vendredi 11 septembre 2009

Plan de match

Aujourd'hui, c'est le grand jour: mon admission au 3B (he he). Il ne faut pas confondre avec le 3E (aile psychiatrique); 3B c'est l'oncologie. "Oncologie", je déteste déjà le mot. L'infirmière-pivot ("IP") me rencontre pour enclencher le processus. Nous commençons par une bonne discussion sur, notamment, mes états d'âme. Je lui résume: "je veux que les choses avancent, je n'aime pas sentir que je perds du temps précieux".

Elle comprend alors mon besoin et se lève tout-de-go quittant son bureau dans lequel elle nous reçoit, mon Homme et moi. Elle revient avec en mains des documents de toutes les couleurs. Elle finalise les demandes pour les examens supplémentaires nécessaires pour comprendre mon "vrai" état de "santé" (sic). Elle me parle d'une rencontre rapide avec l'oncologue elle obtient une date pour la chimio. Elle quitte à nouveau son bureau...

À son retour, elle m'annonce que je rencontre l'oncologue dès mercredi prochain et que je commence les traitements dans la semaine du 21.

La chimio commencerait donc dans moins de 2 semaines pour environ 18 semaines (6 cycles de 3 semaines selon l'IP mais ça pourrait changer)... ce qui me mènera au début de janvier. Ensuite, ce sera la chirurgie. Tumorectomie? Mastectomie partielle? ou totale? Ça reste à déterminer, tout dépendra de la réaction de mon corps à la chimio.

Après cette rencontre, je ressens un tel soulagement à connaître un plan de match... Mais j'ai peur. De l'inconnu. De mon propre corps.

jeudi 3 septembre 2009

Une échographie non couverte par la R.A.M.Q.

Le 2 septembre 2009, lors de mon agréable rencontre avec le sympathique radiologiste, il insistait pour me soumettre illico à une échographie. À l’entendre, cette échographie urgente ne pouvait attendre pas même quelques secondes. C’est ainsi que sans connaître mes options comme subir l’échographie à l’hôpital, sans frais, je me soumis à l’examen, la peur dans l’âme. Il est vrai que la densité de mon sein de jeune fille ne lui permettait pas de poser son diagnostic en utilisant pour seul outil les clichés de la mammographie. Il est vrai que même devant les options, j’aurais quand même choisi de payer pour l’échographie urgente. Tout est dans le ton.

Me voilà donc dans cette salle d’échographie; la gorge nouée par la peur, le corps refroidi par cette table métallique trop étroite, le cœur paralysé par cet exercice de sang-froid. Je restai muette pendant toute l'échographie. Après ce qui me parut des heures de silence, le radiologiste posa son diagnostic sans appel: "C'est une tumeur qui a envahi le ganglion axillaire". Le silence se mit à me bourdonner dans les oreilles… je me ressaisis. Il continuait de parler… Il communiquera tout de suite avec mon médecin de famille et je dois attendre avant de quitter puisque je dois rencontrer un chirurgien dans les plus brefs délais. Un chirurgien? Rapidement? Je meurs?

Les larmes emprisonnées dans mon cœur, je me présente donc dans la salle d'attente pour vivre un premier moment totalement surréaliste avec cette cochonnerie de cancer confirmée en moi. La R.A.M.Q. ne couvrant pas les frais reliés à ladite échographie, la désagréable expérience de ce matin ensoleillé me coûte donc quarante-cinq dollars. Je suis endettée de quarante-cinq dollars envers le système de santé pour une échographie en bonne et due forme de mon sein gauche. Et la charmante réceptionniste se fait un devoir de me le rappeler immédiatement. À ce stade-ci de l'aventure, ma dette de quarante-cinq dollars envers un État qui me pompe l'air douze mois sur douze, je n'en ai que rien à cirer. Surtout que mon amie la réceptionniste n'accepte pas le plastique et que je n'ai pas de liquidités dans mon sac. Il m'enverra une facture l'État! Abasourdie, je pense sérieusement me sauver...

Le radiologiste se pointe alors pour me demander d'attendre les clichés de mammographie et d'échographie ainsi que son rapport avant de quitter la clinique. Voulant lui répondre, j'ouvre la bouche: "D'accord, j..." Mais la voilà qui m'interrompt... la réceptionniste se sentant investie d'une mission : "Elle" peut donc aller au guichet automatique en attendant les documents?!"

Non mais, ça ne va pas la tête? Je viens d'apprendre que j'ai un cancer du sein, j'attends des clichés pour aller rencontrer mon médecin de famille dans le but ultime de rencontrer un chirurgien et vous, charmante réceptionniste, n'avez en tête que ce paiement de quarante-cinq dollars? Il faut ici comprendre, chère dame, qu'une heure plus tôt, je me préparais à obtenir un diagnostic d'un gugusse bénin, à retourner à la maison profiter de mes derniers jours de congé de maternité, à préparer la grande fête de mes filles jumelée à la pendaison de crémaillère qui devait avoir lieu cette fin de semaine puis, à commencer une nouvelle vie professionnelle chez mon nouvel employeur. Tout a basculé pour moi pauvre tache!

"Elle" se lève donc, un peu zombie, pour se rendre au guichet automatique pour acquitter sa dette de quarante-cinq dollars, complètement absente, pas encore complètement heurtée par le choc. "Elle" revient, paie la charmante réceptionniste, repart avec ses clichés et tente de rassembler ce qui lui reste de courage pour se rendre à la maison sans incident.

Dans un centre de radiologie où les mammographies sont pratiquées tous les jours et, malheureusement, les diagnostics de cancer du sein sont monnaie courante, aurais-je pu espérer plus de chaleur humaine, plus de compassion, plus que ce traitement cavalier? Assurément! Surtout que je paie pour ce système de santé, moi et des millions d'autres.

mercredi 2 septembre 2009

Oui mais, moi aussi j'ai peur des aiguilles

Depuis déjà quelques temps, le grand mal rôdait. Aucun symptôme autre que cette petite bosse au sein gauche. La petite bosse devenue stressante, je pris mon courage à deux mains et obtint un rendez-vous pour une mammographie. Donc, ce mercredi le 2 septembre, je subis cette mammographie qui devait, je tentais de m'en convaincre depuis quelques jours, me confirmer la bénignité de cette bosse. Voyons! Il ne peut que s'agir d'un kyste ou autre gugusse du genre.

La mammographie se déroule bizarrement, la technicienne pas sympa du tout pose une panoplie de questions adoptant le ton de l'Inquisition. Vous êtes jeune, avez-vous des antécédents? Vous l'avez trouvée comment cette bosse? Ah oui, c'est bien vrai qu'on la sent beaucoup ici. Avez-vous des enfants? Elles ont quel âge? Elle se permet alors des commentaires sur l'âge de ma première grossesse: "vous les avez eues sur le tard"... Dans ma tête, je lui fais une jambette et elle tombe dans le corridor... Mais elle a le dessus sur moi. Je veux mon résultat right f*** now.

Elle me rejette vers ma "cabine". Il s'agit d'une cabine fermée par un rideau où l'on se change avant l'examen, je me rhabille en silence en attendant le radiologiste qui me dira que tout est "ok" et que je peux partir. C'est ça qu'il va me dire, c'est sûr. Comment pourrait-il en être autrement?

Après une longue attente pendant laquelle le radiologiste effectue ses analyses, il m'appelle et  me convoque à son bureau. Il veut procéder à un examen clinique... je commence alors à m'inquiéter plus sérieusement. Mon coeur s'emballe un peu. C'est que pendant mon séjour (qui me parut éternel) dans la cabine, j'ai entendu deux dames être appelées par la technicienne qui leur a donné leur congé sans plus de cérémonie, le docteur ne les a même pas vues! Mais moi il veut me voir. Pourquoi il ne voulait pas voir les autres et il veut me voir moi? Pas trop jasant, il se dit inquiet et il décide de procéder à une échographie sur-le-champ. Avec sa face de carême, il m'explique qu'il veut me "donner une réponse" aujourd'hui puisqu'il part en vacances pour 21 jours.

Je passe donc dans une autre salle. Suite à une longue et silencieuse échographie, il conclut sèchement : "c'est une tumeur qui a envahi le ganglion sous l'aisselle". (...) Selon lui, il me faut rencontrer un chirurgien d'ici mardi. (...) À ce moment-là, tout bascule. Je pleurerais mais, seule dans cette salle trop froide, je ne trouve pas mes larmes. Je pense à mes princesses.

Le radiologiste contacte mon médecin de famille et lui explique l'urgence de la situation. Pendant ce temps, j'attends sagement les clichés qu'il souhaite me remettre avant mon départ. Il veut que mon médecin de famille les voit cet après-midi et me souligne que les autres intervenants les voudront aussi pour tous mes rendez-vous à venir. Déprimant constat...

Assise dans cette salle d'attente trop sombre, trop froide, trop moche, je pense à mon amoureux et à mes princesses. Je veux tellement garder espoir. Pas moi, impossible, mon hygiène de vie ne peut me mener à "ça". Je ne trouve toujours pas mes larmes.

Une fois sortie de cette cave à malheurs, je m'installe derrière le volant, l'âme en peine. Tumeur. Chirurgie. Cancer. Dix minutes en voiture, un "blackout" dans ma vie... je n'existe plus ou peut-être que précisément, je me sens si vivante, justement.

Arrivée à la maison, je trouve enfin mes larmes et j'éclate en sanglots. Je prends rendez-vous avec mon médecin de famille pour l'après-midi, j'ai trop de questions pour attendre: la tumeur est-elle nécessairement maligne? Si oui, puis-je au moins espérer qu'elle soit localisée?

Mon médecin de famille quatre heures après la mammographie, il me confirme que dans mon cas, oui, tout indique à la malignité de cette ¢¢!/$/ bosse. Aussi, elle pourrait être localisée mais comme le ganglion sous l'aisselle gauche semble également touché...

C'est donc bien vrai.

Première étape prévue: vendredi 4 septembre 2009, 8h00, rencontre avec un chirurgien à l'hôpital. Rendez-vous en moins de 48 heures, je suis bien entourée.

mercredi 15 juillet 2009

Mon année à moi

2009 est une année à oublier... jusqu'à maintenant: Février-Mars-Avril: blessée / Mai-Juin: occupée avec mes multiples changements.

... donc ...

Juillet: on re-re-recommence / je refais mes objectifs basés sur une année scolaire (éternelle étudiante de jadis sors de ce corps!).

13 septembre 2009: Demi-marathon Oasis de Montréal - pas d'objectif de temps.
18 octobre 2009: Classique du Parc Lafontaine 10k (casser l'heure)
Novembre-Décembre: 5k à voir
1er Janvier 2010: Course de la Résolution 5k
Mi-février 2010: Demi-marathon hypothermique - pas d'objectif de temps
Mi-avril 2010: Demi-marathon Banque Scotia (casser le 2h)
Mai 2010: Duathlon Sorel-Tracy (5k (course) 33k (vélo) 2,5k (course))
Juin 2010: Demi-marathon des Îles de Boucherville (casser le 2h)
début Juillet 2010: 5k
Mi-Septembre 2010: Marathon international de Montréal

Plus de temps à perdre - mon programme d'entraînement est au point. Plus aucune excuse, Garmin est avec moi :)

mardi 16 juin 2009

Mai-juin 2009

Malgré les apparences, le titre de ce billet en dit long. En effet, mai et juin 2009 constitueront assurément une période charnière de ma vie. Du 1er mai à aujourd'hui -- deux mois et 1 semaine- ou dix semaines - ou 70 jours --, les décisions et événements s'enchaînent à un rythme effarant. A priori, commencer la conversation en disant que tout a basculé en 2 mois et voilà votre interlocuteur qui présume le pire: séparation , perte d'emploi, problèmes de santé. Dans mon cas, il n'en est rien. Tout change. Pour le mieux. Suite à des décisions.

Étape 1: Vendre notre maison

Après 10 années de sérénité dans notre Ville d'Adoption, l'Homme et moi décidions le 1er mai dernier de retourner vivre dans notre Patelin. Le mercredi 6 mai, la maison était vendue!

Étape 2: Acheter notre maison

Le mercredi 13 mai (décidément pas superstitieux: nous prenions possession de notre maison actuelle un 13, un vendredi - ouuuuh), nous concluions la promesse d'achat.

Étape 3: Quitter le Centre-Ville de Montréal - travail

Bon. Ce qui devait, selon mes calculs, prendre environ 4 à 6 mois (étapes 1 et 2) a plutôt pris 5 jours. Je devais prendre l'été pour réfléchir à mon avenir professionnel mais me voilà face à la réalité. Premier constat très facile: il me faut quitter le Centre-Ville de Montréal, je prends déjà environ 45 minutes pour m'y rendre alors le fait de m'éloigner rend cette option faisable (car empruntée par plusieurs de mes concitoyens) mais ne me convient pas compte tenu de l'importance du volume de travail requis.

Après 10 années de loyaux services envers Employeur, j'identifie mes possibilités: (a) Employeur-Potentiel-coup-de-coeur et (b) Employeur-Potentiel-back-up. Je me lance, pas mal stressée. Ça sonne des cloches?

Le contexte professionnel

L'an dernier, je me résignais à ma non-promotion et je découvrais l'ampleur de mon problème avec Goliath. De nombreuses conversations avec Petit Patron, Grand Patron et Directeur des RH me faisaient alors comprendre que le malaise était pratiquement palpable mais qu'on restait dans le "non-dit". L'an dernier, à l'aube d'un congé de maternité, je me résignais à mon sort.

Maintenant, après mûre(s) réflexion(s), je décide qu'un changement d'air est nécessaire: je décide de foncer et de tenter ma chance. Je préfère l'opportunité d'utiliser mes forces ailleurs et aussi, de travailler mes faiblesses (ou points d'amélioration pour adopter le langage "ressources humaines") dans un autre contexte où la confrontation ne ferait plus partie des paramètres. J'espère.

Depuis un an que j'y pense, voilà que mon amour-propre me somme de prendre une décision me permettant de trouver un environnement de travail plus propice à ma réussite. Pour moi.

La stagnation des 2 dernières années ne me convient plus et ma carrière nécessite un nouvel élan.

Les démarches

Début des démarches: le 15 mai sans trop rien attendre, puisque ni Employeur-Potentiel-coup-de-coeur ni Employeur-Potentiel-backup n'affiche de poste répondant à mon profil. Rapides retours d'appel, mon profil est rare et les deux souhaitent me rencontrer.

Après des entrevues, des courriels, des discussions, une journée complète de tests psychométriques, des moments d'attente relativement à des approbations de budget, les deux me faisaient des offres verbales le 25 juin. Deux offres très intéressantes.

Suite à six semaines de stress, d'absences à justifier à mon employeur actuel, de non-motivation, de hâte à conclure et régler le tout, voilà que le tout se concrétisait avantageusement pour moi. Entre le 25 juin et le 2 juillet, je me trouvais donc dans la meilleure situation possible: prendre une décision.

La décision

LE facteur de décision: créer du temps pour ma petite famille tout en ayant un emploi stimulant.

Fait. J'opte pour Employeur-Potentiel-backup pour lequel je travaillerai 3 jours dans mon Patelin (à 5 minutes de la maison) et 2 jours à 45 minutes de route. C'est plus que tout ce que j'espérais.

Note

Contre toute attente, il me fut fort difficile de quitter mon employeur actuel. En effet, n'acceptant pas ma démission, il tenta de m'offrir une formule de travail personnalisée (télétravail, horaire adapté, etc.). Selon leurs dires, je suis une excellente ressource qu'ils ne peuvent se permettre de perdre. En plus, une femme avec perspective de leadership. Après 2 journées de re-réflexions, ma décision demeure inchangée. Au-delà de la contrainte de distance, il y a les possibilités futures et le contexte de confrontation qui me hante depuis 2 ans. À cause de l'acharnement à mon endroit d'un seul de leurs comparses, ils doivent donc se résigner à me voir partir. Il fallait y penser avant et reconnaître mon "excellence" avant... L'an dernier, j'avais clairement dit à Petit Patron que si l'issue de la question de ma promotion ne me convenait pas, je ne pourrais rester. Personne ne me prenait au sérieux.

Cela dit, sans la déception de l'année dernière, je n'aurais même pas décidé de retourner dans mon Patelin... "Rien n'arrive pour rien". Pour que tout tombe en place ainsi en 2 mois; j'étais prédestinée.

Et maintenant, je vais passer plus de temps avec mes Princesses. :)