dimanche 14 novembre 2010

Sommaire - semaine du 7 novembre

Semaine de construction: je le répète: "je bâtis du kilométrage".

En résumé:
Course: 14 km (Lundi 4,5, Vendredi 3,5, Samedi 6).
Spinning: 2 x (Mercredi et jeudi (mon cours...)).

Total équivalence: 24 km.

Commentaires:
- Lundi: en congrès, à l'extérieur de la ville, ça aurait été si facile de rester couchée, de me trouver une défaite. Non, motivée, j'ai bravé le froid et un vent à ralentir même la tortue qui m'habite... pas mal fière.
- Pour le reste, c'est routine. Déjà!
- Samedi prochain: 7!!!

dimanche 7 novembre 2010

Sommaire semaine du 31 octobre

I'm back! Tellement. Objectif: le demi-hypothermique dans 3 1/2 mois; 19 février 2011.  Malgré mon urgence et mon enthousiasme (2011 sera, enfin, mon année..!), je commence en douceur. Après tout, mon unique objectif est de rallier le fil d'arrivée... Je bâtis du kilométrage (comme ils disent...).

En résumé:
Course: 13,5 km (Lundi 3, Mardi 4,5, Samedi 6).
Spinning: 2 x (Mercredi et jeudi (mon cours...)).

Total équivalence: 23,5 km.

Commentaires:
- Motivation: le pire actuellement c'est de ne pas me faire confiance; vais-je persévérer comme il y a deux ans?
- Lundi et Mardi, j'ai couru sur mon heure de lunch. Comme j'habite à 5 minutes du travail, ça facilite les choses.
- Déjà samedi, pendant mon 6km de course, mon feeling "oublié" de bien-être relié à la course revenait peu à peu. Au quatrième km, le boost d'adrénaline et d'énergie m'a redonné des ailes. L'automne est mon moment préféré de l'année pour courir.
- Je suis lente comme une tortue... (!).
- À la fin novembre, longues sorties de 10 km. J'ai déjà hâte... c'est là que je me sens le mieux.
- Mes cours de spinning sont de plus en plus tough: j'en profite pour faire des séances de force et de Vo2.

mercredi 3 novembre 2010

OUF!

Le 29 septembre dernier, pendant même que j'écrivais mon dernier billet sur mon été "en rafale", je me préparais mentalement à une échographie du sein gauche. Oui, oui, mon sein conservé... L'histoire, en bref:

Le vendredi 24 septembre, je mentionne à l'Homme, mon pilier, mon amour, celui qui me soutient depuis le tout début, qui me comprend, qui m'aime (tout simplement) qu'autour des abords de ma (très belle) cicatrice, il me semble y avoir des tissus plus durs ou, à tout le moins, une différenc. Nous en discutons sans trop vouloir y penser. Quand même un peu inquiets, nous concluons que, lors de mon rendez-vous de mi-novembre avec Dr. P. (le chirurgien), il faudra lui en parler afin qu'il puisse jeter une certaine lumière sur la situation.

Le lendemain, le samedi 25 septembre, vers treize heures, je deviens fiévreuse... Je grelotte, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai mal aux boyaux; ça dure jusqu'au dimanche soir.

Le lundi matin 27 septembre, ayant constaté une inquiétante rougeur couvrant tout mon dos du côté opéré, je téléphone l'IP, la seule personne dans tout mon univers médical dont je suis sûre à 100% qu'elle me répondra rapidement. Déçue, elle m'avoue qu'il n'y a pas de médecin en oncologie ce jour-là mais que mon cas semble urgent... Accompagnée de mon si fidèle compagnon, mon papa, je me retrouve vers quatorze heures à la clinique sans rendez-vous pour rencontrer un généraliste. En moins de deux, le médecin sollicitie sa collègue pour un deuxième avis. Sans aucune autre formalité, ils me réfèrent à l'urgence: il me faut voir de toute urgence le microbiologiste pour entamer une thérapie d'antibiotique par intraveineuse. Le médecin généraliste a déjà avisé l'urgence de l'hôpital de mon arrivée.

Arrivée à l'hosto, je passe au triage et l'infìrmière, déjà avisée de mon cas, me fait passer directement en salle d'examen. Le médecin ordonne une scepticémie: hémocultures, petit pipi dans le pot, radio des poumons. Comme on sait déjà qu'il y aura des antibiotiques en intraveineux, l'infirmière qui passe me voir pour les hémocultures installe également un cathéter "lock"... ouch! ouch! des maudits câlisse (oops!) de cathéter... Elle réussit du premier coup sur la main, ça fait mal, ce n'est pas "ergonomique" et lorsque la thérapie par antibiotique commence, je ressens un petit pincement très peu rassurant. Trente minutes plus tard, mon amoureux a pris le relais de mon papa et après la première dose, nous nous dirigeons vers la radiologie pour la radio des poumons. Je commence à peine à comprendre que cette radio fournira une indication de mon état actuel de santé, que tous les médecins (4) vus dans les dernières six heures y songent sans le dire: nous claque-t-elle une "récidive" la patiente...

À ce stade, la différence entre vous et moi c'est que moi, je SAIS que "shit can indeed happen"!!!

Après la radio des poumons, nous patientons une bonne demi-heure dans la grande salle d'attente, une fois appelée, je me dirige vers ma salle d'attente pour découvrir avec surprise mon chirurgien, Dr. P. en qui j'ai si confiance.

- Catharsis: Prénom du Dr. P., que fais-tu là?
- Dr. P.: Toi, que fais-tu là? il semble déçu que je sois encore aux prises avec des problèmes de santé.

Je lui explique la situation et lui fais part de mes inqiuétudes reliées aux tissus entourant la cicatrice. Il propose une échographie pour déterminer s'il s'agit, entre autres, de liquide "surinfecté" qu'il pourrait drainer. Malgré mon état "second" dû à la fièvre, je ne peux que constater son air songeur: rien de rassurant.

Après négociation avec l'urgentologue, je passe la nuit à l'hosto où je demeure sous observation "pas dans le corridor" mais dans un salle d'isolement. Après tout, j'ai une grosse infection...

Le mardi matin 28 septembre, le microbiologiste me rend visite pour m'expliquer que j'ai contracté un streptocoque: virulent dans ses symptômes mais qui réagit immédiatement aux doses. Effectivement, douze heures plus tard, je me sens déjà mieux et la rougeur dans mon dos s'estompe. Soupir de soulagement.

Avant de quitter, je dois passer au CLSC (attenant à l'hosto) pour me faire expliquer comment m'auto-injecter mon antibio en IV. Non mais ça va pas la tête? Je dois, en plus, me "gosser" le cathéter qui me pince! L'infirmière, une petite soie toute douce, m'appelle et commence à faire mon éducation sur l'auto-injection. C'est un système sans aiguille: le cathéter et les seringues contenant l'antibio sont munies de petits tubes qui se vissent l'un dans l'autre, pas mal ingénieux. Encore faut-il que le foutu cathéter fonctionne... le mien est scrap. On essaie de faire l'injection. Ouch! ouch! le cathéter ne fonctionne plus, il faut l'enlever. Traduction? eh oui! il faut m'en installer un autre... j'en pleurerais. Elle fait une tentative; manquée; je souffre. J'haïs les aiguilles... et encore plus les cathéters... En renfort, elle appelle sa collègue. Qui vois-je entrer dans la petite salle de traitements: très sympathique (sans ironie) infirmière, celle qui s'essaye à me piquer même quand j'ai un PICC line, vous vous souvenez? non, vous avez oublié? pas grave. Après quatre infructueuses tentatives, je suis en sueurs, je me sens faible; je demande une serviette humide pour me raviver... Elle tente une cinquième fois... Bingo! c'est fait. Je reviens à la maison après ce qui me semble une éternité pour réaliser qu'il s'agit seulement de vingt-quatre heures.

Le mercredi 29 septembre, je me porte à merveille. Outre les auto-injections quotidiennes, mes journées sont redevenues normales. Dans l'après-midi, je vais à l'hosto pour subir une échographie de mon sein gauche: une boule dans la gorge, le stress dans les jambes. Pour les fins de m'attirer votre sympathie, je vous mentionne que je rencontre alors mon vingt-deuxième médecin: Dr. Radiologiste-des-os... qui me fait une échographie d'un sein. Comme son degré de confort vis-à-vis ce type d'examen se limite à faire l'examen et à "garrocher" le cas, c'est-à-dire moi, dans la cour du voisin, c'est-à-dire Dr. P., il regarde son écran d'ordinateur, affiche sa face de carême et rédige son rapport.

- C'est terminé; j'enverrai mon rapport à Dr. P.
- Euh! (il ne sait pas qu'il a devant lui une patiente curieuse et avec un peu (quand même ) de culot) Je peux savoir ce qu'il y aura dans ce rapport?... (les faces de carême ça ne me dit rien de bon)...
- Cela pourrait être un hématome, des tissus cicatriciels, ....
- Ou une autre tumeur? (ses silences parlaient...)
- Oui, je suggère une biopsie....

Je sors de là effondrée. Une biopsie! une maudite biopsie! Je cours presque vers le corridor où je vois habituellement Dr. P. avant de me ressaisir. Premièrement, il pourrait très bien ne pas être là et deuxièmement, jamais les chiens de garde dans les cages en verre à l'entrée dudit corridor ne me laisseront assurément pas passer... Je grimpe donc au 3B pour voir l'IP. Elle me somme de me calmer et elle me promet qu'elle rejoindra Dr. P. pour lui expliquer la situation. Je vais rejoindre mon amoureux à son travail: amène-toi j'ai besoin de toi.

Nous passons la soirée à tenter de nous convaincre que c'est une mauvaise frousse...

La différence entre vous et moi c'est que moi je SAIS que "shit can indeed happen"!

Le lendemain, je rencontre Dr. En chef des bébittes qui, satisfait du résultat de l'antibiotique, autorise le retrait de mon cathéter. Petite victoire. L'IP me confirme alors que Dr. P. me verra lundi matin. Le week-end passe.... et, enfin, je peux discuter avec mon médecin qui me rassure mais ordonne quand même une mammographie, une échographie ET une "f***ing" biopsie à la discrétion du radiologiste. Maintenant que le pavé est dans la mare, il ne peut plus l'ignorer. Comme la clinique privée de radiologie de mon patelin (vous vous souvenez celle où je suis allée en septembre pour rencontrer plein de gens pratiquement effrontés de se prétendre "humains") semble supprimer le sourire à tous ceux qui y travaillent, je prends rendez-vous à l'hôpital située à une heure de route. De prime abord, ça peut sembler bien simple prendre rendez-vous: appeler, parler, remercier, noter au calendrier. Nope! il me faut envoyer par télécopieur la requête de mon médecin et, après seulement, elle daignera me parler. Quelques heures plus tard, elle m'appelle mais, elle ne peut me donner rendez-vous pour la raison qu'elle doit d'abord discuter mon cas "un peu spécial" avec le médecin. Le lendemain, je la rappelle pour faire un suivi.... on m'annonce qu'elle est absente et ne sera là que jeudi et qu'elle est la seule qui puisse donner les rendez-vous... Je pleurerais de rage mais je me résigne à sagement attendre jeudi.

Jeudi, je réussis à obtenir les rendez-vous nécessaires: mammographie le vendredi 15 octobre et échographie et, peut-être, biopsie le mardi 19 octobre.

Attendre, attendre, attendre...

Arrive le vendredi 15 octobre, je pourrais exploser de stress. La gentille technicienne en mammographie m'appelle et elle procède. Le jour et la nuit entre elle et la bizarroïde à la clinique de radiologie de mon patelin qui, entre autres, se permet de commenter avec dédain l'âge à laquelle j'ai eu mon premier enfant (!). Celle-ci me parle doucement; elle comprend que ça peut s'avérer plus douloureux sur mon sein opéré, à cause de la radiothérapie qui a fragilisé les tissus. L'examen terminé, elle me demande d'attendre pendant qu'elle vérifie la qualité des clichés pour savoir si le médecin voudra d'autres "prises". Une fois les clichés sur le panneau lumineux, je demande à voir. Elle affiche aussi la mammo du 2 septembre 2009... la différence me frappe et j'en suis aussitôt émue. Je me ressaisis et la gentille technicienne me dit:

- Je ne suis pas radiologiste mais je pense que nous aurons de bonnes nouvelles pour vous. Je vais voir le rediologiste de ce pas afin qu'il vous fasse votre échographie tout de suite... je ne pense pas qu'il fasse de biopsie puisque tout semble normal.

Mon coeur chavire... alors que je pensais sortir de là avec mon stress toujours entier jusqu'à mardi, date de l'échographie (+/- biopsie), me voilà stressée d'espoir. Le radiologiste me voit directement sans qu'une technicienne n'effectue de pré-examen. Après avoir regardé son écran, il me demande:

- Qui est stressé là?
- ... tout d'abord, moi! Ensuite, j'ai vu un radiologiste, spécialiste des os.. blah, blah, blah
- Tout ce que je vois me semble normal: des tissus cicatriciels et pas de trace de rien d'autre... Je suggère que vous continuiez vos examens réguliers mais pour maintenant, pas de biopsie nécessaire.
- .... vous savez que je vous aime vraiment aujourd'hui!!!!!

Il sourit, à peine, mais je m'en balance!

Premiers tests passés avec succès; plus tôt que prévu et j'accueille les résultats avec joie, soulagement, le sourire fixé, l'oeil brillant.

Une année pour apprendre


Mon "aventure" a duré le temps d'une année scolaire: du 2 septembre 2009 au 7 juin 2010...

J'ai maintenant un "post-doc" ès choses de la vie.

mercredi 29 septembre 2010

En rafale, les deux derniers mois...

Fidèles lecteurs, parents, amoureux, amis, camarades, inconnus au coeur conquis, inconnus qui aimeriez tant figurer le pourquoi du comment des choses du crabe, ou inconnus juste curieux (et un peu voyeur il faut le dire), mea culpa. Mon silence est inacceptable! J'espère qu'il ne fut pas porteur d'inquiétude... rassurez-vous: je me porte bien.

En rafale, depuis le 5 juillet dernier:

Les 10 et 11 juillet, je relève avec succès le Cyclo-Défi contre le cancer. Doublement: mes précieux parents, amis et collègues me permettent de dépasser mon objectif de levée de fonds et je pédale sans trop de heurt, en deux jours, la distance de 300 kilomètres séparant Montréal et Québec (par la 138...). Par le chemin du Roy; par temps chaud, la brise dans le dos, le sourire aux lèvres... Le périple s'amorce par un émouvant départ du Stade Olympique: la musique me tord un peu le coeur. Je pense à mon chum qui avait peur des aiguilles, celui dont ce serait le trente-neuvième anniversaire aujourd'hui même. Je pense à mon propre combat achevé il y a à peine un mois, je me repasse ce film-là dans ma tête et je dois retenir mes larmes, envahie par l'émotion. La sensation d'être en vie prend tout mon corps. C'est bon mais je monte sur mon vélo presque trop fébrile. La météo de notre bord (pour ne pas dire le vent léger dans notre dos), mon chum de route et moi pédalons avec facilité les 146 kilomètres du samedi, direction: Trois-Rivières. Tout au long de la journée, je rencontre des cyclistes avec des drapeaux jaunes ou blancs... Le soir on m'explique: jaune pour les survivants, blanc pour les combattans.  Je récupère donc mon drapeau jaune en pensant aux drapeaux blancs. Trois-cent kilomètres de vélo en plein combat; il faut le faire.

Le dimanche, nous parcourons la deuxième partie du trajet, jalonné de belles côtes entre Grondines et Québec... dures pour les vélos mal entretenus et impitoyables pour les cuisses non entraînées. Tout au long de la journée, plusieurs des deux mille participants lèvent le pouce lors des dépassements, me saluent ou me félicitent tout haut. La force du drapeau. Une histoire de survie, une preuve tangible que c'est possible, pour tous ces participants motivés par des raisons toute personnelles, ça représente une victoire collective. Fière et émue, j'accueille l'encouragement avec humilité. Nous "traînons" une partie de notre équipe dont ni les cuisses, ni le moral ne suivent plus l'intensité imposée par le parcours côteux. À notre arrivée, 149 kilomètres plus loin, je souris, il sourit, nous sourions. Mon amoureux est là; ému. Nous sommes tous les deux inscrits pour le Cyclo-Défi de 2011.

26 juillet, je retourne au travail et j'apprends le décès (d'un cancer du sein en récidive), d'une camarade au coeur d'or. Le contraste me fait encore frissonner. Suite aux dernières rencontres médicales en juillet, je vis, enfin, enfin, enfin mon retour au travail. Que la vie me paraît belle ce matin-là; une belle promesse de jours meilleurs. le soleil brille, mon sourire aussi. Jamais n'a-t-on vu de fiscaliste plus avide d'entamer un dossier. D'ailleurs, tous mes nouveaux collègues expérimentés (pour ceux qui suivent bien, j'ai changé d'employeur l'année dernière, juste avant d'entamer cette belle aventure) partent en vacances le vendredi suivant... Je me propose donc pour un dossier important et urgent. Me voilà plongée dans le bain, rapidement et pas trop rouillée malgré tout. Je suis dans ma zone...

Tard en avant-midi, j'accueille avec tristesse le décès de ma belle amie, soulagée de l'avoir vue la veille dans son sommeil (médicamenté) paisible... et de lui avoir dit cette phrase qui me tenait tant à coeur: "Ta famille est magnifique; solide et aimante autour de toi; tu vis déjà en eux; va en paix ma belle". Elle était entourée, dans sa toute minuscule chambre, de ses trois enfants, de son gendre, sa bru, de ses dix petits-enfants et de quelques amis. La larme à l'oeil, le coeur en paix, je suis sortie avec la ferme certitude que c'était notre dernière rencontre mais que j'avais dit ce qu'il fallait.

30 juillet, j'assiste, émue, aux funérailles de mon amie au coeur d'or. Elle ne faisait rien comme les autres celle-là! Elle cultivait le sens du spectacle et son amour pour plusieurs artistes de la scène régionale à qui elle offrait des premières chances lui a d'ailleurs valu le permis de leur demander une prestation musicale toute spéciale. Pour elle. À sa mémoire. La cérémonie n'est donc pas animée par un prêtre mais se traduit plutôt par une succession de prestations musicales par des musiciens, des chanteurs, chanteuses qu'elle a côtoyés. Elle en a connu des artistes mon amie! En fait, ce n'était pas une cérémonie, c'était un spectacle pour célébrer la vie, SA vie. Beau, flamboyant, émouvant, comme elle. Ses dix petits-enfants, âgés entre huit et seize ans (environ), qui entonnent "Il était une fois des gens heureux"... (a cappella). Deux mois plus tard, ce souvenir à lui seul me pique les yeux... Et que dire de cette sortie de l'église au son des percussions...un hymne à la vie, au battement des coeurs, à l'amour. Tout simplement: magnifique.

Les semaines passent... Les anniversaires arrivent.

Le mien: Trente-huit ans. Qui pourrait croire qu'une femme puisse célébrer autant ses trente-huit ans? À mes vingt ans, à mes trente ans, je ne pensais pas alors que le tournant de mes trente-huit ans représenterait une si belle victoire. C'en est une. Je m'arrête pour réaliser à quel point je suis heureuse. Il faut le réaliser. Souvent.

Le 30 août, ma Grande entre à la maternelle. Vivre cette étape importante avec elle me rappelle ma propre enfance: j'adorais l'école. Après une rencontre avec son professeur, une femme d'expérience, toute en force calme, je retourne à mes occupations, rassurée. Après une rencontre avec les parents, je constate que deux autres voisins seront dans sa classe; des figures connues, ça aide à l'intégration... Mais, le summum du non-stress pour une maman: une amie, éducatrice en adaptation scolaire, passera une demi-journée dans sa classe pour s'occuper de certains enfants... Là, fini le stress. C'est dur de couper le cordon... Plus pour la maman que pour la Grande je pense... Aujourd'hui, un mois plus tard, je la sens déjà plus mature, plus expressive. Elle avait besoin de cet élément de stimulation. Elle s'intègre bien.

Le 2 septembre: anniversaire du début de l'aventure: dure journée. Le coeur nostalgique, la tête ailleurs, la journée me parut bien longue.

Le 4 septembre, on a souligné la fête de mes princesses... l'année dernière, les événements se bousculant, on avait annulé la grande fête. Mais, cette année, c'est une journée entière de célébrations: le midi avec plein de frimousses et le soir avec la famille. À plusieurs reprises, je dois ressaisir mes émotions pour ne pas laisser mes larmes affoler tout le monde. Mes filles célèbrent leur anniversaire avec leur maman.

Le 11 septembre, je pédale en une journée les 215 kilomètres qui séparent mon patelin de Québec, à nouveau, je sillonne le chemin du Roy. Les fonds recueillis pour cette randonnée vont au profit du 3B, pour ceux qui ont oublié, le 3B c'est l'oncologie de l'hôpital de mon patelin. Cette date représente l'anniversaire de mon entrée dans ledit département... Pour moi, l'image est forte et, au cours du parcours, l'émotion me serre parfois le coeur et me pique les yeux: sur 215 kilomètres, on a le temps de penser. Beaucoup. Accompagnée de mon fidèle compagnon de vélo, nous parcourons les premiers 130 kilomètres en criant "lapin". Je me trouve un peu "freak" de cumuler de si longues sorties sans problème... Au 133e kilomètre, on arrête pour luncher et mon amoureux ainsi que l'amoureuse de mon chum de vélo nous rejoignent pour terminer le défi avec nous. La fin de la randonnée est jalonnée des mêmes côtes que le 11 juillet... le parcours ne s'aplatit pas comme ça en deux mois quand même! On va à la guerre ensemble pour affronter le vent mais on reste seul sur son (maudit) vélo dans les côtes... Une belle côte quand on a déjà 150, 160, 180, 200 kilomètres dans les jambes... ouch! Arrivée à Québec, je suis vidée, complètement. Mais combien fière d'avoir accompli ce défi avec succès. Et d'être là.

Et d'être là.