lundi 26 septembre 2011

Premier demi: c'est fait!!!

J'ai souffert: chaleur, humidité, montées, faux plats, pentes, côtes. Ces dernières, je ne m'y attendais pas, je n'y étais pas préparée (surtout). Aussi, j'ai été complètement déconcentrée par les "tombés"; épuisés, ils tombent et les secouristes les secourent. Un coureur s'est d'ailleurs écroulé dans la boîte pour déposer les verres vides à un point de ravitaillement. Évanoui. Puis, à 1 km de l'arrivée, un gaillard "tombé"; l'ambulance stationnée pratiquement dans le parcours, pas un mais quatre secouristes autour de lui, il ne gémissait pas, ne se tenait pas la tête comme les autres. Il gisait. Vraiment dans ma bulle de souffrance, concentrée pour finir (enfin!), j'ai continuer de courir... égoïste. Dans ce moment-là, malgré la foule, il n'y avait plus que moi de toute façon.

Justement: ma course à moi...

Mes 5 premiers kilomètres, tout baigne, je vois pratiquement mon temps espéré de 2h15 clignoter en lumières multicolores devant mes yeux. Puis, voilà la montée Berri. Ouf! Mon pas ralentit, les 3 kilomètres suivants se rythment à un début de souffrance tolérable. Reprenant du mieux sur le boulevard St-Joseph dans mon 8e, je commence à les apercevoir: des "tombés". Partout. Ils tombent, accablés par la chaleur et l'humidité. Ils tombent, épuisés d'avoir poussé (peut-être) plus que leur entraînement ne le leur permettait. Cette petite voix qui commence à me parler: "ton entraînement n'était pas adéquat; pas suffisant, pas assez intense"... Vers le 10e, 11e, il y a un genre de "blackout"; pas tombée physiquement mais perdue quelque part dans mes pensées, dans mon "mental". De cette portion de la course, je garde un (très) vague souvenir... Donc, je marche pendant environ 30 secondes, (ou est-ce plutôt 1 minute?), j'en profite pour me ravitailler: un sachet de gel et de l'eau. Mon rythme est cassé, ma concentration est cassée. Je suis cassée. Brisée. Ça fait tellement mal. Partout. Jusque dans les tripes. F*** le temps! je ne ferai même pas 2h30 à ce rythme de souffrance là.
J'adopte un rythme d'entraînement. Je trotte. Les bénévoles brandissent des drapeaux rouges "Ne pas tenter de records personnels", les conditions météo ne le permettent pas. T'inquiète, je ne me vois même pas arriver au fil d'arrivée. Vers le 13e ou 14e sur De Lorimier, je retiens mes larmes. Dans mon esprit c'est clair, si je vois mon homme, je pleure comme un enfant et je m'en vais! Le 15e.... Je ne sais plus comment compter; en kilomètre? en bloc de 3 kilomètres? en pas?! Soit je suis dans le dernier 1/3 de la course, soit j'en ai complété le 5/7, combien de pas au kilomètre, il me reste combien de pas? Je ne sais plus sur qui compter. Sur moi, sur moi, sur moi. Ma promenade au pas de "trotte" me permet de me ressaisir. Vers le 16e, sur Rachel, je suis toute là; à 5km de l'arrivée, mon mental reprend ses droits. Ma folie pure des 5 derniers kilomètres cède la place à mon "oumf". Go, go, go! Puis, je tourne à gauche et je la vois: la montée sur Pie-IX, à perte de vue on dirait, je ne vois pas le fil des coureurs tourner à droite sur Rosemont. Paf! le coup de poing dans le front. Là, je n'ai pas ralenti, j'ai marché. Déçue, résignée à laisser partir mon temps révisé de 2h30. Tant pis.

Arrivée sur rosemont, en haut de la montée, une dame crie "c'est fini les côtes, ça descend jusqu'à l'arrivée"!!!! Je l'embrasserais. Une, deux, une, deux, je repars sans réfléchir, je ne sens plus vraiment mes jambes. Il me reste alors 3 kilomètres. Je vois au loin un feu de circulation... est-ce Viau? ne pas y penser... si ce n'est pas Viau, je vais capoter. Une, deux, une, deux, c'est Viau!!!! je tourne à droite, il ne me reste  plus qu'à descendre sur Sherbrooke et c'est pratiquement fini. Une dame crie "il en reste juste deux"... dans ma tête, je lui réponds "juste deux? juste deux? heille chose, je viens d'en courir 19 en puisant dans toutes mes réserves physiques et mentales, tu le veux où mon poing????". Je me suis alors imaginé les marathoniens qui en étaient eux à 40... oh là là! C'est bien parce qu'on est épuisé sinon, je suis sûre qu'il y aurait de la bataille!!!

En passant, la meilleure pancarte d'encouragement de la journée: "Run like you stole something"... j'ai bien rigolé (oui, oui, je vous jure).

La voilà: la borne du 20e. Il en reste 1... non plutôt 1,1... J'aperçois le "tombé" du dernier kilomètre... Je cours, je cours, je tourne à droite sur Sherbrooke. Elle est où l'entrée pour le parc Maisonneuve??? Voilà la borne du 26 miles... ce n'est pas 26 miles un marathon? pourtant, j'en étais si sûre... mais non, un marathon c'est 26 miles et 385 verges. Je cours, je cours. Voilà la borne du 42e kilomètre du marathon... il reste 195 mètres... voilà la borne du 21e kilomètre du demi, il reste 100 mètres. Je vois l'arche... Je mets le pied sur le tapis. Je m'effondrerais.... j'arrête ma Garmin: 2h30!!!!!! comment j'ai fait ça, je ne sais pas...

Comme un zombie, je marche, un homme dépose une médaille dans ma main, une dame me remet un sac avec des rafraîchissements. Je veux m'effondrer. Je ne peux pas, je cherche mon homme. Ne pas pleurer.

Quelques heures plus tard, j'apprends qu'un coureur est décédé. 32 ans, à quelques mètres de l'arrivée... Et si c'était lui? Mais non, plus tard je comprends que le gars était un "vrai" athlète, il serait rentré en 1h30.

24 heures plus tard, je me rends à l'évidence: mon propre entraînement était insuffisant et non adapté. Loin de vouloir abandonner, je me fixe de nouveaux objectifs. Je continue : mieux et plus assidûment. Malgré tout, j'ai adoré l'expérience. Les coureurs sont un peu fous... je commence à le croire..!

lundi 5 septembre 2011

2 septembre: 2 ans.

Ces anniversaires-là passent très dur: étrange mix de nostalgie, de soulagement, de craintes renouvelées. Cette année, l'anniversaire se nomme "deux tiers"... deux années sur trois avant de pouvoir dire que mon "triple négatif" devient un "Big C" ordinaire... comme si le "Big C" pouvait se qualifier d'ordinaire... Question de perspective j'imagine...

Hier, grosse fête à la maison pour l'anniversaire des princesses; avec la famille, je célèbre la Vie et les gens que j'aime avec les gens que j'aime.

Pour me rendre heureuse. Je veux dire parfaitement heureuse, je voudrais que tout mon monde apprécie les plaisirs simples et cessent de chercher le grand frisson qui est là, juste là.


lundi 15 août 2011

Long run en fin de semaine: 16km

Eh oui! à 40 jours de l'événement, les papillons s'emparent de moi. Les questions m'assaillent, ennemies jurées de la pseudo-athlète (sic!) qui tente de franchir un jalon. Ne jamais se questionner: foncer. Mais bon, reste que je dois admettre que ce défi, la seule personne qui en saisit toute l'intensité, toute l'importance, tous les efforts nécessaires écrit présentement ces quelques lignes... Nulle autre que moi-même à convaincre de mes capacités. Moi, moi seule contre le chrono. Point.

À date, je vais bien. L'entraînement se passe bien, hormis quelques dérogations à mon programme. Certains jours de course, je me claque des "rides" de vélo avec ma gang. Excellent pour le cardio parce que je roule avec des "crinqués" mais pas nécessairement pour le "millage" de course. À date, seuls les speedworks et les "long run" demeurent sacrés. Quitte à les faire le lendemain du jour prévu. Je m'améliore; je deviens une Tortue endurante et constante.

Pour le reste, ma vie va bien... je recommence à travailler mercredi après des vacances reposantes avec mes Amours. L'école recommence dans deux semaines, la routine automnale approche... Bientôt deux ans "out of f***ing cancer"...






jeudi 28 juillet 2011

Les choses sérieuses

!!!

Enfin! je le prépare ce demi-marathon. Ben c'est du sérieux ça, non? Déjà 6 semaines de mon plan d'entraînement de complétées. Petite tortue va loin. En hommage, oui, oui, à ma lenteur, je me suis baptisée "La Tortue"; mes statuts FB en sont remplis!

Ce matin, en entraînement "relax", 10km... j'adore voir l'évolution: un mois plus tôt, ma course "longue" était de 9k... 9k "long run" début juillet - 10k "tempo run" le 28 juillet: même temps!!! Pas encore rapide, je m'améliore de semaine en semaine mais surtout je revis le plaisir de courir. Ma vie reprend ses droits et chaque pas me ramène à l'essentiel: vivre, sourire, en profiter. Simplement.



25 septembre 2011,à 10h30, la tortue prendra le départ du demi-marathon de Montréal sur le Pont Jacques-Cartier.

8 mois... je reviens.

Mon dernier billet date de 8 mois. Rien de dramatique à mon actif pour 2011: que du bonheur, en rafale:

- Ma Grande a terminé son année de maternelle avec succès (!) et ma Petite devient une grande fille.
- L'hiver, on skie en famille et avec tout plein d'amis super.
- L'été, l'Homme et moi on roule en amoureux et avec plein d'amis super. Deux belles nouvelles montures; les kilomètres de vélo s'accumulent au gré des chaudes journées et d'un bonheur partagé.
- Cette dernière année, nous multiplions les nouvelles amitiés.
- Les invitations fusent et je renoue avec le plaisir d'inviter et popoter pour toute une gang.
- Les conversations vont bon train dans notre chaumière sympathiquement rebaptisée le "Manoir" par un de ces amis.
- Après 1 an de retour à la normale, la situation financière se porte (enfin) bien.

La vie est belle.

Et ma santé? Au gré des contrôles, le stress va et vient. Dernières rencontres en juin dernier, Oncologue se plaît à ne pas comprendre pourquoi les contrôles me stressent (!). "Tout va bien" qu'il me dit... Son assurance ne suffit pas à calmer mes multiples inquiétudes; ce mal de ventre..? ce mal de tête...? ce poing dans le dos...? Chaque petit bobo se traduit en une nouvelle source de souvenirs et de peurs.

Elle est si belle la vie.