mercredi 7 avril 2010

Les mathématiques du crabe 202

En décembre dernier, à la veille de mon quatrième traitement de chimiothérapie, je terminais Mathématiques du crabe 101. À mon examen final, il me fallait déterminer mes chances de survie. En élève modèle mais brillante et assez moderne (j'ai l'air de me vanter mais si on ne reconnaît pas soi-même ses forces, qui le fera?), j'eus recours à un site web très trop facile d'utilisation et obtint le chiffre de 80%. À ce moment-là, je me réjouissais de ce taux et me pensais très perspicace. Jeunesse insouciante...

Depuis, je potasse sur Mathématiques du crabe 202, beaucoup plus difficile car plus introspectif. Cette fois-ci, le syllabus me force à me questionner sur la pertinence des chiffres en matière de survie au crabe. La comptable en moi s'éclipse en douceur et me laisse philosopher, réfléchir, replacer toute cette aventure dans un angle plus juste. En quatre mois seulement, encore une fois, mon cursus chamboule ma compréhension de ce qui me paraissait si évident. De jeune insouciante, je chemine encore une fois vers la sagesse. Mes cheveux blancs témoignent de cette chimiothérapie mais aussi d'une sagesse nouvellement acquise. Pas par hasard mais bien à force de réfléchir en adulte, à force de penser en aïeule, à force d'avancer dans la vie avec la certitude bien ancrée de comprendre.

En matière de survie, la note ne tient pas en chiffres mais en un mot précis, chargé de ce que l'on voudrait tant oublier. À l'instar de mes notes à l'École du Barreau du Québec, le résultat suite aux traitements contre le crabe ne tient pas à un pourcentage mais à un mot entre les deux suivants: succès ou échec.

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