Semaine du 25 janvier
Le lundi matin 25 janvier, l'Homme et moi nous rendions à l'hosto pour rencontrer Dr. P., le chirurgien rencontré le 4 septembre dernier pour ma première biopsie. C'était alors mon entrée dans le merveilleux monde de la santé. Mon ironie ne réfère aucunement à la qualité des soins ou encore moins à la compétence du personnel; à ce chapitre, je dois souligner que je vis une expérience fort positive. Non, mon ironie tient plutôt de l'aversion naturelle propre à l'être humain pour tout ce qui boite, tremble, s'affaiblit, pour la madie quoi.
Cinq mois depuis ma dernière rencontre avec Dr. P., aussi bien dire une éternité dans ma lecture actuelle du temps qui passe. Mes souvenirs de cette biopsie afffuent pourtant bien précisément: chaque mot échangé, chaque geste, chaque regard d'espoir. Car, à ce moment-là, l'espoir ou du moins une petite étincelle de celle-ci, se nichait toujours quelque part entre ma tête et mon coeur. Tout ça pouvait encore mener à un diagnostic de kyste, de fibrome, d'adénome non cancéreux, de glande mammaire surexcitée, de mastite. D'ailleurs, je dois maintenant avouer que ma tête habituellement froide ou, du moins, réaliste m'a fait faux bond: je croyais encore, même après l'annonce de ce cancer à une erreur sur la biopsie. Du 11 septembre, date du diagnostic, jusqu'à la mi-octobre, quelques semaines après ma première chimio (oui, oui, APRÈS), j'attendais sottement et secrètement l'appel de l'IP qui m'annoncerait que tout ça était une erreur du labo et que je souffrais finalement d'un petit mal bien bénin. Dans mes rêves les plus fous, je riais de m'être rasé le crâne pour "rien" et toute l'aventure finissait là.
J'en profite pour vous raconter l'annonce de ce cancer, trouvez-vous une doudou pour vous couvrir parce que la froideur de l'anecdote peut causer, chez certaines personnes, la chair de poule. Cette anecdote justifie à elle seule mon attittude insistante pour que ce soit le Dr. P. qui m'opère. Le 11 septembre 2009, j'attends avec l'Homme dans la salle d'examen depuis bientôt trente minutes, l'espoir scintille encore dans nos coeurs. L'espoir puisque, selon Dr. P., qui avait pratiqué la biopsie la semaine précédente, le cancer ne semblait plus une certitude. Lors de la biopsie, Dr. P. ayant découvert avec surprise une composante kystique dans ma "tumeur" espérait autant que nous qu'il ne s'agisse que d'un kyste ou d'une infection. Son réel soulagement face à cette possibilité nouvelle me le fit aimer instantanément. Un chirurgien authentiquement chaleureux, ça ne court pas les rues. Pendant une semaine, nous avions donc l'espoir bien accroché que le mot cancer n'entre pas dans notre vie. Au bout d'une demi-heure, c'est plutôt Dr. Sans Regard qui entre dans la salle d'examen. Il me voit à peine et entreprend de se laver les mains. Tout en se lavant les mains (les adeptes du catéchisme, ça rappelle une certaine anecdote, non?), il me dit sans aucune intonation: "selon le rapport préliminaire du laboratoire, tout indique que les cellules sont cancéreuses, je remplis les documents et vous réfère immédiatement en oncologie", il s'essuie les mains et quitte la salle sans même un regard sur moi, la sale patiente atteinte de cette sale maladie. L'Homme et moi sommes cloués sur place. L'espoir anéanti.
Le harpon
Le 25 janvier dernier donc, je fais l'éducation de Dr. P. sur mon cas. Cinq mois plus tard, cinq traitements de chimiothérapie plus tard, je ne trouve plus la masse. Voilà l'essentiel, non? Il écoute bien mon histoire et entreprend l'examen pour trouver une masse palpable. Il confirme mon diagnostic et je tente de le convaincre qu'il reste "une petite affaire". Non, rien, il réprime un rire... pendant que je souris, soulagée. Voilà l'essentiel, non?
Oui mais... Pour repérer et localiser la masse restante, s'il en est, Dr. P. suggère une procédure préopératoire : l'installation d'un harpon. Le radiologue de l'hôpital de mon patelin ne pratique pas cette intervention ce qui implique un aller retour à un hôpital situé à environ une heure de route le matin même de la chirurgie. L'Homme et moi expliquons à Dr. P. qu'avant notre déménagement de l'été dernier, nos deux princesses sont nées à cet hôpital dont nous apprécions les médecins et services. Aussi, la balade en voiture ne constitue pas un obstacle pour nous. Nous optons donc, en équipe, pour cette procédure.
Soit.
La quadrantectomie
Malgré le succès de la chimiothérapie, malgré le harpon, malgré mon sein que j'aime, la chirurgie pratiquée sera une quadrantectomie, ablation d'un quadrant du sein. En gros, un quadrant équivaut à un quart du sein. Quoi rajouter? Que ce ne sera pas esthétiquement l'idéal? On le sait.
La dernière chose souhaitée serait de mettre de la pression sur Dr. P. mais, je me le dois bien, j'aborde le sujet de la potentielle chirurgie esthétique post quadrantectomie. En médecine, point d'assurance, point de certitude mais, de façon générale, il m'explique que (1) la chirurgie esthétique demeure une possibilité et (2) souvent, les liquides et tissus prennent la place restée vacante suite à la chirurgie ce qui limite le dommage esthétique.
Soit.
La radiothérapie
Selon Dr.P., il faut attendre environ trois mois avant la radiothérapie. Trois mois. Les traitements ne pourraient donc commencer avant la mi-mai pour se terminer vers la fin du mois de juin. Optimistement, j'estimais la période d'attente à environ un mois. Deux mois de plus pour me reposer et permettre la guérison des tissus de mon sein.
De plus, si le rapport de pathologie démontre toujours une ambiguïté quant à la présence de cellules cancéreuses, je subirai une deuxième ronde de chimiothérapie. Outre le fait que mes cheveux retomberaient, je m'encourage avec le fait que, de toutes façons, je devais attendre pour la radiothérapie. Rendue là, pourquoi ne pas faire une p'tite chimiothérapie? Tant qu'à ne rien faire en attendant...
Mon agenda
Dr. P. remplit donc sa paperasse à l'attention du bloc opératoire qui communiquera avec moi. Mercis, à bientôt! Il me promet de m'opérer plus tôt que plus tard et je clarifie qu'il m'opère... pas question que Dr. Sans Regard ne me touche, Dr. P. sait lire entre les lignes je pense...
J'attends donc l'appel du bloc, deux jours passent puis, l'infirmière me confirme ma chirurgie pour le 11 février. Il me reste alors deux semaines à profiter de la vie: repos, spinning, souper entre amis, jouer aux Playmobil, à la poupée, lire des histoires, aimer. Puisque le dernier traitement de chimio remonte au 21 décembre, je suis libre d'effets secondaires. Outre les bouffées de chaleur de moins en moins fréquentes, je reprends possession de mon corps; pas de nausée, pas de fatigue excessive, l'énergie revient, je me sens bien. Très bien.
Et mes cheveux repoussent! À vue d'oeil. De semaine en semaine, on voit la différence.
Le 11 février, je dois donc faire une heure de route et me présenter à l'hôpital "hors-patelin" à 8h00 am pour l'installation du harpon puis, refaire une heure de route pour revenir dans mon patelin. Passer à la clinique de radiologie pour une mammographie puis à l'admission de l'hôpital pour confirmer que j'ai de l'assurance médicaments et enfin, en chirurgie d'un jour pour attendre ma chirurgie et ensuite, je dormirai profondément ... et me trouverai enfin en salle de réveil. En quelques lignes, je résume une journée fort mouvementée. Vivement mon congé et le retour à la maison!!!
Semaine du 8 février
Le stress préopératoire
Le mardi soir 9 février, je passe la journée chez ma mère avec ma Grande. À mon retour, je constate "Clinique de radiologie" sur l'afficheur de mon téléphone. Pas de message mais, je choisis de composer le numéro et il s'avère que le radiologue veut absolument me parler. (?)
Il tient à préciser qu'il est possible que l'hôpital n'arrive pas à m'installer de harpon s'il ne reste plus de masse. D'accord: Dr. P. et moi connaissons déjà cette possibilité.
Au passage, il écorche le radiologue de l'hôpital qui "aurait dû, lors de la biopsie sous échographie, installer un marqueur dans le site de ma tumeur". Il écorche également indirectement Dr. P. et Oncologue en indiquant "qu'ils auraient dû proposer une biopsie de mes ganglions dont un présentait assurément une métastase".
Il m'explique ensuite que la chirurgie doit nécessairement être une quadrantectomie "plus que moins". Là, je dois avouer qu'il me surprend un peu. Bien que je ne conteste pas la nature de la chirurgie, je m'inquiète de ses inquiétudes...
Il me confirme ensuite que ces éléments furent l'objet d'une discussion entre Dr. P. et lui.
Quelle discussion bizarroïde...
Que fait la patiente en oncologie lorsqu'elle capote? Elle appelle l'IP, bien sûr. Fidèle à son habitude, elle prend le temps de m'écouter et elle comprend la situation et déplore que le radiologue m'ait ainsi appelée pour "me mêler"... Afin de me rassurer, elle communiquera avec Dr. P.
Ce matin, 10 février, elle me confirme que Dr. P. m'appellera en fin de journée. Je lui exprime mon inquiétude de passer pour la patient fatiguante... Non, pas du tout, la patiente pose des questions fort pertinentes et il est bon de les adresser.
JE SUIS OPÉRÉE DEMAIN - DE RETOUR LA SEMAINE PROCHAINE
mercredi 10 février 2010
lundi 8 février 2010
Mon combat, votre combat, leur combat
Les 10 et 11 juillet prochains, je participerai au Cyclo-Défi pour Vaincre le cancer. Un périple à vélo entre Montréal et Québec qui mettra à profit mon besoin de défi et mon amour du vélo. Mais aussi, et surtout, un défi de générosité à relever en équipe, mon équipe, vous, moi pour amasser des fonds pour financer des projets de recherche innovateurs. Je crois toujours fermement que la recherche est la planche de salut pour arriver à vaincre le cancer de façon efficace.
Mon objectif est d'amasser 2 500 $. Le montant est grand mais le défi ultime de Vaincre le cancer est encore plus énorme et nécessite la participation du plus grand nombre de coeurs.
Lien: FAITES PARTIE DE MON ÉQUIPE DE GÉNÉROSITÉ. Mercis chers amis, ma famille... et mes lecteurs inconnus!
Pour m'encourager, il faut cliquer sur le lien ci-dessus et effectuer un don. Il y a deux façons simples de le faire:
Une fois sur ma page personnelle
1) Cliquer sur "Faites un don" et procéder par carte de crédit, ou
2) Imprimer le formulaire de don et procéder soit par chèque ou carte de crédit.
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Le grand combat
jeudi 21 janvier 2010
Les lectures qui ont accompagné ma chimio
1. Twilight: La Fascination (Stephenie Meyers)
2. Twilight: La Tentation (Stephenie Meyers) (aux 3/4), j'ai décroché, comme je le fais toujours pour les séries de livres, et reprendrai après ma chirurgie pendant ma convalescence à l'hosto. Lecture légère mais histoire efficace.
3. L'année où ma mère est devenue chauve (Ann Speltz et Kate Sternberg) -- Suggérée par l'IP et prêté par le département d'oncologie, ce livre me fut fort utile pour trouver les mots et l'angle pour expliquer à ma Grande de 4 ans ma maladie et ses aspects moins jojo qu'elle doit apprivoiser.
4. Anticancer (David Servan-Schreiber) - Pour les références à la guérison: corps et moral anticancers. Ce livre ouvre à la dynamique corps-esprit, un essentiel pour la patiente.
5. En forme pour combattre le cancer (Anna L. Schwartz) - Efficiace pour finir de me convaincre que je peux (dois) continuer de bouger pendant les traitements.
6. L'amour, la médecine et les miracles (Bernie S. Siegel) - Pour le mot miracle, pour le mot médecine, pour le mot amour.
7. La fille aux neuf perruques (Sophie Van der Stap) - Une révélation pour moi, je vis le cancer comme bien d'autres, je peux m'accorder le droit de déprimer, pleurer, rager, c'est normal.
8. La prisonnière (Malika Oufkir et Michèle Fitoussi) - Quelles épreuves pour cette femme-là, emprisonnée pendant près de 20 ans au Maroc avec toute sa famille. Ça m'a jeté au visage que ma galère n'est pas unique... des galères il y en a de toutes les grandeurs et de toutes sortes.
9. La Brèche (Marie-Sissi Labrèche)
10. Borderline (Marie-Sissi Labrèche) - Romans coup de poing d'une obsédée sexuelle. Très moyen, à mon avis.
11. The Road (Cormac McCarthy) - Un poème de 300 pages sur la "parentitude" et la survie. Un must que j'ai lu avec émotions. Très, très fort.
12. Un petit pas pour l'homme (Stéphane Dompierre) - Léger mais très efficace, pendant ma période difficile du mois de décembre, ce livre me permettait de décrocher tout en souriant.
13. Je reviens te chercher (Guillaume Musso) - Petit livre sur le destin, il faut aimer le genre Marc Lévy. Efficace histoire pour décrocher (décembre aussi pour moi... :).
14. La physique des catastrophes (Marisha Pessl) - Étonnante histoire qui se met en place pendant 400 pages puis se dénoue habilement dans les 200 dernières pages: tout le livre reprend une nouvelle perspective et chaque anecdote retombe habilement dans l'histoire.
15. Hell.com (Patrick Sénécal) - L'histoire est si bien racontée qu'on ne peut plus s'arrêter. L'escalade de violence est telle que certains passages frôlent l'absurdité mais, abordé comme un polar, on peut oublier cet aspect assez facilement. Noir, noir, noir.
2. Twilight: La Tentation (Stephenie Meyers) (aux 3/4), j'ai décroché, comme je le fais toujours pour les séries de livres, et reprendrai après ma chirurgie pendant ma convalescence à l'hosto. Lecture légère mais histoire efficace.
3. L'année où ma mère est devenue chauve (Ann Speltz et Kate Sternberg) -- Suggérée par l'IP et prêté par le département d'oncologie, ce livre me fut fort utile pour trouver les mots et l'angle pour expliquer à ma Grande de 4 ans ma maladie et ses aspects moins jojo qu'elle doit apprivoiser.
4. Anticancer (David Servan-Schreiber) - Pour les références à la guérison: corps et moral anticancers. Ce livre ouvre à la dynamique corps-esprit, un essentiel pour la patiente.
5. En forme pour combattre le cancer (Anna L. Schwartz) - Efficiace pour finir de me convaincre que je peux (dois) continuer de bouger pendant les traitements.
6. L'amour, la médecine et les miracles (Bernie S. Siegel) - Pour le mot miracle, pour le mot médecine, pour le mot amour.
7. La fille aux neuf perruques (Sophie Van der Stap) - Une révélation pour moi, je vis le cancer comme bien d'autres, je peux m'accorder le droit de déprimer, pleurer, rager, c'est normal.
8. La prisonnière (Malika Oufkir et Michèle Fitoussi) - Quelles épreuves pour cette femme-là, emprisonnée pendant près de 20 ans au Maroc avec toute sa famille. Ça m'a jeté au visage que ma galère n'est pas unique... des galères il y en a de toutes les grandeurs et de toutes sortes.
9. La Brèche (Marie-Sissi Labrèche)
10. Borderline (Marie-Sissi Labrèche) - Romans coup de poing d'une obsédée sexuelle. Très moyen, à mon avis.
11. The Road (Cormac McCarthy) - Un poème de 300 pages sur la "parentitude" et la survie. Un must que j'ai lu avec émotions. Très, très fort.
12. Un petit pas pour l'homme (Stéphane Dompierre) - Léger mais très efficace, pendant ma période difficile du mois de décembre, ce livre me permettait de décrocher tout en souriant.
13. Je reviens te chercher (Guillaume Musso) - Petit livre sur le destin, il faut aimer le genre Marc Lévy. Efficace histoire pour décrocher (décembre aussi pour moi... :).
14. La physique des catastrophes (Marisha Pessl) - Étonnante histoire qui se met en place pendant 400 pages puis se dénoue habilement dans les 200 dernières pages: tout le livre reprend une nouvelle perspective et chaque anecdote retombe habilement dans l'histoire.
15. Hell.com (Patrick Sénécal) - L'histoire est si bien racontée qu'on ne peut plus s'arrêter. L'escalade de violence est telle que certains passages frôlent l'absurdité mais, abordé comme un polar, on peut oublier cet aspect assez facilement. Noir, noir, noir.
Docteur Moi (Part IV)
Sous la douche, hier, pour la millionnième (sic) fois depuis l'été dernier, je procédai à mon auto-examen. Pour tout dire, je pense à un side-line après ma guérison: CAtharsis, assistance à domicile pour l'auto-examen des seins / service discret, rapide, courtois et professionnel / quinze minutes par mois pour votre santé / 1 800 boob care.
Donc, pour la millionnième (sic) fois, le manège recommence: sous la douche, debout, couchée, sur le côté, assise... hé! ho! je ne récite pas le kama sutra, concentrons-nous un peu là, ce sont les positions pour l'auto-examen efficace des seins. Cette fois-ci, la procédure dure plus d'une demi-heure. Où est la bosse? La scientifique en moi procède mécaniquement, tente d'oublier ses émotions, se concentre sur l'expérience en cours.
Première observation: Mes deux seins m'apparaissent maintenant pareils.
Deuxième observation: La bosse ne se palple plus.
Troisième observation: Je souris tellement que si je tombe, je me casse une dent! (encore?)
Quatrième observation: Vivement une échographie parce que je me ralentis le sourire de crainte de m'imaginer une guérison. Mon subconscient me joue-t-il un mauvais tour? Difficile d'extraire les émotions du processus.
La veille, j'ai dû me lever vers 1h00 du mat' parce que les tiraillements, chocs électriques, sensations d'ecchymose dans mon sein m'empêchaient de dormir. Se pourrait-il que, malgré mon (non) traitement de jeudi dernier, la mini-dose ait fait son chemin? La force du subconscient n'a d'égal que la grandeur du désir de guérir...
Voici des liens utiles pour comprendre et bien faire son auto-examen... ben non, je ne vais pas entreprendre un side line, vous êtes parfaitement en mesure de le faire seules, allez les girls, ça prend quelques minutes seulement. N'oublions jamais que ce cancer-là, nobody cared but me, je l'ai trouvé toute seule comme une grande fille et maintenant, on le soigne grâce à ma vigilance.
1) Un site vraiment complet avec vidéos à l'appui: from Ontario but very efficace!
2) La brochure de la Société Canadienne du Cancer: L'auto examen des seins, ce que vous pouvez faire.
Donc, pour la millionnième (sic) fois, le manège recommence: sous la douche, debout, couchée, sur le côté, assise... hé! ho! je ne récite pas le kama sutra, concentrons-nous un peu là, ce sont les positions pour l'auto-examen efficace des seins. Cette fois-ci, la procédure dure plus d'une demi-heure. Où est la bosse? La scientifique en moi procède mécaniquement, tente d'oublier ses émotions, se concentre sur l'expérience en cours.
Première observation: Mes deux seins m'apparaissent maintenant pareils.
Deuxième observation: La bosse ne se palple plus.
Troisième observation: Je souris tellement que si je tombe, je me casse une dent! (encore?)
Quatrième observation: Vivement une échographie parce que je me ralentis le sourire de crainte de m'imaginer une guérison. Mon subconscient me joue-t-il un mauvais tour? Difficile d'extraire les émotions du processus.
La veille, j'ai dû me lever vers 1h00 du mat' parce que les tiraillements, chocs électriques, sensations d'ecchymose dans mon sein m'empêchaient de dormir. Se pourrait-il que, malgré mon (non) traitement de jeudi dernier, la mini-dose ait fait son chemin? La force du subconscient n'a d'égal que la grandeur du désir de guérir...
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Voici des liens utiles pour comprendre et bien faire son auto-examen... ben non, je ne vais pas entreprendre un side line, vous êtes parfaitement en mesure de le faire seules, allez les girls, ça prend quelques minutes seulement. N'oublions jamais que ce cancer-là, nobody cared but me, je l'ai trouvé toute seule comme une grande fille et maintenant, on le soigne grâce à ma vigilance.
1) Un site vraiment complet avec vidéos à l'appui: from Ontario but very efficace!
2) La brochure de la Société Canadienne du Cancer: L'auto examen des seins, ce que vous pouvez faire.
mercredi 20 janvier 2010
Les dommages collatéraux
Délibérément, je repousse le compte-rendu de ma sixième (non) chimiothérapie. Cette première ronde de chimio, je la veux dans un tiroir du passé et je ne souhaite pas y fouiller. Du moins, pas pour l'instant. Le moment de détresse des derniers jours suite à mon (non) traitement fut paniquant mais, comme pour tout le reste depuis ce diagnostic-là, ma voix intérieure m'a guidée et je l'ai écoutée sans compromis. La panique de toucher le fond, la panique de sombrer, la panique de mes larmes soudaines, la panique du bateau déserté. Dans ces moments-là, personne ne semble savoir quoi, quand, comment faire pour me secourir. Mais, ma propre voix me conseillait de laisser toute cette morosité s'emparer de moi pour mieux en évacuer le trop-plein. Mission accomplie. Je vois clair et je souris.
Le cancer du sein se guérit-il bien? Non, il ne se se guérit pas bien le cancer du sein, il se guérit difficilement le cancer du sein. Au gré de sa propre force dévoilée lors de combats extrêmes contre son propre corps. Au prix de sa vie d'avant. Avec dommages collatéraux.
La semaine prochaine, je m'attaque à un deuxième jalon sur mon parcours et je rencontre le chirurgien. Bien sûr, décrire cette chirurgie pourrait se faire tout en douceur, longuement, en tordant les mots pour leur faire dire ce que vous voulez entendre, en enveloppant la réalité dans de la ouate à cinq cennes. Fidèle à moi-même, je vais éviter les détours: le chirurgien va retirer ce cancer-là de mon corps. Tout simple, non?
Bien sûr, pour les non-malades, la perspective d'une cicatrice permanente sur le sein ne s'entend pas de la même logique que pour moi, la patiente qui connaît l'existence de cet intrus depuis déjà cinq mois. Cinq mois le 2 février prochain que je sais ce cancer-là logé dans mon sein gauche. Cinq mois à tâter, tatonner, pétrir, toucher cet endroit précis dans l'espoir d'une guérison miracle ou, plus pragmatiquement, pour vérifier l'efficacité de la chimiothérapie. Cinq mois à vivre au rythme de la guérison tout en sachant très bien que pour chasser l'intrus définitivement, l'étape déterminante sera la chirurgie. La conscience constante de cette tumeur, repérable à l'aveugle tellement j'en connais chaque millimètre, le subconscient toujours orienté vers ce corps étranger qui me semble souvent se mesurer en mètres à force de m'importuner l'esprit. Si l'aspect esthétique de cette chirurgie m'inquiète? Oui mais jamais comme la sensation désagréable que ce cancer-là squatte actuellement mon corps guettant sournoisement la moindre ouverture pour se faufiler dans les interstices de ma santé. À ce stade-ci, j'implore le bistouri, j'attends impatiemment la chirurgie comme une libération. Pour la première fois en plusieurs mois, mon corps sera libre du cancer. Voilà ma perspective.
Pour toutes les femmes non atteintes, le cancer du sein représente une triste mais vague possibilité. Toutefois, les nombreuses personnalités publiques atteintes dont on ne verra jamais les cicatrices créent une illusion. L'illusion que le cancer du sein se guérit bien et sans conséquence. On voudrait tellement que ce cancer-là ne soit qu'un dur moment à passer, sept, huit, neuf, douze mois et puis, pouf! plus rien, il n'y paraîtrait plus, aucune cicatrice, aucune conséquence, la vie d'avant reprendrait son cours tranquille. On souhaiterait que de l'autre côté de la guérison, il ne reste qu'un vague souvenir, évoqué de temps à autres avec nostalgie et romantisme, de cette année-là où une femme, une fille, une amie, une soeur, une cousine, une collègue a mené avec succès et courage un combat de tous les instants. Et qu'elle en soit sortie grandie, plus heureuse, plus forte, plus belle. C'est peut-être ça, finalement?
Pour les dommages collatéraux, je les comprend, je les accepte, je les accueille comme une nécessité à ma guérison. À ce stade-ci, je vis pour le moment où le cancer ne logera plus en mon sein. La délivrance.
Le cancer du sein se guérit. L'oncologue me l'a dit, confirmé, confiant. Mais avant d'ajouter le mot bien, il faudra encore beaucoup, beaucoup de recherches et de percées scientifiques.
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Le cancer du sein se guérit-il bien? Non, il ne se se guérit pas bien le cancer du sein, il se guérit difficilement le cancer du sein. Au gré de sa propre force dévoilée lors de combats extrêmes contre son propre corps. Au prix de sa vie d'avant. Avec dommages collatéraux.
La semaine prochaine, je m'attaque à un deuxième jalon sur mon parcours et je rencontre le chirurgien. Bien sûr, décrire cette chirurgie pourrait se faire tout en douceur, longuement, en tordant les mots pour leur faire dire ce que vous voulez entendre, en enveloppant la réalité dans de la ouate à cinq cennes. Fidèle à moi-même, je vais éviter les détours: le chirurgien va retirer ce cancer-là de mon corps. Tout simple, non?
Bien sûr, pour les non-malades, la perspective d'une cicatrice permanente sur le sein ne s'entend pas de la même logique que pour moi, la patiente qui connaît l'existence de cet intrus depuis déjà cinq mois. Cinq mois le 2 février prochain que je sais ce cancer-là logé dans mon sein gauche. Cinq mois à tâter, tatonner, pétrir, toucher cet endroit précis dans l'espoir d'une guérison miracle ou, plus pragmatiquement, pour vérifier l'efficacité de la chimiothérapie. Cinq mois à vivre au rythme de la guérison tout en sachant très bien que pour chasser l'intrus définitivement, l'étape déterminante sera la chirurgie. La conscience constante de cette tumeur, repérable à l'aveugle tellement j'en connais chaque millimètre, le subconscient toujours orienté vers ce corps étranger qui me semble souvent se mesurer en mètres à force de m'importuner l'esprit. Si l'aspect esthétique de cette chirurgie m'inquiète? Oui mais jamais comme la sensation désagréable que ce cancer-là squatte actuellement mon corps guettant sournoisement la moindre ouverture pour se faufiler dans les interstices de ma santé. À ce stade-ci, j'implore le bistouri, j'attends impatiemment la chirurgie comme une libération. Pour la première fois en plusieurs mois, mon corps sera libre du cancer. Voilà ma perspective.
Pour toutes les femmes non atteintes, le cancer du sein représente une triste mais vague possibilité. Toutefois, les nombreuses personnalités publiques atteintes dont on ne verra jamais les cicatrices créent une illusion. L'illusion que le cancer du sein se guérit bien et sans conséquence. On voudrait tellement que ce cancer-là ne soit qu'un dur moment à passer, sept, huit, neuf, douze mois et puis, pouf! plus rien, il n'y paraîtrait plus, aucune cicatrice, aucune conséquence, la vie d'avant reprendrait son cours tranquille. On souhaiterait que de l'autre côté de la guérison, il ne reste qu'un vague souvenir, évoqué de temps à autres avec nostalgie et romantisme, de cette année-là où une femme, une fille, une amie, une soeur, une cousine, une collègue a mené avec succès et courage un combat de tous les instants. Et qu'elle en soit sortie grandie, plus heureuse, plus forte, plus belle. C'est peut-être ça, finalement?
Pour les dommages collatéraux, je les comprend, je les accepte, je les accueille comme une nécessité à ma guérison. À ce stade-ci, je vis pour le moment où le cancer ne logera plus en mon sein. La délivrance.
Le cancer du sein se guérit. L'oncologue me l'a dit, confirmé, confiant. Mais avant d'ajouter le mot bien, il faudra encore beaucoup, beaucoup de recherches et de percées scientifiques.
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