29:47 sur un 5k
2:30:21 sur un demi-marathon
Finir les courses constitue un objectif louable. Et atteignable dans mon cas, je le sais maintenant. Cela dit, je souhaite passer à un autre niveau d'entraînement pour atteindre des objectifs plus précisés. Pas en folle, la tortue connaît ses limites quand même! Mais j'aimerais désormais atteindre une certaine constance, celle qui permet l'amélioration. Il me faudra de la discipline. Ça semble si simple... Et pourtant... L'entraînement de course demande beaucoup d'énergie et un plein potentiel à chaque sortie. Tout y passe: alimentation, sommeil, rythme de vie, énergie dépensée ailleurs. Bien entendu, courir doit demeurer un plaisir mais je veux essayer de pousser un peu, juste pour voir.
Deux semaines de repos forcé plus tard, la coureuse, presque remise de son demi-marathon, renouera avec le bitume demain. En effet, au sortir du demi, je m'étais bizarrement blessé le gros orteil... mon ongle est encore mauve (!?) mais ce n'est plus douloureux. Pendant ces deux semaine, j'ai repris les cours de spinning que j'enseigne, à raison de deux cours de une heure par semaine. Je décide l'intensité et les objectifs de chaque entraînement... Assez facile à gérer comme cross-training...
En cette petite journée de congé, bien affalée sur le divan (!), je me bâtis un ambitieux programme de huit semaines qui me mènera au 5k des Lutins et des Pères Noël, à Montréal, le dimanche 4 décembre prochain. Mon objectif: passer sous les 27:30. En termes clairs, améliorer mon 5k pace de 30 secondes. C'est un défi majeur pour moi: plus grand que de finir un demi je pense...
Analyser mes temps; une nouveauté pour moi. J'ai déjà hâte.
lundi 10 octobre 2011
vendredi 30 septembre 2011
En solo...
Trois jours à ruminer ma course de dimanche passé... Assez! Trop de pensées, pas assez d'action; je deviens folle.
De l'action. Tout mon être réclame de l'action. Que fait la cartésienne qui constate que tout ne se déroule pas comme prévu? Évident! Elle planifie, rédige des listes, définit des objectifs, projette. Armée de sa motivation et des leçons qu'elle tire de sa mince expérience, elle refait son plan d'action. Elle google aussi: des opinions, des trucs de pros, des programmes d'entraînement. Presque bien informée, la coureuse solitaire (celle-là même qui ne veut surtout rien savoir de personne quand ses semelles chauffent le bitume) réfléchit, médite, rumine, visualise. Seule. Voilà, mon plan est clair: en 2011-2012, il y aura un 10km, deux 5km, trois demi-marathons et, ultimement, un marathon. C'est beaucoup? Oui mais. Oui mais quoi? Rien. En fait, certaines courses s'insèrent dans mes plans d'entraînement, elles servent plusieurs fins: vivre et revivre le feeling particulier du stress de départ, apprendre à ignorer les autres pendant une course, surtout les "tombés", apprendre à gérer mes segments de course. Mais, surtout, surtout, me mesurer à moi-même. Pour fins de clarification; me mesurer à moi-même... Juste pour être bien sûre que chacun qui me lit saisit bien; me mesurer à moi-même. Cette mesure, je suis la seule à en saisir toute la perspective; moi seule connais mon rythme, mes craintes, mes freins, mes limites, mon mental. Me fixer un objectif équivaut à me rendre vulnérable, notamment en m'exposant à une déception envers moi-même. Comme dimanche? Pas tout à fait. Dimanche, j'ai démontré du caractère en restant bien ancrée à moi-même. Tant pis pour le tempsordinaire mauvais exécrable enregistré; je choisis de retenir les autres éléments; mon caractère et ma capacité à réviser mes objectifs en cours de route, de manière réaliste. Mon objectif c'était de finir le demi-marathon. C'est fait.
Next!
Mes objectifs: compléter certaines courses, améliorer mon temps sur certaines distances, améliorer mon rythme de croisière (bien entendu; quel coureur ne souhaite pas plus de vitesse...? ça fait partie de la définition, non?), faire preuve de plus d'assiduité et m'amuser... Surtout, avant tout, prioritairement, m'amuser. Me respecter, m'accorder ce petit moment trois, quatre fois par semaine pour me retrouver. Courir c'est ma méditation, mon moment de relaxation où je respire à mon rythme à moi. Pour moi. Avec moi. Mes sorties de course représentent autant de petits moments de folie passagère où je me dévoile à moi-même. Autant chaque entraînement peut devenir un moment de détresse pendant lequel la question qui tue est: Pourquoi... Autant une année complète avant l'objectif ultime, je ne veux pas m'éloigner de mon plan. Personne n'aura le privilège de miner ma motivation. Attention à vos paroles; vous pourriez bien vous retrouver privés de moi pour un an. Cela pourrait être terrible pour vous...
Au fait: Parce que... j'aime courir. J'aime me parler sans crainte d'entrer au 3E (he he). J'aime m'aimer. Je suis là. Voilà pourquoi!
De l'action. Tout mon être réclame de l'action. Que fait la cartésienne qui constate que tout ne se déroule pas comme prévu? Évident! Elle planifie, rédige des listes, définit des objectifs, projette. Armée de sa motivation et des leçons qu'elle tire de sa mince expérience, elle refait son plan d'action. Elle google aussi: des opinions, des trucs de pros, des programmes d'entraînement. Presque bien informée, la coureuse solitaire (celle-là même qui ne veut surtout rien savoir de personne quand ses semelles chauffent le bitume) réfléchit, médite, rumine, visualise. Seule. Voilà, mon plan est clair: en 2011-2012, il y aura un 10km, deux 5km, trois demi-marathons et, ultimement, un marathon. C'est beaucoup? Oui mais. Oui mais quoi? Rien. En fait, certaines courses s'insèrent dans mes plans d'entraînement, elles servent plusieurs fins: vivre et revivre le feeling particulier du stress de départ, apprendre à ignorer les autres pendant une course, surtout les "tombés", apprendre à gérer mes segments de course. Mais, surtout, surtout, me mesurer à moi-même. Pour fins de clarification; me mesurer à moi-même... Juste pour être bien sûre que chacun qui me lit saisit bien; me mesurer à moi-même. Cette mesure, je suis la seule à en saisir toute la perspective; moi seule connais mon rythme, mes craintes, mes freins, mes limites, mon mental. Me fixer un objectif équivaut à me rendre vulnérable, notamment en m'exposant à une déception envers moi-même. Comme dimanche? Pas tout à fait. Dimanche, j'ai démontré du caractère en restant bien ancrée à moi-même. Tant pis pour le temps
Next!
Mes objectifs: compléter certaines courses, améliorer mon temps sur certaines distances, améliorer mon rythme de croisière (bien entendu; quel coureur ne souhaite pas plus de vitesse...? ça fait partie de la définition, non?), faire preuve de plus d'assiduité et m'amuser... Surtout, avant tout, prioritairement, m'amuser. Me respecter, m'accorder ce petit moment trois, quatre fois par semaine pour me retrouver. Courir c'est ma méditation, mon moment de relaxation où je respire à mon rythme à moi. Pour moi. Avec moi. Mes sorties de course représentent autant de petits moments de folie passagère où je me dévoile à moi-même. Autant chaque entraînement peut devenir un moment de détresse pendant lequel la question qui tue est: Pourquoi... Autant une année complète avant l'objectif ultime, je ne veux pas m'éloigner de mon plan. Personne n'aura le privilège de miner ma motivation. Attention à vos paroles; vous pourriez bien vous retrouver privés de moi pour un an. Cela pourrait être terrible pour vous...
Au fait: Parce que... j'aime courir. J'aime me parler sans crainte d'entrer au 3E (he he). J'aime m'aimer. Je suis là. Voilà pourquoi!
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Entraînement
lundi 26 septembre 2011
Premier demi: c'est fait!!!
J'ai souffert: chaleur, humidité, montées, faux plats, pentes, côtes. Ces dernières, je ne m'y attendais pas, je n'y étais pas préparée (surtout). Aussi, j'ai été complètement déconcentrée par les "tombés"; épuisés, ils tombent et les secouristes les secourent. Un coureur s'est d'ailleurs écroulé dans la boîte pour déposer les verres vides à un point de ravitaillement. Évanoui. Puis, à 1 km de l'arrivée, un gaillard "tombé"; l'ambulance stationnée pratiquement dans le parcours, pas un mais quatre secouristes autour de lui, il ne gémissait pas, ne se tenait pas la tête comme les autres. Il gisait. Vraiment dans ma bulle de souffrance, concentrée pour finir (enfin!), j'ai continuer de courir... égoïste. Dans ce moment-là, malgré la foule, il n'y avait plus que moi de toute façon.
Justement: ma course à moi...
Arrivée sur rosemont, en haut de la montée, une dame crie "c'est fini les côtes, ça descend jusqu'à l'arrivée"!!!! Je l'embrasserais. Une, deux, une, deux, je repars sans réfléchir, je ne sens plus vraiment mes jambes. Il me reste alors 3 kilomètres. Je vois au loin un feu de circulation... est-ce Viau? ne pas y penser... si ce n'est pas Viau, je vais capoter. Une, deux, une, deux, c'est Viau!!!! je tourne à droite, il ne me reste plus qu'à descendre sur Sherbrooke et c'est pratiquement fini. Une dame crie "il en reste juste deux"... dans ma tête, je lui réponds "juste deux? juste deux? heille chose, je viens d'en courir 19 en puisant dans toutes mes réserves physiques et mentales, tu le veux où mon poing????". Je me suis alors imaginé les marathoniens qui en étaient eux à 40... oh là là! C'est bien parce qu'on est épuisé sinon, je suis sûre qu'il y aurait de la bataille!!!
En passant, la meilleure pancarte d'encouragement de la journée: "Run like you stole something"... j'ai bien rigolé (oui, oui, je vous jure).
La voilà: la borne du 20e. Il en reste 1... non plutôt 1,1... J'aperçois le "tombé" du dernier kilomètre... Je cours, je cours, je tourne à droite sur Sherbrooke. Elle est où l'entrée pour le parc Maisonneuve??? Voilà la borne du 26 miles... ce n'est pas 26 miles un marathon? pourtant, j'en étais si sûre... mais non, un marathon c'est 26 miles et 385 verges. Je cours, je cours. Voilà la borne du 42e kilomètre du marathon... il reste 195 mètres... voilà la borne du 21e kilomètre du demi, il reste 100 mètres. Je vois l'arche... Je mets le pied sur le tapis. Je m'effondrerais.... j'arrête ma Garmin: 2h30!!!!!! comment j'ai fait ça, je ne sais pas...
Comme un zombie, je marche, un homme dépose une médaille dans ma main, une dame me remet un sac avec des rafraîchissements. Je veux m'effondrer. Je ne peux pas, je cherche mon homme. Ne pas pleurer.
Quelques heures plus tard, j'apprends qu'un coureur est décédé. 32 ans, à quelques mètres de l'arrivée... Et si c'était lui? Mais non, plus tard je comprends que le gars était un "vrai" athlète, il serait rentré en 1h30.
24 heures plus tard, je me rends à l'évidence: mon propre entraînement était insuffisant et non adapté. Loin de vouloir abandonner, je me fixe de nouveaux objectifs. Je continue : mieux et plus assidûment. Malgré tout, j'ai adoré l'expérience. Les coureurs sont un peu fous... je commence à le croire..!
Justement: ma course à moi...
Mes 5 premiers kilomètres, tout baigne, je vois pratiquement mon temps espéré de 2h15 clignoter en lumières multicolores devant mes yeux. Puis, voilà la montée Berri. Ouf! Mon pas ralentit, les 3 kilomètres suivants se rythment à un début de souffrance tolérable. Reprenant du mieux sur le boulevard St-Joseph dans mon 8e, je commence à les apercevoir: des "tombés". Partout. Ils tombent, accablés par la chaleur et l'humidité. Ils tombent, épuisés d'avoir poussé (peut-être) plus que leur entraînement ne le leur permettait. Cette petite voix qui commence à me parler: "ton entraînement n'était pas adéquat; pas suffisant, pas assez intense"... Vers le 10e, 11e, il y a un genre de "blackout"; pas tombée physiquement mais perdue quelque part dans mes pensées, dans mon "mental". De cette portion de la course, je garde un (très) vague souvenir... Donc, je marche pendant environ 30 secondes, (ou est-ce plutôt 1 minute?), j'en profite pour me ravitailler: un sachet de gel et de l'eau. Mon rythme est cassé, ma concentration est cassée. Je suis cassée. Brisée. Ça fait tellement mal. Partout. Jusque dans les tripes. F*** le temps! je ne ferai même pas 2h30 à ce rythme de souffrance là.
J'adopte un rythme d'entraînement. Je trotte. Les bénévoles brandissent des drapeaux rouges "Ne pas tenter de records personnels", les conditions météo ne le permettent pas. T'inquiète, je ne me vois même pas arriver au fil d'arrivée. Vers le 13e ou 14e sur De Lorimier, je retiens mes larmes. Dans mon esprit c'est clair, si je vois mon homme, je pleure comme un enfant et je m'en vais! Le 15e.... Je ne sais plus comment compter; en kilomètre? en bloc de 3 kilomètres? en pas?! Soit je suis dans le dernier 1/3 de la course, soit j'en ai complété le 5/7, combien de pas au kilomètre, il me reste combien de pas? Je ne sais plus sur qui compter. Sur moi, sur moi, sur moi. Ma promenade au pas de "trotte" me permet de me ressaisir. Vers le 16e, sur Rachel, je suis toute là; à 5km de l'arrivée, mon mental reprend ses droits. Ma folie pure des 5 derniers kilomètres cède la place à mon "oumf". Go, go, go! Puis, je tourne à gauche et je la vois: la montée sur Pie-IX, à perte de vue on dirait, je ne vois pas le fil des coureurs tourner à droite sur Rosemont. Paf! le coup de poing dans le front. Là, je n'ai pas ralenti, j'ai marché. Déçue, résignée à laisser partir mon temps révisé de 2h30. Tant pis.Arrivée sur rosemont, en haut de la montée, une dame crie "c'est fini les côtes, ça descend jusqu'à l'arrivée"!!!! Je l'embrasserais. Une, deux, une, deux, je repars sans réfléchir, je ne sens plus vraiment mes jambes. Il me reste alors 3 kilomètres. Je vois au loin un feu de circulation... est-ce Viau? ne pas y penser... si ce n'est pas Viau, je vais capoter. Une, deux, une, deux, c'est Viau!!!! je tourne à droite, il ne me reste plus qu'à descendre sur Sherbrooke et c'est pratiquement fini. Une dame crie "il en reste juste deux"... dans ma tête, je lui réponds "juste deux? juste deux? heille chose, je viens d'en courir 19 en puisant dans toutes mes réserves physiques et mentales, tu le veux où mon poing????". Je me suis alors imaginé les marathoniens qui en étaient eux à 40... oh là là! C'est bien parce qu'on est épuisé sinon, je suis sûre qu'il y aurait de la bataille!!!
En passant, la meilleure pancarte d'encouragement de la journée: "Run like you stole something"... j'ai bien rigolé (oui, oui, je vous jure).
La voilà: la borne du 20e. Il en reste 1... non plutôt 1,1... J'aperçois le "tombé" du dernier kilomètre... Je cours, je cours, je tourne à droite sur Sherbrooke. Elle est où l'entrée pour le parc Maisonneuve??? Voilà la borne du 26 miles... ce n'est pas 26 miles un marathon? pourtant, j'en étais si sûre... mais non, un marathon c'est 26 miles et 385 verges. Je cours, je cours. Voilà la borne du 42e kilomètre du marathon... il reste 195 mètres... voilà la borne du 21e kilomètre du demi, il reste 100 mètres. Je vois l'arche... Je mets le pied sur le tapis. Je m'effondrerais.... j'arrête ma Garmin: 2h30!!!!!! comment j'ai fait ça, je ne sais pas...
Comme un zombie, je marche, un homme dépose une médaille dans ma main, une dame me remet un sac avec des rafraîchissements. Je veux m'effondrer. Je ne peux pas, je cherche mon homme. Ne pas pleurer.
Quelques heures plus tard, j'apprends qu'un coureur est décédé. 32 ans, à quelques mètres de l'arrivée... Et si c'était lui? Mais non, plus tard je comprends que le gars était un "vrai" athlète, il serait rentré en 1h30.
24 heures plus tard, je me rends à l'évidence: mon propre entraînement était insuffisant et non adapté. Loin de vouloir abandonner, je me fixe de nouveaux objectifs. Je continue : mieux et plus assidûment. Malgré tout, j'ai adoré l'expérience. Les coureurs sont un peu fous... je commence à le croire..!
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Entraînement
lundi 5 septembre 2011
2 septembre: 2 ans.
Ces anniversaires-là passent très dur: étrange mix de nostalgie, de soulagement, de craintes renouvelées. Cette année, l'anniversaire se nomme "deux tiers"... deux années sur trois avant de pouvoir dire que mon "triple négatif" devient un "Big C" ordinaire... comme si le "Big C" pouvait se qualifier d'ordinaire... Question de perspective j'imagine...
Hier, grosse fête à la maison pour l'anniversaire des princesses; avec la famille, je célèbre la Vie et les gens que j'aime avec les gens que j'aime.
Pour me rendre heureuse. Je veux dire parfaitement heureuse, je voudrais que tout mon monde apprécie les plaisirs simples et cessent de chercher le grand frisson qui est là, juste là.
Hier, grosse fête à la maison pour l'anniversaire des princesses; avec la famille, je célèbre la Vie et les gens que j'aime avec les gens que j'aime.
Pour me rendre heureuse. Je veux dire parfaitement heureuse, je voudrais que tout mon monde apprécie les plaisirs simples et cessent de chercher le grand frisson qui est là, juste là.
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Le grand combat
lundi 15 août 2011
Long run en fin de semaine: 16km
Eh oui! à 40 jours de l'événement, les papillons s'emparent de moi. Les questions m'assaillent, ennemies jurées de la pseudo-athlète (sic!) qui tente de franchir un jalon. Ne jamais se questionner: foncer. Mais bon, reste que je dois admettre que ce défi, la seule personne qui en saisit toute l'intensité, toute l'importance, tous les efforts nécessaires écrit présentement ces quelques lignes... Nulle autre que moi-même à convaincre de mes capacités. Moi, moi seule contre le chrono. Point.
À date, je vais bien. L'entraînement se passe bien, hormis quelques dérogations à mon programme. Certains jours de course, je me claque des "rides" de vélo avec ma gang. Excellent pour le cardio parce que je roule avec des "crinqués" mais pas nécessairement pour le "millage" de course. À date, seuls les speedworks et les "long run" demeurent sacrés. Quitte à les faire le lendemain du jour prévu. Je m'améliore; je deviens une Tortue endurante et constante.
Pour le reste, ma vie va bien... je recommence à travailler mercredi après des vacances reposantes avec mes Amours. L'école recommence dans deux semaines, la routine automnale approche... Bientôt deux ans "out of f***ing cancer"...
À date, je vais bien. L'entraînement se passe bien, hormis quelques dérogations à mon programme. Certains jours de course, je me claque des "rides" de vélo avec ma gang. Excellent pour le cardio parce que je roule avec des "crinqués" mais pas nécessairement pour le "millage" de course. À date, seuls les speedworks et les "long run" demeurent sacrés. Quitte à les faire le lendemain du jour prévu. Je m'améliore; je deviens une Tortue endurante et constante.
Pour le reste, ma vie va bien... je recommence à travailler mercredi après des vacances reposantes avec mes Amours. L'école recommence dans deux semaines, la routine automnale approche... Bientôt deux ans "out of f***ing cancer"...
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Entraînement
jeudi 28 juillet 2011
Les choses sérieuses
!!!
Enfin! je le prépare ce demi-marathon. Ben c'est du sérieux ça, non? Déjà 6 semaines de mon plan d'entraînement de complétées. Petite tortue va loin. En hommage, oui, oui, à ma lenteur, je me suis baptisée "La Tortue"; mes statuts FB en sont remplis!
Ce matin, en entraînement "relax", 10km... j'adore voir l'évolution: un mois plus tôt, ma course "longue" était de 9k... 9k "long run" début juillet - 10k "tempo run" le 28 juillet: même temps!!! Pas encore rapide, je m'améliore de semaine en semaine mais surtout je revis le plaisir de courir. Ma vie reprend ses droits et chaque pas me ramène à l'essentiel: vivre, sourire, en profiter. Simplement.
25 septembre 2011,à 10h30, la tortue prendra le départ du demi-marathon de Montréal sur le Pont Jacques-Cartier.
Enfin! je le prépare ce demi-marathon. Ben c'est du sérieux ça, non? Déjà 6 semaines de mon plan d'entraînement de complétées. Petite tortue va loin. En hommage, oui, oui, à ma lenteur, je me suis baptisée "La Tortue"; mes statuts FB en sont remplis!
Ce matin, en entraînement "relax", 10km... j'adore voir l'évolution: un mois plus tôt, ma course "longue" était de 9k... 9k "long run" début juillet - 10k "tempo run" le 28 juillet: même temps!!! Pas encore rapide, je m'améliore de semaine en semaine mais surtout je revis le plaisir de courir. Ma vie reprend ses droits et chaque pas me ramène à l'essentiel: vivre, sourire, en profiter. Simplement.
25 septembre 2011,à 10h30, la tortue prendra le départ du demi-marathon de Montréal sur le Pont Jacques-Cartier.
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Entraînement
8 mois... je reviens.
Mon dernier billet date de 8 mois. Rien de dramatique à mon actif pour 2011: que du bonheur, en rafale:
- Ma Grande a terminé son année de maternelle avec succès (!) et ma Petite devient une grande fille.
- L'hiver, on skie en famille et avec tout plein d'amis super.
- L'été, l'Homme et moi on roule en amoureux et avec plein d'amis super. Deux belles nouvelles montures; les kilomètres de vélo s'accumulent au gré des chaudes journées et d'un bonheur partagé.
- Cette dernière année, nous multiplions les nouvelles amitiés.
- Les invitations fusent et je renoue avec le plaisir d'inviter et popoter pour toute une gang.
- Les conversations vont bon train dans notre chaumière sympathiquement rebaptisée le "Manoir" par un de ces amis.
- Après 1 an de retour à la normale, la situation financière se porte (enfin) bien.
La vie est belle.
Et ma santé? Au gré des contrôles, le stress va et vient. Dernières rencontres en juin dernier, Oncologue se plaît à ne pas comprendre pourquoi les contrôles me stressent (!). "Tout va bien" qu'il me dit... Son assurance ne suffit pas à calmer mes multiples inquiétudes; ce mal de ventre..? ce mal de tête...? ce poing dans le dos...? Chaque petit bobo se traduit en une nouvelle source de souvenirs et de peurs.
Elle est si belle la vie.
- Ma Grande a terminé son année de maternelle avec succès (!) et ma Petite devient une grande fille.
- L'hiver, on skie en famille et avec tout plein d'amis super.
- L'été, l'Homme et moi on roule en amoureux et avec plein d'amis super. Deux belles nouvelles montures; les kilomètres de vélo s'accumulent au gré des chaudes journées et d'un bonheur partagé.
- Cette dernière année, nous multiplions les nouvelles amitiés.
- Les invitations fusent et je renoue avec le plaisir d'inviter et popoter pour toute une gang.
- Les conversations vont bon train dans notre chaumière sympathiquement rebaptisée le "Manoir" par un de ces amis.
- Après 1 an de retour à la normale, la situation financière se porte (enfin) bien.
La vie est belle.
Et ma santé? Au gré des contrôles, le stress va et vient. Dernières rencontres en juin dernier, Oncologue se plaît à ne pas comprendre pourquoi les contrôles me stressent (!). "Tout va bien" qu'il me dit... Son assurance ne suffit pas à calmer mes multiples inquiétudes; ce mal de ventre..? ce mal de tête...? ce poing dans le dos...? Chaque petit bobo se traduit en une nouvelle source de souvenirs et de peurs.
Elle est si belle la vie.
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la vie
vendredi 3 décembre 2010
Bon mois de décembre!
Le mois de décembre me fait frémir, beaucoup (trop) de mauvais souvenirs de décembre 2009. Oublier. Oublier. Oublier. En fait, non! Ne pas oublier justement mais plutôt traduire mes craintes par toute ma gratitude pour apprécier pleinement 2010, une magnifique année. Remplie de victoires, de bonnes surprises, de sourires et d'amour.
Pour (encore) mieux savourer l'heureux contraste, je remplis le mois de douceurs: tout d'abord, on part en vacances toute une semaine en amoureux pour la première fois depuis les enfants. Juste de pouvoir sincèrement dire que nous partons "en amoureux", après quinze ans de vie commune, je l'apprécie comme une belle réussite. Donc, week-end à Miami et croisière vers le Mexique: du soleil, de la bonne bouffe, du bon vin, de la farniente. C'est dans quatre jours de travail.
Ensuite, on travaille trois petites journées et on part en famille avec nos princesses, au Massif, pour skier toute la semaine de Noël. Avec des amis bien précieux aussi, des fidèles au rendez-vous. Tout en simplicité, on se prévoit: des soupers de conversations; des découvertes, des sourires, des émotions de souvenirs, des enfants excités et, bien sûr, du ski (!), des retours au chalet les joues froides à se gâter d'un bon latté (chocolat chaud pour les petits).
Je vous en souhaite tout un beau mois de décembre!
Abusez, c'est le temps d'en profiter... Profitez-en justement pour voir les gens que vous aimez et les aimer sans retenue, comme ils le méritent.
Pour (encore) mieux savourer l'heureux contraste, je remplis le mois de douceurs: tout d'abord, on part en vacances toute une semaine en amoureux pour la première fois depuis les enfants. Juste de pouvoir sincèrement dire que nous partons "en amoureux", après quinze ans de vie commune, je l'apprécie comme une belle réussite. Donc, week-end à Miami et croisière vers le Mexique: du soleil, de la bonne bouffe, du bon vin, de la farniente. C'est dans quatre jours de travail.
Ensuite, on travaille trois petites journées et on part en famille avec nos princesses, au Massif, pour skier toute la semaine de Noël. Avec des amis bien précieux aussi, des fidèles au rendez-vous. Tout en simplicité, on se prévoit: des soupers de conversations; des découvertes, des sourires, des émotions de souvenirs, des enfants excités et, bien sûr, du ski (!), des retours au chalet les joues froides à se gâter d'un bon latté (chocolat chaud pour les petits).
Je vous en souhaite tout un beau mois de décembre!
Abusez, c'est le temps d'en profiter... Profitez-en justement pour voir les gens que vous aimez et les aimer sans retenue, comme ils le méritent.
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"La vie
dimanche 14 novembre 2010
Sommaire - semaine du 7 novembre
Semaine de construction: je le répète: "je bâtis du kilométrage".
En résumé:
Course: 14 km (Lundi 4,5, Vendredi 3,5, Samedi 6).
Spinning: 2 x (Mercredi et jeudi (mon cours...)).
Total équivalence: 24 km.
Commentaires:
- Lundi: en congrès, à l'extérieur de la ville, ça aurait été si facile de rester couchée, de me trouver une défaite. Non, motivée, j'ai bravé le froid et un vent à ralentir même la tortue qui m'habite... pas mal fière.
- Pour le reste, c'est routine. Déjà!
- Samedi prochain: 7!!!
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Entraînement
dimanche 7 novembre 2010
Sommaire semaine du 31 octobre
I'm back! Tellement. Objectif: le demi-hypothermique dans 3 1/2 mois; 19 février 2011. Malgré mon urgence et mon enthousiasme (2011 sera, enfin, mon année..!), je commence en douceur. Après tout, mon unique objectif est de rallier le fil d'arrivée... Je bâtis du kilométrage (comme ils disent...).
En résumé:
Course: 13,5 km (Lundi 3, Mardi 4,5, Samedi 6).
Spinning: 2 x (Mercredi et jeudi (mon cours...)).
Total équivalence: 23,5 km.
Commentaires:
- Motivation: le pire actuellement c'est de ne pas me faire confiance; vais-je persévérer comme il y a deux ans?
- Lundi et Mardi, j'ai couru sur mon heure de lunch. Comme j'habite à 5 minutes du travail, ça facilite les choses.
- Déjà samedi, pendant mon 6km de course, mon feeling "oublié" de bien-être relié à la course revenait peu à peu. Au quatrième km, le boost d'adrénaline et d'énergie m'a redonné des ailes. L'automne est mon moment préféré de l'année pour courir.
- Je suis lente comme une tortue... (!).
- À la fin novembre, longues sorties de 10 km. J'ai déjà hâte... c'est là que je me sens le mieux.
- Mes cours de spinning sont de plus en plus tough: j'en profite pour faire des séances de force et de Vo2.
En résumé:
Course: 13,5 km (Lundi 3, Mardi 4,5, Samedi 6).
Spinning: 2 x (Mercredi et jeudi (mon cours...)).
Total équivalence: 23,5 km.
Commentaires:
- Motivation: le pire actuellement c'est de ne pas me faire confiance; vais-je persévérer comme il y a deux ans?
- Lundi et Mardi, j'ai couru sur mon heure de lunch. Comme j'habite à 5 minutes du travail, ça facilite les choses.
- Déjà samedi, pendant mon 6km de course, mon feeling "oublié" de bien-être relié à la course revenait peu à peu. Au quatrième km, le boost d'adrénaline et d'énergie m'a redonné des ailes. L'automne est mon moment préféré de l'année pour courir.
- Je suis lente comme une tortue... (!).
- À la fin novembre, longues sorties de 10 km. J'ai déjà hâte... c'est là que je me sens le mieux.
- Mes cours de spinning sont de plus en plus tough: j'en profite pour faire des séances de force et de Vo2.
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Entraînement
mercredi 3 novembre 2010
OUF!
Le 29 septembre dernier, pendant même que j'écrivais mon dernier billet sur mon été "en rafale", je me préparais mentalement à une échographie du sein gauche. Oui, oui, mon sein conservé... L'histoire, en bref:
Le vendredi 24 septembre, je mentionne à l'Homme, mon pilier, mon amour, celui qui me soutient depuis le tout début, qui me comprend, qui m'aime (tout simplement) qu'autour des abords de ma (très belle) cicatrice, il me semble y avoir des tissus plus durs ou, à tout le moins, une différenc. Nous en discutons sans trop vouloir y penser. Quand même un peu inquiets, nous concluons que, lors de mon rendez-vous de mi-novembre avec Dr. P. (le chirurgien), il faudra lui en parler afin qu'il puisse jeter une certaine lumière sur la situation.
Le lendemain, le samedi 25 septembre, vers treize heures, je deviens fiévreuse... Je grelotte, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai mal aux boyaux; ça dure jusqu'au dimanche soir.
Le lundi matin 27 septembre, ayant constaté une inquiétante rougeur couvrant tout mon dos du côté opéré, je téléphone l'IP, la seule personne dans tout mon univers médical dont je suis sûre à 100% qu'elle me répondra rapidement. Déçue, elle m'avoue qu'il n'y a pas de médecin en oncologie ce jour-là mais que mon cas semble urgent... Accompagnée de mon si fidèle compagnon, mon papa, je me retrouve vers quatorze heures à la clinique sans rendez-vous pour rencontrer un généraliste. En moins de deux, le médecin sollicitie sa collègue pour un deuxième avis. Sans aucune autre formalité, ils me réfèrent à l'urgence: il me faut voir de toute urgence le microbiologiste pour entamer une thérapie d'antibiotique par intraveineuse. Le médecin généraliste a déjà avisé l'urgence de l'hôpital de mon arrivée.
Arrivée à l'hosto, je passe au triage et l'infìrmière, déjà avisée de mon cas, me fait passer directement en salle d'examen. Le médecin ordonne une scepticémie: hémocultures, petit pipi dans le pot, radio des poumons. Comme on sait déjà qu'il y aura des antibiotiques en intraveineux, l'infirmière qui passe me voir pour les hémocultures installe également un cathéter "lock"... ouch! ouch! des maudits câlisse (oops!) de cathéter... Elle réussit du premier coup sur la main, ça fait mal, ce n'est pas "ergonomique" et lorsque la thérapie par antibiotique commence, je ressens un petit pincement très peu rassurant. Trente minutes plus tard, mon amoureux a pris le relais de mon papa et après la première dose, nous nous dirigeons vers la radiologie pour la radio des poumons. Je commence à peine à comprendre que cette radio fournira une indication de mon état actuel de santé, que tous les médecins (4) vus dans les dernières six heures y songent sans le dire: nous claque-t-elle une "récidive" la patiente...
À ce stade, la différence entre vous et moi c'est que moi, je SAIS que "shit can indeed happen"!!!
Après la radio des poumons, nous patientons une bonne demi-heure dans la grande salle d'attente, une fois appelée, je me dirige vers ma salle d'attente pour découvrir avec surprise mon chirurgien, Dr. P. en qui j'ai si confiance.
- Catharsis: Prénom du Dr. P., que fais-tu là?
- Dr. P.: Toi, que fais-tu là? il semble déçu que je sois encore aux prises avec des problèmes de santé.
Je lui explique la situation et lui fais part de mes inqiuétudes reliées aux tissus entourant la cicatrice. Il propose une échographie pour déterminer s'il s'agit, entre autres, de liquide "surinfecté" qu'il pourrait drainer. Malgré mon état "second" dû à la fièvre, je ne peux que constater son air songeur: rien de rassurant.
Après négociation avec l'urgentologue, je passe la nuit à l'hosto où je demeure sous observation "pas dans le corridor" mais dans un salle d'isolement. Après tout, j'ai une grosse infection...
Le mardi matin 28 septembre, le microbiologiste me rend visite pour m'expliquer que j'ai contracté un streptocoque: virulent dans ses symptômes mais qui réagit immédiatement aux doses. Effectivement, douze heures plus tard, je me sens déjà mieux et la rougeur dans mon dos s'estompe. Soupir de soulagement.
Avant de quitter, je dois passer au CLSC (attenant à l'hosto) pour me faire expliquer comment m'auto-injecter mon antibio en IV. Non mais ça va pas la tête? Je dois, en plus, me "gosser" le cathéter qui me pince! L'infirmière, une petite soie toute douce, m'appelle et commence à faire mon éducation sur l'auto-injection. C'est un système sans aiguille: le cathéter et les seringues contenant l'antibio sont munies de petits tubes qui se vissent l'un dans l'autre, pas mal ingénieux. Encore faut-il que le foutu cathéter fonctionne... le mien est scrap. On essaie de faire l'injection. Ouch! ouch! le cathéter ne fonctionne plus, il faut l'enlever. Traduction? eh oui! il faut m'en installer un autre... j'en pleurerais. Elle fait une tentative; manquée; je souffre. J'haïs les aiguilles... et encore plus les cathéters... En renfort, elle appelle sa collègue. Qui vois-je entrer dans la petite salle de traitements: très sympathique (sans ironie) infirmière, celle qui s'essaye à me piquer même quand j'ai un PICC line, vous vous souvenez? non, vous avez oublié? pas grave. Après quatre infructueuses tentatives, je suis en sueurs, je me sens faible; je demande une serviette humide pour me raviver... Elle tente une cinquième fois... Bingo! c'est fait. Je reviens à la maison après ce qui me semble une éternité pour réaliser qu'il s'agit seulement de vingt-quatre heures.
Le mercredi 29 septembre, je me porte à merveille. Outre les auto-injections quotidiennes, mes journées sont redevenues normales. Dans l'après-midi, je vais à l'hosto pour subir une échographie de mon sein gauche: une boule dans la gorge, le stress dans les jambes. Pour les fins de m'attirer votre sympathie, je vous mentionne que je rencontre alors mon vingt-deuxième médecin: Dr. Radiologiste-des-os... qui me fait une échographie d'un sein. Comme son degré de confort vis-à-vis ce type d'examen se limite à faire l'examen et à "garrocher" le cas, c'est-à-dire moi, dans la cour du voisin, c'est-à-dire Dr. P., il regarde son écran d'ordinateur, affiche sa face de carême et rédige son rapport.
- C'est terminé; j'enverrai mon rapport à Dr. P.
- Euh! (il ne sait pas qu'il a devant lui une patiente curieuse et avec un peu (quand même ) de culot) Je peux savoir ce qu'il y aura dans ce rapport?... (les faces de carême ça ne me dit rien de bon)...
- Cela pourrait être un hématome, des tissus cicatriciels, ....
- Ou une autre tumeur? (ses silences parlaient...)
- Oui, je suggère une biopsie....
Je sors de là effondrée. Une biopsie! une maudite biopsie! Je cours presque vers le corridor où je vois habituellement Dr. P. avant de me ressaisir. Premièrement, il pourrait très bien ne pas être là et deuxièmement, jamais les chiens de garde dans les cages en verre à l'entrée dudit corridor ne me laisseront assurément pas passer... Je grimpe donc au 3B pour voir l'IP. Elle me somme de me calmer et elle me promet qu'elle rejoindra Dr. P. pour lui expliquer la situation. Je vais rejoindre mon amoureux à son travail: amène-toi j'ai besoin de toi.
Nous passons la soirée à tenter de nous convaincre que c'est une mauvaise frousse...
La différence entre vous et moi c'est que moi je SAIS que "shit can indeed happen"!
Le lendemain, je rencontre Dr. En chef des bébittes qui, satisfait du résultat de l'antibiotique, autorise le retrait de mon cathéter. Petite victoire. L'IP me confirme alors que Dr. P. me verra lundi matin. Le week-end passe.... et, enfin, je peux discuter avec mon médecin qui me rassure mais ordonne quand même une mammographie, une échographie ET une "f***ing" biopsie à la discrétion du radiologiste. Maintenant que le pavé est dans la mare, il ne peut plus l'ignorer. Comme la clinique privée de radiologie de mon patelin (vous vous souvenez celle où je suis allée en septembre pour rencontrer plein de gens pratiquement effrontés de se prétendre "humains") semble supprimer le sourire à tous ceux qui y travaillent, je prends rendez-vous à l'hôpital située à une heure de route. De prime abord, ça peut sembler bien simple prendre rendez-vous: appeler, parler, remercier, noter au calendrier. Nope! il me faut envoyer par télécopieur la requête de mon médecin et, après seulement, elle daignera me parler. Quelques heures plus tard, elle m'appelle mais, elle ne peut me donner rendez-vous pour la raison qu'elle doit d'abord discuter mon cas "un peu spécial" avec le médecin. Le lendemain, je la rappelle pour faire un suivi.... on m'annonce qu'elle est absente et ne sera là que jeudi et qu'elle est la seule qui puisse donner les rendez-vous... Je pleurerais de rage mais je me résigne à sagement attendre jeudi.
Jeudi, je réussis à obtenir les rendez-vous nécessaires: mammographie le vendredi 15 octobre et échographie et, peut-être, biopsie le mardi 19 octobre.
Attendre, attendre, attendre...
Arrive le vendredi 15 octobre, je pourrais exploser de stress. La gentille technicienne en mammographie m'appelle et elle procède. Le jour et la nuit entre elle et la bizarroïde à la clinique de radiologie de mon patelin qui, entre autres, se permet de commenter avec dédain l'âge à laquelle j'ai eu mon premier enfant (!). Celle-ci me parle doucement; elle comprend que ça peut s'avérer plus douloureux sur mon sein opéré, à cause de la radiothérapie qui a fragilisé les tissus. L'examen terminé, elle me demande d'attendre pendant qu'elle vérifie la qualité des clichés pour savoir si le médecin voudra d'autres "prises". Une fois les clichés sur le panneau lumineux, je demande à voir. Elle affiche aussi la mammo du 2 septembre 2009... la différence me frappe et j'en suis aussitôt émue. Je me ressaisis et la gentille technicienne me dit:
- Je ne suis pas radiologiste mais je pense que nous aurons de bonnes nouvelles pour vous. Je vais voir le rediologiste de ce pas afin qu'il vous fasse votre échographie tout de suite... je ne pense pas qu'il fasse de biopsie puisque tout semble normal.
Mon coeur chavire... alors que je pensais sortir de là avec mon stress toujours entier jusqu'à mardi, date de l'échographie (+/- biopsie), me voilà stressée d'espoir. Le radiologiste me voit directement sans qu'une technicienne n'effectue de pré-examen. Après avoir regardé son écran, il me demande:
- Qui est stressé là?
- ... tout d'abord, moi! Ensuite, j'ai vu un radiologiste, spécialiste des os.. blah, blah, blah
- Tout ce que je vois me semble normal: des tissus cicatriciels et pas de trace de rien d'autre... Je suggère que vous continuiez vos examens réguliers mais pour maintenant, pas de biopsie nécessaire.
- .... vous savez que je vous aime vraiment aujourd'hui!!!!!
Il sourit, à peine, mais je m'en balance!
Premiers tests passés avec succès; plus tôt que prévu et j'accueille les résultats avec joie, soulagement, le sourire fixé, l'oeil brillant.
Le vendredi 24 septembre, je mentionne à l'Homme, mon pilier, mon amour, celui qui me soutient depuis le tout début, qui me comprend, qui m'aime (tout simplement) qu'autour des abords de ma (très belle) cicatrice, il me semble y avoir des tissus plus durs ou, à tout le moins, une différenc. Nous en discutons sans trop vouloir y penser. Quand même un peu inquiets, nous concluons que, lors de mon rendez-vous de mi-novembre avec Dr. P. (le chirurgien), il faudra lui en parler afin qu'il puisse jeter une certaine lumière sur la situation.
Le lendemain, le samedi 25 septembre, vers treize heures, je deviens fiévreuse... Je grelotte, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai mal aux boyaux; ça dure jusqu'au dimanche soir.
Le lundi matin 27 septembre, ayant constaté une inquiétante rougeur couvrant tout mon dos du côté opéré, je téléphone l'IP, la seule personne dans tout mon univers médical dont je suis sûre à 100% qu'elle me répondra rapidement. Déçue, elle m'avoue qu'il n'y a pas de médecin en oncologie ce jour-là mais que mon cas semble urgent... Accompagnée de mon si fidèle compagnon, mon papa, je me retrouve vers quatorze heures à la clinique sans rendez-vous pour rencontrer un généraliste. En moins de deux, le médecin sollicitie sa collègue pour un deuxième avis. Sans aucune autre formalité, ils me réfèrent à l'urgence: il me faut voir de toute urgence le microbiologiste pour entamer une thérapie d'antibiotique par intraveineuse. Le médecin généraliste a déjà avisé l'urgence de l'hôpital de mon arrivée.
Arrivée à l'hosto, je passe au triage et l'infìrmière, déjà avisée de mon cas, me fait passer directement en salle d'examen. Le médecin ordonne une scepticémie: hémocultures, petit pipi dans le pot, radio des poumons. Comme on sait déjà qu'il y aura des antibiotiques en intraveineux, l'infirmière qui passe me voir pour les hémocultures installe également un cathéter "lock"... ouch! ouch! des maudits câlisse (oops!) de cathéter... Elle réussit du premier coup sur la main, ça fait mal, ce n'est pas "ergonomique" et lorsque la thérapie par antibiotique commence, je ressens un petit pincement très peu rassurant. Trente minutes plus tard, mon amoureux a pris le relais de mon papa et après la première dose, nous nous dirigeons vers la radiologie pour la radio des poumons. Je commence à peine à comprendre que cette radio fournira une indication de mon état actuel de santé, que tous les médecins (4) vus dans les dernières six heures y songent sans le dire: nous claque-t-elle une "récidive" la patiente...
À ce stade, la différence entre vous et moi c'est que moi, je SAIS que "shit can indeed happen"!!!
Après la radio des poumons, nous patientons une bonne demi-heure dans la grande salle d'attente, une fois appelée, je me dirige vers ma salle d'attente pour découvrir avec surprise mon chirurgien, Dr. P. en qui j'ai si confiance.
- Catharsis: Prénom du Dr. P., que fais-tu là?
- Dr. P.: Toi, que fais-tu là? il semble déçu que je sois encore aux prises avec des problèmes de santé.
Je lui explique la situation et lui fais part de mes inqiuétudes reliées aux tissus entourant la cicatrice. Il propose une échographie pour déterminer s'il s'agit, entre autres, de liquide "surinfecté" qu'il pourrait drainer. Malgré mon état "second" dû à la fièvre, je ne peux que constater son air songeur: rien de rassurant.
Après négociation avec l'urgentologue, je passe la nuit à l'hosto où je demeure sous observation "pas dans le corridor" mais dans un salle d'isolement. Après tout, j'ai une grosse infection...
Le mardi matin 28 septembre, le microbiologiste me rend visite pour m'expliquer que j'ai contracté un streptocoque: virulent dans ses symptômes mais qui réagit immédiatement aux doses. Effectivement, douze heures plus tard, je me sens déjà mieux et la rougeur dans mon dos s'estompe. Soupir de soulagement.
Avant de quitter, je dois passer au CLSC (attenant à l'hosto) pour me faire expliquer comment m'auto-injecter mon antibio en IV. Non mais ça va pas la tête? Je dois, en plus, me "gosser" le cathéter qui me pince! L'infirmière, une petite soie toute douce, m'appelle et commence à faire mon éducation sur l'auto-injection. C'est un système sans aiguille: le cathéter et les seringues contenant l'antibio sont munies de petits tubes qui se vissent l'un dans l'autre, pas mal ingénieux. Encore faut-il que le foutu cathéter fonctionne... le mien est scrap. On essaie de faire l'injection. Ouch! ouch! le cathéter ne fonctionne plus, il faut l'enlever. Traduction? eh oui! il faut m'en installer un autre... j'en pleurerais. Elle fait une tentative; manquée; je souffre. J'haïs les aiguilles... et encore plus les cathéters... En renfort, elle appelle sa collègue. Qui vois-je entrer dans la petite salle de traitements: très sympathique (sans ironie) infirmière, celle qui s'essaye à me piquer même quand j'ai un PICC line, vous vous souvenez? non, vous avez oublié? pas grave. Après quatre infructueuses tentatives, je suis en sueurs, je me sens faible; je demande une serviette humide pour me raviver... Elle tente une cinquième fois... Bingo! c'est fait. Je reviens à la maison après ce qui me semble une éternité pour réaliser qu'il s'agit seulement de vingt-quatre heures.
Le mercredi 29 septembre, je me porte à merveille. Outre les auto-injections quotidiennes, mes journées sont redevenues normales. Dans l'après-midi, je vais à l'hosto pour subir une échographie de mon sein gauche: une boule dans la gorge, le stress dans les jambes. Pour les fins de m'attirer votre sympathie, je vous mentionne que je rencontre alors mon vingt-deuxième médecin: Dr. Radiologiste-des-os... qui me fait une échographie d'un sein. Comme son degré de confort vis-à-vis ce type d'examen se limite à faire l'examen et à "garrocher" le cas, c'est-à-dire moi, dans la cour du voisin, c'est-à-dire Dr. P., il regarde son écran d'ordinateur, affiche sa face de carême et rédige son rapport.
- C'est terminé; j'enverrai mon rapport à Dr. P.
- Euh! (il ne sait pas qu'il a devant lui une patiente curieuse et avec un peu (quand même ) de culot) Je peux savoir ce qu'il y aura dans ce rapport?... (les faces de carême ça ne me dit rien de bon)...
- Cela pourrait être un hématome, des tissus cicatriciels, ....
- Ou une autre tumeur? (ses silences parlaient...)
- Oui, je suggère une biopsie....
Je sors de là effondrée. Une biopsie! une maudite biopsie! Je cours presque vers le corridor où je vois habituellement Dr. P. avant de me ressaisir. Premièrement, il pourrait très bien ne pas être là et deuxièmement, jamais les chiens de garde dans les cages en verre à l'entrée dudit corridor ne me laisseront assurément pas passer... Je grimpe donc au 3B pour voir l'IP. Elle me somme de me calmer et elle me promet qu'elle rejoindra Dr. P. pour lui expliquer la situation. Je vais rejoindre mon amoureux à son travail: amène-toi j'ai besoin de toi.
Nous passons la soirée à tenter de nous convaincre que c'est une mauvaise frousse...
La différence entre vous et moi c'est que moi je SAIS que "shit can indeed happen"!
Le lendemain, je rencontre Dr. En chef des bébittes qui, satisfait du résultat de l'antibiotique, autorise le retrait de mon cathéter. Petite victoire. L'IP me confirme alors que Dr. P. me verra lundi matin. Le week-end passe.... et, enfin, je peux discuter avec mon médecin qui me rassure mais ordonne quand même une mammographie, une échographie ET une "f***ing" biopsie à la discrétion du radiologiste. Maintenant que le pavé est dans la mare, il ne peut plus l'ignorer. Comme la clinique privée de radiologie de mon patelin (vous vous souvenez celle où je suis allée en septembre pour rencontrer plein de gens pratiquement effrontés de se prétendre "humains") semble supprimer le sourire à tous ceux qui y travaillent, je prends rendez-vous à l'hôpital située à une heure de route. De prime abord, ça peut sembler bien simple prendre rendez-vous: appeler, parler, remercier, noter au calendrier. Nope! il me faut envoyer par télécopieur la requête de mon médecin et, après seulement, elle daignera me parler. Quelques heures plus tard, elle m'appelle mais, elle ne peut me donner rendez-vous pour la raison qu'elle doit d'abord discuter mon cas "un peu spécial" avec le médecin. Le lendemain, je la rappelle pour faire un suivi.... on m'annonce qu'elle est absente et ne sera là que jeudi et qu'elle est la seule qui puisse donner les rendez-vous... Je pleurerais de rage mais je me résigne à sagement attendre jeudi.
Jeudi, je réussis à obtenir les rendez-vous nécessaires: mammographie le vendredi 15 octobre et échographie et, peut-être, biopsie le mardi 19 octobre.
Attendre, attendre, attendre...
Arrive le vendredi 15 octobre, je pourrais exploser de stress. La gentille technicienne en mammographie m'appelle et elle procède. Le jour et la nuit entre elle et la bizarroïde à la clinique de radiologie de mon patelin qui, entre autres, se permet de commenter avec dédain l'âge à laquelle j'ai eu mon premier enfant (!). Celle-ci me parle doucement; elle comprend que ça peut s'avérer plus douloureux sur mon sein opéré, à cause de la radiothérapie qui a fragilisé les tissus. L'examen terminé, elle me demande d'attendre pendant qu'elle vérifie la qualité des clichés pour savoir si le médecin voudra d'autres "prises". Une fois les clichés sur le panneau lumineux, je demande à voir. Elle affiche aussi la mammo du 2 septembre 2009... la différence me frappe et j'en suis aussitôt émue. Je me ressaisis et la gentille technicienne me dit:
- Je ne suis pas radiologiste mais je pense que nous aurons de bonnes nouvelles pour vous. Je vais voir le rediologiste de ce pas afin qu'il vous fasse votre échographie tout de suite... je ne pense pas qu'il fasse de biopsie puisque tout semble normal.
Mon coeur chavire... alors que je pensais sortir de là avec mon stress toujours entier jusqu'à mardi, date de l'échographie (+/- biopsie), me voilà stressée d'espoir. Le radiologiste me voit directement sans qu'une technicienne n'effectue de pré-examen. Après avoir regardé son écran, il me demande:
- Qui est stressé là?
- ... tout d'abord, moi! Ensuite, j'ai vu un radiologiste, spécialiste des os.. blah, blah, blah
- Tout ce que je vois me semble normal: des tissus cicatriciels et pas de trace de rien d'autre... Je suggère que vous continuiez vos examens réguliers mais pour maintenant, pas de biopsie nécessaire.
- .... vous savez que je vous aime vraiment aujourd'hui!!!!!
Il sourit, à peine, mais je m'en balance!
Premiers tests passés avec succès; plus tôt que prévu et j'accueille les résultats avec joie, soulagement, le sourire fixé, l'oeil brillant.
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Le grand combat
Une année pour apprendre
Mon "aventure" a duré le temps d'une année scolaire: du 2 septembre 2009 au 7 juin 2010...
mercredi 29 septembre 2010
En rafale, les deux derniers mois...
Fidèles lecteurs, parents, amoureux, amis, camarades, inconnus au coeur conquis, inconnus qui aimeriez tant figurer le pourquoi du comment des choses du crabe, ou inconnus juste curieux (et un peu voyeur il faut le dire), mea culpa. Mon silence est inacceptable! J'espère qu'il ne fut pas porteur d'inquiétude... rassurez-vous: je me porte bien.
En rafale, depuis le 5 juillet dernier:
Les 10 et 11 juillet, je relève avec succès le Cyclo-Défi contre le cancer. Doublement: mes précieux parents, amis et collègues me permettent de dépasser mon objectif de levée de fonds et je pédale sans trop de heurt, en deux jours, la distance de 300 kilomètres séparant Montréal et Québec (par la 138...). Par le chemin du Roy; par temps chaud, la brise dans le dos, le sourire aux lèvres... Le périple s'amorce par un émouvant départ du Stade Olympique: la musique me tord un peu le coeur. Je pense à mon chum qui avait peur des aiguilles, celui dont ce serait le trente-neuvième anniversaire aujourd'hui même. Je pense à mon propre combat achevé il y a à peine un mois, je me repasse ce film-là dans ma tête et je dois retenir mes larmes, envahie par l'émotion. La sensation d'être en vie prend tout mon corps. C'est bon mais je monte sur mon vélo presque trop fébrile. La météo de notre bord (pour ne pas dire le vent léger dans notre dos), mon chum de route et moi pédalons avec facilité les 146 kilomètres du samedi, direction: Trois-Rivières. Tout au long de la journée, je rencontre des cyclistes avec des drapeaux jaunes ou blancs... Le soir on m'explique: jaune pour les survivants, blanc pour les combattans. Je récupère donc mon drapeau jaune en pensant aux drapeaux blancs. Trois-cent kilomètres de vélo en plein combat; il faut le faire.
Le dimanche, nous parcourons la deuxième partie du trajet, jalonné de belles côtes entre Grondines et Québec... dures pour les vélos mal entretenus et impitoyables pour les cuisses non entraînées. Tout au long de la journée, plusieurs des deux mille participants lèvent le pouce lors des dépassements, me saluent ou me félicitent tout haut. La force du drapeau. Une histoire de survie, une preuve tangible que c'est possible, pour tous ces participants motivés par des raisons toute personnelles, ça représente une victoire collective. Fière et émue, j'accueille l'encouragement avec humilité. Nous "traînons" une partie de notre équipe dont ni les cuisses, ni le moral ne suivent plus l'intensité imposée par le parcours côteux. À notre arrivée, 149 kilomètres plus loin, je souris, il sourit, nous sourions. Mon amoureux est là; ému. Nous sommes tous les deux inscrits pour le Cyclo-Défi de 2011.
26 juillet, je retourne au travail et j'apprends le décès (d'un cancer du sein en récidive), d'une camarade au coeur d'or. Le contraste me fait encore frissonner. Suite aux dernières rencontres médicales en juillet, je vis, enfin, enfin, enfin mon retour au travail. Que la vie me paraît belle ce matin-là; une belle promesse de jours meilleurs. le soleil brille, mon sourire aussi. Jamais n'a-t-on vu de fiscaliste plus avide d'entamer un dossier. D'ailleurs, tous mes nouveaux collègues expérimentés (pour ceux qui suivent bien, j'ai changé d'employeur l'année dernière, juste avant d'entamer cette belle aventure) partent en vacances le vendredi suivant... Je me propose donc pour un dossier important et urgent. Me voilà plongée dans le bain, rapidement et pas trop rouillée malgré tout. Je suis dans ma zone...
Tard en avant-midi, j'accueille avec tristesse le décès de ma belle amie, soulagée de l'avoir vue la veille dans son sommeil (médicamenté) paisible... et de lui avoir dit cette phrase qui me tenait tant à coeur: "Ta famille est magnifique; solide et aimante autour de toi; tu vis déjà en eux; va en paix ma belle". Elle était entourée, dans sa toute minuscule chambre, de ses trois enfants, de son gendre, sa bru, de ses dix petits-enfants et de quelques amis. La larme à l'oeil, le coeur en paix, je suis sortie avec la ferme certitude que c'était notre dernière rencontre mais que j'avais dit ce qu'il fallait.
30 juillet, j'assiste, émue, aux funérailles de mon amie au coeur d'or. Elle ne faisait rien comme les autres celle-là! Elle cultivait le sens du spectacle et son amour pour plusieurs artistes de la scène régionale à qui elle offrait des premières chances lui a d'ailleurs valu le permis de leur demander une prestation musicale toute spéciale. Pour elle. À sa mémoire. La cérémonie n'est donc pas animée par un prêtre mais se traduit plutôt par une succession de prestations musicales par des musiciens, des chanteurs, chanteuses qu'elle a côtoyés. Elle en a connu des artistes mon amie! En fait, ce n'était pas une cérémonie, c'était un spectacle pour célébrer la vie, SA vie. Beau, flamboyant, émouvant, comme elle. Ses dix petits-enfants, âgés entre huit et seize ans (environ), qui entonnent "Il était une fois des gens heureux"... (a cappella). Deux mois plus tard, ce souvenir à lui seul me pique les yeux... Et que dire de cette sortie de l'église au son des percussions...un hymne à la vie, au battement des coeurs, à l'amour. Tout simplement: magnifique.
Les semaines passent... Les anniversaires arrivent.
Le mien: Trente-huit ans. Qui pourrait croire qu'une femme puisse célébrer autant ses trente-huit ans? À mes vingt ans, à mes trente ans, je ne pensais pas alors que le tournant de mes trente-huit ans représenterait une si belle victoire. C'en est une. Je m'arrête pour réaliser à quel point je suis heureuse. Il faut le réaliser. Souvent.
Le 30 août, ma Grande entre à la maternelle. Vivre cette étape importante avec elle me rappelle ma propre enfance: j'adorais l'école. Après une rencontre avec son professeur, une femme d'expérience, toute en force calme, je retourne à mes occupations, rassurée. Après une rencontre avec les parents, je constate que deux autres voisins seront dans sa classe; des figures connues, ça aide à l'intégration... Mais, le summum du non-stress pour une maman: une amie, éducatrice en adaptation scolaire, passera une demi-journée dans sa classe pour s'occuper de certains enfants... Là, fini le stress. C'est dur de couper le cordon... Plus pour la maman que pour la Grande je pense... Aujourd'hui, un mois plus tard, je la sens déjà plus mature, plus expressive. Elle avait besoin de cet élément de stimulation. Elle s'intègre bien.
Le 2 septembre: anniversaire du début de l'aventure: dure journée. Le coeur nostalgique, la tête ailleurs, la journée me parut bien longue.
Le 4 septembre, on a souligné la fête de mes princesses... l'année dernière, les événements se bousculant, on avait annulé la grande fête. Mais, cette année, c'est une journée entière de célébrations: le midi avec plein de frimousses et le soir avec la famille. À plusieurs reprises, je dois ressaisir mes émotions pour ne pas laisser mes larmes affoler tout le monde. Mes filles célèbrent leur anniversaire avec leur maman.
Le 11 septembre, je pédale en une journée les 215 kilomètres qui séparent mon patelin de Québec, à nouveau, je sillonne le chemin du Roy. Les fonds recueillis pour cette randonnée vont au profit du 3B, pour ceux qui ont oublié, le 3B c'est l'oncologie de l'hôpital de mon patelin. Cette date représente l'anniversaire de mon entrée dans ledit département... Pour moi, l'image est forte et, au cours du parcours, l'émotion me serre parfois le coeur et me pique les yeux: sur 215 kilomètres, on a le temps de penser. Beaucoup. Accompagnée de mon fidèle compagnon de vélo, nous parcourons les premiers 130 kilomètres en criant "lapin". Je me trouve un peu "freak" de cumuler de si longues sorties sans problème... Au 133e kilomètre, on arrête pour luncher et mon amoureux ainsi que l'amoureuse de mon chum de vélo nous rejoignent pour terminer le défi avec nous. La fin de la randonnée est jalonnée des mêmes côtes que le 11 juillet... le parcours ne s'aplatit pas comme ça en deux mois quand même! On va à la guerre ensemble pour affronter le vent mais on reste seul sur son (maudit) vélo dans les côtes... Une belle côte quand on a déjà 150, 160, 180, 200 kilomètres dans les jambes... ouch! Arrivée à Québec, je suis vidée, complètement. Mais combien fière d'avoir accompli ce défi avec succès. Et d'être là.
Et d'être là.
En rafale, depuis le 5 juillet dernier:
Les 10 et 11 juillet, je relève avec succès le Cyclo-Défi contre le cancer. Doublement: mes précieux parents, amis et collègues me permettent de dépasser mon objectif de levée de fonds et je pédale sans trop de heurt, en deux jours, la distance de 300 kilomètres séparant Montréal et Québec (par la 138...). Par le chemin du Roy; par temps chaud, la brise dans le dos, le sourire aux lèvres... Le périple s'amorce par un émouvant départ du Stade Olympique: la musique me tord un peu le coeur. Je pense à mon chum qui avait peur des aiguilles, celui dont ce serait le trente-neuvième anniversaire aujourd'hui même. Je pense à mon propre combat achevé il y a à peine un mois, je me repasse ce film-là dans ma tête et je dois retenir mes larmes, envahie par l'émotion. La sensation d'être en vie prend tout mon corps. C'est bon mais je monte sur mon vélo presque trop fébrile. La météo de notre bord (pour ne pas dire le vent léger dans notre dos), mon chum de route et moi pédalons avec facilité les 146 kilomètres du samedi, direction: Trois-Rivières. Tout au long de la journée, je rencontre des cyclistes avec des drapeaux jaunes ou blancs... Le soir on m'explique: jaune pour les survivants, blanc pour les combattans. Je récupère donc mon drapeau jaune en pensant aux drapeaux blancs. Trois-cent kilomètres de vélo en plein combat; il faut le faire.
Le dimanche, nous parcourons la deuxième partie du trajet, jalonné de belles côtes entre Grondines et Québec... dures pour les vélos mal entretenus et impitoyables pour les cuisses non entraînées. Tout au long de la journée, plusieurs des deux mille participants lèvent le pouce lors des dépassements, me saluent ou me félicitent tout haut. La force du drapeau. Une histoire de survie, une preuve tangible que c'est possible, pour tous ces participants motivés par des raisons toute personnelles, ça représente une victoire collective. Fière et émue, j'accueille l'encouragement avec humilité. Nous "traînons" une partie de notre équipe dont ni les cuisses, ni le moral ne suivent plus l'intensité imposée par le parcours côteux. À notre arrivée, 149 kilomètres plus loin, je souris, il sourit, nous sourions. Mon amoureux est là; ému. Nous sommes tous les deux inscrits pour le Cyclo-Défi de 2011.
26 juillet, je retourne au travail et j'apprends le décès (d'un cancer du sein en récidive), d'une camarade au coeur d'or. Le contraste me fait encore frissonner. Suite aux dernières rencontres médicales en juillet, je vis, enfin, enfin, enfin mon retour au travail. Que la vie me paraît belle ce matin-là; une belle promesse de jours meilleurs. le soleil brille, mon sourire aussi. Jamais n'a-t-on vu de fiscaliste plus avide d'entamer un dossier. D'ailleurs, tous mes nouveaux collègues expérimentés (pour ceux qui suivent bien, j'ai changé d'employeur l'année dernière, juste avant d'entamer cette belle aventure) partent en vacances le vendredi suivant... Je me propose donc pour un dossier important et urgent. Me voilà plongée dans le bain, rapidement et pas trop rouillée malgré tout. Je suis dans ma zone...
Tard en avant-midi, j'accueille avec tristesse le décès de ma belle amie, soulagée de l'avoir vue la veille dans son sommeil (médicamenté) paisible... et de lui avoir dit cette phrase qui me tenait tant à coeur: "Ta famille est magnifique; solide et aimante autour de toi; tu vis déjà en eux; va en paix ma belle". Elle était entourée, dans sa toute minuscule chambre, de ses trois enfants, de son gendre, sa bru, de ses dix petits-enfants et de quelques amis. La larme à l'oeil, le coeur en paix, je suis sortie avec la ferme certitude que c'était notre dernière rencontre mais que j'avais dit ce qu'il fallait.
30 juillet, j'assiste, émue, aux funérailles de mon amie au coeur d'or. Elle ne faisait rien comme les autres celle-là! Elle cultivait le sens du spectacle et son amour pour plusieurs artistes de la scène régionale à qui elle offrait des premières chances lui a d'ailleurs valu le permis de leur demander une prestation musicale toute spéciale. Pour elle. À sa mémoire. La cérémonie n'est donc pas animée par un prêtre mais se traduit plutôt par une succession de prestations musicales par des musiciens, des chanteurs, chanteuses qu'elle a côtoyés. Elle en a connu des artistes mon amie! En fait, ce n'était pas une cérémonie, c'était un spectacle pour célébrer la vie, SA vie. Beau, flamboyant, émouvant, comme elle. Ses dix petits-enfants, âgés entre huit et seize ans (environ), qui entonnent "Il était une fois des gens heureux"... (a cappella). Deux mois plus tard, ce souvenir à lui seul me pique les yeux... Et que dire de cette sortie de l'église au son des percussions...un hymne à la vie, au battement des coeurs, à l'amour. Tout simplement: magnifique.
Les semaines passent... Les anniversaires arrivent.
Le mien: Trente-huit ans. Qui pourrait croire qu'une femme puisse célébrer autant ses trente-huit ans? À mes vingt ans, à mes trente ans, je ne pensais pas alors que le tournant de mes trente-huit ans représenterait une si belle victoire. C'en est une. Je m'arrête pour réaliser à quel point je suis heureuse. Il faut le réaliser. Souvent.
Le 30 août, ma Grande entre à la maternelle. Vivre cette étape importante avec elle me rappelle ma propre enfance: j'adorais l'école. Après une rencontre avec son professeur, une femme d'expérience, toute en force calme, je retourne à mes occupations, rassurée. Après une rencontre avec les parents, je constate que deux autres voisins seront dans sa classe; des figures connues, ça aide à l'intégration... Mais, le summum du non-stress pour une maman: une amie, éducatrice en adaptation scolaire, passera une demi-journée dans sa classe pour s'occuper de certains enfants... Là, fini le stress. C'est dur de couper le cordon... Plus pour la maman que pour la Grande je pense... Aujourd'hui, un mois plus tard, je la sens déjà plus mature, plus expressive. Elle avait besoin de cet élément de stimulation. Elle s'intègre bien.
Le 2 septembre: anniversaire du début de l'aventure: dure journée. Le coeur nostalgique, la tête ailleurs, la journée me parut bien longue.
Le 4 septembre, on a souligné la fête de mes princesses... l'année dernière, les événements se bousculant, on avait annulé la grande fête. Mais, cette année, c'est une journée entière de célébrations: le midi avec plein de frimousses et le soir avec la famille. À plusieurs reprises, je dois ressaisir mes émotions pour ne pas laisser mes larmes affoler tout le monde. Mes filles célèbrent leur anniversaire avec leur maman.
Le 11 septembre, je pédale en une journée les 215 kilomètres qui séparent mon patelin de Québec, à nouveau, je sillonne le chemin du Roy. Les fonds recueillis pour cette randonnée vont au profit du 3B, pour ceux qui ont oublié, le 3B c'est l'oncologie de l'hôpital de mon patelin. Cette date représente l'anniversaire de mon entrée dans ledit département... Pour moi, l'image est forte et, au cours du parcours, l'émotion me serre parfois le coeur et me pique les yeux: sur 215 kilomètres, on a le temps de penser. Beaucoup. Accompagnée de mon fidèle compagnon de vélo, nous parcourons les premiers 130 kilomètres en criant "lapin". Je me trouve un peu "freak" de cumuler de si longues sorties sans problème... Au 133e kilomètre, on arrête pour luncher et mon amoureux ainsi que l'amoureuse de mon chum de vélo nous rejoignent pour terminer le défi avec nous. La fin de la randonnée est jalonnée des mêmes côtes que le 11 juillet... le parcours ne s'aplatit pas comme ça en deux mois quand même! On va à la guerre ensemble pour affronter le vent mais on reste seul sur son (maudit) vélo dans les côtes... Une belle côte quand on a déjà 150, 160, 180, 200 kilomètres dans les jambes... ouch! Arrivée à Québec, je suis vidée, complètement. Mais combien fière d'avoir accompli ce défi avec succès. Et d'être là.
Et d'être là.
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Le grand combat
lundi 5 juillet 2010
Mon petit Défi à moi...
Tout d'abord, grands mercis à tous celles et ceux qui font équipe avec moi pour la levée de fonds ou pour l'entraînement... ou pour les deux! Sans vos encouragements, sans votre présence, j'y parviendrais mais si difficilement.
J'aime croire qu'il se réjouit de l'issue actuelle de mon combat; qu'il savoure mon équilibre renouvelé comme une petite vengeance contre la bibitte. Samedi matin, j'aurai une pensée pour lui. Je partirai en silence avec la tête remplie de souvenirs mais surtout, de son héritage: vivre pleinement chaque jour (je sais, là-dessus, je me répète).
Dans cinq dodos, le 10 juillet à 8h00, j'enfourcherai mon vélo devant le Stade Olympique en direction de Québec. En tout, un périple de plus de 250 kilomètres à parcourir en deux jours pour sensibiliser à la cause, ma cause, celle qui me tient tant à coeur: la recherche contre le cancer. Le 10 juillet justement, mon ami qui avait peur des aiguilles fêterait ses 39 ans si ladite cochonnerie ne l'avait emporté l'an dernier. Son souvenir m'accompagne, je l'entends parfois presque me parler, rire, me soutenir dans mes moments difficiles. Il joue à merveille son rôle d'ange gardien; depuis le 2 septembre 2009, lorsque ses filles et son amoureuse dorment , il m'accorde un peu d'attention.
J'aime croire qu'il se réjouit de l'issue actuelle de mon combat; qu'il savoure mon équilibre renouvelé comme une petite vengeance contre la bibitte. Samedi matin, j'aurai une pensée pour lui. Je partirai en silence avec la tête remplie de souvenirs mais surtout, de son héritage: vivre pleinement chaque jour (je sais, là-dessus, je me répète).L'entraînement semble au point; je devrais finir les deux journées sans trop de problème.
Le moral semble bon; je vis heureuse ce retour à la normale.
Reste plus qu'à me tester!
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Entraînement,
Le grand combat
jeudi 10 juin 2010
Un million de drames humains... et moi, et moi, et moi...
Depuis lundi dernier, à 15 heures, 36 minutes et 43 secondes lorsque je quittai le bureau de la radio-oncologue, je réintègre le monde des vivants survivants. Lentement, sûrement, vivement. Mais, seule comme une grande. Seule comme dans "avec pas de chirurgien, pas d'oncologue, pas de microbiologiste, pas de médecin qui supporte l'oncologue, pas de technologue, pas d'infirmière, pas d’IP, pas de pharmacienne, pas de radio-oncologue, pas de madame qui m’accueille dans tous les départements de l’hôpital". Seule comme dans "je ne sais même pas comment qualifier mon état actuel". En rémission? La médecine ne définit même pas le terme; tabou. Guérie? Pas sûre non plus de la l’utilisation appropriée du mot lorsque relié à la réalité cancer. En voie de guérison? Pourquoi pas?
Très seule donc et très laissée à mes légers moments d'angoisse. Malgré tout, la sensation est grisante, exaltante, je déborde de sourires. Enfin! Neuf mois plus tard, je fais un pudique pied-de-nez à mon destin. Pudique parce que je ne ressens pas le symptôme d'invulnérabilité associé au syndrome du survivant. Au contraire, si je dois retenir et partager une seule leçon de tout mon périple, que ce soit celle-ci:
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JUILLET 2009
Ce grand ami d'enfance, père de deux belles princesses toutes aussi avides de l'amour de leur papa que mes filles peuvent l'être du mien, amoureux aussi, enfin. De loin, je pense bien observer une famille reconstituée dans la tendresse, je pense bien voir un ami qui goûte enfin le bonheur de conjuguer le calme et la passion. De passion, sa vie est empreinte mais, son bonheur paisible que je pense observer me rassure : il me semble la vivre sa relation heureuse.
Cet homme donc, 38 ans, en plein combat contre la maladie, fatigué, épuisé plutôt, à qui on annonce que sa cochonnerie de cancer a migré vers son cerveau. Plus que quelques semaines à vivre. Cela fait pratiquement un an maintenant et les souvenirs se bousculent encore dans ma tête et dans mon cœur. En fait, quelques semaines plus tard, précisément le 23 juillet 2009, nous assistions à ses funérailles. L'écho des sanglots de ses filles résonne toujours à mes oreilles et reviendra me hanter tout l'automne, particulièrement lorsque j'apprendrai mon propre diagnostic.
Il s'est battu. Courageusement. A décrit son combat auquel je réfère souvent. Il me laisse en héritage le goût de vivre pleinement, de célébrer la chance de me lever chaque matin.
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AOÛT 2009
L'été dernier, à la maison, je vivais un conte de fées: je préparais mon déménagement pour revenir dans mon patelin, mes deux Princesses à mes côtés, mon amoureux toujours aussi amoureux. Notre histoire sent bon la fleur bleue.
Pour couronner mon bonheur plus que parfait: un nouvel emploi dans mon patelin, du temps pour mon bonheur tranquille.
Au même moment, je lis sur Facebook les commentaires d'une amie lointaine du secondaire larguée par son conjoint malgré les enfants, malgré le temps et les énergies investis pour bâtir une famille. Elle peine à se relever, elle reçoit un coup dur.
Aujourd'hui, je l'ai revue et elle se porte bien. Grandie. Confiante en la Vie et, surtout, en elle.
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OCTOBRE 2009
Pendant ce temps, des rencontres inattendues dont celle avec un ange du soutien. Elle m'accompagne, notamment, pour me bien regarder une fois les cheveux rasés. Son amie, une Dame de cœur d'une soixante d'années combattait elle-même un cancer l'année précédente.
Une fois de plus, voilà la Dame de cœur re-confrontée à ce même cancer. Cette fois-ci la douleur, la peur aussi, car les médecins avouent leur détresse face à cette récidive. Son courage nourrit le mien et je recherche son regard et son sourire comme tant de signes que le combat en vaut la peine.
Maintenant, sept mois plus tard, les médecins se déclarent vaincus et la voilà face à sa dernière bataille qu’elle mène dignement. La maladie rend réaliste et rapproche de sa propre fatalité. Elle rend plus mature et permet de faire face.
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NOVEMBRE 2009
Un samedi soir, en plein apéro avec un couple d'amis, les enfants qui courent partout, la sonnerie du téléphone. Un coup de massue: le mentor de mon amoureux, celui qui prenait toujours le temps de l'aider pour le rendre meilleur dans son métier, n'est plus. Une peine d'amour et une détresse de l'âme le poussaient à commettre lui-même l'irréparable. Mon amoureux perd alors un bon copain d'une façon inexplicable, incompréhensible.
Chacun ses combats, chacun sa façon d'y faire face.
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DÉCEMBRE 2009
Mon amie, la marraine de ma Petite se pointe chez moi pour m'accompagner à mon quatrième traitement de chimiothérapie. Elle m'annonce alors que le mot cancer s'installe dans sa vie à elle aussi... doucement mais sûrement. Pour la période des Fêtes, elle recevra de son dermatologue le cadeau d'une crème pour le visage... une chimiothérapie pour enrayer un cancer de la peau.
Je pleure ce matin là. Elle est courageuse; elle craint la douleur mais affronte son épreuve avec dignité.
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JANVIER 2010
Mon amie, celle-là même qui comprend plus que quiconque le sens du mot "amitié", enceinte de quelques mois, est frappée par le destin de l'une des pire façon: elle perd son enfant. Elle m'annonce la nouvelle et c'est muette que je la laisse parler, il lui faut couler ce chagrin et je tente bien maladroitement de partager son fardeau. Rien à dire, rien à faire, l'événement est plus grand que nature. Son chagrin, si immense, nous pouvons presque le toucher.
Perdre un enfant s'inscrit dans le désordre des choses, le chaos. Impossible de même imaginer l'événement sous quelque forme que ce soit.
Par la force de ses amitiés, elle s'en sortira. Douloureusement mais elle choisit la vie. Sa vie, celle de ses deux trésors, de son amoureux, la sienne.
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FÉVRIER @ AVRIL 2010: Accalmie? Au cœur de mon propre combat, la Vie a donné un répit autour de moi.
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MAI 2010
Cette belle Diane qui me visite ici régulièrement en ne ménageant pas ses compliments ce qui me ranime le courage et me permet de mieux m'apprécier le talent.
À l'aube du mois de mai, là voilà victime d'un très grave accident de moto qui lui coûtera une jambe. Prudente au possible, elle roulait en peloton avec un groupe tout aussi prudent qu'elle lorsqu'une voiture les frappe de front blessant grièvement quatre motocyclistes, dont elle. L'automobiliste ne peut être tenu responsable: pas en état d'ébriété, ne roulait pas à une vitesse excessive, il s'agit bel et bien d'un accident, d'un moment d'inattention, d'un concours de circonstances des plus malheureux.
Un mois plus tard, elle panse toujours ses blessures, on l'aide à réhabiliter son corps mais, elle doit travailler très fort pour demeurer forte dans l'épreuve. Son âme et son cœur, déchirés par l'épreuve, tentent de maintenir la ligne positive.
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Et moi et moi et moi...
Très seule donc et très laissée à mes légers moments d'angoisse. Malgré tout, la sensation est grisante, exaltante, je déborde de sourires. Enfin! Neuf mois plus tard, je fais un pudique pied-de-nez à mon destin. Pudique parce que je ne ressens pas le symptôme d'invulnérabilité associé au syndrome du survivant. Au contraire, si je dois retenir et partager une seule leçon de tout mon périple, que ce soit celle-ci:
"La Vie, parfois subtilement, parfois plus brutalement, ne cessera d'apporter son lot d'épreuves et de combats; au gré de ceux-ci, le choix d'y grandir."Les défis se succèderont toujours. Sous plusieurs formes. Voici ceux qui ont marqué ma dernière année.
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JUILLET 2009
Ce grand ami d'enfance, père de deux belles princesses toutes aussi avides de l'amour de leur papa que mes filles peuvent l'être du mien, amoureux aussi, enfin. De loin, je pense bien observer une famille reconstituée dans la tendresse, je pense bien voir un ami qui goûte enfin le bonheur de conjuguer le calme et la passion. De passion, sa vie est empreinte mais, son bonheur paisible que je pense observer me rassure : il me semble la vivre sa relation heureuse.
Cet homme donc, 38 ans, en plein combat contre la maladie, fatigué, épuisé plutôt, à qui on annonce que sa cochonnerie de cancer a migré vers son cerveau. Plus que quelques semaines à vivre. Cela fait pratiquement un an maintenant et les souvenirs se bousculent encore dans ma tête et dans mon cœur. En fait, quelques semaines plus tard, précisément le 23 juillet 2009, nous assistions à ses funérailles. L'écho des sanglots de ses filles résonne toujours à mes oreilles et reviendra me hanter tout l'automne, particulièrement lorsque j'apprendrai mon propre diagnostic.
Il s'est battu. Courageusement. A décrit son combat auquel je réfère souvent. Il me laisse en héritage le goût de vivre pleinement, de célébrer la chance de me lever chaque matin.
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AOÛT 2009
L'été dernier, à la maison, je vivais un conte de fées: je préparais mon déménagement pour revenir dans mon patelin, mes deux Princesses à mes côtés, mon amoureux toujours aussi amoureux. Notre histoire sent bon la fleur bleue.
Pour couronner mon bonheur plus que parfait: un nouvel emploi dans mon patelin, du temps pour mon bonheur tranquille.
Au même moment, je lis sur Facebook les commentaires d'une amie lointaine du secondaire larguée par son conjoint malgré les enfants, malgré le temps et les énergies investis pour bâtir une famille. Elle peine à se relever, elle reçoit un coup dur.
Aujourd'hui, je l'ai revue et elle se porte bien. Grandie. Confiante en la Vie et, surtout, en elle.
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OCTOBRE 2009
Pendant ce temps, des rencontres inattendues dont celle avec un ange du soutien. Elle m'accompagne, notamment, pour me bien regarder une fois les cheveux rasés. Son amie, une Dame de cœur d'une soixante d'années combattait elle-même un cancer l'année précédente.
Une fois de plus, voilà la Dame de cœur re-confrontée à ce même cancer. Cette fois-ci la douleur, la peur aussi, car les médecins avouent leur détresse face à cette récidive. Son courage nourrit le mien et je recherche son regard et son sourire comme tant de signes que le combat en vaut la peine.
Maintenant, sept mois plus tard, les médecins se déclarent vaincus et la voilà face à sa dernière bataille qu’elle mène dignement. La maladie rend réaliste et rapproche de sa propre fatalité. Elle rend plus mature et permet de faire face.
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NOVEMBRE 2009
Un samedi soir, en plein apéro avec un couple d'amis, les enfants qui courent partout, la sonnerie du téléphone. Un coup de massue: le mentor de mon amoureux, celui qui prenait toujours le temps de l'aider pour le rendre meilleur dans son métier, n'est plus. Une peine d'amour et une détresse de l'âme le poussaient à commettre lui-même l'irréparable. Mon amoureux perd alors un bon copain d'une façon inexplicable, incompréhensible.
Chacun ses combats, chacun sa façon d'y faire face.
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DÉCEMBRE 2009
Mon amie, la marraine de ma Petite se pointe chez moi pour m'accompagner à mon quatrième traitement de chimiothérapie. Elle m'annonce alors que le mot cancer s'installe dans sa vie à elle aussi... doucement mais sûrement. Pour la période des Fêtes, elle recevra de son dermatologue le cadeau d'une crème pour le visage... une chimiothérapie pour enrayer un cancer de la peau.
Je pleure ce matin là. Elle est courageuse; elle craint la douleur mais affronte son épreuve avec dignité.
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JANVIER 2010
Mon amie, celle-là même qui comprend plus que quiconque le sens du mot "amitié", enceinte de quelques mois, est frappée par le destin de l'une des pire façon: elle perd son enfant. Elle m'annonce la nouvelle et c'est muette que je la laisse parler, il lui faut couler ce chagrin et je tente bien maladroitement de partager son fardeau. Rien à dire, rien à faire, l'événement est plus grand que nature. Son chagrin, si immense, nous pouvons presque le toucher.
Perdre un enfant s'inscrit dans le désordre des choses, le chaos. Impossible de même imaginer l'événement sous quelque forme que ce soit.
Par la force de ses amitiés, elle s'en sortira. Douloureusement mais elle choisit la vie. Sa vie, celle de ses deux trésors, de son amoureux, la sienne.
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FÉVRIER @ AVRIL 2010: Accalmie? Au cœur de mon propre combat, la Vie a donné un répit autour de moi.
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MAI 2010
Cette belle Diane qui me visite ici régulièrement en ne ménageant pas ses compliments ce qui me ranime le courage et me permet de mieux m'apprécier le talent.
À l'aube du mois de mai, là voilà victime d'un très grave accident de moto qui lui coûtera une jambe. Prudente au possible, elle roulait en peloton avec un groupe tout aussi prudent qu'elle lorsqu'une voiture les frappe de front blessant grièvement quatre motocyclistes, dont elle. L'automobiliste ne peut être tenu responsable: pas en état d'ébriété, ne roulait pas à une vitesse excessive, il s'agit bel et bien d'un accident, d'un moment d'inattention, d'un concours de circonstances des plus malheureux.
Un mois plus tard, elle panse toujours ses blessures, on l'aide à réhabiliter son corps mais, elle doit travailler très fort pour demeurer forte dans l'épreuve. Son âme et son cœur, déchirés par l'épreuve, tentent de maintenir la ligne positive.
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Et moi et moi et moi...
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Le grand combat
jeudi 27 mai 2010
La cardiothérapie...
Cardio comme dans "coeur"... Cette cochonnerie de maladie me restaure le coeur. À la bonne place. Ce coeur-là que j'oubliais presque de consulter pour mes grandes décisions. Ce coeur-là que je prenais pour acquis et qui se défilait trop souvent. Ce coeur qui semblait vouloir s'endurcir.
Mon petit coeur bien en santé reprend enfin toute sa place au centre de ma vie. J'aime sans détour. Au beau milieu d'une conversation, je peux manifester à une amie toute l'admiration, toute l'empathie que je ressens pour elle. Aussi spontanément, je me surprends à regarder intensément ma Grande jusqu'à ce qu'elle pose son regard de princesse sur moi et que je ne puisse que répliquer Je t'aime... doucement mais sûrement. Je vis mes émotions plus intensément et j'apprécie cette victoire sur ma vie d'avant qui me consumait les sentiments.
Mon petit coeur bien en santé reprend enfin toute sa place au centre de ma vie. J'aime sans détour. Au beau milieu d'une conversation, je peux manifester à une amie toute l'admiration, toute l'empathie que je ressens pour elle. Aussi spontanément, je me surprends à regarder intensément ma Grande jusqu'à ce qu'elle pose son regard de princesse sur moi et que je ne puisse que répliquer Je t'aime... doucement mais sûrement. Je vis mes émotions plus intensément et j'apprécie cette victoire sur ma vie d'avant qui me consumait les sentiments.
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samedi 22 mai 2010
La radiothérapie
Me voici donc de retour, enfin. En pleine forme. À deux semaines de la fin de mes traitements.
En résumé..
Enfin.
En raison de la présentation initiale de ma tumeur au sein et de l'atteinte ganglionnaire précédemment à la chimio, elle propose vingt-cinq traitements au sein, à l'aisselle et à la clavicule (où se trouvent d'autres ganglions), plus cinq électrons à la cicatrice du sein. En clair, comme elle constate mon niveau d'énergie, mon jeune âge, l'absence de tout symptôme, elle propose la "totale". Soit. Le constat m'inquiète un peu puisque je sens que la maladie, initialement, prenait du terrain. Mais, je dois rester du côté des non-malades et continuer de me réjouir des bonnes nouvelles qui pleuvent sur moi dernièrement.
En quoi consiste la procédure aujourd'hui? Tout d'abord, elles moulent un coussin de silicone dans lequel je repose ma tête, tournée sur le côté droit et y insère mes bras de chaque côté de ma tête. Ensuite, elles collent des trucs blancs sur huit points de mon corps et elles procèdent au scan. Enfin, mais non la moindre procédure, elles me tatouent huit petits points aux mêmes endroits où étaient collés les trucs blancs initialement. De VRAIS tatouages, à l'aiguille. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Ouch. Fini.
Le soir, je montre les tout petits tatouages à ma Grande en lui disant qu'on m'a dessiné de toutes petites étoiles, une pour elle, une pour sa petite soeur, une pour son papa, etc. Elle me dit que quand je ne suis pas là, elle pense à moi très fort dans son petit coeur et ça lui fait du bien. Quelle maturité elle affiche ma Grande de quatre ans. Je l'aime.
Le mercredi 21 avril: Le CHUM m'appelle, on procèdera au marquage vendredi après-midi.
Le vendredi 23 avril: Étendue sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, les seins trop à nu, la tête et les bras dans mon moule, la dernière étape de mon triathlon pour vaincre le cancer s'amorce. Les techniciennes très sympathiques me marquent, pas au fer rouge mais bien à la peinture... toute aussi rouge. Au bout d'une trentaine de minutes, je quitte la salle J et me rend à la salle de déshabillage troquer ma belle jaquette bleue pour mes vêtements. Là, dans le miroir, j'aperçois mes marques qui montent assez haut dans le décolleté... Assez haut pour que la marque soit visible une fois rhabillée. Je décide alors de ne pas cacher ces marques, le beau temps s'amène et je ne porterai pas des cols roulés en mai. No way.
Je décide que la partie visible représente un mot chinois signifiant "espoir".
Du 26 avril au 21 mai: Tous les jours de la semaine, je me présente à la salle J, G ou H vêtue d'une jaquette bleue que je retire en m'étendant sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, etc. Sauf qu'après quatre semaines de cette routine, me déshabiller devant tout le monde ne m'intimide même plus. Le traitement dure environ une quinzaine de minutes dont une dizaine pour bien m'installer en alignant les tatouages et les marquages. La machine semble tout droit sortie du film Odyssey 2001 et elle se déplace autour de moi pour me lancer ses rayons radioactifs... biiip pendant quinze secondes, déplacement, biiiiiip un autre trente-six secondes de rayons, déplacement, biiiiiiiiiip un autre quarante-cinq secondes, dernier déplacement, biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip pour un dernier assaut de quarante secondes. Pour me détendre, je compte les secondes des assauts parce que lors des deux, trois premiers traitements, le biiip me stressait, m'agressait les oreilles, déclenchait un petit élan de panique en moi. Mon réflexe fut donc de compter les secondes pour me relaxer.
Maintenant, je les compte les secondes pour rester concentrée et calme. Allez, attaquons-les ces potentielles cellules rebelles qui pourraient vouloir squatter mon sein, mon aisselle, ma sous-clavicule. Bye, bye, petites cochonneries... out! Les lundis, une amie m'accompagne et les autres jours, mon papa se tape le voyage avec moi. Une heure aller, une heure retour, des conversations inattendues. Vive le huis-clos d'une voiture pour souder des amitiés.
Pour l'instant, je ne ressens AUCUN effet secondaire outre une légère rougeur sur la peau de mon sein. Je me réjouis et attends impatiemment la fin des traitements prévue pour le 7 juin. Dés le 31 mai, mes vingt-cinq traitements seront terminés... il ne restera que les cinq électrons à la cicatrice du sein. Ça avance... ça achève. Plus qu'une semaine de traitements, enfin. Plus qu'une semaine d'électrons, enfin.
En résumé..
Le mardi 30 mars: Depuis mon rendez-vous du 23 mars avec Onco, je reste sans nouvelle du CHUM où je recevrai mes traitements de radiothérapie. L'impuissance de l'attente me rend impatiente: vivement une date de début et, surtout, une date de fin pour les traitements de radiothérapie, je veux recommencer à travailler, je veux réintégrer ma vie d'avant, je veux ne plus aller à l'hosto, je veux tourner la page. La patiente sans nouvelles et stressée se tourne vers les ressources à sa disposition... que fait-elle? Bravo, oui, elle communique avec l'IP. Ne tenant plus en place, je décide d'aller trotter et vers la mi-journée, je vérifie mes messages téléphoniques: 1) l'IP me rassure, les requêtes bel et bien acheminées au CHUM, la centrale de rendez-vous devrait communiquer avec moi très bientôt et 2) le CHUM!!! mon premier rendez-vous consistant à une rencontre avec la radio-oncologue aura lieu le mercredi 7 avril.
Enfin.
Le mercredi 7 avril: Je me rends à ce premier rendez-vous accompagnée d'un fidèle ami, le Parrain de ma Grande. On prend le temps d'aller luncher au restau, de marcher et de reconnaître les environs du pavillon de radio-onco. Docteur TPMP ("Toute petite mais parfaite") me reçoit avec dix minutes de retard. Que dis-je?dans le monde de la médecine et plus précisément dans celui de l'oncologie, un tout petit dix minutes ne correspond pas à un "retard". Elle me reçoit donc à l'heure déterminée. J'adore quand le médecin connaît déjà mon dossier. La voilà donc qui résume ma situation en quelques minutes: je suis jeune (merci), la chimio fut un succès (hourra!), la chirurgie bien guérie, docteur TPMP ne voit pas de raison d'attendre et les traitements pourraient commencer dans les deux, trois prochaines semaines. Bonne nouvelle.
Je rencontre ensuite l'IPRO (l'Infirmière pivot de radio-oncologie) qui m'explique que je dois maintenant attendre leur appel pour le prochain rendez-vous qui consistera en un scan pré-marquage, elle ne peut me donner de date, même pas une idée. (?)
Le mardi 13 avril: Le CHUM appelle pour me donner mon rendez-vous jeudi maitn pour le scan pré-marquage.
Le jeudi 15 avril: Dès mon entrée dans la salle du scan, les techniciennes me disent de me laisser faire, de ne pas bouger, elles me déplaceront pour m'installer correctement. Couchée sur le dos sur une table trop étroite, dans une salle trop froide, les seins trop à nu, je laisse les techniciennes travailler et mon esprit vagabonde. Que de chemin parcouru depuis ma visite en clinique de radiologie le deux septembre 2009, que de médecins, d'infirmières, de techniciens, de traitements, de rencontres, d'apprentissages douloureux. Que de découvertes, d'introspection, d'amitiés grandies, aussi.
"Pour le prochain rendez-vous, on vous appelle". Un peu surprise mais surtout déçue car je pensais qu'ils me marqueraient et que mes traitements débuteraient la semaine prochaine, je quitte la salle. Je croise l'IPRO et lui parle de mon inquiétude car la radiothérapie débutera après les huit semaines recommandées entre la chirurgie et la radiothérapie. Elle ne me rassure pas vraiment et je sens que je la bouscule... je m'ennuie de mon IP, celle qui savait me trouver la bonne ressource pour pallier à mon besoin de savoir, pour calmer mes inquiétudes...
Le soir, je montre les tout petits tatouages à ma Grande en lui disant qu'on m'a dessiné de toutes petites étoiles, une pour elle, une pour sa petite soeur, une pour son papa, etc. Elle me dit que quand je ne suis pas là, elle pense à moi très fort dans son petit coeur et ça lui fait du bien. Quelle maturité elle affiche ma Grande de quatre ans. Je l'aime.
Le mercredi 21 avril: Le CHUM m'appelle, on procèdera au marquage vendredi après-midi.
Le vendredi 23 avril: Étendue sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, les seins trop à nu, la tête et les bras dans mon moule, la dernière étape de mon triathlon pour vaincre le cancer s'amorce. Les techniciennes très sympathiques me marquent, pas au fer rouge mais bien à la peinture... toute aussi rouge. Au bout d'une trentaine de minutes, je quitte la salle J et me rend à la salle de déshabillage troquer ma belle jaquette bleue pour mes vêtements. Là, dans le miroir, j'aperçois mes marques qui montent assez haut dans le décolleté... Assez haut pour que la marque soit visible une fois rhabillée. Je décide alors de ne pas cacher ces marques, le beau temps s'amène et je ne porterai pas des cols roulés en mai. No way.
Je décide que la partie visible représente un mot chinois signifiant "espoir".
Du 26 avril au 21 mai: Tous les jours de la semaine, je me présente à la salle J, G ou H vêtue d'une jaquette bleue que je retire en m'étendant sur cette table trop étroite, dans cette salle trop froide, etc. Sauf qu'après quatre semaines de cette routine, me déshabiller devant tout le monde ne m'intimide même plus. Le traitement dure environ une quinzaine de minutes dont une dizaine pour bien m'installer en alignant les tatouages et les marquages. La machine semble tout droit sortie du film Odyssey 2001 et elle se déplace autour de moi pour me lancer ses rayons radioactifs... biiip pendant quinze secondes, déplacement, biiiiiip un autre trente-six secondes de rayons, déplacement, biiiiiiiiiip un autre quarante-cinq secondes, dernier déplacement, biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip pour un dernier assaut de quarante secondes. Pour me détendre, je compte les secondes des assauts parce que lors des deux, trois premiers traitements, le biiip me stressait, m'agressait les oreilles, déclenchait un petit élan de panique en moi. Mon réflexe fut donc de compter les secondes pour me relaxer.
Maintenant, je les compte les secondes pour rester concentrée et calme. Allez, attaquons-les ces potentielles cellules rebelles qui pourraient vouloir squatter mon sein, mon aisselle, ma sous-clavicule. Bye, bye, petites cochonneries... out! Les lundis, une amie m'accompagne et les autres jours, mon papa se tape le voyage avec moi. Une heure aller, une heure retour, des conversations inattendues. Vive le huis-clos d'une voiture pour souder des amitiés.
Pour l'instant, je ne ressens AUCUN effet secondaire outre une légère rougeur sur la peau de mon sein. Je me réjouis et attends impatiemment la fin des traitements prévue pour le 7 juin. Dés le 31 mai, mes vingt-cinq traitements seront terminés... il ne restera que les cinq électrons à la cicatrice du sein. Ça avance... ça achève. Plus qu'une semaine de traitements, enfin. Plus qu'une semaine d'électrons, enfin.
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Le grand combat
jeudi 29 avril 2010
De retour...
Promis! Je relaterai très bientôt les joies reliées au début de la radiothérapie.
L'important pour l'instant: je vais bien. Très bien.
I will be back... soon.
L'important pour l'instant: je vais bien. Très bien.
I will be back... soon.
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Le grand combat
mercredi 7 avril 2010
Fin des vacances
Je rencontre la radio-oncologue cet pm: dur retour à la réalité des jaquettes d'hôpital....
Nécessaire pour réouvrir toutes grandes les portes de ma vie, celle où j'ai une routine.
Nécessaire pour réouvrir toutes grandes les portes de ma vie, celle où j'ai une routine.
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Le grand combat
Les mathématiques du crabe 202
En décembre dernier, à la veille de mon quatrième traitement de chimiothérapie, je terminais Mathématiques du crabe 101. À mon examen final, il me fallait déterminer mes chances de survie. En élève modèle mais brillante et assez moderne (j'ai l'air de me vanter mais si on ne reconnaît pas soi-même ses forces, qui le fera?), j'eus recours à un site web très trop facile d'utilisation et obtint le chiffre de 80%. À ce moment-là, je me réjouissais de ce taux et me pensais très perspicace. Jeunesse insouciante...
Depuis, je potasse sur Mathématiques du crabe 202, beaucoup plus difficile car plus introspectif. Cette fois-ci, le syllabus me force à me questionner sur la pertinence des chiffres en matière de survie au crabe. La comptable en moi s'éclipse en douceur et me laisse philosopher, réfléchir, replacer toute cette aventure dans un angle plus juste. En quatre mois seulement, encore une fois, mon cursus chamboule ma compréhension de ce qui me paraissait si évident. De jeune insouciante, je chemine encore une fois vers la sagesse. Mes cheveux blancs témoignent de cette chimiothérapie mais aussi d'une sagesse nouvellement acquise. Pas par hasard mais bien à force de réfléchir en adulte, à force de penser en aïeule, à force d'avancer dans la vie avec la certitude bien ancrée de comprendre.
En matière de survie, la note ne tient pas en chiffres mais en un mot précis, chargé de ce que l'on voudrait tant oublier. À l'instar de mes notes à l'École du Barreau du Québec, le résultat suite aux traitements contre le crabe ne tient pas à un pourcentage mais à un mot entre les deux suivants: succès ou échec.
Depuis, je potasse sur Mathématiques du crabe 202, beaucoup plus difficile car plus introspectif. Cette fois-ci, le syllabus me force à me questionner sur la pertinence des chiffres en matière de survie au crabe. La comptable en moi s'éclipse en douceur et me laisse philosopher, réfléchir, replacer toute cette aventure dans un angle plus juste. En quatre mois seulement, encore une fois, mon cursus chamboule ma compréhension de ce qui me paraissait si évident. De jeune insouciante, je chemine encore une fois vers la sagesse. Mes cheveux blancs témoignent de cette chimiothérapie mais aussi d'une sagesse nouvellement acquise. Pas par hasard mais bien à force de réfléchir en adulte, à force de penser en aïeule, à force d'avancer dans la vie avec la certitude bien ancrée de comprendre.
En matière de survie, la note ne tient pas en chiffres mais en un mot précis, chargé de ce que l'on voudrait tant oublier. À l'instar de mes notes à l'École du Barreau du Québec, le résultat suite aux traitements contre le crabe ne tient pas à un pourcentage mais à un mot entre les deux suivants: succès ou échec.
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