Arrivée au centre d'entraînement, les regards fuient lorsque j'enlève ma tuque. L'entraîneure, une copine à moi, vient prendre de mes nouvelles et les regards s'apaisent soulagés de constater mon enthousiasme. Que je ne m'effondrerai pas en pleurant, roulée en petite boule, dans les prochaines minutes... Je m'installe: un vélo, moi, la musique, un bonheur immense de recréer ma Bulle. À cet instant précis, j'ignore pourquoi, j'accepte consciemment, pleinement et sans crainte la possibilité de perdre un sein. Car, c'est bien d'un cancer du sein dont il s'agit et, bien que la médecine fasse des miracles (dixit mon amie Maryse), bien que la chimiothérapie puisse réduire ma tumeur à néant ou l'amenuiser assez pour justifier une tumorectomie (dixit l'onco), bien que, bien que, bien que, rien ne sert de fermer les yeux sur une éventualité désagréable mais trop plausible. À cet instant précis, je quitte le non-dit relié à la mastectomie totale. Je n'aime pas le non-dit. Que mon entourage ne craigne pas, je ne vais pas commencer à parler de cette possibilité comme une névrosée, je suis zen avec mon corps maintenant et serai zen avec mon corps de 2010. Peu importe, je continuerai de l'aimer et d'en prendre soin, de l'entraîner et de le bien nourrir et je veux qu'il vieillisse ce corps.
L'heure passe rapidement et j'en retire tous les bénéfices: vive les endorphines!
En avant-midi, dans ma voiture, j'entends une entrevue avec un chirurgien esthétique. Tiens, tiens, quel à-propos... Au cours de la portion que j'écoute atentivement pendant mon court itinéraire, le chirurgien et l'animatrice discutent de rides, de lifting, de Botox, de chirurgies mamaires diverses, de redrapage abdominal et tutti quanti. Encore une fois, je suis frappée par la force de l'évidence. Je veux vieillir, je veux des rides, je veux des cheveux blancs, je veux voir des chiffres ronds. La crainte, toute féminine, des chiffres ronds me fait alors frissonner d'envie. Je veux:
- Avoir 40 ans.Pour une personne à qui le destin frappe à la porte aussi abruptement, les chiffres ronds représentent un pied-de-nez. Je souhaite faire une grimace, plein de grimaces au destin.
- Avoir 50 ans.
- Avoir 60 ans.
- Avoir 100 ans.
3 commentaires:
bonne idée de bouger c' est en plein toi çà,
continue ma belle grande fille
je t' aime maman
xxx
Bravo mon aussi j'adore les chiffres ronds il m'arrive toujours de belles choses aux chiffres ronds et quand tu fêteras ton prochain chiffre rond 40 et moi quelques mois plus tard je fêterai mon chiffre rond 50 il ne faut pas craindre de vieillir, car le plus important c'est de vivre.
Continue ton entraînement car nous avons des pentes à descendre ensemble. Nancy
@Mom: xxx
@Nancy: oui, plein de pentes à descendre. Les chiffres ronds et les "pas ronds" aussi! Méchant party le 26 août 2010 à mes 38 ans! :) Amitiés, xx
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