Depuis déjà quelques temps, le grand mal rôdait. Aucun symptôme autre que cette petite bosse au sein gauche. La petite bosse devenue stressante, je pris mon courage à deux mains et obtint un rendez-vous pour une mammographie. Donc, ce mercredi le 2 septembre, je subis cette mammographie qui devait, je tentais de m'en convaincre depuis quelques jours, me confirmer la bénignité de cette bosse. Voyons! Il ne peut que s'agir d'un kyste ou autre gugusse du genre.
La mammographie se déroule bizarrement, la technicienne pas sympa du tout pose une panoplie de questions adoptant le ton de l'Inquisition. Vous êtes jeune, avez-vous des antécédents? Vous l'avez trouvée comment cette bosse? Ah oui, c'est bien vrai qu'on la sent beaucoup ici. Avez-vous des enfants? Elles ont quel âge? Elle se permet alors des commentaires sur l'âge de ma première grossesse: "vous les avez eues sur le tard"... Dans ma tête, je lui fais une jambette et elle tombe dans le corridor... Mais elle a le dessus sur moi. Je veux mon résultat right f*** now.
Elle me rejette vers ma "cabine". Il s'agit d'une cabine fermée par un rideau où l'on se change avant l'examen, je me rhabille en silence en attendant le radiologiste qui me dira que tout est "ok" et que je peux partir. C'est ça qu'il va me dire, c'est sûr. Comment pourrait-il en être autrement?
Après une longue attente pendant laquelle le radiologiste effectue ses analyses, il m'appelle et me convoque à son bureau. Il veut procéder à un examen clinique... je commence alors à m'inquiéter plus sérieusement. Mon coeur s'emballe un peu. C'est que pendant mon séjour (qui me parut éternel) dans la cabine, j'ai entendu deux dames être appelées par la technicienne qui leur a donné leur congé sans plus de cérémonie, le docteur ne les a même pas vues! Mais moi il veut me voir. Pourquoi il ne voulait pas voir les autres et il veut me voir moi? Pas trop jasant, il se dit inquiet et il décide de procéder à une échographie sur-le-champ. Avec sa face de carême, il m'explique qu'il veut me "donner une réponse" aujourd'hui puisqu'il part en vacances pour 21 jours.
Je passe donc dans une autre salle. Suite à une longue et silencieuse échographie, il conclut sèchement : "c'est une tumeur qui a envahi le ganglion sous l'aisselle". (...) Selon lui, il me faut rencontrer un chirurgien d'ici mardi. (...) À ce moment-là, tout bascule. Je pleurerais mais, seule dans cette salle trop froide, je ne trouve pas mes larmes. Je pense à mes princesses.
Le radiologiste contacte mon médecin de famille et lui explique l'urgence de la situation. Pendant ce temps, j'attends sagement les clichés qu'il souhaite me remettre avant mon départ. Il veut que mon médecin de famille les voit cet après-midi et me souligne que les autres intervenants les voudront aussi pour tous mes rendez-vous à venir. Déprimant constat...
Assise dans cette salle d'attente trop sombre, trop froide, trop moche, je pense à mon amoureux et à mes princesses. Je veux tellement garder espoir. Pas moi, impossible, mon hygiène de vie ne peut me mener à "ça". Je ne trouve toujours pas mes larmes.
Une fois sortie de cette cave à malheurs, je m'installe derrière le volant, l'âme en peine. Tumeur. Chirurgie. Cancer. Dix minutes en voiture, un "blackout" dans ma vie... je n'existe plus ou peut-être que précisément, je me sens si vivante, justement.
Arrivée à la maison, je trouve enfin mes larmes et j'éclate en sanglots. Je prends rendez-vous avec mon médecin de famille pour l'après-midi, j'ai trop de questions pour attendre: la tumeur est-elle nécessairement maligne? Si oui, puis-je au moins espérer qu'elle soit localisée?
Mon médecin de famille quatre heures après la mammographie, il me confirme que dans mon cas, oui, tout indique à la malignité de cette ¢¢!/$/ bosse. Aussi, elle pourrait être localisée mais comme le ganglion sous l'aisselle gauche semble également touché...
C'est donc bien vrai.
Première étape prévue: vendredi 4 septembre 2009, 8h00, rencontre avec un chirurgien à l'hôpital. Rendez-vous en moins de 48 heures, je suis bien entourée.
2 commentaires:
calisse
oh non...vraiment désolée. Ça me donne les larmes aux yeux. Bon courage à toi et à ta famille. Ton hygiène de vie va t'aider à surmonter "ça". Confiance...
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