lundi 1 septembre 2008

Quatre jours (+ sept)

Moi-Ego

Mes premières pensées se veulent bien égoïstes; enfantement par chirurgie oblige. Comme je subirai cette intervention pour une deuxième fois, le stress se manifeste différemment. Je connais la procédure et, surtout, je sais la convalescence. Cinq bien pénibles journées pendant lesquelles je deviendrai addicted à la codéïne, tremblant presque au réveil (j'exagère à peine) pour avoir ma dose et atténuer la douleur. Puis, enfin, une amélioration de ma condition et ma cure de désintoxication. Au bout de sept jours, retour à la normale. Ou presque.

Sur mes épaules, un combat. À droite, mon petit ange qui voit la vie en rose se veut rassurant et fait appel à mon esprit cartésien (tellement de femmes que je connais ont subi la même intervention ... plusieurs, deux fois comme moi... avec succès, etc.). À gauche, mon petit diable à la voix éraillée qui voudrait bien me souffler les complications possibles. Chut! De toute façon, à presque 39 semaines, something has to be done! De toute évidence, mon corps arrive aux limites de sa capacité d'expansion.

Faire taire la peur; faire confiance.

Ma Princesse

Depuis déjà 39 semaines, nous partageons nos destinées. Vendredi, elle vivra ses tous premiers moments dans notre monde.

Malgré l'amniocentèse et les résultats normaux, malgré l'échographie confirmant les organes et les membres, malgré les nombreux tests et suivis de grossesse sans irrégularités, malgré mon excellente santé, malgré toutes les précautions, je ne peux empêcher mon coeur de s'inquiéter et je dois (encore une fois) faire taire la voix de l'ange cornu.
Comme toute maman, je souhaite à ma petite le meilleur de ce que la vie peut apporter: "la Santé, c'est tout ce qui compte"(oui, oui, comme dans les pubs). Ma fébrilité tient également dans l'anticipation de la voir, de confirmer le tout moi-même: compter ses petits doigts, ses petits orteils, voir son visage et contempler une deuxième fois, le seul miracle sans équivoque. Son regard, j'ai si hâte de croiser son regard et constater la vie, déjà, dans ses yeux.

Ressentir une deuxième fois cet Amour brut et cette urgence d'exceller pour donner le meilleur de nous-mêmes à une petite fille qui ne demande qu'à être aimée.

Mon Trésor

Cette fois-ci, une variable inconnue: la grande soeur. Trois ans de câlins privilégiés, trois ans d'amour exclusif, trois ans à constituer le pivot de nos vies.

Depuis le tout début de cette aventure, nous lui parlons beaucoup des différentes étapes et elle comprend bien que sa petite soeur s'amène dans son monde. Elle saura s'adapter mais, je souhaite tellement saisir les messages de son coeur et ses appels silencieux pour notre attention, nos câlins: l'amour d'avant. Car je crois fermement qu'il ne se partage pas, il se multiplie.

*************

En résumé, nous vivrons une très grande semaine: une portion de déjà vu, des appréhensions bien réelles, un peu d'inconnu. Mais, devant nous, un grand défi: réussir une famille.

Sept jours plus tard: le 12 septembre. Ouf! la vie normale reprendra son cours.

Aucun commentaire: