Deux mois déjà que ma vie a basculé. Huit semaines et quatre jours depuis ma décision d'activer le mode "combat". En mode combat, ma perspective entière est bouleversée. Aimer et survivre. Point.
En soixante jours d'annonces, de conversations, de courriels, les messages d'espoir et de courage se succèdent et j'accueille chacun de ces messages avec bonheur. Je constate avec émotion toute la beauté du monde: des gens très proches mais aussi des gens plus éloignés de moi par les aléas du temps, tous me manifestent leur appui de mille et une manières et parfois simplement avec des mots, toujours bienvenus.
Plusieurs me répondent "je ne sais pas quoi dire", "je suis mal à l'aise et me sens impuissant", "je voudrais t'aider mais ne sais pas comment", c'est déjà beaucoup de le mentionner. J'ai aussi lu et entendu des phrases fort maladroites mais loin de moi l'idée de m'en plaindre ou de m'en offusquer, la patiente est indulgente, la maladresse implique un malaise mais surtout le courage d'exprimer la compassion. En plein combat, je n'ai toujours pas déniché le mot magique ni le geste miraculeux mais j'entends ou lis chaque jour des paroles qui me vont droit au coeur et des actions bien simples qui me témoignent toute la compassion dont je me nourris. La sincérité manifestée, même le plus maladroitement, me convient parfaitement.
Pour moi, une seule réaction m'est inacceptable: l'indifférence. Ou encore pire, oser dire des phrases du genre "je ne suis pas capable, ça me fait trop de peine" ou "c'est trop dur". Malheureusement, j'ai entendu ce genre de connerie par personnes interposées. À ces gens, je ne parlerai pas de ma maladie et, probablement, je ne parlerai plus de rien. Les égocentristes, très peu pour moi. Car je crève d'envie de leur crier à la face: "MOI NON PLUS JE NE SUIS PAS CAPABLE; MAIS, VOYEZ-VOUS, JE N'AI PAS VRAIMENT LE CHOIX".
Cela dit, mes amis, vous êtes parfaits, mon moral est à son meilleur. Ma famille, vous me rendez si fière, dans l'adversité, nous nous tenons comme jamais. Mon Homme, mon pilier qui me ranime l'espoir au besoin, qui m'aide à centrer mes énergies sur mon combat en ne craignant pas les possibles dommages collatéraux, j'ai l'amour renouvelé.
Mercis. Malgré la solitude du combat physique contre la maladie, le combat psychologique contre l'angoisse est rudement mené par toute une armée, la plus forte, celle de mes amis, ma famille, mon amour réunis.
dimanche 1 novembre 2009
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5 commentaires:
Très beau message, plein de tendresse...
Je suis en effet loin de toi par la distance mais aussi par (tu l'as si bien dit) les aleas du temps. Je pense souvent à toi et j'essaie de t'envoyer des ondes positives!
Merci de partager ton combat, j'admire ton courage.
À bientôt mon amie
Chantal B
@ChantalB: je les reçois. :)
c' est à nous à te dire merci!
d' être si combative, d' accepter les petits mots de chacun de nous bien ou mal exprimer...
d' accepter d' aller à tes traitements sans trop faire de chichi parce que tu sais ce qui t' attends les jours suivant,
merci d' être ma grande fille
je t' aime
maman
Merci pour la belle soirée de samedi, courir l'Hallowenn avec tes princesses m'a rappelé de beaux souvenirs de mes princesses qui avaient elles aussi de grands yeux brillants lors de ces moments magiques. C'est toujours agréable de partager un repas en votre compagnie et te voir faire pleins de projets pour l'an prochain avec ton homme, tes enfants et pour toi même. Continue ton positivime, c'est la clé du succès. A+ Bonne semaine
Nancy C
On va toujours etre la pour toi et ta belle famille a tout moment. Godin Family xxxx
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