (ne) tente (pas vraiment) de me calmer. Après avoir sillonné un chemin difficile, parsemé d'épreuves, me voilà à la croisée des chemins et j'emprunte résolument celui de la victoire.
-J'ai reçu le rapport de pathologie et j'ai de bonnes nouvelles: nous avons une marge saine ET dans les tissus enlevés, AUCUNE trace de cancer.
-Quelle belle nouvelle!, s'exclame CAtharsis en regardant l'Homme, sidéré.
- Aussi, j'ai retiré vingt ganglions ce qui est énorme et permet un excellent échantillonnage ET aucun des ganglions ne présentait de trace de cancer.
À ce moment, CAtharsis jubile et se re-exclame: "Quelle belle nouvelle!!!".
- Je veux te revoir dans quatre mois.
Quatre mois! Je sors des cliniques externes en souriant à pleines dents, je sautille de joie et (ne) tente (pas vraiment) de me calmer. Après avoir sillonné un chemin difficile, parsemé d'épreuves, me voilà à la croisée des chemins et j'emprunte résolument celui de la victoire.Je monte l'escalier quatre à quatre pour voir l'IP et lui annoncer la bonne nouvelle et prendre rendez-vous avec Onco. Ce qui fut fait. De toute évidence, je passerai directement en radiothérapie. À confirmer mardi prochain le 16 mars en après-midi.
Grands mercis à tous ceux qui pensent à moi, qui me lisent, qui m'encouragent, qui me tiennent la main virtuellement, qui m'épaulent physiquement et un merci tout spécial aux Saints et Non-Saints du ciel sollicités pour mon salut.
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Les suites opératoires
Suites opératoires - à l'hosto
En bref, je vis une épuisante première nuit. Physiquement, je me porte fort bien et ne ressens aucune douleur mais je n'arrive pas à vraiment dormir. Les infirmières prennent mes signes vitaux aux quatre heures, me remettent des anti-douleurs et vident mon drain à fréquence régulière également. Je me réveille déjà fatiguée. Mais la faim qui me tiraille supplante tous les autres inconforts... Je dévore mes céréales et déguste mon (mauvais) café avec appétit. J'entends mes voisins d'étage se plaindre, tousser, cracher, chiâler et j'apprécie pleinement ma chambre privée. Tout en déjeunant, je lis en tentant de me créer une bulle de vie normale. Ça réussit un peu.
À cause de la dissection axillaire (enlèvement des ganglions sous l'aisselle), on m'a installée un drain, genre de tube pour éviter l'accumulation de liquide lymphatique. En clair, je traîne une petite poche qui se remplit continuellement et que les infirmières vident aux six, huit heures environ. Je me lève dès l'avant-midi pour accomplir la délicate et cruciale activité de vider ma vessie. Suite à une chirurgie, infirmières et médecins obsèdent là-dessus: il faut faire pipi pour prouver son bon état. Ma mère, venue me visiter, m'assiste dans ma toilette à la mitaine car mes mouvements, déjà limités par la chirurgie, sont également gênés par le soluté postopératoire. Affublée de ce "poteau", je me rappelle trop vividement les traitements de chimiothérapie. Vivement ma liberté de mouvement. Lorsque le chirurgien de garde passe pour s'assurer que je vais bien, il accorde le retrait du soluté. Petite victoire.
Un peu plus tard, en compagnie de la frangine, je reçois la visite de la physiothérapeute qui m'éduque sur les exercices à faire afin de reprendre l'amplitude des mouvements de mon bras. En effet, mon bras gauche demeure très "raide" et je peine à le lever à la hauteur des épaules. Difficile de se voir ainsi diminuée mais comme je ne ressens aucune autre douleur, je ne saurais me plaindre.
Pour la deuxième nuit, je dors un peu mieux mais la nuit mouvementée, entre autres par la réadmission d'urgence en salle d'opération d'un de mes voisins, m'empêche de profiter d'un sommeil vraiment réparateur. Occupées aux urgences, les infirmières m'oublient un peu: je me lève seule pour aller à la toilette, je ne demande pas d'anti-douleurs et au petit matin, je fais ma toilette toute seule comme une garnde. Lors de la visite matinale de l'infirmière auxiliaire, elle se montre surprise de ma si rapide autonomie puis, rebrousse chemin.
Enfin, le chirurgien de garde passe me voir et constate ma grande forme, il me propose mon congé. Si vite? Bien sûr docteur, sortez-moi d'ici et je vous accorderai mon plus beau sourire. Il me faut vider mon drain toute seule? Pas de problème docteur, je le ferai sagement et consigerai les quantités sur un petit bout de papier. Vous voulez que je prenne rendez-vous en clinique externe pour le début de la semaine? Oui, docteur tout ce que vous voudrez docteur.
Suites opératoires - à la maison
Deux jours après la chirurgie, me voilà donc de retour à la maison. Quel soulagement. Je vivrai donc pleinement les Jeux Olympiques, ouverts le lendemain de ma chirurgie. Confortablement installée, je me gaverai de compétitions pendant deux semaines complètes. Quel bonheur pour moi, maniaque des JO depuis toujours.
La semaine suivante, tel que promis, je passe en clinique externe pour un suivi postopératoire, Dr. P. en vacances, je dois me taper Dr. Sans Regard. L'Homme m'accompagne puisque j'appréhende la froideur du médecin sans âme. L'infirmier retire mes pansements. C'est le choc: mon sein ne semble pratiquement pas modifié! La chirurgie laisse une trace certes mais, on est loin de la mutilation tant redoutée. Note à moi-même: vérifier auprès de Dr. P. s'il en a enlevé moins que prévu initialement. Ça m'inquiète un peu mais je dois avouer que le résultat me surprend agréablement. Dr. Sans Regard m'accorde ce qui pourrait ressembler à un sourire et décide de laisser mon drain en place pour une semaine encore. Je dois prendre rendez-vous dans une semaine.
Le lundi suivant, je rencontre Dr. P. en fin de journée. Lorsque l'infirmière lui demande si elle peut quitter, je l'entends prononcer mon prénom pour indiquer qu'une patiente nécessite son attention. "Il y a CAtharsis dans la deux". Comme si j'étais sa grande chum ou encore que mon statut de patiente de longue date, six mois déjà, m'accordait le privilège de faire partie de la gang. D'une manière ou d'une autre, je réalise deux choses: pour lui, je ne représente pas un numéro et, franchement, il est grand temps que je passe à autre chose... Une fois entré dans la salle d'examen, il m'examine et conclut: "je suis très satisfait du résultat". Je souris, situation absurde oblige, docteur, tu parles de mon sein n'est-ce pas? De toute façon, j'enchaîne en lui demandant s'il en a enlevé moins que prévu. "Non, c'était toute une masse que j'ai envoyé au labo". Il s'attarde à mon drain et décide de le retirer. Ouch! Petit cinq secondes de choc mais une fois la procédure terminée, je me sens soulagée.
Pendant que l'infirmière refait mon pansement et nettoie le tout, je jase avec mon grand chum. Il m'explique que pendant la chirurgie, le pathologiste a procédé à une analyse préliminaire et ne détectait pas de cancer dans la zone harponnée. Le prétendu reste de tumeur repéré à l'échographie représenterait plutôt des tissus cicatriciels suite aux biopsies de septembre. Confiant, il me rassure que selon son expérience, nous pouvons espérer une marge saine car il a enlevé un bon deux centimètres autour des dits tissus cicatriciels. N'osant pas trop me réjouir, j'accueille la nouvelle avec retenue. Quant aux ganglions, il m'affirme n'avoir rien vu d'anormal mais, encore là, il faut attendre le rapport de pathologie. Pour le reste, nous jasons de l'entrée à la garderie de son garçon (!), de ma sortie rapide de l'hosto qu'il a constatée sur Facebook via un ami commun (!), de cet ami commun (!), d'une rencontre future ailleurs qu'en clinique (!). Officiellement, il veut me revoir dans deux semaines.
La physiothérapie
Je pratique mes exercices assidûment et mon bras me fait moins souffrir. Un mois après la chirurgie, le 8 mars donc, je dois rencontrer la physio. Le matin même, je constate un nerf assez apparent sous mon bras et je le lui mentionne. Ce nerf apparent s'appelle un "cordon" et cette séquelle opératoire fréquente nécessite une attention professionnelle environ trois fois par semaine. En bref, elle doit me masser le nerf (!) ce qu'elle fait ce matin-là: c'est douloureux et j'en ai les larmes aux yeux.
Pour le reste, elle prend les mesures d'amplitude de mes mouvements pour déterminer la suite des exercices à faire et de mes bras pour le monitorage d'un potentiel lymphoedeme. Pour l'instant, l'amplitude de mes mouvements n'optimise pas à cause du cordon mais je ne présente aucun signe de lymphoedeme. Cette semaine, je dois la revoir mercredi et vendredi.
Je la quitte donc pour aller rencontrer Dr. P. et obtenir mes résultats de pathologie...
En bref, je vis une épuisante première nuit. Physiquement, je me porte fort bien et ne ressens aucune douleur mais je n'arrive pas à vraiment dormir. Les infirmières prennent mes signes vitaux aux quatre heures, me remettent des anti-douleurs et vident mon drain à fréquence régulière également. Je me réveille déjà fatiguée. Mais la faim qui me tiraille supplante tous les autres inconforts... Je dévore mes céréales et déguste mon (mauvais) café avec appétit. J'entends mes voisins d'étage se plaindre, tousser, cracher, chiâler et j'apprécie pleinement ma chambre privée. Tout en déjeunant, je lis en tentant de me créer une bulle de vie normale. Ça réussit un peu.
À cause de la dissection axillaire (enlèvement des ganglions sous l'aisselle), on m'a installée un drain, genre de tube pour éviter l'accumulation de liquide lymphatique. En clair, je traîne une petite poche qui se remplit continuellement et que les infirmières vident aux six, huit heures environ. Je me lève dès l'avant-midi pour accomplir la délicate et cruciale activité de vider ma vessie. Suite à une chirurgie, infirmières et médecins obsèdent là-dessus: il faut faire pipi pour prouver son bon état. Ma mère, venue me visiter, m'assiste dans ma toilette à la mitaine car mes mouvements, déjà limités par la chirurgie, sont également gênés par le soluté postopératoire. Affublée de ce "poteau", je me rappelle trop vividement les traitements de chimiothérapie. Vivement ma liberté de mouvement. Lorsque le chirurgien de garde passe pour s'assurer que je vais bien, il accorde le retrait du soluté. Petite victoire.
Un peu plus tard, en compagnie de la frangine, je reçois la visite de la physiothérapeute qui m'éduque sur les exercices à faire afin de reprendre l'amplitude des mouvements de mon bras. En effet, mon bras gauche demeure très "raide" et je peine à le lever à la hauteur des épaules. Difficile de se voir ainsi diminuée mais comme je ne ressens aucune autre douleur, je ne saurais me plaindre.
Pour la deuxième nuit, je dors un peu mieux mais la nuit mouvementée, entre autres par la réadmission d'urgence en salle d'opération d'un de mes voisins, m'empêche de profiter d'un sommeil vraiment réparateur. Occupées aux urgences, les infirmières m'oublient un peu: je me lève seule pour aller à la toilette, je ne demande pas d'anti-douleurs et au petit matin, je fais ma toilette toute seule comme une garnde. Lors de la visite matinale de l'infirmière auxiliaire, elle se montre surprise de ma si rapide autonomie puis, rebrousse chemin.
Enfin, le chirurgien de garde passe me voir et constate ma grande forme, il me propose mon congé. Si vite? Bien sûr docteur, sortez-moi d'ici et je vous accorderai mon plus beau sourire. Il me faut vider mon drain toute seule? Pas de problème docteur, je le ferai sagement et consigerai les quantités sur un petit bout de papier. Vous voulez que je prenne rendez-vous en clinique externe pour le début de la semaine? Oui, docteur tout ce que vous voudrez docteur.
Suites opératoires - à la maison
Deux jours après la chirurgie, me voilà donc de retour à la maison. Quel soulagement. Je vivrai donc pleinement les Jeux Olympiques, ouverts le lendemain de ma chirurgie. Confortablement installée, je me gaverai de compétitions pendant deux semaines complètes. Quel bonheur pour moi, maniaque des JO depuis toujours.
La semaine suivante, tel que promis, je passe en clinique externe pour un suivi postopératoire, Dr. P. en vacances, je dois me taper Dr. Sans Regard. L'Homme m'accompagne puisque j'appréhende la froideur du médecin sans âme. L'infirmier retire mes pansements. C'est le choc: mon sein ne semble pratiquement pas modifié! La chirurgie laisse une trace certes mais, on est loin de la mutilation tant redoutée. Note à moi-même: vérifier auprès de Dr. P. s'il en a enlevé moins que prévu initialement. Ça m'inquiète un peu mais je dois avouer que le résultat me surprend agréablement. Dr. Sans Regard m'accorde ce qui pourrait ressembler à un sourire et décide de laisser mon drain en place pour une semaine encore. Je dois prendre rendez-vous dans une semaine.
Le lundi suivant, je rencontre Dr. P. en fin de journée. Lorsque l'infirmière lui demande si elle peut quitter, je l'entends prononcer mon prénom pour indiquer qu'une patiente nécessite son attention. "Il y a CAtharsis dans la deux". Comme si j'étais sa grande chum ou encore que mon statut de patiente de longue date, six mois déjà, m'accordait le privilège de faire partie de la gang. D'une manière ou d'une autre, je réalise deux choses: pour lui, je ne représente pas un numéro et, franchement, il est grand temps que je passe à autre chose... Une fois entré dans la salle d'examen, il m'examine et conclut: "je suis très satisfait du résultat". Je souris, situation absurde oblige, docteur, tu parles de mon sein n'est-ce pas? De toute façon, j'enchaîne en lui demandant s'il en a enlevé moins que prévu. "Non, c'était toute une masse que j'ai envoyé au labo". Il s'attarde à mon drain et décide de le retirer. Ouch! Petit cinq secondes de choc mais une fois la procédure terminée, je me sens soulagée.
Pendant que l'infirmière refait mon pansement et nettoie le tout, je jase avec mon grand chum. Il m'explique que pendant la chirurgie, le pathologiste a procédé à une analyse préliminaire et ne détectait pas de cancer dans la zone harponnée. Le prétendu reste de tumeur repéré à l'échographie représenterait plutôt des tissus cicatriciels suite aux biopsies de septembre. Confiant, il me rassure que selon son expérience, nous pouvons espérer une marge saine car il a enlevé un bon deux centimètres autour des dits tissus cicatriciels. N'osant pas trop me réjouir, j'accueille la nouvelle avec retenue. Quant aux ganglions, il m'affirme n'avoir rien vu d'anormal mais, encore là, il faut attendre le rapport de pathologie. Pour le reste, nous jasons de l'entrée à la garderie de son garçon (!), de ma sortie rapide de l'hosto qu'il a constatée sur Facebook via un ami commun (!), de cet ami commun (!), d'une rencontre future ailleurs qu'en clinique (!). Officiellement, il veut me revoir dans deux semaines.
La physiothérapie
Je pratique mes exercices assidûment et mon bras me fait moins souffrir. Un mois après la chirurgie, le 8 mars donc, je dois rencontrer la physio. Le matin même, je constate un nerf assez apparent sous mon bras et je le lui mentionne. Ce nerf apparent s'appelle un "cordon" et cette séquelle opératoire fréquente nécessite une attention professionnelle environ trois fois par semaine. En bref, elle doit me masser le nerf (!) ce qu'elle fait ce matin-là: c'est douloureux et j'en ai les larmes aux yeux.
Pour le reste, elle prend les mesures d'amplitude de mes mouvements pour déterminer la suite des exercices à faire et de mes bras pour le monitorage d'un potentiel lymphoedeme. Pour l'instant, l'amplitude de mes mouvements n'optimise pas à cause du cordon mais je ne présente aucun signe de lymphoedeme. Cette semaine, je dois la revoir mercredi et vendredi.
Je la quitte donc pour aller rencontrer Dr. P. et obtenir mes résultats de pathologie...
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Le grand combat
jeudi 4 mars 2010
La Poule et le Furet
Auparavant, la Poule en parfaite santé, bénéficiait des meilleures primes d'assurance sur le marché.
Son statut prestige bien établi, le Furet la dorlotait en lui proposant des produits pour la bien protéger.
La vente de ces dispendieuses polices nécessitait que le Furet, complice, déploie ses compétences
afin de convaincre la Poule de couvrir ses éventualités et acheter les dits produits d'assurance.
Une fois le cancer survenu, la Poule consulta sa police maladie grave pour réclamer son dû.
Force lui fut de constater que le cancer s'était manifesté trop tôt et qu'en assurances, point de salut.
L'avocate en elle pigea illico qu'elle recevrait que dalle mais qu'il fallait aviser le Furet prestement.
Après douze jours sans retourner la balle, le Furet apprit de la Poule la mauvaise nouvelle et le verdict emmerdant.
Le Furet, rassurant, prétendit que la bonne foi de la Poule induirait un dénouement en sa faveur.
Il lui conseilla également de réclamer l'exonération de ses primes, au grand étonnement de la Poule d'ailleurs.
Pour procéder, la Poule et ses médecins devaient diligemment remplir moult formulaires harassants.
Après une semaine, le Furet achemina les documents que la Poule remit néanmoins en un délai satisfaisant.
Un peu plus d'un mois de furetage plus tard, les demandes se trouvaient entre les mains du grand Terrier.
Deux mois passèrent, la Poule attendait le Furet relativement à sa tendre moitié et sa police-invalidité.
Bien évidement, la Poule ne bénéficia pas d'une telle félicité, aggravant l'urgence des règlements.
Lors de cette visite retardée, la Poule comprit que tout pourrait se conclure dans la semaine, diligemment.
La Poule, après des semaines, participa à la recherche de son dossier médical, tombé entre deux bureaux.
La Poule, amène, dut aider à retrouver le précieux dossier puisque le Furet ne lui répondait pas presto.
Souhaitant un règlement avant Noël, la Poule fit plutôt face à l'ouverture d'une brèche:
accidentellement, le Furet lui annonça la non-exonération des primes comme affirmé sans recherche.
Pendant tout un mois de cyber-monologues déplorables, le Furet ne répondit pas, débordé comme toujours.
Enfin, le Furet annonça la décision défavorable, confirmant le verdict de la Poule, logique mais trop lourd.
Pour compenser, la Poule tenta de récupérer son pécule et de réduire son épargne pendant son invalidité.
L'histoire se répèta: la Poule, telle une émule, courut à la suite du Furet qui ne se montra pas plus empressé.
La lenteur du Furet se digérait sans trop de heurt, la Poule devenue sage par la maladie, encaisse.
Mais, la borne fut franchie sans pudeur quand le Furet afficha une condescendante et inadmissible impolitesse.
Le Furet poussa l'audace jusqu'à ordonner à la Poule d'apprécier ses efforts ardus ce qui la mit plutôt en rage.
La Poule et l'amoureux, perspicaces, voulurent rompre ce lien d'affaires superflu mais décidèrent d'attendre après l'orage.
En affaires et en général, il faut parfois attendre et se montrer sages.
En assurances, point de salut, les mots noir sur blanc prédominent, sans ambages.
Son statut prestige bien établi, le Furet la dorlotait en lui proposant des produits pour la bien protéger.
La vente de ces dispendieuses polices nécessitait que le Furet, complice, déploie ses compétences
afin de convaincre la Poule de couvrir ses éventualités et acheter les dits produits d'assurance.
Une fois le cancer survenu, la Poule consulta sa police maladie grave pour réclamer son dû.
Force lui fut de constater que le cancer s'était manifesté trop tôt et qu'en assurances, point de salut.
L'avocate en elle pigea illico qu'elle recevrait que dalle mais qu'il fallait aviser le Furet prestement.
Après douze jours sans retourner la balle, le Furet apprit de la Poule la mauvaise nouvelle et le verdict emmerdant.
Le Furet, rassurant, prétendit que la bonne foi de la Poule induirait un dénouement en sa faveur.
Il lui conseilla également de réclamer l'exonération de ses primes, au grand étonnement de la Poule d'ailleurs.
Pour procéder, la Poule et ses médecins devaient diligemment remplir moult formulaires harassants.
Après une semaine, le Furet achemina les documents que la Poule remit néanmoins en un délai satisfaisant.
Un peu plus d'un mois de furetage plus tard, les demandes se trouvaient entre les mains du grand Terrier.
Deux mois passèrent, la Poule attendait le Furet relativement à sa tendre moitié et sa police-invalidité.
Bien évidement, la Poule ne bénéficia pas d'une telle félicité, aggravant l'urgence des règlements.
Lors de cette visite retardée, la Poule comprit que tout pourrait se conclure dans la semaine, diligemment.
La Poule, après des semaines, participa à la recherche de son dossier médical, tombé entre deux bureaux.
La Poule, amène, dut aider à retrouver le précieux dossier puisque le Furet ne lui répondait pas presto.
Souhaitant un règlement avant Noël, la Poule fit plutôt face à l'ouverture d'une brèche:
accidentellement, le Furet lui annonça la non-exonération des primes comme affirmé sans recherche.
Pendant tout un mois de cyber-monologues déplorables, le Furet ne répondit pas, débordé comme toujours.
Enfin, le Furet annonça la décision défavorable, confirmant le verdict de la Poule, logique mais trop lourd.
Pour compenser, la Poule tenta de récupérer son pécule et de réduire son épargne pendant son invalidité.
L'histoire se répèta: la Poule, telle une émule, courut à la suite du Furet qui ne se montra pas plus empressé.
La lenteur du Furet se digérait sans trop de heurt, la Poule devenue sage par la maladie, encaisse.
Mais, la borne fut franchie sans pudeur quand le Furet afficha une condescendante et inadmissible impolitesse.
Le Furet poussa l'audace jusqu'à ordonner à la Poule d'apprécier ses efforts ardus ce qui la mit plutôt en rage.
La Poule et l'amoureux, perspicaces, voulurent rompre ce lien d'affaires superflu mais décidèrent d'attendre après l'orage.
En affaires et en général, il faut parfois attendre et se montrer sages.
En assurances, point de salut, les mots noir sur blanc prédominent, sans ambages.
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mardi 2 mars 2010
Phase II - La suite
La veille de la chirurgie, Dr. P. fait (encore) preuve d'empathie à mon endroit. Il me rappelle à la maison pour me rassurer et il comprend parfaitement que l'appel impromptu du Radiologue-qui-ne-se-mêle-pas-de-ses-affaires puisse m'induire du stress. Fini les "vous", nous discutons comme de vieux chums et remettons les pendules à l'heure. Cette conversation finit de me convaincre de mon entière confiance en lui. Depuis notre première rencontre du mois de septembre où il procédait à la première biopsie, Facebook nous a confirmé la théorie des "six degrés de séparation"qui, dans mon patelin, se traduit bien souvent à deux (au plus, trois) degrés. Très clairement, il sait que nous partageons des amis et m'a vue passer en commentaires et vice-versa. Il ne me considère pas comme un numéro, il sait mon âge, ma situation familiale. Bref, sa conjointe pourrait très bien occuper ma place: vomir subir sa chimio pendant toute une saison, perdre un quart de son sein, subir une radiothérapie, combattre la bête jour après jour. J'extrapole.
La journée de la chirurgie
Le harpon
Le plan initial demeure et le lendemain, 11 février à six heures quarante-cinq du mat', nous voilà sur l'autoroute pour une heure de route vers l'hôpital où on m'installera ce controversé harpon. L'Homme et moi nous pointons au département de radiologie une quinzaine de minutes avant l'heure prévue (huit heures). La réceptionniste qui m'accueille me répond avec un air de boeuf m'invite à m'ordonne de m'asseoir dans la salle d'attente. Bien qu'elle travaille en milieu hospitalier, elle ne comprend pas. On devrait enseigner aux intervenants en maladie santé toute la force d'un petit sourire, d'une manifestation de chaleur. M'enfin. Après quelques minutes, une infirmière, fort sympathique celle là, m'indique le "vestiaire" pour que j'enfile une jaquette d'hôpital. Ça y est! Ma journée commence.
Peu après, toute de vert malade vêtue, je m'entends appelée (enfin) en salle d'échographie où une technicienne et un radiologue m'attendent. La technicienne procède à l'examen préliminaire pendant que je me concentre avec curiosité sur l'écran. Je lui demande alors ce qu'elle cherche et elle m'explique comment regarder les glandes mammaires et je cherche avec elle toute trace d'anormalité. Fascinée, je constate avec elle que la masse, disparue à la palpation, n'apparaît pas sous échographie. L'absence de marqueur l'étonne et le radiologue qui fait son entrée m'explique qu'eux placent systématiquement un marqueur lors des biopsies initiales. Soit. Maintenant, le voilà qui cherche à son tour la tumeur du 2 septembre, celle qui m'a tant fait souffrir, pleurer, grandir. Celle qui occupe constamment mes pensées des derniers cinq mois. La maudite bosse. Après quelques minutes, il déniche une lésion qui pourrait représenter des tissus cicatrisés suite aux biopsies de septembre. Selon lui, la tumeur initiale prenait la forme d'une "balloune" et, maintenant dégonflée, n'en reste qu'une enveloppe aplatie. Voilà donc le site où il placera le harpon. En fait, les harpons puisqu'il en insérera deux à chaque bout de ladite enveloppe aplatie.
Deux petites doses d'anesthésiant (encore des piqûres, décidément, il faut s'y faire),douloureuse inconfortable, cela dure environ deux, trois minutes. Puis, il insère les deux harpons, deux fines tiges dont environ 10 cm dépassent de mon sein... que la technicienne panse sur mon sein. Vraiment élégant. Le radiologue me dirige en mammographie dans le but de s'assurer que les harpons indiquent le bon endroit. La technologue en mammographie procède, sous le regard attentif d'un étudiant. Je ne peux m'empêcher de penser que ce jeunôt a compris quelque chose... technicien en mammographie... Après la mammo, la technologue observe les clichés et, fidèle à ma curiosité, je demande à voir. Enthousiaste, elle me montre les clichés du jour que nous comparons à ceux du 2 septembre 2009. Quel contraste! À ce moment, je saisis toute l'efficacité de la chimiothérapie. Revigorée par ces images, je sors enfin de la salle d'examen, toujours en jaquette d'hôpital car je ne peux me rhabiller pour le voyage du retour. Le radiologue confirme le succès de la pose du harpon et nous voilà sur le chemin du retour. Il est dix heures.
Arrêt à la clinique de radiologie
Comme indiqué par l'infirmière du bloc opératoire, j'arrête à la clinique de radiologie de mon patelin pour leur laisser les clichés de mammographie du 2 septembre et du 11 février. La fort sympathique réceptionniste ne semble pas avoir envie de comprendre pourquoi je lui apporte des clichés de mammographie. Allo? je dois subir une chirurgie cet après-midi et nous tentons de conserver mon sein. La terre appelle la bêtasse-qui-ne-pense-qu'à faire-payer-les-pauvres-jeunes-femmes-à-qui-on-trouve-un-cancer. Après une brève explication, elle comprend (enfin) et avise Radiologue-froid-qui-ne-se-mêle-pas-de-ses-affaires de mon arrivée; il conservera certains clichés et me laissera les autres à l'attention de Dr. P. Après une bonne vingtaine de minutes, il m'appelle et me dit bêtement qu'il ne voit plus rien sur les clichés. Je sais ça, merci. Malgré mes études en non-médecine, mes capacités intellectuelles me permettent de mémoriser, et même de comprendre, oui, oui, comprendre, lorsqu'un radiologue, une technicienne en écho et une technologue en mammo me parlent de la non-existence d'une masse. Il est si bête... si seulement, je me sentais forte mais ces foutus harpons briment mes mouvements... sinon, je lui arracherais des poils de barbe à mains nues.
En chirurgie d'un jour
Enfin, après les formalités administratives, je me présente en chirurgie d'un jour même si je subis une chirurgie non d'un jour. Les infirmières m'accueillent avec le sourire, elles font preuve d'empathie. Puis, j'attends. Vers treize heures, on m'appelle pour m'amener au bloc. À ce stade, j'attends l'anesthésie avec impatience, je veux me réveiller et que tout soit terminé.
En attente au bloc, je rencontre une compagne du CÉGEP oubliée depuis vingt ans, elle est maintenant inhalothérapeute, on placote.. au bloc opératoire avec nos petits chapeaux verts. Super ambiance pour des retrouvailles. L'anesthésiste passe ensuite me voir pour remplir sa paperasse, fort sympathique, il m'inspire immédiatement confiance. Puis, au tour de Dr. P. de se pointer pour les dernières discussions préopératoires, je lui remets le croquis de l'enveloppe aplatie et des harpons, petit souvenir du radiologue de l'hôpital à une heure de mon patelin. Tout semble clair. Il m'explique comment il fera l'incision, ce qu'il fera et je lui précise que je lui accorde toute ma confiance et que "je suis en mode survie", au besoin, il faut enlever la bête au détriment de l'esthétique.
En salled'opération de réveil
À treize heures quarante, j'entre en salle d'opération où l'anesthésiste peine à m'installer le cathéter. Décidément, il est grand temps que cette aventure s'achève. Après deux tentatives, me voilà affublée (à nouveau) d'un cathéter et l'anesthésiste m'injecte un calmant, je plane. Je ris. On m'installe un masque...
... une douleur au sein gauche. "Je me suis accrochée dans mes harpons". Puis, un ange me parle: "madame, vous n'avez plus de harpons; vous êtes opérée, votre sein est toujours là". C'est fini... Pour soulager la douleur, elle m'injecte de la morphine. Ouf! je somnole, je divague un peu. Une infirmière vient me voir et me demande si je la reconnais. "Ben oui! tu es la soeur de Dodo". Quelle sensation de connaître tout le monde dans une situation aussi cruciale. Je somnole après m'être assurée qu'elle saluera Dodo de ma part.
Entre deux eaux, j'ouvre mes yeux et aperçoit Dr. P. qui m'annonce qu'il ne trouvait plus rien dans mon sein mais a enlevé le lit de la bête disparue. Quant aux ganglions, comme prévu, il a enlevé la chaîne axillaire ce qui explique la raideur dans mon bras gauche. Je pose quelques questions et m'endors à nouveau, il est quatre heures vingt à l'horloge. Une heure plus tard, j'ouvre les yeux, encore une fois pour trouver Dr. P. à mes côtés. Je pose encore quelques questions.. "je me répète, hein? je suis mêlée". Il rit: "pas grave" qu'il m'assure. À ce moment, je divague un peu:
- C'est ok.
Mes signes vitaux se comportent normalement et on me transfère à ma chambre (privée) où je finis de me réveiller. La soirée se déroule normalement avec l'Homme et mon père. Je suis si bien, je me sens soulagée, libérée. Bien.
La journée de la chirurgie
Le harpon
Le plan initial demeure et le lendemain, 11 février à six heures quarante-cinq du mat', nous voilà sur l'autoroute pour une heure de route vers l'hôpital où on m'installera ce controversé harpon. L'Homme et moi nous pointons au département de radiologie une quinzaine de minutes avant l'heure prévue (huit heures). La réceptionniste qui m'
Peu après, toute de vert malade vêtue, je m'entends appelée (enfin) en salle d'échographie où une technicienne et un radiologue m'attendent. La technicienne procède à l'examen préliminaire pendant que je me concentre avec curiosité sur l'écran. Je lui demande alors ce qu'elle cherche et elle m'explique comment regarder les glandes mammaires et je cherche avec elle toute trace d'anormalité. Fascinée, je constate avec elle que la masse, disparue à la palpation, n'apparaît pas sous échographie. L'absence de marqueur l'étonne et le radiologue qui fait son entrée m'explique qu'eux placent systématiquement un marqueur lors des biopsies initiales. Soit. Maintenant, le voilà qui cherche à son tour la tumeur du 2 septembre, celle qui m'a tant fait souffrir, pleurer, grandir. Celle qui occupe constamment mes pensées des derniers cinq mois. La maudite bosse. Après quelques minutes, il déniche une lésion qui pourrait représenter des tissus cicatrisés suite aux biopsies de septembre. Selon lui, la tumeur initiale prenait la forme d'une "balloune" et, maintenant dégonflée, n'en reste qu'une enveloppe aplatie. Voilà donc le site où il placera le harpon. En fait, les harpons puisqu'il en insérera deux à chaque bout de ladite enveloppe aplatie.
Deux petites doses d'anesthésiant (encore des piqûres, décidément, il faut s'y faire),
Arrêt à la clinique de radiologie
Comme indiqué par l'infirmière du bloc opératoire, j'arrête à la clinique de radiologie de mon patelin pour leur laisser les clichés de mammographie du 2 septembre et du 11 février. La fort sympathique réceptionniste ne semble pas avoir envie de comprendre pourquoi je lui apporte des clichés de mammographie. Allo? je dois subir une chirurgie cet après-midi et nous tentons de conserver mon sein. La terre appelle la bêtasse-qui-ne-pense-qu'à faire-payer-les-pauvres-jeunes-femmes-à-qui-on-trouve-un-cancer. Après une brève explication, elle comprend (enfin) et avise Radiologue-froid-qui-ne-se-mêle-pas-de-ses-affaires de mon arrivée; il conservera certains clichés et me laissera les autres à l'attention de Dr. P. Après une bonne vingtaine de minutes, il m'appelle et me dit bêtement qu'il ne voit plus rien sur les clichés. Je sais ça, merci. Malgré mes études en non-médecine, mes capacités intellectuelles me permettent de mémoriser, et même de comprendre, oui, oui, comprendre, lorsqu'un radiologue, une technicienne en écho et une technologue en mammo me parlent de la non-existence d'une masse. Il est si bête... si seulement, je me sentais forte mais ces foutus harpons briment mes mouvements... sinon, je lui arracherais des poils de barbe à mains nues.
En chirurgie d'un jour
Enfin, après les formalités administratives, je me présente en chirurgie d'un jour même si je subis une chirurgie non d'un jour. Les infirmières m'accueillent avec le sourire, elles font preuve d'empathie. Puis, j'attends. Vers treize heures, on m'appelle pour m'amener au bloc. À ce stade, j'attends l'anesthésie avec impatience, je veux me réveiller et que tout soit terminé.
En attente au bloc, je rencontre une compagne du CÉGEP oubliée depuis vingt ans, elle est maintenant inhalothérapeute, on placote.. au bloc opératoire avec nos petits chapeaux verts. Super ambiance pour des retrouvailles. L'anesthésiste passe ensuite me voir pour remplir sa paperasse, fort sympathique, il m'inspire immédiatement confiance. Puis, au tour de Dr. P. de se pointer pour les dernières discussions préopératoires, je lui remets le croquis de l'enveloppe aplatie et des harpons, petit souvenir du radiologue de l'hôpital à une heure de mon patelin. Tout semble clair. Il m'explique comment il fera l'incision, ce qu'il fera et je lui précise que je lui accorde toute ma confiance et que "je suis en mode survie", au besoin, il faut enlever la bête au détriment de l'esthétique.
En salle
À treize heures quarante, j'entre en salle d'opération où l'anesthésiste peine à m'installer le cathéter. Décidément, il est grand temps que cette aventure s'achève. Après deux tentatives, me voilà affublée (à nouveau) d'un cathéter et l'anesthésiste m'injecte un calmant, je plane. Je ris. On m'installe un masque...
... une douleur au sein gauche. "Je me suis accrochée dans mes harpons". Puis, un ange me parle: "madame, vous n'avez plus de harpons; vous êtes opérée, votre sein est toujours là". C'est fini... Pour soulager la douleur, elle m'injecte de la morphine. Ouf! je somnole, je divague un peu. Une infirmière vient me voir et me demande si je la reconnais. "Ben oui! tu es la soeur de Dodo". Quelle sensation de connaître tout le monde dans une situation aussi cruciale. Je somnole après m'être assurée qu'elle saluera Dodo de ma part.
Entre deux eaux, j'ouvre mes yeux et aperçoit Dr. P. qui m'annonce qu'il ne trouvait plus rien dans mon sein mais a enlevé le lit de la bête disparue. Quant aux ganglions, comme prévu, il a enlevé la chaîne axillaire ce qui explique la raideur dans mon bras gauche. Je pose quelques questions et m'endors à nouveau, il est quatre heures vingt à l'horloge. Une heure plus tard, j'ouvre les yeux, encore une fois pour trouver Dr. P. à mes côtés. Je pose encore quelques questions.. "je me répète, hein? je suis mêlée". Il rit: "pas grave" qu'il m'assure. À ce moment, je divague un peu:
- C'est ok.
- Mercis et bonnes vacances!
- ...
- Je dois te dire quelque chose: ton garçon et ma filleule partagent une place en garderie.
- Oui, mon garçon entre à la garderie dans deux semaines.
- Et c'est l'amie de ma soeur qui t'a vendu ton voyage. On te "surveillait" pour que tu m'opères avant ton départ.
Là, il rit franchement et les infirmières lui souhaitent toutes un bon voyage et de bonnes vacances. Combien de degrés de séparation donc?
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mercredi 10 février 2010
Phase II
Semaine du 25 janvier
Le lundi matin 25 janvier, l'Homme et moi nous rendions à l'hosto pour rencontrer Dr. P., le chirurgien rencontré le 4 septembre dernier pour ma première biopsie. C'était alors mon entrée dans le merveilleux monde de la santé. Mon ironie ne réfère aucunement à la qualité des soins ou encore moins à la compétence du personnel; à ce chapitre, je dois souligner que je vis une expérience fort positive. Non, mon ironie tient plutôt de l'aversion naturelle propre à l'être humain pour tout ce qui boite, tremble, s'affaiblit, pour la madie quoi.
Cinq mois depuis ma dernière rencontre avec Dr. P., aussi bien dire une éternité dans ma lecture actuelle du temps qui passe. Mes souvenirs de cette biopsie afffuent pourtant bien précisément: chaque mot échangé, chaque geste, chaque regard d'espoir. Car, à ce moment-là, l'espoir ou du moins une petite étincelle de celle-ci, se nichait toujours quelque part entre ma tête et mon coeur. Tout ça pouvait encore mener à un diagnostic de kyste, de fibrome, d'adénome non cancéreux, de glande mammaire surexcitée, de mastite. D'ailleurs, je dois maintenant avouer que ma tête habituellement froide ou, du moins, réaliste m'a fait faux bond: je croyais encore, même après l'annonce de ce cancer à une erreur sur la biopsie. Du 11 septembre, date du diagnostic, jusqu'à la mi-octobre, quelques semaines après ma première chimio (oui, oui, APRÈS), j'attendais sottement et secrètement l'appel de l'IP qui m'annoncerait que tout ça était une erreur du labo et que je souffrais finalement d'un petit mal bien bénin. Dans mes rêves les plus fous, je riais de m'être rasé le crâne pour "rien" et toute l'aventure finissait là.
J'en profite pour vous raconter l'annonce de ce cancer, trouvez-vous une doudou pour vous couvrir parce que la froideur de l'anecdote peut causer, chez certaines personnes, la chair de poule. Cette anecdote justifie à elle seule mon attittude insistante pour que ce soit le Dr. P. qui m'opère. Le 11 septembre 2009, j'attends avec l'Homme dans la salle d'examen depuis bientôt trente minutes, l'espoir scintille encore dans nos coeurs. L'espoir puisque, selon Dr. P., qui avait pratiqué la biopsie la semaine précédente, le cancer ne semblait plus une certitude. Lors de la biopsie, Dr. P. ayant découvert avec surprise une composante kystique dans ma "tumeur" espérait autant que nous qu'il ne s'agisse que d'un kyste ou d'une infection. Son réel soulagement face à cette possibilité nouvelle me le fit aimer instantanément. Un chirurgien authentiquement chaleureux, ça ne court pas les rues. Pendant une semaine, nous avions donc l'espoir bien accroché que le mot cancer n'entre pas dans notre vie. Au bout d'une demi-heure, c'est plutôt Dr. Sans Regard qui entre dans la salle d'examen. Il me voit à peine et entreprend de se laver les mains. Tout en se lavant les mains (les adeptes du catéchisme, ça rappelle une certaine anecdote, non?), il me dit sans aucune intonation: "selon le rapport préliminaire du laboratoire, tout indique que les cellules sont cancéreuses, je remplis les documents et vous réfère immédiatement en oncologie", il s'essuie les mains et quitte la salle sans même un regard sur moi, la sale patiente atteinte de cette sale maladie. L'Homme et moi sommes cloués sur place. L'espoir anéanti.
Le harpon
Le 25 janvier dernier donc, je fais l'éducation de Dr. P. sur mon cas. Cinq mois plus tard, cinq traitements de chimiothérapie plus tard, je ne trouve plus la masse. Voilà l'essentiel, non? Il écoute bien mon histoire et entreprend l'examen pour trouver une masse palpable. Il confirme mon diagnostic et je tente de le convaincre qu'il reste "une petite affaire". Non, rien, il réprime un rire... pendant que je souris, soulagée. Voilà l'essentiel, non?
Oui mais... Pour repérer et localiser la masse restante, s'il en est, Dr. P. suggère une procédure préopératoire : l'installation d'un harpon. Le radiologue de l'hôpital de mon patelin ne pratique pas cette intervention ce qui implique un aller retour à un hôpital situé à environ une heure de route le matin même de la chirurgie. L'Homme et moi expliquons à Dr. P. qu'avant notre déménagement de l'été dernier, nos deux princesses sont nées à cet hôpital dont nous apprécions les médecins et services. Aussi, la balade en voiture ne constitue pas un obstacle pour nous. Nous optons donc, en équipe, pour cette procédure.
Soit.
La quadrantectomie
Malgré le succès de la chimiothérapie, malgré le harpon, malgré mon sein que j'aime, la chirurgie pratiquée sera une quadrantectomie, ablation d'un quadrant du sein. En gros, un quadrant équivaut à un quart du sein. Quoi rajouter? Que ce ne sera pas esthétiquement l'idéal? On le sait.
La dernière chose souhaitée serait de mettre de la pression sur Dr. P. mais, je me le dois bien, j'aborde le sujet de la potentielle chirurgie esthétique post quadrantectomie. En médecine, point d'assurance, point de certitude mais, de façon générale, il m'explique que (1) la chirurgie esthétique demeure une possibilité et (2) souvent, les liquides et tissus prennent la place restée vacante suite à la chirurgie ce qui limite le dommage esthétique.
Soit.
La radiothérapie
Selon Dr.P., il faut attendre environ trois mois avant la radiothérapie. Trois mois. Les traitements ne pourraient donc commencer avant la mi-mai pour se terminer vers la fin du mois de juin. Optimistement, j'estimais la période d'attente à environ un mois. Deux mois de plus pour me reposer et permettre la guérison des tissus de mon sein.
De plus, si le rapport de pathologie démontre toujours une ambiguïté quant à la présence de cellules cancéreuses, je subirai une deuxième ronde de chimiothérapie. Outre le fait que mes cheveux retomberaient, je m'encourage avec le fait que, de toutes façons, je devais attendre pour la radiothérapie. Rendue là, pourquoi ne pas faire une p'tite chimiothérapie? Tant qu'à ne rien faire en attendant...
Mon agenda
Dr. P. remplit donc sa paperasse à l'attention du bloc opératoire qui communiquera avec moi. Mercis, à bientôt! Il me promet de m'opérer plus tôt que plus tard et je clarifie qu'il m'opère... pas question que Dr. Sans Regard ne me touche, Dr. P. sait lire entre les lignes je pense...
J'attends donc l'appel du bloc, deux jours passent puis, l'infirmière me confirme ma chirurgie pour le 11 février. Il me reste alors deux semaines à profiter de la vie: repos, spinning, souper entre amis, jouer aux Playmobil, à la poupée, lire des histoires, aimer. Puisque le dernier traitement de chimio remonte au 21 décembre, je suis libre d'effets secondaires. Outre les bouffées de chaleur de moins en moins fréquentes, je reprends possession de mon corps; pas de nausée, pas de fatigue excessive, l'énergie revient, je me sens bien. Très bien.
Et mes cheveux repoussent! À vue d'oeil. De semaine en semaine, on voit la différence.
Le 11 février, je dois donc faire une heure de route et me présenter à l'hôpital "hors-patelin" à 8h00 am pour l'installation du harpon puis, refaire une heure de route pour revenir dans mon patelin. Passer à la clinique de radiologie pour une mammographie puis à l'admission de l'hôpital pour confirmer que j'ai de l'assurance médicaments et enfin, en chirurgie d'un jour pour attendre ma chirurgie et ensuite, je dormirai profondément ... et me trouverai enfin en salle de réveil. En quelques lignes, je résume une journée fort mouvementée. Vivement mon congé et le retour à la maison!!!
Semaine du 8 février
Le stress préopératoire
Le mardi soir 9 février, je passe la journée chez ma mère avec ma Grande. À mon retour, je constate "Clinique de radiologie" sur l'afficheur de mon téléphone. Pas de message mais, je choisis de composer le numéro et il s'avère que le radiologue veut absolument me parler. (?)
Il tient à préciser qu'il est possible que l'hôpital n'arrive pas à m'installer de harpon s'il ne reste plus de masse. D'accord: Dr. P. et moi connaissons déjà cette possibilité.
Au passage, il écorche le radiologue de l'hôpital qui "aurait dû, lors de la biopsie sous échographie, installer un marqueur dans le site de ma tumeur". Il écorche également indirectement Dr. P. et Oncologue en indiquant "qu'ils auraient dû proposer une biopsie de mes ganglions dont un présentait assurément une métastase".
Il m'explique ensuite que la chirurgie doit nécessairement être une quadrantectomie "plus que moins". Là, je dois avouer qu'il me surprend un peu. Bien que je ne conteste pas la nature de la chirurgie, je m'inquiète de ses inquiétudes...
Il me confirme ensuite que ces éléments furent l'objet d'une discussion entre Dr. P. et lui.
Quelle discussion bizarroïde...
Que fait la patiente en oncologie lorsqu'elle capote? Elle appelle l'IP, bien sûr. Fidèle à son habitude, elle prend le temps de m'écouter et elle comprend la situation et déplore que le radiologue m'ait ainsi appelée pour "me mêler"... Afin de me rassurer, elle communiquera avec Dr. P.
Ce matin, 10 février, elle me confirme que Dr. P. m'appellera en fin de journée. Je lui exprime mon inquiétude de passer pour la patient fatiguante... Non, pas du tout, la patiente pose des questions fort pertinentes et il est bon de les adresser.
JE SUIS OPÉRÉE DEMAIN - DE RETOUR LA SEMAINE PROCHAINE
Le lundi matin 25 janvier, l'Homme et moi nous rendions à l'hosto pour rencontrer Dr. P., le chirurgien rencontré le 4 septembre dernier pour ma première biopsie. C'était alors mon entrée dans le merveilleux monde de la santé. Mon ironie ne réfère aucunement à la qualité des soins ou encore moins à la compétence du personnel; à ce chapitre, je dois souligner que je vis une expérience fort positive. Non, mon ironie tient plutôt de l'aversion naturelle propre à l'être humain pour tout ce qui boite, tremble, s'affaiblit, pour la madie quoi.
Cinq mois depuis ma dernière rencontre avec Dr. P., aussi bien dire une éternité dans ma lecture actuelle du temps qui passe. Mes souvenirs de cette biopsie afffuent pourtant bien précisément: chaque mot échangé, chaque geste, chaque regard d'espoir. Car, à ce moment-là, l'espoir ou du moins une petite étincelle de celle-ci, se nichait toujours quelque part entre ma tête et mon coeur. Tout ça pouvait encore mener à un diagnostic de kyste, de fibrome, d'adénome non cancéreux, de glande mammaire surexcitée, de mastite. D'ailleurs, je dois maintenant avouer que ma tête habituellement froide ou, du moins, réaliste m'a fait faux bond: je croyais encore, même après l'annonce de ce cancer à une erreur sur la biopsie. Du 11 septembre, date du diagnostic, jusqu'à la mi-octobre, quelques semaines après ma première chimio (oui, oui, APRÈS), j'attendais sottement et secrètement l'appel de l'IP qui m'annoncerait que tout ça était une erreur du labo et que je souffrais finalement d'un petit mal bien bénin. Dans mes rêves les plus fous, je riais de m'être rasé le crâne pour "rien" et toute l'aventure finissait là.
J'en profite pour vous raconter l'annonce de ce cancer, trouvez-vous une doudou pour vous couvrir parce que la froideur de l'anecdote peut causer, chez certaines personnes, la chair de poule. Cette anecdote justifie à elle seule mon attittude insistante pour que ce soit le Dr. P. qui m'opère. Le 11 septembre 2009, j'attends avec l'Homme dans la salle d'examen depuis bientôt trente minutes, l'espoir scintille encore dans nos coeurs. L'espoir puisque, selon Dr. P., qui avait pratiqué la biopsie la semaine précédente, le cancer ne semblait plus une certitude. Lors de la biopsie, Dr. P. ayant découvert avec surprise une composante kystique dans ma "tumeur" espérait autant que nous qu'il ne s'agisse que d'un kyste ou d'une infection. Son réel soulagement face à cette possibilité nouvelle me le fit aimer instantanément. Un chirurgien authentiquement chaleureux, ça ne court pas les rues. Pendant une semaine, nous avions donc l'espoir bien accroché que le mot cancer n'entre pas dans notre vie. Au bout d'une demi-heure, c'est plutôt Dr. Sans Regard qui entre dans la salle d'examen. Il me voit à peine et entreprend de se laver les mains. Tout en se lavant les mains (les adeptes du catéchisme, ça rappelle une certaine anecdote, non?), il me dit sans aucune intonation: "selon le rapport préliminaire du laboratoire, tout indique que les cellules sont cancéreuses, je remplis les documents et vous réfère immédiatement en oncologie", il s'essuie les mains et quitte la salle sans même un regard sur moi, la sale patiente atteinte de cette sale maladie. L'Homme et moi sommes cloués sur place. L'espoir anéanti.
Le harpon
Le 25 janvier dernier donc, je fais l'éducation de Dr. P. sur mon cas. Cinq mois plus tard, cinq traitements de chimiothérapie plus tard, je ne trouve plus la masse. Voilà l'essentiel, non? Il écoute bien mon histoire et entreprend l'examen pour trouver une masse palpable. Il confirme mon diagnostic et je tente de le convaincre qu'il reste "une petite affaire". Non, rien, il réprime un rire... pendant que je souris, soulagée. Voilà l'essentiel, non?
Oui mais... Pour repérer et localiser la masse restante, s'il en est, Dr. P. suggère une procédure préopératoire : l'installation d'un harpon. Le radiologue de l'hôpital de mon patelin ne pratique pas cette intervention ce qui implique un aller retour à un hôpital situé à environ une heure de route le matin même de la chirurgie. L'Homme et moi expliquons à Dr. P. qu'avant notre déménagement de l'été dernier, nos deux princesses sont nées à cet hôpital dont nous apprécions les médecins et services. Aussi, la balade en voiture ne constitue pas un obstacle pour nous. Nous optons donc, en équipe, pour cette procédure.
Soit.
La quadrantectomie
Malgré le succès de la chimiothérapie, malgré le harpon, malgré mon sein que j'aime, la chirurgie pratiquée sera une quadrantectomie, ablation d'un quadrant du sein. En gros, un quadrant équivaut à un quart du sein. Quoi rajouter? Que ce ne sera pas esthétiquement l'idéal? On le sait.
La dernière chose souhaitée serait de mettre de la pression sur Dr. P. mais, je me le dois bien, j'aborde le sujet de la potentielle chirurgie esthétique post quadrantectomie. En médecine, point d'assurance, point de certitude mais, de façon générale, il m'explique que (1) la chirurgie esthétique demeure une possibilité et (2) souvent, les liquides et tissus prennent la place restée vacante suite à la chirurgie ce qui limite le dommage esthétique.
Soit.
La radiothérapie
Selon Dr.P., il faut attendre environ trois mois avant la radiothérapie. Trois mois. Les traitements ne pourraient donc commencer avant la mi-mai pour se terminer vers la fin du mois de juin. Optimistement, j'estimais la période d'attente à environ un mois. Deux mois de plus pour me reposer et permettre la guérison des tissus de mon sein.
De plus, si le rapport de pathologie démontre toujours une ambiguïté quant à la présence de cellules cancéreuses, je subirai une deuxième ronde de chimiothérapie. Outre le fait que mes cheveux retomberaient, je m'encourage avec le fait que, de toutes façons, je devais attendre pour la radiothérapie. Rendue là, pourquoi ne pas faire une p'tite chimiothérapie? Tant qu'à ne rien faire en attendant...
Mon agenda
Dr. P. remplit donc sa paperasse à l'attention du bloc opératoire qui communiquera avec moi. Mercis, à bientôt! Il me promet de m'opérer plus tôt que plus tard et je clarifie qu'il m'opère... pas question que Dr. Sans Regard ne me touche, Dr. P. sait lire entre les lignes je pense...
J'attends donc l'appel du bloc, deux jours passent puis, l'infirmière me confirme ma chirurgie pour le 11 février. Il me reste alors deux semaines à profiter de la vie: repos, spinning, souper entre amis, jouer aux Playmobil, à la poupée, lire des histoires, aimer. Puisque le dernier traitement de chimio remonte au 21 décembre, je suis libre d'effets secondaires. Outre les bouffées de chaleur de moins en moins fréquentes, je reprends possession de mon corps; pas de nausée, pas de fatigue excessive, l'énergie revient, je me sens bien. Très bien.
Et mes cheveux repoussent! À vue d'oeil. De semaine en semaine, on voit la différence.
Le 11 février, je dois donc faire une heure de route et me présenter à l'hôpital "hors-patelin" à 8h00 am pour l'installation du harpon puis, refaire une heure de route pour revenir dans mon patelin. Passer à la clinique de radiologie pour une mammographie puis à l'admission de l'hôpital pour confirmer que j'ai de l'assurance médicaments et enfin, en chirurgie d'un jour pour attendre ma chirurgie et ensuite, je dormirai profondément ... et me trouverai enfin en salle de réveil. En quelques lignes, je résume une journée fort mouvementée. Vivement mon congé et le retour à la maison!!!
Semaine du 8 février
Le stress préopératoire
Le mardi soir 9 février, je passe la journée chez ma mère avec ma Grande. À mon retour, je constate "Clinique de radiologie" sur l'afficheur de mon téléphone. Pas de message mais, je choisis de composer le numéro et il s'avère que le radiologue veut absolument me parler. (?)
Il tient à préciser qu'il est possible que l'hôpital n'arrive pas à m'installer de harpon s'il ne reste plus de masse. D'accord: Dr. P. et moi connaissons déjà cette possibilité.
Au passage, il écorche le radiologue de l'hôpital qui "aurait dû, lors de la biopsie sous échographie, installer un marqueur dans le site de ma tumeur". Il écorche également indirectement Dr. P. et Oncologue en indiquant "qu'ils auraient dû proposer une biopsie de mes ganglions dont un présentait assurément une métastase".
Il m'explique ensuite que la chirurgie doit nécessairement être une quadrantectomie "plus que moins". Là, je dois avouer qu'il me surprend un peu. Bien que je ne conteste pas la nature de la chirurgie, je m'inquiète de ses inquiétudes...
Il me confirme ensuite que ces éléments furent l'objet d'une discussion entre Dr. P. et lui.
Quelle discussion bizarroïde...
Que fait la patiente en oncologie lorsqu'elle capote? Elle appelle l'IP, bien sûr. Fidèle à son habitude, elle prend le temps de m'écouter et elle comprend la situation et déplore que le radiologue m'ait ainsi appelée pour "me mêler"... Afin de me rassurer, elle communiquera avec Dr. P.
Ce matin, 10 février, elle me confirme que Dr. P. m'appellera en fin de journée. Je lui exprime mon inquiétude de passer pour la patient fatiguante... Non, pas du tout, la patiente pose des questions fort pertinentes et il est bon de les adresser.
JE SUIS OPÉRÉE DEMAIN - DE RETOUR LA SEMAINE PROCHAINE
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Le grand combat
lundi 8 février 2010
Mon combat, votre combat, leur combat
Les 10 et 11 juillet prochains, je participerai au Cyclo-Défi pour Vaincre le cancer. Un périple à vélo entre Montréal et Québec qui mettra à profit mon besoin de défi et mon amour du vélo. Mais aussi, et surtout, un défi de générosité à relever en équipe, mon équipe, vous, moi pour amasser des fonds pour financer des projets de recherche innovateurs. Je crois toujours fermement que la recherche est la planche de salut pour arriver à vaincre le cancer de façon efficace.
Mon objectif est d'amasser 2 500 $. Le montant est grand mais le défi ultime de Vaincre le cancer est encore plus énorme et nécessite la participation du plus grand nombre de coeurs.
Lien: FAITES PARTIE DE MON ÉQUIPE DE GÉNÉROSITÉ. Mercis chers amis, ma famille... et mes lecteurs inconnus!
Pour m'encourager, il faut cliquer sur le lien ci-dessus et effectuer un don. Il y a deux façons simples de le faire:
Une fois sur ma page personnelle
1) Cliquer sur "Faites un don" et procéder par carte de crédit, ou
2) Imprimer le formulaire de don et procéder soit par chèque ou carte de crédit.
Mon objectif est d'amasser 2 500 $. Le montant est grand mais le défi ultime de Vaincre le cancer est encore plus énorme et nécessite la participation du plus grand nombre de coeurs.
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Le grand combat
jeudi 21 janvier 2010
Les lectures qui ont accompagné ma chimio
1. Twilight: La Fascination (Stephenie Meyers)
2. Twilight: La Tentation (Stephenie Meyers) (aux 3/4), j'ai décroché, comme je le fais toujours pour les séries de livres, et reprendrai après ma chirurgie pendant ma convalescence à l'hosto. Lecture légère mais histoire efficace.
3. L'année où ma mère est devenue chauve (Ann Speltz et Kate Sternberg) -- Suggérée par l'IP et prêté par le département d'oncologie, ce livre me fut fort utile pour trouver les mots et l'angle pour expliquer à ma Grande de 4 ans ma maladie et ses aspects moins jojo qu'elle doit apprivoiser.
4. Anticancer (David Servan-Schreiber) - Pour les références à la guérison: corps et moral anticancers. Ce livre ouvre à la dynamique corps-esprit, un essentiel pour la patiente.
5. En forme pour combattre le cancer (Anna L. Schwartz) - Efficiace pour finir de me convaincre que je peux (dois) continuer de bouger pendant les traitements.
6. L'amour, la médecine et les miracles (Bernie S. Siegel) - Pour le mot miracle, pour le mot médecine, pour le mot amour.
7. La fille aux neuf perruques (Sophie Van der Stap) - Une révélation pour moi, je vis le cancer comme bien d'autres, je peux m'accorder le droit de déprimer, pleurer, rager, c'est normal.
8. La prisonnière (Malika Oufkir et Michèle Fitoussi) - Quelles épreuves pour cette femme-là, emprisonnée pendant près de 20 ans au Maroc avec toute sa famille. Ça m'a jeté au visage que ma galère n'est pas unique... des galères il y en a de toutes les grandeurs et de toutes sortes.
9. La Brèche (Marie-Sissi Labrèche)
10. Borderline (Marie-Sissi Labrèche) - Romans coup de poing d'une obsédée sexuelle. Très moyen, à mon avis.
11. The Road (Cormac McCarthy) - Un poème de 300 pages sur la "parentitude" et la survie. Un must que j'ai lu avec émotions. Très, très fort.
12. Un petit pas pour l'homme (Stéphane Dompierre) - Léger mais très efficace, pendant ma période difficile du mois de décembre, ce livre me permettait de décrocher tout en souriant.
13. Je reviens te chercher (Guillaume Musso) - Petit livre sur le destin, il faut aimer le genre Marc Lévy. Efficace histoire pour décrocher (décembre aussi pour moi... :).
14. La physique des catastrophes (Marisha Pessl) - Étonnante histoire qui se met en place pendant 400 pages puis se dénoue habilement dans les 200 dernières pages: tout le livre reprend une nouvelle perspective et chaque anecdote retombe habilement dans l'histoire.
15. Hell.com (Patrick Sénécal) - L'histoire est si bien racontée qu'on ne peut plus s'arrêter. L'escalade de violence est telle que certains passages frôlent l'absurdité mais, abordé comme un polar, on peut oublier cet aspect assez facilement. Noir, noir, noir.
2. Twilight: La Tentation (Stephenie Meyers) (aux 3/4), j'ai décroché, comme je le fais toujours pour les séries de livres, et reprendrai après ma chirurgie pendant ma convalescence à l'hosto. Lecture légère mais histoire efficace.
3. L'année où ma mère est devenue chauve (Ann Speltz et Kate Sternberg) -- Suggérée par l'IP et prêté par le département d'oncologie, ce livre me fut fort utile pour trouver les mots et l'angle pour expliquer à ma Grande de 4 ans ma maladie et ses aspects moins jojo qu'elle doit apprivoiser.
4. Anticancer (David Servan-Schreiber) - Pour les références à la guérison: corps et moral anticancers. Ce livre ouvre à la dynamique corps-esprit, un essentiel pour la patiente.
5. En forme pour combattre le cancer (Anna L. Schwartz) - Efficiace pour finir de me convaincre que je peux (dois) continuer de bouger pendant les traitements.
6. L'amour, la médecine et les miracles (Bernie S. Siegel) - Pour le mot miracle, pour le mot médecine, pour le mot amour.
7. La fille aux neuf perruques (Sophie Van der Stap) - Une révélation pour moi, je vis le cancer comme bien d'autres, je peux m'accorder le droit de déprimer, pleurer, rager, c'est normal.
8. La prisonnière (Malika Oufkir et Michèle Fitoussi) - Quelles épreuves pour cette femme-là, emprisonnée pendant près de 20 ans au Maroc avec toute sa famille. Ça m'a jeté au visage que ma galère n'est pas unique... des galères il y en a de toutes les grandeurs et de toutes sortes.
9. La Brèche (Marie-Sissi Labrèche)
10. Borderline (Marie-Sissi Labrèche) - Romans coup de poing d'une obsédée sexuelle. Très moyen, à mon avis.
11. The Road (Cormac McCarthy) - Un poème de 300 pages sur la "parentitude" et la survie. Un must que j'ai lu avec émotions. Très, très fort.
12. Un petit pas pour l'homme (Stéphane Dompierre) - Léger mais très efficace, pendant ma période difficile du mois de décembre, ce livre me permettait de décrocher tout en souriant.
13. Je reviens te chercher (Guillaume Musso) - Petit livre sur le destin, il faut aimer le genre Marc Lévy. Efficace histoire pour décrocher (décembre aussi pour moi... :).
14. La physique des catastrophes (Marisha Pessl) - Étonnante histoire qui se met en place pendant 400 pages puis se dénoue habilement dans les 200 dernières pages: tout le livre reprend une nouvelle perspective et chaque anecdote retombe habilement dans l'histoire.
15. Hell.com (Patrick Sénécal) - L'histoire est si bien racontée qu'on ne peut plus s'arrêter. L'escalade de violence est telle que certains passages frôlent l'absurdité mais, abordé comme un polar, on peut oublier cet aspect assez facilement. Noir, noir, noir.
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