samedi 2 janvier 2010

... début et commencement --- Janvier 2010

Pour 2010, je vous souhaite la Santé.  Pour le reste, souriez et attrapez le bonheur au vol; il faut profiter pleinement de chacun des moments qui s'offrent à vous.

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Suite du 31 décembre 2009...

Le 1er janvier 2009

Donc à minuit et quelques secondes, le 1er janvier 2010, ma gang et moi nous étreignons pour nous offrir les meilleurs voeux la Santé pour la nouvelle année. Mon anti-douleur, avalé il y a une demi-heure, me procure mon high. Pourtant, l'étreinte de mon papa m'éveille l'émotion et je me laisse bercer, des étoiles dans les yeux, trop d'événements à assimiler trop rapidement. La frangine a vu, elle essaie tant bien que mal d'éviter de voir mais la voilà, elle aussi, avec des étoiles de lucidité dans les yeux. Une étreinte de la frangine qui recèle bien des souvenirs de cet automne trop spécial pour nous tous. Je me calme le coeur et mon sourire, aidé par les Percocet sûrement, me revient. Fini les grands épanchements, nous nous attablons pour le dessert.

Couchée vers 1h00, il n'en demeure pas moins que la réalité me rattrape. Encore. Je dois me lever pour me rendre à l'urgence à 7h00 du mat' pour ma perfusion qui durera cette fois-ci trois heures, merci au redneck. Mon père m'accompagne, fidèle soldat promu au rang de lieutenant-adjoint, et je recommence le manège de l'urgence et je n'attends pas, bla-bla-bla. On m'installe à nouveau dans l'armoire à balais. Devinez qui se mérite ce matin la passionnante tâche d'installer ma perfusion? Infirmière-frustrée-mais-ben-fine-pareil. Elle ne semble pas d'humeur à sourire mais elle se montre polie. Gênant de me brusquer avec mon crâne dégarni et mon cathéter "lock" dans ma main pratiquement inutilisable, pas pour me plaindre vanter mais, j'inspire le respect. Mettons. Me voilà donc branchée (encore...) pour trois heures. En discutant avec mon père, je me ré-auto-diagnostique, trois heures, ça donne le temps de réfléchir, trop de temps même. Donc, il y avait bien une infection (enfin, ma main a désenflé suite au Vanco d'hier soir) mais je souffre également de l'extravasation de Taxotere pour laquelle la patience constitue le seul remède. Complètement épuisée de tous ces traitements et de ce bras qui demeure trop rouge à mon goût, un peu frustrée de ne pas trop comprendre ce dont je souffre, je saisis la chance d'avoir un téléphone à portée de main. Dans ma salle à débarras, un téléphone figure parmi les babioles qui traînent partout et il fonctionne. Pour assouvir mon besoin d'information, je communique avec la pharmacienne de l'hôpital dont je me souviens du numéro de poste, évidemment, j'ai une mémoire photographique pour les chiffres. La pharmacienne prend le temps de me rassurer, selon mes résultats sanguins de mardi et d'hier, il y avait bien signe d'une infection donc je ne reçois pas tous ces antibio inutilement et de mardi à jeudi, l'activité microbienne a diminué. Pour les suites de l'extravasation de Taxotere, il me faut patienter. Forte de ces renseignements, je la remercie. En cours de perfusion, Infirmière-ti-boss-des bécosses nous transfère dans la Salle d'Examen #4 qui sent le wapiti malade. On voudrait bien aérer mais ouvrir la porte vers la salle d'attente bondée pourrait représenter une menace pour notre survie et ouvrir vers l'observation de l'urgence nous ouvre vers un tumulte difficile à supporter pour nos têtes fatiguées par le manque de sommeil, un monsieur qui chiâle et tout le tra-la-la. Il reste trente minutes à la perfusion. Au bout de ces trente minutes, le sac n'est pas vide et il faut patienter... encore trente minutes. L'infirmière me débranche et nous quittons enfin. Il est 10h30. Il me faut revenir entre 16h00 et 18h00 pour une réévaluation et déterminer la nécessité d'une autre dose de Vanco.

Arrivée à la maison, je mange un peu puis me couche pour une sieste. Je me lève en début d'après-midi et nous attendons le retour de la visite puisqu'hier, ma mère et ma soeur n'avaient pas le coeur à distribuer les cadeaux aux enfants sans moi. Donc, les enfants dépouilleront l'arbre de Noël le 1er janvier. Déjà qu'habituellement, nous distribuons les cadeaux le 31 décembre, ma Grande n'y tient plus. La visite arrive, les enfants manifestent de la fébrilité devant tous ces beaux présents. À l'attaque les girls! Les oh, les ah, les sourires, les yeux pétillants, nos quatre magnifiques petites filles s'amusent qui à ouvrir les cadeaux, qui à jouer avec les boîtes, qui à admirer une poupée mais toutes semblent si heureuses. Elle sont belles nos filles.

Il est passé 16h00 et je dois retourner à l'hôpital. Depuis ce matin, je réalise que je n'en peux plus de ce programme quotidien. De ces perfusions à profusion, de ces visites à l'urgence, de me sentir malade. Je vais négocier avec le médecin pour qu'il ne me donne pas le Vanco et me laisse partir avec des antibio en pilules. Arrivée à l'urgence, avec l'Homme cette fois-ci, bla-bla-bla me voilà dans la salle d'attente. Avant même de m'asseoir, j'aperçois une jeune femme assise à l'exacte même place que ce matin, je n'ose pas la regarder  puisque je vais, encore, la précéder. Tout près de moi, deux mamans discutent. De quoi? Du sujet de prédilection dans une salle d'attente d'urgence: quelles salles semblent vides, qui sera logiquement appelé le prochain, ça spécule sur l'ordre de priorité. Deux portes s'ouvrent sur les Salles d'examen #2 et #3. Assise depuis moins de dix minutes, l'infirmière m'appelle dans la Salle d'examen #2. Tous les regards en ma direction, enfin j'imagine, je me lance dans ladite salle afin d'y entrer en un seul morceau. L'Homme et moi sains et saufs, nous attendons le médecin qui ne tarde pas. Docteur Échevelé arrive et constate, satisfait, que mon bras et ma main ne montrent plus ni enflure ni signe d'infection et je lui confirme que la douleur a diminué considérablement. Comme prévu, je tente de négocier avec lui: plus de perfusion, je n'en peux plus, qu'il me laisse partir avec des antibio en pilules. Il comprend, nous discutons et il gagne ce round en m'assurant que c'est la dernière perfusion et qu'il me libère ensuite contre ma promesse que le suivi sera assuré la semaine prochaine par l'équipe d'oncologie. Soit mais trois heures, non, qu'on me le donne en deux heures et demie, je gagne ainsi trente minutes et ce round.

La routine reprend et je suis enfin libérée, pas de réévaluation demain, pas de perfusion demain, je repars avec des prescriptions d'antibio en pilules. That's it!

Encore une fois, belle soirée en famille. Cette fois-ci, j'ai plus le coeur à la fête et nous rions un bon coup pendant notre souper improvisé tous les six.

Le 2 janvier 2009, petite anecdote

Afin de continuer sagement mes antibio en pilules, je me rends à la pharmacie. Comme d'habitude, avec tous ces médicaments que je prends depuis octobre, le pharmacien veut me voir avant de me laisser partir. Cette fois-ci, je rencontre un pharmacien en verve:

- C'est pour vous ces prescriptions?
- Oui.
- Vous avez une grosse infection intestinale?
- Non, une cellulite. (Je lui montre ma main encore bien rouge).
- Vous avez l'air en forme, je pensais que la personne avec ce régiment d'antibiotiques arriverait à peine à se déplacer. Avec ces deux antibio, on couvre un large spectre microbien vous savez?
- C'est voulu puisque je suis en chimio.
- Oui, c'est inscrit à votre dossier. Vous avez vraiment l'air en forme, vous souriez, vous avez du teint. Bravo, je suis impressionné.
- ...
- Mon frère a subi de la chimio cet automne et il semblait beaucoup plus malade.
Une transaction interac plus tard.
- Merci et bonne chance à votre frère.
- Bonne année 2010 et continuez de sourire. Félicitations encore!

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