J'ai tu la grippe moi? Après ma rencontre avec l'Onco, en abréviation, oui car je présume que je peux me permettre une certaine familiarité avec lui (!). Après notre première rencontre donc, j'ai l'impression que je m'énerve pour rien depuis deux semaines. Q'en fait, je souffre d'une petite infection qu'un antibiotique guérira. À ma sortie, je dois donc vérifier l'inscription sur la porte de l'aile hospitalière: "Oncologie". C'est bien de là que je sors. Devant son calme désarmant et, surtout, sa confiance aux traitements suggérés, je pensais vraiment avoir confondu un médecin de famille qui soigne des rhumes, des grippes, des gastros avec un oncologue qui traite des cancers.Tout d'abord, il m'appelle dans son bureau avec quelques minutes seulement de retard. Dans le monde médical, un spécialiste avec quelques minutes de retards est à l'heure. Sa première intervention consiste à ma demander de lui parler de mon cas. Me voilà partie dans un résumé de mes deux dernières semaines, je suis moi-même surprise de m'entendre. Je maîtrise mon dossier et j'utilise le jargon médical. À ce moment précis, je me sens maître de ma situation, informée, confiante, calme. Devant ma curiosité, il me présente mes rapports de pathologie. Étrangement, lire mes propres rapports, discuter de la suite des choses avec lui me rassurent et renforcent mon sentiment de confiance si important dans mon combat. Comme si je reprenais un certain "contrôle" sur mon corps et sur la situation.
En bref, les résultats de la biopsie du 4 septembre confirment bien la présence d'un cancer mais les prélèvements, insuffisants, ne permettent pas de déterminer le comportement des récepteurs hormonaux et du HER. Il faudra donc une deuxième biopsie. Je lui dis, déçue : "Encore un délai. J'étais vraiment motivée à commencer la chimio la semaine prochaine". Il me promet que ça bougera vite et m'explique l'importance de bien comprendre à quoi on s'attaque.
Afin de bien comprendre mon protocole de traitements, je lui demande pourquoi on commence par de la chimio et non par une chirurgie. Pour ma part, je préfèrerais être opérée tout de suite; retirez moi cette saloperie au plus vite. Sa réponse est claire et je comprends alors que le protocole n'est pas ainsi pour des raisons esthétiques seulement. Tout d'abord, après la chirurgie, il faut un délai de convalescence avant de commencer la chimio et il y a alors un risque de propagation. Aussi, accessoirement, souvent (je souligne), après la chimio, il ne reste plus rien et on opère pour tout simplement enlever le site de la tumeur. J'aimerais beaucoup y croire.
Il me laisse partir en me promettant qu'il enclenchera le processus pour qu'une deuxième biopsie soit pratiquée dans les plus brefs délais. Je réitère: "Je suis vraiment motivée à commencer la chimio la semaine prochaine". Il me re-promet qu'il fera tout ce qui est possible.
Je sors de son bureau avec mon Homme, plus confiante que jamais. Le calme d'Onco renforce mon sentiment que je vaincrai la bibitte.
Moins de deux heures après mon rendez-vous avec Onco, l'IP m'appelle; la seconde biopsie sera pratiquée en radiologie, sous échographie, afin de s'assurer que les prélèvements soient adéquats. Le département de radiologie me convoquera d'ici mardi, les résultats seront disponibles environ une semaine plus tard et après seulement, pourrai-je commencer la chimiothérapie. De plus, nous aurons alors également les résultats de mes autres examens et prélèvements sanguins.
De toute évidence, la chimio commencera donc dans la semaine du 28 septembre.
Un peu déçue du décalage mais rassérénée par le calme et la confiance affichés par Onco et le fait que (malgré les délais) nous passons (encore) à une autre étape.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire