En résumé..
Le mardi 30 mars: Depuis mon rendez-vous du 23 mars avec Onco, je reste sans nouvelle du CHUM où je recevrai mes traitements de radiothérapie. L'impuissance de l'attente me rend impatiente: vivement une date de début et, surtout, une date de fin pour les traitements de radiothérapie, je veux recommencer à travailler, je veux réintégrer ma vie d'avant, je veux ne plus aller à l'hosto, je veux tourner la page. La patiente sans nouvelles et stressée se tourne vers les ressources à sa disposition... que fait-elle? Bravo, oui, elle communique avec l'IP. Ne tenant plus en place, je décide d'aller trotter et vers la mi-journée, je vérifie mes messages téléphoniques: 1) l'IP me rassure, les requêtes bel et bien acheminées au CHUM, la centrale de rendez-vous devrait communiquer avec moi très bientôt et 2) le CHUM!!! mon premier rendez-vous consistant à une rencontre avec la radio-oncologue aura lieu le mercredi 7 avril.
Enfin.
Le mercredi 7 avril: Je me rends à ce premier rendez-vous accompagnée d'un fidèle ami, le Parrain de ma Grande. On prend le temps d'aller luncher au restau, de marcher et de reconnaître les environs du pavillon de radio-onco. Docteur TPMP ("Toute petite mais parfaite") me reçoit avec dix minutes de retard. Que dis-je?dans le monde de la médecine et plus précisément dans celui de l'oncologie, un tout petit dix minutes ne correspond pas à un "retard". Elle me reçoit donc à l'heure déterminée. J'adore quand le médecin connaît déjà mon dossier. La voilà donc qui résume ma situation en quelques minutes: je suis jeune (merci), la chimio fut un succès (hourra!), la chirurgie bien guérie, docteur TPMP ne voit pas de raison d'attendre et les traitements pourraient commencer dans les deux, trois prochaines semaines. Bonne nouvelle.
Je rencontre ensuite l'IPRO (l'Infirmière pivot de radio-oncologie) qui m'explique que je dois maintenant attendre leur appel pour le prochain rendez-vous qui consistera en un scan pré-marquage, elle ne peut me donner de date, même pas une idée. (?)
Le mardi 13 avril: Le CHUM appelle pour me donner mon rendez-vous jeudi maitn pour le scan pré-marquage.
Le jeudi 15 avril: Dès mon entrée dans la salle du scan, les techniciennes me disent de me laisser faire, de ne pas bouger, elles me déplaceront pour m'installer correctement. Couchée sur le dos sur une table trop étroite, dans une salle trop froide, les seins trop à nu, je laisse les techniciennes travailler et mon esprit vagabonde. Que de chemin parcouru depuis ma visite en clinique de radiologie le deux septembre 2009, que de médecins, d'infirmières, de techniciens, de traitements, de rencontres, d'apprentissages douloureux. Que de découvertes, d'introspection, d'amitiés grandies, aussi.
"Pour le prochain rendez-vous, on vous appelle". Un peu surprise mais surtout déçue car je pensais qu'ils me marqueraient et que mes traitements débuteraient la semaine prochaine, je quitte la salle. Je croise l'IPRO et lui parle de mon inquiétude car la radiothérapie débutera après les huit semaines recommandées entre la chirurgie et la radiothérapie. Elle ne me rassure pas vraiment et je sens que je la bouscule... je m'ennuie de mon IP, celle qui savait me trouver la bonne ressource pour pallier à mon besoin de savoir, pour calmer mes inquiétudes...
Le soir, je montre les tout petits tatouages à ma Grande en lui disant qu'on m'a dessiné de toutes petites étoiles, une pour elle, une pour sa petite soeur, une pour son papa, etc. Elle me dit que quand je ne suis pas là, elle pense à moi très fort dans son petit coeur et ça lui fait du bien. Quelle maturité elle affiche ma Grande de quatre ans. Je l'aime.
Le mercredi 21 avril: Le CHUM m'appelle, on procèdera au marquage vendredi après-midi.
Le vendredi 23 avril: Étendue sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, les seins trop à nu, la tête et les bras dans mon moule, la dernière étape de mon triathlon pour vaincre le cancer s'amorce. Les techniciennes très sympathiques me marquent, pas au fer rouge mais bien à la peinture... toute aussi rouge. Au bout d'une trentaine de minutes, je quitte la salle J et me rend à la salle de déshabillage troquer ma belle jaquette bleue pour mes vêtements. Là, dans le miroir, j'aperçois mes marques qui montent assez haut dans le décolleté... Assez haut pour que la marque soit visible une fois rhabillée. Je décide alors de ne pas cacher ces marques, le beau temps s'amène et je ne porterai pas des cols roulés en mai. No way.
Je décide que la partie visible représente un mot chinois signifiant "espoir".
Du 26 avril au 21 mai: Tous les jours de la semaine, je me présente à la salle J, G ou H vêtue d'une jaquette bleue que je retire en m'étendant sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, etc. Sauf qu'après quatre semaines de cette routine, me déshabiller devant tout le monde ne m'intimide même plus. Le traitement dure environ une quinzaine de minutes dont une dizaine pour bien m'installer en alignant les tatouages et les marquages. La machine semble tout droit sortie du film Odyssey 2001 et elle se déplace autour de moi pour me lancer ses rayons radioactifs... biiip pendant quinze secondes, déplacement, biiiiiip un autre trente-six secondes de rayons, déplacement, biiiiiiiiiip un autre quarante-cinq secondes, dernier déplacement, biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip pour un dernier assaut de quarante secondes. Pour me détendre, je compte les secondes des assauts parce que lors des deux, trois premiers traitements, le biiip me stressait, m'agressait les oreilles, déclenchait un petit élan de panique en moi. Mon réflexe fut donc de compter les secondes pour me relaxer.
Maintenant, je les compte les secondes pour rester concentrée et calme. Allez, attaquons-les ces potentielles cellules rebelles qui pourraient vouloir squatter mon sein, mon aisselle, ma sous-clavicule. Bye, bye, petites cochonneries... out! Les lundis, une amie m'accompagne et les autres jours, mon papa se tape le voyage avec moi. Une heure aller, une heure retour, des conversations inattendues. Vive le huis-clos d'une voiture pour souder des amitiés.
Pour l'instant, je ne ressens AUCUN effet secondaire outre une légère rougeur sur la peau de mon sein. Je me réjouis et attends impatiemment la fin des traitements prévue pour le 7 juin. Dés le 31 mai, mes vingt-cinq traitements seront terminés... il ne restera que les cinq électrons à la cicatrice du sein. Ça avance... ça achève. Plus qu'une semaine de traitements, enfin. Plus qu'une semaine d'électrons, enfin.

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