Le 29 septembre dernier, pendant même que j'écrivais mon dernier billet sur mon été "en rafale", je me préparais mentalement à une échographie du sein gauche. Oui, oui, mon sein conservé... L'histoire, en bref:
Le vendredi 24 septembre, je mentionne à l'Homme, mon pilier, mon amour, celui qui me soutient depuis le tout début, qui me comprend, qui m'aime (tout simplement) qu'autour des abords de ma (très belle) cicatrice, il me semble y avoir des tissus plus durs ou, à tout le moins, une différenc. Nous en discutons sans trop vouloir y penser. Quand même un peu inquiets, nous concluons que, lors de mon rendez-vous de mi-novembre avec Dr. P. (le chirurgien), il faudra lui en parler afin qu'il puisse jeter une certaine lumière sur la situation.
Le lendemain, le samedi 25 septembre, vers treize heures, je deviens fiévreuse... Je grelotte, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai mal aux boyaux; ça dure jusqu'au dimanche soir.
Le lundi matin 27 septembre, ayant constaté une inquiétante rougeur couvrant tout mon dos du côté opéré, je téléphone l'IP, la seule personne dans tout mon univers médical dont je suis sûre à 100% qu'elle me répondra rapidement. Déçue, elle m'avoue qu'il n'y a pas de médecin en oncologie ce jour-là mais que mon cas semble urgent... Accompagnée de mon si fidèle compagnon, mon papa, je me retrouve vers quatorze heures à la clinique sans rendez-vous pour rencontrer un généraliste. En moins de deux, le médecin sollicitie sa collègue pour un deuxième avis. Sans aucune autre formalité, ils me réfèrent à l'urgence: il me faut voir de toute urgence le microbiologiste pour entamer une thérapie d'antibiotique par intraveineuse. Le médecin généraliste a déjà avisé l'urgence de l'hôpital de mon arrivée.
Arrivée à l'hosto, je passe au triage et l'infìrmière, déjà avisée de mon cas, me fait passer directement en salle d'examen. Le médecin ordonne une scepticémie: hémocultures, petit pipi dans le pot, radio des poumons. Comme on sait déjà qu'il y aura des antibiotiques en intraveineux, l'infirmière qui passe me voir pour les hémocultures installe également un cathéter "lock"... ouch! ouch! des maudits câlisse (oops!) de cathéter... Elle réussit du premier coup sur la main, ça fait mal, ce n'est pas "ergonomique" et lorsque la thérapie par antibiotique commence, je ressens un petit pincement très peu rassurant. Trente minutes plus tard, mon amoureux a pris le relais de mon papa et après la première dose, nous nous dirigeons vers la radiologie pour la radio des poumons. Je commence à peine à comprendre que cette radio fournira une indication de mon état actuel de santé, que tous les médecins (4) vus dans les dernières six heures y songent sans le dire: nous claque-t-elle une "récidive" la patiente...
À ce stade, la différence entre vous et moi c'est que moi, je SAIS que "shit can indeed happen"!!!
Après la radio des poumons, nous patientons une bonne demi-heure dans la grande salle d'attente, une fois appelée, je me dirige vers ma salle d'attente pour découvrir avec surprise mon chirurgien, Dr. P. en qui j'ai si confiance.
- Catharsis: Prénom du Dr. P., que fais-tu là?
- Dr. P.: Toi, que fais-tu là? il semble déçu que je sois encore aux prises avec des problèmes de santé.
Je lui explique la situation et lui fais part de mes inqiuétudes reliées aux tissus entourant la cicatrice. Il propose une échographie pour déterminer s'il s'agit, entre autres, de liquide "surinfecté" qu'il pourrait drainer. Malgré mon état "second" dû à la fièvre, je ne peux que constater son air songeur: rien de rassurant.
Après négociation avec l'urgentologue, je passe la nuit à l'hosto où je demeure sous observation "pas dans le corridor" mais dans un salle d'isolement. Après tout, j'ai une grosse infection...
Le mardi matin 28 septembre, le microbiologiste me rend visite pour m'expliquer que j'ai contracté un streptocoque: virulent dans ses symptômes mais qui réagit immédiatement aux doses. Effectivement, douze heures plus tard, je me sens déjà mieux et la rougeur dans mon dos s'estompe. Soupir de soulagement.
Avant de quitter, je dois passer au CLSC (attenant à l'hosto) pour me faire expliquer comment m'auto-injecter mon antibio en IV. Non mais ça va pas la tête? Je dois, en plus, me "gosser" le cathéter qui me pince! L'infirmière, une petite soie toute douce, m'appelle et commence à faire mon éducation sur l'auto-injection. C'est un système sans aiguille: le cathéter et les seringues contenant l'antibio sont munies de petits tubes qui se vissent l'un dans l'autre, pas mal ingénieux. Encore faut-il que le foutu cathéter fonctionne... le mien est scrap. On essaie de faire l'injection. Ouch! ouch! le cathéter ne fonctionne plus, il faut l'enlever. Traduction? eh oui! il faut m'en installer un autre... j'en pleurerais. Elle fait une tentative; manquée; je souffre. J'haïs les aiguilles... et encore plus les cathéters... En renfort, elle appelle sa collègue. Qui vois-je entrer dans la petite salle de traitements: très sympathique (sans ironie) infirmière, celle qui s'essaye à me piquer même quand j'ai un PICC line, vous vous souvenez? non, vous avez oublié? pas grave. Après quatre infructueuses tentatives, je suis en sueurs, je me sens faible; je demande une serviette humide pour me raviver... Elle tente une cinquième fois... Bingo! c'est fait. Je reviens à la maison après ce qui me semble une éternité pour réaliser qu'il s'agit seulement de vingt-quatre heures.
Le mercredi 29 septembre, je me porte à merveille. Outre les auto-injections quotidiennes, mes journées sont redevenues normales. Dans l'après-midi, je vais à l'hosto pour subir une échographie de mon sein gauche: une boule dans la gorge, le stress dans les jambes. Pour les fins de m'attirer votre sympathie, je vous mentionne que je rencontre alors mon vingt-deuxième médecin: Dr. Radiologiste-des-os... qui me fait une échographie d'un sein. Comme son degré de confort vis-à-vis ce type d'examen se limite à faire l'examen et à "garrocher" le cas, c'est-à-dire moi, dans la cour du voisin, c'est-à-dire Dr. P., il regarde son écran d'ordinateur, affiche sa face de carême et rédige son rapport.
- C'est terminé; j'enverrai mon rapport à Dr. P.
- Euh! (il ne sait pas qu'il a devant lui une patiente curieuse et avec un peu (quand même ) de culot) Je peux savoir ce qu'il y aura dans ce rapport?... (les faces de carême ça ne me dit rien de bon)...
- Cela pourrait être un hématome, des tissus cicatriciels, ....
- Ou une autre tumeur? (ses silences parlaient...)
- Oui, je suggère une biopsie....
Je sors de là effondrée. Une biopsie! une maudite biopsie! Je cours presque vers le corridor où je vois habituellement Dr. P. avant de me ressaisir. Premièrement, il pourrait très bien ne pas être là et deuxièmement, jamais les chiens de garde dans les cages en verre à l'entrée dudit corridor ne me laisseront assurément pas passer... Je grimpe donc au 3B pour voir l'IP. Elle me somme de me calmer et elle me promet qu'elle rejoindra Dr. P. pour lui expliquer la situation. Je vais rejoindre mon amoureux à son travail: amène-toi j'ai besoin de toi.
Nous passons la soirée à tenter de nous convaincre que c'est une mauvaise frousse...
La différence entre vous et moi c'est que moi je SAIS que "shit can indeed happen"!
Le lendemain, je rencontre Dr. En chef des bébittes qui, satisfait du résultat de l'antibiotique, autorise le retrait de mon cathéter. Petite victoire. L'IP me confirme alors que Dr. P. me verra lundi matin. Le week-end passe.... et, enfin, je peux discuter avec mon médecin qui me rassure mais ordonne quand même une mammographie, une échographie ET une "f***ing" biopsie à la discrétion du radiologiste. Maintenant que le pavé est dans la mare, il ne peut plus l'ignorer. Comme la clinique privée de radiologie de mon patelin (vous vous souvenez celle où je suis allée en septembre pour rencontrer plein de gens pratiquement effrontés de se prétendre "humains") semble supprimer le sourire à tous ceux qui y travaillent, je prends rendez-vous à l'hôpital située à une heure de route. De prime abord, ça peut sembler bien simple prendre rendez-vous: appeler, parler, remercier, noter au calendrier. Nope! il me faut envoyer par télécopieur la requête de mon médecin et, après seulement, elle daignera me parler. Quelques heures plus tard, elle m'appelle mais, elle ne peut me donner rendez-vous pour la raison qu'elle doit d'abord discuter mon cas "un peu spécial" avec le médecin. Le lendemain, je la rappelle pour faire un suivi.... on m'annonce qu'elle est absente et ne sera là que jeudi et qu'elle est la seule qui puisse donner les rendez-vous... Je pleurerais de rage mais je me résigne à sagement attendre jeudi.
Jeudi, je réussis à obtenir les rendez-vous nécessaires: mammographie le vendredi 15 octobre et échographie et, peut-être, biopsie le mardi 19 octobre.
Attendre, attendre, attendre...
Arrive le vendredi 15 octobre, je pourrais exploser de stress. La gentille technicienne en mammographie m'appelle et elle procède. Le jour et la nuit entre elle et la bizarroïde à la clinique de radiologie de mon patelin qui, entre autres, se permet de commenter avec dédain l'âge à laquelle j'ai eu mon premier enfant (!). Celle-ci me parle doucement; elle comprend que ça peut s'avérer plus douloureux sur mon sein opéré, à cause de la radiothérapie qui a fragilisé les tissus. L'examen terminé, elle me demande d'attendre pendant qu'elle vérifie la qualité des clichés pour savoir si le médecin voudra d'autres "prises". Une fois les clichés sur le panneau lumineux, je demande à voir. Elle affiche aussi la mammo du 2 septembre 2009... la différence me frappe et j'en suis aussitôt émue. Je me ressaisis et la gentille technicienne me dit:
- Je ne suis pas radiologiste mais je pense que nous aurons de bonnes nouvelles pour vous. Je vais voir le rediologiste de ce pas afin qu'il vous fasse votre échographie tout de suite... je ne pense pas qu'il fasse de biopsie puisque tout semble normal.
Mon coeur chavire... alors que je pensais sortir de là avec mon stress toujours entier jusqu'à mardi, date de l'échographie (+/- biopsie), me voilà stressée d'espoir. Le radiologiste me voit directement sans qu'une technicienne n'effectue de pré-examen. Après avoir regardé son écran, il me demande:
- Qui est stressé là?
- ... tout d'abord, moi! Ensuite, j'ai vu un radiologiste, spécialiste des os.. blah, blah, blah
- Tout ce que je vois me semble normal: des tissus cicatriciels et pas de trace de rien d'autre... Je suggère que vous continuiez vos examens réguliers mais pour maintenant, pas de biopsie nécessaire.
- .... vous savez que je vous aime vraiment aujourd'hui!!!!!
Il sourit, à peine, mais je m'en balance!
Premiers tests passés avec succès; plus tôt que prévu et j'accueille les résultats avec joie, soulagement, le sourire fixé, l'oeil brillant.
mercredi 3 novembre 2010
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