- Écoutes-tu Lanc...
- Non!
- Regard...
- Non!
- Est-c...
- Non!
- ...
- Non!
Pas besoin de mon petit écran, je le vis dans ma vraie vie, dans ma vraie maison, dans un vrai hôpital, dans mon vrai lit, au-dessus d'une vraie cuvette. En fait, mon intérêt pour la télésérie de hockey s'est effrité dès les premières saisons tout juste avant le début de ma vie d'adulte exilée dans une province anglophone pour y étudier et y perdre momentanément tout intérêt pour la télévision québécoise. Je n'ai vu aucune série de Lance et Compte depuis 1991: pas vu Lance et Compte 3,4, 20, 100 alors vous dire comme je suis larguée pour la 1000e série.
Pourtant, malgré ma vraie vie de patiente atteinte de ce cancer-là qui ne veut pas le voir parce qu'elle le vit pour vrai, malgré que mon intérêt pour Lance et Compte 1000 soit nul, archi-nul, je me laisse emporter par la curiosité de vos questions. Aussi, et surtout, pour constater de visu votre conception de ma réalité, je zappe pendant les pauses commerciales de ma messe télévisuelle du lundi soir, La Galère, et je capte certaines scènes du drame de Suzie Lambert, atteinte d'un cancer du sein. Ainsi, je pus capter certaines des scènes de pleurs, de cris, de drames presque ridicules tellement elles sont remplies de trop. Trop de larmes, trop de cris, trop de stress avec les cheveux, trop d'attachement pour le corps, trop de pas assez de courage. M'enfin. Finalement, je pris une heure pour visionner les scènes pertinentes. Je me permettais de critiquer sans avoir vu ce qui, j'en conviens, minait ma crédibilité. Maintenant voilà, je m'accorde le privilège de la critique:
En bref, tout y est: le désarroi lors du diagnostic, la peur de la mort, la vie qui bascule, l'angoisse face à la perspective d'une mastectomie, le stress de perdre ses cheveux, les nausées post-chimio, etc. Toutefois, comme pressenti, tout y est "trop". Bien sûr, il s'agit de spectacle télévisuel, bien sûr, il faut accrocher le téléspectateur, bien sûr, il faut en mettre un peu mais, à ce point? Je continue de déplorer que tout cela demeure du spectacle et une occasion ratée de montrer la réalité du quotidien de la patiente.
Il faut dire à celle qui recevra un diagnostic après avoir vu les épisodes que tout ça fait bel et bien partie de l'aventure mais aussi bien d'autres choses. Une fois le choc du diagnostic passé, on se retrousse les manches et on se découvre une force intérieure insoupçonnée. Une fois les trois pénibles premiers jours après le traitement de chimio, la fatigue demeure mais elle se contrôle suffisamment pour permettre la vie agréable. Une fois les angoisses affrontées, les crises de larmes se raréfient. La sérénité s'installe, exquise celle-là. Ma vie n'est pas un spectacle mais un fleuve tranquille parce que je la décide ainsi. Heureuse, tranquille, sans grand déploiement. Souriante dans ma sérénité confortable.Je me bats, tout doucement. Force tranquille devant l'épreuve.
1 commentaire:
ouais, tu l'as dit, force tranquille devant l'épreuve mais j'avoue que je n'ai aucune idée comment moi je réagirais. Peut-être que je deviendrais aussi hysstérique que Suzy. Peut -être pas. Mais je sais vraiment pas si je serais aussi forte et courageuse que toi ma chérie. je t'admire chère filleule. Et je t'aime
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