Fidèles lecteurs, parents, amoureux, amis, camarades, inconnus au coeur conquis, inconnus qui aimeriez tant figurer le pourquoi du comment des choses du crabe, ou inconnus juste curieux (et un peu voyeur il faut le dire), mea culpa. Mon silence est inacceptable! J'espère qu'il ne fut pas porteur d'inquiétude... rassurez-vous: je me porte bien.
En rafale, depuis le 5 juillet dernier:
Les 10 et 11 juillet, je relève avec succès le Cyclo-Défi contre le cancer. Doublement: mes précieux parents, amis et collègues me permettent de dépasser mon objectif de levée de fonds et je pédale sans trop de heurt, en deux jours, la distance de 300 kilomètres séparant Montréal et Québec (par la 138...). Par le chemin du Roy; par temps chaud, la brise dans le dos, le sourire aux lèvres... Le périple s'amorce par un émouvant départ du Stade Olympique: la musique me tord un peu le coeur. Je pense à mon chum qui avait peur des aiguilles, celui dont ce serait le trente-neuvième anniversaire aujourd'hui même. Je pense à mon propre combat achevé il y a à peine un mois, je me repasse ce film-là dans ma tête et je dois retenir mes larmes, envahie par l'émotion. La sensation d'être en vie prend tout mon corps. C'est bon mais je monte sur mon vélo presque trop fébrile. La météo de notre bord (pour ne pas dire le vent léger dans notre dos), mon chum de route et moi pédalons avec facilité les 146 kilomètres du samedi, direction: Trois-Rivières. Tout au long de la journée, je rencontre des cyclistes avec des drapeaux jaunes ou blancs... Le soir on m'explique: jaune pour les survivants, blanc pour les combattans. Je récupère donc mon drapeau jaune en pensant aux drapeaux blancs. Trois-cent kilomètres de vélo en plein combat; il faut le faire.
Le dimanche, nous parcourons la deuxième partie du trajet, jalonné de belles côtes entre Grondines et Québec... dures pour les vélos mal entretenus et impitoyables pour les cuisses non entraînées. Tout au long de la journée, plusieurs des deux mille participants lèvent le pouce lors des dépassements, me saluent ou me félicitent tout haut. La force du drapeau. Une histoire de survie, une preuve tangible que c'est possible, pour tous ces participants motivés par des raisons toute personnelles, ça représente une victoire collective. Fière et émue, j'accueille l'encouragement avec humilité. Nous "traînons" une partie de notre équipe dont ni les cuisses, ni le moral ne suivent plus l'intensité imposée par le parcours côteux. À notre arrivée, 149 kilomètres plus loin, je souris, il sourit, nous sourions. Mon amoureux est là; ému. Nous sommes tous les deux inscrits pour le Cyclo-Défi de 2011.
26 juillet, je retourne au travail et j'apprends le décès (d'un cancer du sein en récidive), d'une camarade au coeur d'or. Le contraste me fait encore frissonner. Suite aux dernières rencontres médicales en juillet, je vis, enfin, enfin, enfin mon retour au travail. Que la vie me paraît belle ce matin-là; une belle promesse de jours meilleurs. le soleil brille, mon sourire aussi. Jamais n'a-t-on vu de fiscaliste plus avide d'entamer un dossier. D'ailleurs, tous mes nouveaux collègues expérimentés (pour ceux qui suivent bien, j'ai changé d'employeur l'année dernière, juste avant d'entamer cette belle aventure) partent en vacances le vendredi suivant... Je me propose donc pour un dossier important et urgent. Me voilà plongée dans le bain, rapidement et pas trop rouillée malgré tout. Je suis dans ma zone...
Tard en avant-midi, j'accueille avec tristesse le décès de ma belle amie, soulagée de l'avoir vue la veille dans son sommeil (médicamenté) paisible... et de lui avoir dit cette phrase qui me tenait tant à coeur: "Ta famille est magnifique; solide et aimante autour de toi; tu vis déjà en eux; va en paix ma belle". Elle était entourée, dans sa toute minuscule chambre, de ses trois enfants, de son gendre, sa bru, de ses dix petits-enfants et de quelques amis. La larme à l'oeil, le coeur en paix, je suis sortie avec la ferme certitude que c'était notre dernière rencontre mais que j'avais dit ce qu'il fallait.
30 juillet, j'assiste, émue, aux funérailles de mon amie au coeur d'or. Elle ne faisait rien comme les autres celle-là! Elle cultivait le sens du spectacle et son amour pour plusieurs artistes de la scène régionale à qui elle offrait des premières chances lui a d'ailleurs valu le permis de leur demander une prestation musicale toute spéciale. Pour elle. À sa mémoire. La cérémonie n'est donc pas animée par un prêtre mais se traduit plutôt par une succession de prestations musicales par des musiciens, des chanteurs, chanteuses qu'elle a côtoyés. Elle en a connu des artistes mon amie! En fait, ce n'était pas une cérémonie, c'était un spectacle pour célébrer la vie, SA vie. Beau, flamboyant, émouvant, comme elle. Ses dix petits-enfants, âgés entre huit et seize ans (environ), qui entonnent "Il était une fois des gens heureux"... (a cappella). Deux mois plus tard, ce souvenir à lui seul me pique les yeux... Et que dire de cette sortie de l'église au son des percussions...un hymne à la vie, au battement des coeurs, à l'amour. Tout simplement: magnifique.
Les semaines passent... Les anniversaires arrivent.
Le mien: Trente-huit ans. Qui pourrait croire qu'une femme puisse célébrer autant ses trente-huit ans? À mes vingt ans, à mes trente ans, je ne pensais pas alors que le tournant de mes trente-huit ans représenterait une si belle victoire. C'en est une. Je m'arrête pour réaliser à quel point je suis heureuse. Il faut le réaliser. Souvent.
Le 30 août, ma Grande entre à la maternelle. Vivre cette étape importante avec elle me rappelle ma propre enfance: j'adorais l'école. Après une rencontre avec son professeur, une femme d'expérience, toute en force calme, je retourne à mes occupations, rassurée. Après une rencontre avec les parents, je constate que deux autres voisins seront dans sa classe; des figures connues, ça aide à l'intégration... Mais, le summum du non-stress pour une maman: une amie, éducatrice en adaptation scolaire, passera une demi-journée dans sa classe pour s'occuper de certains enfants... Là, fini le stress. C'est dur de couper le cordon... Plus pour la maman que pour la Grande je pense... Aujourd'hui, un mois plus tard, je la sens déjà plus mature, plus expressive. Elle avait besoin de cet élément de stimulation. Elle s'intègre bien.
Le 2 septembre: anniversaire du début de l'aventure: dure journée. Le coeur nostalgique, la tête ailleurs, la journée me parut bien longue.
Le 4 septembre, on a souligné la fête de mes princesses... l'année dernière, les événements se bousculant, on avait annulé la grande fête. Mais, cette année, c'est une journée entière de célébrations: le midi avec plein de frimousses et le soir avec la famille. À plusieurs reprises, je dois ressaisir mes émotions pour ne pas laisser mes larmes affoler tout le monde. Mes filles célèbrent leur anniversaire avec leur maman.
Le 11 septembre, je pédale en une journée les 215 kilomètres qui séparent mon patelin de Québec, à nouveau, je sillonne le chemin du Roy. Les fonds recueillis pour cette randonnée vont au profit du 3B, pour ceux qui ont oublié, le 3B c'est l'oncologie de l'hôpital de mon patelin. Cette date représente l'anniversaire de mon entrée dans ledit département... Pour moi, l'image est forte et, au cours du parcours, l'émotion me serre parfois le coeur et me pique les yeux: sur 215 kilomètres, on a le temps de penser. Beaucoup. Accompagnée de mon fidèle compagnon de vélo, nous parcourons les premiers 130 kilomètres en criant "lapin". Je me trouve un peu "freak" de cumuler de si longues sorties sans problème... Au 133e kilomètre, on arrête pour luncher et mon amoureux ainsi que l'amoureuse de mon chum de vélo nous rejoignent pour terminer le défi avec nous. La fin de la randonnée est jalonnée des mêmes côtes que le 11 juillet... le parcours ne s'aplatit pas comme ça en deux mois quand même! On va à la guerre ensemble pour affronter le vent mais on reste seul sur son (maudit) vélo dans les côtes... Une belle côte quand on a déjà 150, 160, 180, 200 kilomètres dans les jambes... ouch! Arrivée à Québec, je suis vidée, complètement. Mais combien fière d'avoir accompli ce défi avec succès. Et d'être là.
Et d'être là.
mercredi 29 septembre 2010
lundi 5 juillet 2010
Mon petit Défi à moi...
Tout d'abord, grands mercis à tous celles et ceux qui font équipe avec moi pour la levée de fonds ou pour l'entraînement... ou pour les deux! Sans vos encouragements, sans votre présence, j'y parviendrais mais si difficilement.
J'aime croire qu'il se réjouit de l'issue actuelle de mon combat; qu'il savoure mon équilibre renouvelé comme une petite vengeance contre la bibitte. Samedi matin, j'aurai une pensée pour lui. Je partirai en silence avec la tête remplie de souvenirs mais surtout, de son héritage: vivre pleinement chaque jour (je sais, là-dessus, je me répète).
Dans cinq dodos, le 10 juillet à 8h00, j'enfourcherai mon vélo devant le Stade Olympique en direction de Québec. En tout, un périple de plus de 250 kilomètres à parcourir en deux jours pour sensibiliser à la cause, ma cause, celle qui me tient tant à coeur: la recherche contre le cancer. Le 10 juillet justement, mon ami qui avait peur des aiguilles fêterait ses 39 ans si ladite cochonnerie ne l'avait emporté l'an dernier. Son souvenir m'accompagne, je l'entends parfois presque me parler, rire, me soutenir dans mes moments difficiles. Il joue à merveille son rôle d'ange gardien; depuis le 2 septembre 2009, lorsque ses filles et son amoureuse dorment , il m'accorde un peu d'attention.
J'aime croire qu'il se réjouit de l'issue actuelle de mon combat; qu'il savoure mon équilibre renouvelé comme une petite vengeance contre la bibitte. Samedi matin, j'aurai une pensée pour lui. Je partirai en silence avec la tête remplie de souvenirs mais surtout, de son héritage: vivre pleinement chaque jour (je sais, là-dessus, je me répète).L'entraînement semble au point; je devrais finir les deux journées sans trop de problème.
Le moral semble bon; je vis heureuse ce retour à la normale.
Reste plus qu'à me tester!
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Entraînement,
Le grand combat
jeudi 10 juin 2010
Un million de drames humains... et moi, et moi, et moi...
Depuis lundi dernier, à 15 heures, 36 minutes et 43 secondes lorsque je quittai le bureau de la radio-oncologue, je réintègre le monde des vivants survivants. Lentement, sûrement, vivement. Mais, seule comme une grande. Seule comme dans "avec pas de chirurgien, pas d'oncologue, pas de microbiologiste, pas de médecin qui supporte l'oncologue, pas de technologue, pas d'infirmière, pas d’IP, pas de pharmacienne, pas de radio-oncologue, pas de madame qui m’accueille dans tous les départements de l’hôpital". Seule comme dans "je ne sais même pas comment qualifier mon état actuel". En rémission? La médecine ne définit même pas le terme; tabou. Guérie? Pas sûre non plus de la l’utilisation appropriée du mot lorsque relié à la réalité cancer. En voie de guérison? Pourquoi pas?
Très seule donc et très laissée à mes légers moments d'angoisse. Malgré tout, la sensation est grisante, exaltante, je déborde de sourires. Enfin! Neuf mois plus tard, je fais un pudique pied-de-nez à mon destin. Pudique parce que je ne ressens pas le symptôme d'invulnérabilité associé au syndrome du survivant. Au contraire, si je dois retenir et partager une seule leçon de tout mon périple, que ce soit celle-ci:
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JUILLET 2009
Ce grand ami d'enfance, père de deux belles princesses toutes aussi avides de l'amour de leur papa que mes filles peuvent l'être du mien, amoureux aussi, enfin. De loin, je pense bien observer une famille reconstituée dans la tendresse, je pense bien voir un ami qui goûte enfin le bonheur de conjuguer le calme et la passion. De passion, sa vie est empreinte mais, son bonheur paisible que je pense observer me rassure : il me semble la vivre sa relation heureuse.
Cet homme donc, 38 ans, en plein combat contre la maladie, fatigué, épuisé plutôt, à qui on annonce que sa cochonnerie de cancer a migré vers son cerveau. Plus que quelques semaines à vivre. Cela fait pratiquement un an maintenant et les souvenirs se bousculent encore dans ma tête et dans mon cœur. En fait, quelques semaines plus tard, précisément le 23 juillet 2009, nous assistions à ses funérailles. L'écho des sanglots de ses filles résonne toujours à mes oreilles et reviendra me hanter tout l'automne, particulièrement lorsque j'apprendrai mon propre diagnostic.
Il s'est battu. Courageusement. A décrit son combat auquel je réfère souvent. Il me laisse en héritage le goût de vivre pleinement, de célébrer la chance de me lever chaque matin.
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AOÛT 2009
L'été dernier, à la maison, je vivais un conte de fées: je préparais mon déménagement pour revenir dans mon patelin, mes deux Princesses à mes côtés, mon amoureux toujours aussi amoureux. Notre histoire sent bon la fleur bleue.
Pour couronner mon bonheur plus que parfait: un nouvel emploi dans mon patelin, du temps pour mon bonheur tranquille.
Au même moment, je lis sur Facebook les commentaires d'une amie lointaine du secondaire larguée par son conjoint malgré les enfants, malgré le temps et les énergies investis pour bâtir une famille. Elle peine à se relever, elle reçoit un coup dur.
Aujourd'hui, je l'ai revue et elle se porte bien. Grandie. Confiante en la Vie et, surtout, en elle.
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OCTOBRE 2009
Pendant ce temps, des rencontres inattendues dont celle avec un ange du soutien. Elle m'accompagne, notamment, pour me bien regarder une fois les cheveux rasés. Son amie, une Dame de cœur d'une soixante d'années combattait elle-même un cancer l'année précédente.
Une fois de plus, voilà la Dame de cœur re-confrontée à ce même cancer. Cette fois-ci la douleur, la peur aussi, car les médecins avouent leur détresse face à cette récidive. Son courage nourrit le mien et je recherche son regard et son sourire comme tant de signes que le combat en vaut la peine.
Maintenant, sept mois plus tard, les médecins se déclarent vaincus et la voilà face à sa dernière bataille qu’elle mène dignement. La maladie rend réaliste et rapproche de sa propre fatalité. Elle rend plus mature et permet de faire face.
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NOVEMBRE 2009
Un samedi soir, en plein apéro avec un couple d'amis, les enfants qui courent partout, la sonnerie du téléphone. Un coup de massue: le mentor de mon amoureux, celui qui prenait toujours le temps de l'aider pour le rendre meilleur dans son métier, n'est plus. Une peine d'amour et une détresse de l'âme le poussaient à commettre lui-même l'irréparable. Mon amoureux perd alors un bon copain d'une façon inexplicable, incompréhensible.
Chacun ses combats, chacun sa façon d'y faire face.
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DÉCEMBRE 2009
Mon amie, la marraine de ma Petite se pointe chez moi pour m'accompagner à mon quatrième traitement de chimiothérapie. Elle m'annonce alors que le mot cancer s'installe dans sa vie à elle aussi... doucement mais sûrement. Pour la période des Fêtes, elle recevra de son dermatologue le cadeau d'une crème pour le visage... une chimiothérapie pour enrayer un cancer de la peau.
Je pleure ce matin là. Elle est courageuse; elle craint la douleur mais affronte son épreuve avec dignité.
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JANVIER 2010
Mon amie, celle-là même qui comprend plus que quiconque le sens du mot "amitié", enceinte de quelques mois, est frappée par le destin de l'une des pire façon: elle perd son enfant. Elle m'annonce la nouvelle et c'est muette que je la laisse parler, il lui faut couler ce chagrin et je tente bien maladroitement de partager son fardeau. Rien à dire, rien à faire, l'événement est plus grand que nature. Son chagrin, si immense, nous pouvons presque le toucher.
Perdre un enfant s'inscrit dans le désordre des choses, le chaos. Impossible de même imaginer l'événement sous quelque forme que ce soit.
Par la force de ses amitiés, elle s'en sortira. Douloureusement mais elle choisit la vie. Sa vie, celle de ses deux trésors, de son amoureux, la sienne.
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FÉVRIER @ AVRIL 2010: Accalmie? Au cœur de mon propre combat, la Vie a donné un répit autour de moi.
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MAI 2010
Cette belle Diane qui me visite ici régulièrement en ne ménageant pas ses compliments ce qui me ranime le courage et me permet de mieux m'apprécier le talent.
À l'aube du mois de mai, là voilà victime d'un très grave accident de moto qui lui coûtera une jambe. Prudente au possible, elle roulait en peloton avec un groupe tout aussi prudent qu'elle lorsqu'une voiture les frappe de front blessant grièvement quatre motocyclistes, dont elle. L'automobiliste ne peut être tenu responsable: pas en état d'ébriété, ne roulait pas à une vitesse excessive, il s'agit bel et bien d'un accident, d'un moment d'inattention, d'un concours de circonstances des plus malheureux.
Un mois plus tard, elle panse toujours ses blessures, on l'aide à réhabiliter son corps mais, elle doit travailler très fort pour demeurer forte dans l'épreuve. Son âme et son cœur, déchirés par l'épreuve, tentent de maintenir la ligne positive.
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Et moi et moi et moi...
Très seule donc et très laissée à mes légers moments d'angoisse. Malgré tout, la sensation est grisante, exaltante, je déborde de sourires. Enfin! Neuf mois plus tard, je fais un pudique pied-de-nez à mon destin. Pudique parce que je ne ressens pas le symptôme d'invulnérabilité associé au syndrome du survivant. Au contraire, si je dois retenir et partager une seule leçon de tout mon périple, que ce soit celle-ci:
"La Vie, parfois subtilement, parfois plus brutalement, ne cessera d'apporter son lot d'épreuves et de combats; au gré de ceux-ci, le choix d'y grandir."Les défis se succèderont toujours. Sous plusieurs formes. Voici ceux qui ont marqué ma dernière année.
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JUILLET 2009
Ce grand ami d'enfance, père de deux belles princesses toutes aussi avides de l'amour de leur papa que mes filles peuvent l'être du mien, amoureux aussi, enfin. De loin, je pense bien observer une famille reconstituée dans la tendresse, je pense bien voir un ami qui goûte enfin le bonheur de conjuguer le calme et la passion. De passion, sa vie est empreinte mais, son bonheur paisible que je pense observer me rassure : il me semble la vivre sa relation heureuse.
Cet homme donc, 38 ans, en plein combat contre la maladie, fatigué, épuisé plutôt, à qui on annonce que sa cochonnerie de cancer a migré vers son cerveau. Plus que quelques semaines à vivre. Cela fait pratiquement un an maintenant et les souvenirs se bousculent encore dans ma tête et dans mon cœur. En fait, quelques semaines plus tard, précisément le 23 juillet 2009, nous assistions à ses funérailles. L'écho des sanglots de ses filles résonne toujours à mes oreilles et reviendra me hanter tout l'automne, particulièrement lorsque j'apprendrai mon propre diagnostic.
Il s'est battu. Courageusement. A décrit son combat auquel je réfère souvent. Il me laisse en héritage le goût de vivre pleinement, de célébrer la chance de me lever chaque matin.
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AOÛT 2009
L'été dernier, à la maison, je vivais un conte de fées: je préparais mon déménagement pour revenir dans mon patelin, mes deux Princesses à mes côtés, mon amoureux toujours aussi amoureux. Notre histoire sent bon la fleur bleue.
Pour couronner mon bonheur plus que parfait: un nouvel emploi dans mon patelin, du temps pour mon bonheur tranquille.
Au même moment, je lis sur Facebook les commentaires d'une amie lointaine du secondaire larguée par son conjoint malgré les enfants, malgré le temps et les énergies investis pour bâtir une famille. Elle peine à se relever, elle reçoit un coup dur.
Aujourd'hui, je l'ai revue et elle se porte bien. Grandie. Confiante en la Vie et, surtout, en elle.
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OCTOBRE 2009
Pendant ce temps, des rencontres inattendues dont celle avec un ange du soutien. Elle m'accompagne, notamment, pour me bien regarder une fois les cheveux rasés. Son amie, une Dame de cœur d'une soixante d'années combattait elle-même un cancer l'année précédente.
Une fois de plus, voilà la Dame de cœur re-confrontée à ce même cancer. Cette fois-ci la douleur, la peur aussi, car les médecins avouent leur détresse face à cette récidive. Son courage nourrit le mien et je recherche son regard et son sourire comme tant de signes que le combat en vaut la peine.
Maintenant, sept mois plus tard, les médecins se déclarent vaincus et la voilà face à sa dernière bataille qu’elle mène dignement. La maladie rend réaliste et rapproche de sa propre fatalité. Elle rend plus mature et permet de faire face.
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NOVEMBRE 2009
Un samedi soir, en plein apéro avec un couple d'amis, les enfants qui courent partout, la sonnerie du téléphone. Un coup de massue: le mentor de mon amoureux, celui qui prenait toujours le temps de l'aider pour le rendre meilleur dans son métier, n'est plus. Une peine d'amour et une détresse de l'âme le poussaient à commettre lui-même l'irréparable. Mon amoureux perd alors un bon copain d'une façon inexplicable, incompréhensible.
Chacun ses combats, chacun sa façon d'y faire face.
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DÉCEMBRE 2009
Mon amie, la marraine de ma Petite se pointe chez moi pour m'accompagner à mon quatrième traitement de chimiothérapie. Elle m'annonce alors que le mot cancer s'installe dans sa vie à elle aussi... doucement mais sûrement. Pour la période des Fêtes, elle recevra de son dermatologue le cadeau d'une crème pour le visage... une chimiothérapie pour enrayer un cancer de la peau.
Je pleure ce matin là. Elle est courageuse; elle craint la douleur mais affronte son épreuve avec dignité.
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JANVIER 2010
Mon amie, celle-là même qui comprend plus que quiconque le sens du mot "amitié", enceinte de quelques mois, est frappée par le destin de l'une des pire façon: elle perd son enfant. Elle m'annonce la nouvelle et c'est muette que je la laisse parler, il lui faut couler ce chagrin et je tente bien maladroitement de partager son fardeau. Rien à dire, rien à faire, l'événement est plus grand que nature. Son chagrin, si immense, nous pouvons presque le toucher.
Perdre un enfant s'inscrit dans le désordre des choses, le chaos. Impossible de même imaginer l'événement sous quelque forme que ce soit.
Par la force de ses amitiés, elle s'en sortira. Douloureusement mais elle choisit la vie. Sa vie, celle de ses deux trésors, de son amoureux, la sienne.
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FÉVRIER @ AVRIL 2010: Accalmie? Au cœur de mon propre combat, la Vie a donné un répit autour de moi.
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MAI 2010
Cette belle Diane qui me visite ici régulièrement en ne ménageant pas ses compliments ce qui me ranime le courage et me permet de mieux m'apprécier le talent.
À l'aube du mois de mai, là voilà victime d'un très grave accident de moto qui lui coûtera une jambe. Prudente au possible, elle roulait en peloton avec un groupe tout aussi prudent qu'elle lorsqu'une voiture les frappe de front blessant grièvement quatre motocyclistes, dont elle. L'automobiliste ne peut être tenu responsable: pas en état d'ébriété, ne roulait pas à une vitesse excessive, il s'agit bel et bien d'un accident, d'un moment d'inattention, d'un concours de circonstances des plus malheureux.
Un mois plus tard, elle panse toujours ses blessures, on l'aide à réhabiliter son corps mais, elle doit travailler très fort pour demeurer forte dans l'épreuve. Son âme et son cœur, déchirés par l'épreuve, tentent de maintenir la ligne positive.
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Et moi et moi et moi...
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Le grand combat
jeudi 27 mai 2010
La cardiothérapie...
Cardio comme dans "coeur"... Cette cochonnerie de maladie me restaure le coeur. À la bonne place. Ce coeur-là que j'oubliais presque de consulter pour mes grandes décisions. Ce coeur-là que je prenais pour acquis et qui se défilait trop souvent. Ce coeur qui semblait vouloir s'endurcir.
Mon petit coeur bien en santé reprend enfin toute sa place au centre de ma vie. J'aime sans détour. Au beau milieu d'une conversation, je peux manifester à une amie toute l'admiration, toute l'empathie que je ressens pour elle. Aussi spontanément, je me surprends à regarder intensément ma Grande jusqu'à ce qu'elle pose son regard de princesse sur moi et que je ne puisse que répliquer Je t'aime... doucement mais sûrement. Je vis mes émotions plus intensément et j'apprécie cette victoire sur ma vie d'avant qui me consumait les sentiments.
Mon petit coeur bien en santé reprend enfin toute sa place au centre de ma vie. J'aime sans détour. Au beau milieu d'une conversation, je peux manifester à une amie toute l'admiration, toute l'empathie que je ressens pour elle. Aussi spontanément, je me surprends à regarder intensément ma Grande jusqu'à ce qu'elle pose son regard de princesse sur moi et que je ne puisse que répliquer Je t'aime... doucement mais sûrement. Je vis mes émotions plus intensément et j'apprécie cette victoire sur ma vie d'avant qui me consumait les sentiments.
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Le grand combat
samedi 22 mai 2010
La radiothérapie
Me voici donc de retour, enfin. En pleine forme. À deux semaines de la fin de mes traitements.
En résumé..
Enfin.
En raison de la présentation initiale de ma tumeur au sein et de l'atteinte ganglionnaire précédemment à la chimio, elle propose vingt-cinq traitements au sein, à l'aisselle et à la clavicule (où se trouvent d'autres ganglions), plus cinq électrons à la cicatrice du sein. En clair, comme elle constate mon niveau d'énergie, mon jeune âge, l'absence de tout symptôme, elle propose la "totale". Soit. Le constat m'inquiète un peu puisque je sens que la maladie, initialement, prenait du terrain. Mais, je dois rester du côté des non-malades et continuer de me réjouir des bonnes nouvelles qui pleuvent sur moi dernièrement.
En quoi consiste la procédure aujourd'hui? Tout d'abord, elles moulent un coussin de silicone dans lequel je repose ma tête, tournée sur le côté droit et y insère mes bras de chaque côté de ma tête. Ensuite, elles collent des trucs blancs sur huit points de mon corps et elles procèdent au scan. Enfin, mais non la moindre procédure, elles me tatouent huit petits points aux mêmes endroits où étaient collés les trucs blancs initialement. De VRAIS tatouages, à l'aiguille. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Fini.
Le soir, je montre les tout petits tatouages à ma Grande en lui disant qu'on m'a dessiné de toutes petites étoiles, une pour elle, une pour sa petite soeur, une pour son papa, etc. Elle me dit que quand je ne suis pas là, elle pense à moi très fort dans son petit coeur et ça lui fait du bien. Quelle maturité elle affiche ma Grande de quatre ans. Je l'aime.
Le mercredi 21 avril: Le CHUM m'appelle, on procèdera au marquage vendredi après-midi.
Le vendredi 23 avril: Étendue sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, les seins trop à nu, la tête et les bras dans mon moule, la dernière étape de mon triathlon pour vaincre le cancer s'amorce. Les techniciennes très sympathiques me marquent, pas au fer rouge mais bien à la peinture... toute aussi rouge. Au bout d'une trentaine de minutes, je quitte la salle J et me rend à la salle de déshabillage troquer ma belle jaquette bleue pour mes vêtements. Là, dans le miroir, j'aperçois mes marques qui montent assez haut dans le décolleté... Assez haut pour que la marque soit visible une fois rhabillée. Je décide alors de ne pas cacher ces marques, le beau temps s'amène et je ne porterai pas des cols roulés en mai. No way.
Je décide que la partie visible représente un mot chinois signifiant "espoir".
Du 26 avril au 21 mai: Tous les jours de la semaine, je me présente à la salle J, G ou H vêtue d'une jaquette bleue que je retire en m'étendant sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, etc. Sauf qu'après quatre semaines de cette routine, me déshabiller devant tout le monde ne m'intimide même plus. Le traitement dure environ une quinzaine de minutes dont une dizaine pour bien m'installer en alignant les tatouages et les marquages. La machine semble tout droit sortie du film Odyssey 2001 et elle se déplace autour de moi pour me lancer ses rayons radioactifs... biiip pendant quinze secondes, déplacement, biiiiiip un autre trente-six secondes de rayons, déplacement, biiiiiiiiiip un autre quarante-cinq secondes, dernier déplacement, biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip pour un dernier assaut de quarante secondes. Pour me détendre, je compte les secondes des assauts parce que lors des deux, trois premiers traitements, le biiip me stressait, m'agressait les oreilles, déclenchait un petit élan de panique en moi. Mon réflexe fut donc de compter les secondes pour me relaxer.
Maintenant, je les compte les secondes pour rester concentrée et calme. Allez, attaquons-les ces potentielles cellules rebelles qui pourraient vouloir squatter mon sein, mon aisselle, ma sous-clavicule. Bye, bye, petites cochonneries... out! Les lundis, une amie m'accompagne et les autres jours, mon papa se tape le voyage avec moi. Une heure aller, une heure retour, des conversations inattendues. Vive le huis-clos d'une voiture pour souder des amitiés.
Pour l'instant, je ne ressens AUCUN effet secondaire outre une légère rougeur sur la peau de mon sein. Je me réjouis et attends impatiemment la fin des traitements prévue pour le 7 juin. Dés le 31 mai, mes vingt-cinq traitements seront terminés... il ne restera que les cinq électrons à la cicatrice du sein. Ça avance... ça achève. Plus qu'une semaine de traitements, enfin. Plus qu'une semaine d'électrons, enfin.
En résumé..
Le mardi 30 mars: Depuis mon rendez-vous du 23 mars avec Onco, je reste sans nouvelle du CHUM où je recevrai mes traitements de radiothérapie. L'impuissance de l'attente me rend impatiente: vivement une date de début et, surtout, une date de fin pour les traitements de radiothérapie, je veux recommencer à travailler, je veux réintégrer ma vie d'avant, je veux ne plus aller à l'hosto, je veux tourner la page. La patiente sans nouvelles et stressée se tourne vers les ressources à sa disposition... que fait-elle? Bravo, oui, elle communique avec l'IP. Ne tenant plus en place, je décide d'aller trotter et vers la mi-journée, je vérifie mes messages téléphoniques: 1) l'IP me rassure, les requêtes bel et bien acheminées au CHUM, la centrale de rendez-vous devrait communiquer avec moi très bientôt et 2) le CHUM!!! mon premier rendez-vous consistant à une rencontre avec la radio-oncologue aura lieu le mercredi 7 avril.
Enfin.
Le mercredi 7 avril: Je me rends à ce premier rendez-vous accompagnée d'un fidèle ami, le Parrain de ma Grande. On prend le temps d'aller luncher au restau, de marcher et de reconnaître les environs du pavillon de radio-onco. Docteur TPMP ("Toute petite mais parfaite") me reçoit avec dix minutes de retard. Que dis-je?dans le monde de la médecine et plus précisément dans celui de l'oncologie, un tout petit dix minutes ne correspond pas à un "retard". Elle me reçoit donc à l'heure déterminée. J'adore quand le médecin connaît déjà mon dossier. La voilà donc qui résume ma situation en quelques minutes: je suis jeune (merci), la chimio fut un succès (hourra!), la chirurgie bien guérie, docteur TPMP ne voit pas de raison d'attendre et les traitements pourraient commencer dans les deux, trois prochaines semaines. Bonne nouvelle.
Je rencontre ensuite l'IPRO (l'Infirmière pivot de radio-oncologie) qui m'explique que je dois maintenant attendre leur appel pour le prochain rendez-vous qui consistera en un scan pré-marquage, elle ne peut me donner de date, même pas une idée. (?)
Le mardi 13 avril: Le CHUM appelle pour me donner mon rendez-vous jeudi maitn pour le scan pré-marquage.
Le jeudi 15 avril: Dès mon entrée dans la salle du scan, les techniciennes me disent de me laisser faire, de ne pas bouger, elles me déplaceront pour m'installer correctement. Couchée sur le dos sur une table trop étroite, dans une salle trop froide, les seins trop à nu, je laisse les techniciennes travailler et mon esprit vagabonde. Que de chemin parcouru depuis ma visite en clinique de radiologie le deux septembre 2009, que de médecins, d'infirmières, de techniciens, de traitements, de rencontres, d'apprentissages douloureux. Que de découvertes, d'introspection, d'amitiés grandies, aussi.
"Pour le prochain rendez-vous, on vous appelle". Un peu surprise mais surtout déçue car je pensais qu'ils me marqueraient et que mes traitements débuteraient la semaine prochaine, je quitte la salle. Je croise l'IPRO et lui parle de mon inquiétude car la radiothérapie débutera après les huit semaines recommandées entre la chirurgie et la radiothérapie. Elle ne me rassure pas vraiment et je sens que je la bouscule... je m'ennuie de mon IP, celle qui savait me trouver la bonne ressource pour pallier à mon besoin de savoir, pour calmer mes inquiétudes...
Le soir, je montre les tout petits tatouages à ma Grande en lui disant qu'on m'a dessiné de toutes petites étoiles, une pour elle, une pour sa petite soeur, une pour son papa, etc. Elle me dit que quand je ne suis pas là, elle pense à moi très fort dans son petit coeur et ça lui fait du bien. Quelle maturité elle affiche ma Grande de quatre ans. Je l'aime.
Le mercredi 21 avril: Le CHUM m'appelle, on procèdera au marquage vendredi après-midi.
Le vendredi 23 avril: Étendue sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, les seins trop à nu, la tête et les bras dans mon moule, la dernière étape de mon triathlon pour vaincre le cancer s'amorce. Les techniciennes très sympathiques me marquent, pas au fer rouge mais bien à la peinture... toute aussi rouge. Au bout d'une trentaine de minutes, je quitte la salle J et me rend à la salle de déshabillage troquer ma belle jaquette bleue pour mes vêtements. Là, dans le miroir, j'aperçois mes marques qui montent assez haut dans le décolleté... Assez haut pour que la marque soit visible une fois rhabillée. Je décide alors de ne pas cacher ces marques, le beau temps s'amène et je ne porterai pas des cols roulés en mai. No way.
Je décide que la partie visible représente un mot chinois signifiant "espoir".
Du 26 avril au 21 mai: Tous les jours de la semaine, je me présente à la salle J, G ou H vêtue d'une jaquette bleue que je retire en m'étendant sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, etc. Sauf qu'après quatre semaines de cette routine, me déshabiller devant tout le monde ne m'intimide même plus. Le traitement dure environ une quinzaine de minutes dont une dizaine pour bien m'installer en alignant les tatouages et les marquages. La machine semble tout droit sortie du film Odyssey 2001 et elle se déplace autour de moi pour me lancer ses rayons radioactifs... biiip pendant quinze secondes, déplacement, biiiiiip un autre trente-six secondes de rayons, déplacement, biiiiiiiiiip un autre quarante-cinq secondes, dernier déplacement, biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip pour un dernier assaut de quarante secondes. Pour me détendre, je compte les secondes des assauts parce que lors des deux, trois premiers traitements, le biiip me stressait, m'agressait les oreilles, déclenchait un petit élan de panique en moi. Mon réflexe fut donc de compter les secondes pour me relaxer.
Maintenant, je les compte les secondes pour rester concentrée et calme. Allez, attaquons-les ces potentielles cellules rebelles qui pourraient vouloir squatter mon sein, mon aisselle, ma sous-clavicule. Bye, bye, petites cochonneries... out! Les lundis, une amie m'accompagne et les autres jours, mon papa se tape le voyage avec moi. Une heure aller, une heure retour, des conversations inattendues. Vive le huis-clos d'une voiture pour souder des amitiés.
Pour l'instant, je ne ressens AUCUN effet secondaire outre une légère rougeur sur la peau de mon sein. Je me réjouis et attends impatiemment la fin des traitements prévue pour le 7 juin. Dés le 31 mai, mes vingt-cinq traitements seront terminés... il ne restera que les cinq électrons à la cicatrice du sein. Ça avance... ça achève. Plus qu'une semaine de traitements, enfin. Plus qu'une semaine d'électrons, enfin.
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Le grand combat
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