Comme prévu suite à l'appel du bloc opératoire hier matin, je me présente à l'hôpital à 10h30 dans le but de voir l'anesthésiste (appelons-le "Kumble") qui installera le PICC. Ma mère m'accompagne puisque l'inconfort post-PICC m'empêchera de conduire. Rassurant. Une fois passée à l'admission, nous nous dirigeons vers le département
"Chirurgie d'un jour" (court séjour). Nous nous armons de patience pour l'attente. À 10h50, je me pense vraiment hot quand l'infirmière m'appelle, se pourrait-il que ma condition me classe prioritaire. Quelle naïveté! L'infirmière me pose quelques questions, prend mes signes vitaux et me rejette dans la salle d'attente où placotent ma soeur (qui sort de physiothérapie avec sa petite) et ma mère. Nous placotons comme des vieilles picouilles habituées à passer du temps dans les hôpitaux. Vers 11h30, la frangine nous quitte pour s'occuper de son petit trésor.Vers 15h00 (enfin? ça fait 4h30 que j'attends), l'infirmière vient me chercher et m'installe sur un lit en s'excusant du délai. La compréhensive en moi lui dit que je peux imaginer des cas plus urgent et/ou douloureux que l'installation d'un PICC. "Malgré l'absence de douleur, vous vivez des choses très intenses". Je souris, un peu (très? oui, très) émue.
Puis, c'est le départ pour le bloc opératoire. Vraiment, c'est mon tour? Pas tout de suite, on me stationne plutôt à la salle de réveil, Kumble se présente et doit quitter pour une péridurale. Une future maman qui souffre. Urgence donc... Pendant cette attente finale, une patiente venant de subir une chirurgie est amenée en salle de réveil. Elle délire complètement comme entre le rêve et le réveil. Elle pleure, elle entend les infirmières parler et prétend qu'elles "parlent dans son dos", elle est parano. Kumble étant de retour, il s'approche d'elle et lui parle doucement pour la calmer.
Les infirmières viennent jaser avec moi, un peu gênées sachant que je suis là depuis 10h30. L'une d'elles me dit "pas pour me rassurer mais parce que c'est vrai" qu'elle a 5 (cinq!) amies qui sont maintenant guéries du cancer du sein. Mon coeur s'allège.
16h05: La procédure commence enfin. Pas jojo, mais là vraiment pas. Kumble localise une grosse veine dans mon bras droit (au-dessus du coude) et ça commence. Pas douleureux, juste très bizarre: le tube glisse vers mon coeur quand même...
16h15: Kumble se dirige vers le lavabo, il saigne suite à une coupure sur une aiguille. Voilà donc pourquoi il me demandait si je souffrais d'autres maladies. "Kumble?" il se retourne, je lui dis que je ne souffre ni d'hépatite, ni de VIH. Sans trop le montrer, il me semble quand même rassuré. À son retour près de moi, il me parle des Indiens qui échangent leur sang. "Nous sommes donc maintenant frères de sang" lui dis-je, bien fière de moi. Il me trouve très drôle. Quelle bonne patiente je fais! En plus de m'efforcer au calme, je divertis le personnel, ils vont bientôt me payer pour me traiter je pense.
Reprise de la procédure.
L'infirmière se penche vers moi "le pire est fait". Puis, lorsqu'arrivé à ma clavicule droite, elle me dit de tourner la tête et la retient afin que "le tube ne bifurque pas vers mon cou"... vraiment trop cool (yisshhh, je faiblis et j'ai chaud).
Il me fait deux petits points sur ma peau non anesthésiée (la dernière piqûre n'a pas pris...). Je trippe vraiment, cette expérience manquait définitivement à mon bagage. Je sue à grosses gouttes maintenant.
16h25: Terminé! Kumble me fait un pansement.
16h34: Radiographie pulmonaire afin de s'assurer que le PICC aboutit au bon endroit. Attendre.
16h48: Je vois apparaître la radiographie à l'écran de leur ordinateur. Trop creux de 5 cm... Il est dans mon coeur le fichu PICC!!! "Pas grave, je vais le retirer un peu" et voilà Kumble qui effectue la manoeuvre comme s'il était électricien... Terminé!!! pour vrai cette fois-ci.
Maintenant, personne à "Chirurgie d'un jour" ne peut venir me chercher. Ça va bien.
Pendant l'attente, nous observons ma radiographie de plus proche et Kumble me montre le PICC, mon coeur, mes poumons. Fascinant. Ai-je manqué ma vocation? je trippe total sur le corps humain maintenant. MON corps.
17h15: Enfin libérée. Je rassure ma mère qui me voyait quitter la salle d'attente à 15h00 pour n'en ressortir que 2h15 plus tard. Tout s'est bien passé et elle respire enfin.
Elle m'emmène souper au resto. Nous nous accordons le droit de relaxer. Enfin.
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